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Lili, 19 ans et célibataire depuis 2 ans : « Je suis en quête d’une vie libre et décomplexée »

Chaque semaine dans Célib, des personnes de tous genres nous racontent les joies et les questionnements de leur célibat, qu’il soit choisi ou subi. Aujourd’hui, c’est Lili qui nous parle de son épanouissement en étant célibataire.
  • Pseudo : Lili
  • Âge : 19 ans
  • Lieu de vie : en région parisienne, chez ses parents
  • Orientation sexuelle et/ou romantique : j’avoue ne pas savoir, je pense que tout le monde est à la fois hétéro et homosexuel c’est juste une question de pourcentage, d’intensité. Mais je ne suis pas très à l’aise avec le fait de déterminer son « orientation sexuelle et/ou romantique » comme si celle-ci était définitive et bien précise. Je ne vois pas les choses de façon aussi binaire que la société le voit à propos de ce sujet. Mais pour répondre à la question je n’ai jamais eu de sentiments pour une femme mais plutôt pour des hommes et je n’ai jamais ressenti de désir pour une femme non plus mais seulement pour des hommes également.

Depuis combien de temps êtes-vous célibataire ? 

Je suis célibataire depuis maintenant deux ans. J’ai eu une première « vraie » relation de couple à 17 ans, lorsque j’étais en terminale, qui a duré cinq mois. Et depuis, je n’ai jamais eu de relation de « couple » à proprement parler.

J’ai été en couple trois ou quatre jours avec un garçon quand j’avais quinze ans. Je me souviens juste de la fierté que j’avais ressenti du fait d’avoir littéralement « réussi » à être en couple. Je voyais ça comme une sorte d’étape dans ma vie pour être socialement validée et valorisée, comme quand j’ai fumé ma première cigarette, que j’ai fait ma première fois… Cette « étape » me paraissait évidemment inatteignable avant et lorsque ça y est j’avais « réussi » à être en couple, je me souviens très bien m’être dit « bah ça va, finalement ce n’est pas si compliqué, moi aussi je peux le faire ». Même si ça n’a pas duré très longtemps… Et puis aussi la fierté et l’impression de susciter plus d’intérêt auprès de mes potes du fait d’être en couple et une fois cette expérience terminée, utiliser le mot « mon ex » qui même aujourd’hui donne une certaine consistance à la personne. Genre « j’ai un background amoureux » ou un « palmarès relationnel »

J’ai ensuite embrassé plusieurs personnes avant de me remettre en couple à mes 17 ans avec un ami (celui que je trouvais le plus beau parmi ma bande de potes haha). Là, la question sexuelle s’est posée puisque j’étais « en âge » de faire ma première fois. Enfin, c’est moi qui me suis mis la pression pour me dire il faut que je fasse ma première fois avant mes 18 ans. J’ai un peu honte de le dire mais je me souviens m’être dit « au moins si je suis en couple, je pourrais faire ma première fois dans de ‘bonnes conditions’ ». Ce que je sous-entendais en pensant ça c’est qu’au moins j’aurai « coché cette case » et en plus, en étant sûrement amoureuse de la personne ; car j’avais souvent entendu dire qu’il fallait être amoureuse de son ou sa partenaire pour faire sa première fois. D’ailleurs avec du recul, je crois que j’étais réellement amoureuse de ce garçon. 

Depuis, c’est un peu le désert sur le plan relationnel, amoureux en tout cas. Il faut dire qu’aujourd’hui, je me découvre de plus en plus féministe, je suis donc plus dans une démarche de prise de conscience et de remise en question de toutes ces normes et injonctions de la société au couple, généralement très hétéronormé, patriarcale… Assez peu libre finalement. Moi qui justement, suis en quête d’une vie libre et décomplexée, je me porte très bien en étant célibataire. Je ne pense pas pour autant que couple et liberté individuelle soit incompatible, mais c’est peut-être plus difficile, surtout dans une société où celui-ci est extrêmement normé.

Comment décririez-vous votre célibat ? 

Je ne suis pas en « couple » avec quelqu’un, ni engagée dans une relation amoureuse. Mais ce n’est pas pour autant que je me sens seule, je suis plutôt bien avec moi-même et je me sens bien entourée. Je ne dépends de personne, je m’organise comme je veux, disons que je suis dans la non-recherche pour l’instant. En somme, je vis très bien mon célibat. Après, si je dois être complétement honnête, je pense que si je vis aussi bien le fait d’être célibataire, c’est aussi car j’ai déjà eu des expériences de couple dans ma vie et je me dis que je suis encore jeune, donc j’ai tout le temps devant moi pour être en couple. 

Votre célibat a-t-il une incidence sur votre vie amicale ou familiale ? 

Non du tout, à vrai dire je ne vois pas comment le fait d’être célibataire peut avoir une incidence sur notre vie amicale ou familiale. La question se pose plutôt lorsqu’on est en couple selon moi.

