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Source : Unplash / Fotoweedio
Célib

Chloé, 27 ans : « Être en couple réduit le champ des possibles »

Chaque semaine dans Célib, des personnes de tous genres nous racontent les joies et les questionnements de leur célibat, qu’il soit choisi ou subi. Aujourd’hui, c’est Chloé qui profite d’être solo pour soigner sa relation avec elle-même.
  • Prénom : Chloé
  • Âge : 27 ans
  • Lieu de vie (Type de ville, campagne, ou région) : Campagne depuis peu donc ville majoritairement
  • Orientation romantique et/ ou sexuelle : hétérosexuelle

Depuis combien de temps êtes-vous célibataire ?

Depuis 2 semaines.

Étant plus jeune, j’acceptais toute forme de relation, même celles qui ne me tentaient pas plus que ça en me disant « pourquoi pas ». Mais à chaque fois, je revenais au célibat car ça ne fonctionnait pas comme je l’espérais. Je négligeais ma relation à moi pour des opportunités d’accéder au Graal de la relation amoureuse épanouie. Puis j’ai fini par comprendre qu’il fallait d’abord que je pense à moi. 

J’ai à ce moment-là rencontré mon premier vrai amour, une longue relation qui a duré presque cinq ans. Mais avec le Covid, cette relation est arrivée à un moment où elle m’apportait plus de mal que de bien. J’ai donc laissé tomber mon amoureux au profit de mon bien être et de ma liberté.

Après ça, j’ai connu beaucoup de rencontres et de relations sans engagement. Mon célibat me permettait de rester libre et attentive à mon instinct. Je m’étais enfin détournée des autres pour me focaliser sur moi et c’est comme ça que j’ai appris que je saurai ce qu’il me fallait le moment venu. 

La relation que je viens de vivre a été plus courte mais tout aussi intense que la première vraie relation. Elle m’a surtout enseigné que le syndrome de l’infirmière ne me va pas au teint et qu’il ne fallait surtout pas que je néglige mes besoins et mes envies au profit de quelqu’un d’autre.

Le célibat est plein d’enseignements car la liberté d’action que nous offre la solitude nous laisse le plein libre-arbitre de nos choix, on a moins de responsabilités et on a tout le loisir de trouver quelqu’un qui saura cocher les cases qui nous feront du bien. On se rappelle ce qu’on veut vraiment car on est obligé de décider.

Comment décririez-vous votre célibat ? 

C’est un célibat réfléchi, un choix pour moi et mon bien-être qui s’est imposé.

Votre célibat a-t-il une incidence sur votre vie amicale ou familiale ?  

Oui, dans le sens où je vais plus m’autoriser à profiter de mes proches à défaut de m’occuper de ma relation.

Estimez-vous que le célibat a un impact sur votre moral, au quotidien ? 

Bien sûr. Les injonctions permanentes dans la culture, les réseaux sociaux, le cinéma… Tout nous ramène à cette envie de nous blottir contre quelqu’un en nous faisant penser qu’on serait plus heureux quand on doute de soi. La tendresse est très importante (en tous cas dans ma vie), mais j’ai appris avec le temps à trouver d’autres choses pour compenser et les moments où je sens que je peux être ma plus grande source de bonheur sont des moments où je me sens invincible.

Pensez-vous qu’être célibataire vous permet des choses que vous ne pourriez pas faire en couple ? 

Absolument. J’ai tendance à me focaliser sur l’être aimé et à vouloir profiter au maximum des choses à faire et découvrir ensemble, donc j’ai tendance à passer moins de temps auprès des autres personnes que j’aime. Mais je pense que c’est aussi pour, au final, l’inclure à ce qui me fait du bien au quotidien, à savoir passer du temps avec mes proches, le faire entrer pleinement dans ma vie.

Je suis aussi en train de travailler à m’émanciper, à essayer de passer vraiment du temps seule. Être en couple va me pousser à proposer à l’autre car en réalité, je préfère faire les choses avec quelqu’un et de lui en faire profiter. Donc je néglige cet « apprentissage ».

À l’inverse, pensez-vous qu’être célibataire vous empêche de faire des choses que vous pourriez faire si vous étiez en couple ? 

Oui, aussi. Être en couple pour moi, c’est trouver un meilleur ami avec qui partager facilement. Mes meilleurs amis habitent loin de chez moi et je ne peux donc pas partager tout ce que je voudrais avec eux. Être en couple permet de forger des souvenirs sur le long terme avec quelqu’un. Et puis, c’est super chouette de partager son intimité avec quelqu’un, sans parler du sexe que je trouve plus sympa à deux aussi.

Le lieu géographique où vous vivez a-t-il un impact sur votre rapport aux relations amoureuses ?

Actuellement oui. Je suis arrivée à la campagne, il n’y a pas de personnes de mon âge, à moins de prendre la voiture, et il n’y a pas de bar sympa où sortir facilement pour rencontrer des gens. La relation que j’entretenais à distance était du coup vraiment chouette puisque c’était une petite bulle ponctuelle. Mais maintenant que je suis célibataire, je sais que les rencontres ne vont pas pleuvoir comme dans la grande ville dans laquelle je vivais. Et les applications de rencontre ne vont probablement pas vraiment me servir si jamais je décide de rencontrer quelqu’un.

[Célib] Visuel intérieur • Citation (1)

Cherchez-vous activement à trouver une relation amoureuse ? 

