Élite, une série hyper clichée et pourtant très moderne

Philou a profité de son weekend pour binger la saison 3 d'Élite tout juste sortie. Elle revient t'expliquer pourquoi elle a trouvé que cette troisième saison a réussi à être moderne, malgré tous les clichés de la série. ATTENTION SPOILERS

Élite, une série hyper clichée et pourtant très moderne

Le teen-drama espagnol est revenu pour une saison 3 vendredi 13 et, je ne vais pas te mentir, je me la suis enfilée d’une traite.

Si cette troisième saison est construite de la même manière que les deux premières — enquête policière, interrogatoires, flashbacks, recherche d’un coupable… — je l’ai trouvée encore plus sexy et encore plus sombre.

La tension monte d’un cran à Las Encinas, mais du coup, qu’est-ce que ça donne ?

ATTENTION SPOILERS !!!!

Une série qui parle de sujets dans l’ère du temps

Ce que je trouve chouette dans Élite c’est que la série n’a pas peur d’aborder des thèmes vraiment dans l’ère du temps.

Elle reste une série pour ados, mais les créateurs Carlos Montero et Darío Madrona ne lésinent pas sur la quantité de thèmes profonds et parfois délicats abordés.

L’intrigue aborde sans détour et sans tabou des sujets graves tels que le harcèlement en ligne, le suicide, l’addiction à la drogue ou encore la maladie, mais elle se penche aussi sur des sujets tels que la sexualité chez les adolescents, la pression parentale, les relations compliquées au sein d’un lycée frappé par un drame.

Trouple, inceste, meurtre, drogue… la série n’a pas froid aux yeux et je trouve ça hyper rafraîchissant (lol).

Alors bien sûr, il est plus difficile de s’identifier à toutes les problématiques que rencontrent les personnages car ils évoluent dans un milieu social bien particulier, mais de la même façon de Sex Education, Élite aborde avec glamour et tension de véritables sujets actuels et complètement dans l’ère du temps.

Élite saison 3 aborde la sexualité sans filtre

Élite nous a habitué à nous montrer des sexualités bien bien libérées et débridées et ce depuis le début de la saison 1.

Cette saison 3 n’échappe pas à la règle et on nous donne à voir des scènes de cul muy muy calientes.

À deux, à trois, avec des filles, avec des garçons… les étudiants de Las Encinas ne chôment pas !

Cependant, tu auras peut-être remarqué que les relations amoureuses et sexuelles entre filles ne sont pas mises du tout en avant (même si Polo a deux mamans et que Rebe avoue à Ander qu’elle est aussi attirée par les filles).

Même si je trouve ça un peu dommage, je suis contente que la série ne soit pas tombée dans le cliché des deux meufs ultra sexy qui se ken juste pour faire monter la température du côté des téléspectateurs (coucou le male gaze).

Je trouve aussi très rafraichissant que l’amour et le sexe entre garçons soit montré aussi librement et avec autant de personnages différents (Ander, Omar, Malick, Polo, Valerio).

Encore une série qui n’hésite pas à bousculer les codes.

Plus de corps de mecs que de corps de meufs dans Élite saison 3

Si Élite est une série over sexy qui n’hésite pas à montrer les corps de ses acteurs (qui ne sont pas trop désagréables pour le regard on ne va pas se mentir), j’ai été impressionnée par les corps montrés dans cette saison…

Car il s’agit en grande majorité de corps de garçons !

C’est la première fois dans une série que je me dis que les corps dénudés montrés sont autant voire davantage masculins que féminins.

Alors oui, il y a des plans sur les filles en maillot et sous-vêtements, surtout sur Ester Expósito (alias Carla — qui d’ailleurs est une 2000, je ne m’en remets pas), mais ça ne m’a pas dérangé puis qu’il y en a presque quatre fois plus sur les corps de Valerio, Guzman, Polo et toute la clique.

Allez hop, tout le casting tombe la chemise.

Il y a même un épisode qui est consacré à cette « inversion des rôles » puisque c’est le thème de la soirée de St Valentin de Lu : les filles en costard, les garçons en petite tenue.

Alors même si les corps sont vraiment tous sans exception dans les standards de beauté — muscles ultra dessinés et pas un poil sur le torse pour les mecs, grosse poitrine et ventre plat pour les meufs — ce qui n’est franchement pas hyper 2020 comme représentation, on ne peut pas nier que dans Élite le sexy n’est pas que féminin.

Même si je te parle de corps nus, j’en profite pour faire un gros big up à l’équipe costumes de la série qui m’éblouie un peu plus à chaque saison.

La sororité dans Élite saison 3

L’évolution de la relation entre Lu et Nadia est l’une des storylines qui m’a le plus plu dans cette saison 3.

Je l’avais anticipé dans mes théories mais j’ai été ravie d’avoir vu juste.

Passant de jalousie et rivalité à entraide et sororité, le lien qui unie les deux jeunes filles est très touchant.

Dans les deux premières saisons, les deux se sont détestées à mort, d’abord parce qu’elles se disputaient la place de première de la classe puis pour les beaux yeux de Guzman, se faisant de sacrés coups de pute.

Lu pouvant être une vraie peste, elle avait entrainé Nadia, un peu malgré elle, dans une vraie guerre d’adolescentes où tous les coups étaient permis pour faire du mal à l’autre.

Mais dans cette saison 3, plusieurs éléments les rapprochent.

Les deux adolescentes se rendent compte qu’elles sont plus fortes ensemble que l’une contre l’autre et mettent de côté leur animosité pour se soutenir mutuellement.

Nadia soutient Lu qui s’est faite couper les vivres par son père en raison de sa relation incestueuse avec Valerio et Lu aide Nadia à faire face à l’infidélité de Malick mais surtout à ses parents qui tentent de la contrôler en permanence.

Main dans la main, elles tissent un lien très fort, se mettant d’accord pour partager la bourse pour partir à New York, puis pour remettre leur départ en question pour soutenir leurs amis.

Nadia n’hésite d’ailleurs pas à déposer ses empreintes sur le tesson de bouteille pour protéger Lu, lui assurant qu’elle ne partirait pas pour Colombia sans elle.

Bref, une belle amitié qui m’a beaucoup touchée.

L’émancipation féminine dans Élite saison 3

L’amitié naissante entre Nadia et Lu est notamment l’un des éléments qui conduira Nadia à faire face à ses parents et à s’émanciper.

Depuis deux saisons, les parents de Nadia contrôlent beaucoup d’aspects de sa vie.

Nadia étant la dernière de sa fratrie à faire ce que ses parents attendent d’elle, elle avait pris l’habitude de mettre sa vie et ses désirs entre parenthèses pour leur obéir.

Elle avait pris l’habitude de rejeter Guzman dont elle est amoureuse et même de passer ses études et projets universitaires au second plan pour pouvoir travailler dans l’épicerie familiale.

Ceux-ci attendent d’elle qu’elle accepte le mariage arrangé avec Malick si elle souhaite partir étudier à New York. Mais pour Nadia, il est hors de question de se marier, encore moins avec Malick qui l’a trompée avec son frère Omar…

Alors qu’elle s’apprête à abandonner ses rêves une nouvelle fois, c’est Lu qui lui donne l’énergie de s’émanciper.

« Tu ne veux pas vivre dans un mensonge ?

Alors montre que tu as des putain d’ovaires et dis à ton père que tu accepteras la bourse seule.

Parce que tu n’as pas besoin d’un homme, ni de personne, Nadia.

Sois la femme qui a réussi à me battre ! Celle que j’admire ! » (épisode 6)

La storyline de Carla dans cette saison est un peu similaire, puisqu’il est aussi question d’émancipation féminine vis-à-vis des parents.