Actuellement non, mais pendant une période de deux ans j’ai beaucoup cherché et utilisé les applications de rencontre, mais c’est assez chronophage. J’en ai essayé plein et elles ont toutes un plus (sauf Tinder qui est l’enfer sur terre).

Je les utilisais un peu toute la journée. En tant que meuf, c’est assez facile d’avoir des likes et 20 conversations en même temps… Donc je prenais le temps de checker les profils quand je m’ennuyais et après ça, j’attendais les notifs de matchs. C’est toujours chouette de rencontrer des gens mais virtuellement, c’est un peu dur de gérer beaucoup de discussions. Surtout que chaque personne interroge une facette différente de ta personnalité, il faut savoir jongler. Je trouve que le début de la conversation a un gros impact parce qu’on a une très forte capacité à se représenter quelqu’un qu’on ne connaît pas et à se faire une idée sur lui.

J’adore les dates, surtout le premier qui te colle une petite boule au ventre pendant que tu fais le trajet. Je ne suis pas très méfiante en général, je me dis toujours que si ça se passe mal c’est un plus, potentiellement une belle rencontre et si ça foire c’est pas un drame, on est là pour ça aussi. Plus on en fait, plus on s’habitue. Pour mes derniers dates, j’étais beaucoup moins stressée (quoique toujours une petite boule au ventre) mais je suis extravertie donc j’adore rencontrer des gens.

Pour ce qui est du temps passé à chercher, j’aime beaucoup séduire mais j’ai compris que les grandes rencontres, on ne les voit jamais arriver. Et chez moi, le coup de cœur est souvent immédiat. Du coup, je fais pas mal de rencontres en attendant le coup de cœur ultime ! Mais ce n’est jamais beaucoup de temps parce que je suis vite fixée sur la façon dont je me sens.

Ressentez-vous une forme de pression à chercher « activement » un ou une partenaire amoureux·se ? 

Pas vraiment, dans ma famille c’est plutôt l’inverse. Mes grands-parents se sont beaucoup attachés à mon ex et ils ont un peu mal vécu la rupture… Du coup quand je discute de ça avec eux, la réflexion c’est plutôt « t’es bien sûre de vouloir nous le présenter ? Parce qu’on s’attache vite nous tu sais donc si ça ne marche pas on sera tristes… » Et mes parents sont hyper cools et compréhensifs, je parle de tout avec ma mère, sans jamais aucune pression ou injonction.

Le célibat amoureux a-t-il un impact sur votre vie sexuelle ? 

Je dirais que je saisis les opportunités. L’impact est important dans le sens où j’ai un rapport un peu compliqué avec la sexualité depuis toute jeune. Et je n’ai appris à découvrir tout ça que grâce à des partenaires qui m’ont « éduquée » à propos de la sexualité et avec qui j’ai eu beaucoup de temps pour en parler. J’ai eu beaucoup de plans cul qui ont tous été adorables et qui m’ont aidée à lâcher prise et à m’amuser, mais c’est avec un partenaire que j’aime et avec qui on se connaît bien que je me sens le mieux. En solo, j’y passe beaucoup moins de temps et je prends bien moins de plaisir.

Ressentez-vous une forme d’injonction à être en couple ?

Dans la culture, à FOND. Les chansons d’amour, dans quasi tous les films, dans les pubs, sur les réseaux sociaux. L’injonction au couple est hyper sournoise dans le sens où on nous apprend depuis tout jeune qu’on ne sera heureux qu’à travers une relation de couple saine et c’est super dur de déconstruire ça. Aujourd’hui, ça va mieux puisque je vois tout le bien que le célibat m’a fait (parfois un sentiment intense de soulagement après une rupture même), mais impossible de se détacher complètement de cette envie de faire partie d’un couple.

Estimez-vous que le célibat a un impact sur vos finances ? 

Sans doute, on a plus envie de faire plaisir à l’autre, de sortir, les trajets ont aussi coûté cher dans ma relation à distance. Je fais sans doute beaucoup moins de choses quand je suis célibataire.

Avez-vous un budget « dating » ? 

Nope, pas du tout. Les dates sont dans le budget « sorties » en général, comme pour celles avec mes amis.

Quels sont vos projets pour le futur ? 

C’est beaucoup plus facile de me projeter pour moi en étant en couple car ça réduit le champ des possibles. Je suis actuellement en remplacement dans une région loin de ma région natale et une fois que mes contrats seront terminés, je ne sais pas du tout quoi faire. J’ai tout un monde qui s’offre à moi et je n’ai pas de réel but. Je préfère les opportunités, j’ai simplement à dire oui ou non et je fonctionne beaucoup mieux à l’invitation… Si j’avais un compagnon qui avait des envies, ce serait un point de départ ! Mais je sais déjà que je ne veux pas d’enfant donc ça permet aussi de trouver un partenaire qui aura les mêmes envies même si « à mon âge je ne peux pas vraiment savoir, je changerai sûrement d’avis ! »

Avez-vous une anecdote sur le célibat à partager ? 

Je me rends compte aujourd’hui qu’il m’est plus difficile d’annoncer que je suis en couple que célibataire. J’ai une grosse peur de l’engagement qui fait qu’assumer que je suis en couple auprès de mes proches, c’est super délicat car je trouve que c’est à ce moment-là que la vraie pression commence !

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