C’est une histoire qui est très, très loin de ma réalité à moi mais elle m’a beaucoup touchée.

Victime de l’emprise de son père malsain et manipulateur depuis le début de la série, la jeune fille se retrouve un peu mise à part de l’intrigue principale dans cette saison 3 mais son histoire n’en reste pas moins très intéressante.

En tant que jeune fille, Carla est contrainte par ses parents de sortir avec Yuray, un élève riche pour qui elle ne ressent rien qui permettra de sauver la fortune de leur famille s’il décide d’investir dans le vignoble du père de Carla.

« Mon père m’a presque prostituée pour que Yaray rachète le vignoble. » (épisode 6)

Lorsque Carla décide de tenir tête à son père, elle se rend compte que sa mère est également dans la combine. Cette dernière lui donne même un conseil des plus glauques.

« Apprendre à aimer ce garçon est beaucoup plus facile que d’apprendre à vivre sans rien, penses à ton avenir, chérie. À notre futur » lui dit sa mère, personne en laquelle Carla voyait sa dernière alliée.

Yes, les parents…

Si Carla va d’abord faire une descente aux enfers en tombant dans l’isolement et la drogue, elle va réussir à rebondir, s’en sortir plus forte et s’affranchir de l’emprise de ses parents.

Fini la fille et copine accessoire. Aidée de Yuray, elle va même réussir à piéger son père et à s’offrir sans liberté au grand damn de ce dernier.

« That’s my bitch » comme dirait Lu !

Une série qui aborde le sujet de la maladie avec justesse

Comme de nombreux fans, j’avais deviné qu’Ander serait atteint d’une maladie…

Nous étions nombreux à pressentir que le jeune homme allait devoir faire face à des soucis médicaux et le verdict est très rapidement tombé dans la saison 3, au grand désarroi des fans qui ont été nombreux à partager leur tristesse sur les réseaux sociaux.

Ander est atteint d’une leucémie aiguë lymphoblastique, un cancer à évolution rapide.

Il doit alors commencer une chimiothérapie et se retrouve à devoir faire face avoir de nombreux effets secondaires mais aussi au comportement de ses proches vis-à-vis de cette nouvelle.

La série aborde ainsi le sujet de la maladie mais aussi de l’impact qu’elle a sur Ander et sur ses proches.

Et si ça n’a rien d’original dans le sens où de nombreuses séries ont déjà abordé ce sujet, je trouve que cette saison 3 le fait avec beaucoup de justesse.

Je trouve qu’Ander est un personnage très intéressant car même sans jamais trop parler, il communique des émotions très fortes.

C’est un personnage qui a l’habitude de se muer dans le silence et de s’isoler quand ça ne va pas.

Mais cette saison 3 montre que face à nos problèmes on est jamais aussi fort qu’à plusieurs et que partager sa peine avec nos proches peut aider à l’affronter.

Dans la saison 1, Élite avait déjà abordé le sujet du SIDA et avec cette saison 3, elle nous montre encore une fois à quel point elle est moderne et parle sans tabou d’une réalité qui mérite d’être connue du grand public.

Élite, une série clichée à souhait

Je tiens quand même à souligner que si la série se veut moderne dans le thème qu’elle aborde, elle ne reste pas moins hyper clichée à plusieurs niveaux.

Comme je l’ai dit précédemment, tous les acteurs sont sublimes et au max du cliché des standards de beauté.

Alors niveau modernité à ce niveau-là notamment, c’est quand même relativement moyen.

Entre Carla, la marquise, qui est magnifique et toujours tirée à quatre épingles ; Rebe et Valerio, les « rebelles », qui se mettent à vendre de la drogue ; Lucrecia qui est aussi belle et intelligente que peste à la Blair Waldorf ; Samu qui, issu d’une famille modeste avec un frère accusé de meurtre, est le justicier de l’école ; et j’en passe… on est quand même pas mal niveau cliché.

À la manière de Gossip Girl ou encore même de Riverdale, ces clichés enlèvent du réalisme à la série mais peut aussi agacer les téléspectateurs.

Alors oui, certes, mater des gosses de riches magnifiques se faire des crasses et résoudre des enquêtes eux-mêmes fait partie du plaisir procuré par Élite, le public est averti, mais la série n’est quand même pas hyper dans l’ère du temps niveau représentation.

Quid de la suite d’Élite ?

Bon, je te vois venir…

« Oui c’est bien de parler de la saison 3 mais je viens de la mater, alors maintenant ce que je veux savoir c’est : y aurait-il une suite ??? »

Et bien figure toi, chère lectrice, qu’il se pourrait que oui.

D’après les rumeurs qui circulent dans la presse espagnole, il est possible que la saison 3 ne soit pas la dernière de la série.

De la même façon que pour Skins et Misfits, il est possible qu’Élite ait droit à un reboot avec une nouvelle intrigue.

En revanche, le casting a confirmé qu’il s’agissait de la dernière avec le casting original.

Popbuzz avait relayé les propos de Georgina Amorós (Cayetana) :

« La saison 3 termine un cycle. Un autre commence. Préparez vos mouchoirs parce que vous en aurez besoin. C’est une saison très complète. »

et d’Álvaro Rico (Polo) que parlait « de la fin définitive de l’évolution des personnages ».

Jorge López (Valerio) quant à lui, a déclaré :

« Élite fut une école, un apprentissage. Mais j’ai déjà fait quatre ans chez Disney et je ne veux pas vivre de processus aussi longs maintenant. Quelques saisons pour moi et mon personnage (Valerio), c’est parfait. Je ne tiens pas à en faire plus. »

Pourquoi je trouve qu’Élite saison 3 devrait être la dernière

J’ai beaucoup aimé cette saison 3 et je trouve qu’elle conclue parfaitement cette série qui m’aura tenue en haleine pendant deux ans.

Cependant, même si je sais qu’il est difficile de dire adieu à des personnages auxquels on s’est attachés, je trouve que relancer Élite pour une saison 4 voire une saison 5 comme je peux le lire sur Internet est la pire idée.

Les personnages ont tous et toutes eu droit à des adieux corrects, chacun retrouve une vie normale après le drame de la mort de Polo.

Carla, Lu et Nadia partent étudier à l’étranger.

Valerio reprend le business des vignobles de Carla.

Samuel, Guzman, Ander, Omar et Rebeca retournent à Las Encinas pour redoubler leur dernière année, tout comme Cayetana qui revient en tant qu’employée de ménage comme sa mère.

Samuel et Carla se sont promis de se rendre visite, Guzman et Nadia de s’attendre, bref les intrigues sont conclues, la boucle est bouclée.

De ce fait, je ne tiens pas à ce que la série continue pour continuer et perdre ainsi tout le charme et la qualité qu’elle avait, même si le retour d’une partie des personnages au lycée pourrait être le point de départ d’une nouvelle intrigue.

Je pense qu’il serait dommage de poncer le concept de la série juste parce que celle-ci marche super bien.

Il faut savoir quand arrêter une série, et je pense que c’est le bon timming.

Mais bon, ce n’est que mon humble avis, n’est-ce pas ?

Et toi, qu’as-tu pensé de cette saison 3 ? Tu es pour une saison 4 ?

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Philippine M.

Philippine M.


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Commentaires

Mali26

Perso c'est clairement ma saison préfèrée! Ander et Omar, Lu et Nadia, Guzman et Samuel, Carla...

Par contre pareil Cayetana je comprends pas. Je trouve ça très déprimant comme message, "reste à ta place, contente toi de ce que tu as"... Je n'avais pas pensé au fait qu'elle travaillait peut être pour payer ses études, c'est sans doute le cas mais ça aurait mérité d'être explicité...
 

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