Estimez-vous que le célibat a un impact sur votre moral, au quotidien ? 

Non du tout, il m’arrive de penser lorsque de plus en plus de mes amis se mettent en couple que ma vie est nulle, dans la mesure où il ne se passe rien sur le plan émotionnel. Ou bien d’être jalouse d’eux : pourquoi eux sont en couple et pas moi ? J’ai plus peur du temps qui passe et de faire le constat qu’il ne me reste plus beaucoup de temps pour vivre des « amourettes », des histoires d’amour où l’insouciance est le maître mot. Je me dis que plus j’approche de mes 25 ans, plus il faudra que ça soit « sérieux ». Même si j’ai honte de l’avouer, ça serait vous mentir de dire que je n’ai pas peur de ne pas avoir d’expériences de couple avant mes 25 ans. Pourtant, j’ai conscience que c’est se mettre des barrières inutiles dans la vie de penser les choses comme ça, comme si chaque âge avait ses limites. Mais ce sont des modes de pensée que j’ai intériorisés et qui sont ancrés dans mon cerveau malgré moi.

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Pensez-vous qu’être célibataire vous permet des choses que vous ne pourriez pas faire en couple ? 

Oui clairement, déjà avoir une charge mentale moins remplie. Le couple apporte des problèmes que l’on n’a pas lorsqu’on est célibataire. Et puis le rapport à soi n’est évidemment pas le même, actuellement j’ai l’impression de me « posséder pleinement ». C’est bizarrement dit mais ce que je veux dire, c’est que lorsque j’étais en couple je regardais ma vie aussi selon mon partenaire. Ce dernier influençait inconsciemment mes choix, mes pensées, mon style vestimentaire, mon style de vie, ma vision de mon propre corps… De plus, il est de notoriété publique qu’être en couple, prends du temps. En étant célibataire, j’ai donc beaucoup plus de temps pour moi, et je l’organise comme je veux. À aucun moment je n’ai cette pression de devoir lui « accorder de mon temps » sous prétexte que lorsqu’on est en couple, il faut passer le plus de temps ensemble, sinon ça veut dire qu’on ne s’aime pas vraiment.

À l’inverse, pensez-vous qu’être célibataire vous empêche de faire des choses que vous pourriez faire si vous étiez en couple ? 

Non je ne pense pas, en tout cas rien ne me vient en tête. Ce qui change en couple, c’est que je suis peut-être plus souvent accompagnée pour faire des choses que j’aime faire, par exemple des balades dans Paris, aller au cinéma, manger à l’extérieur… Mais je n’attends pas d’être en couple pour faire ces choses, donc en tant que célibataire je ne me sens pas du tout empêcher de faire quoi que ce soit.

Le lieu géographique où vous vivez a-t-il un impact sur votre rapport aux relations amoureuses ?

J’avoue avoir toujours vécu en région parisienne et mes partenaires également donc je n’ai pas d’élément de comparaison. Mais ce à quoi je peux répondre c’est qu’en vivant mes relations amoureuses (ou affectueuses au sens large, amicales, sexuelles…) à Paris, j’ai toujours été très autonome du fait de ne pas devoir prendre la voiture pour me déplacer et donc dépendre de mes parents. Et puis, l’offre culturelle est tellement riche dans la capitale qu’il y a toujours quelque chose de nouveau à faire dans cette ville, rien que marcher et découvrir un nouveau quartier est une activité en soi. Ce que je veux souligner ici, c’est qu’en vivant à Paris, il y a peut-être moins l’impression de « routine » qui s’installe souvent dans le couple car on peut toujours faire de nouvelles choses. Après, ce n’est pas parce qu’on habite dans une ville dynamique que notre couple sera forcément plus épanoui.

Cherchez-vous activement à trouver une relation amoureuse ?

Actuellement non, disons que je ne suis pas contre mais je ne fais rien pour en trouver une, en tout cas.

Ressentez-vous une forme de pression à chercher « activement » un ou une partenaire amoureux·se ?

C’est triste, mais ça serait de vous mentir que dire que je ne ressens jamais cette pression. C’est loin d’être une pression quotidienne, mais c’est plus vis-à-vis de mes amis, dès que je chope un mec je me sens tellement plus intéressante socialement, j’ai l’impression d’avoir un truc en plus, un truc à raconter comme quand il m’arrive quelque chose d’« extraordinaire » (qui n’arrive pas tous les jours). Et puis il y a toujours cette pression du temps qui passe, j’ai peur de me retrouver « seule » à l’avenir. 

En même temps, associer le célibat à la solitude me dérange un peu, je trouve ça très dégradant. J’ai l’impression que dans notre société, quand on n’est pas « en couple », il nous manque quelque chose. Pour revenir à la question de la pression, je dirais que je la ressens assez peu actuellement, mais c’est plus une pression sur le long terme, exactement la même que celle de devoir trouver un travail, finalement. Donc c’est plus une pression de ne pas réussir à avoir le « statut social » attendu. 

Le célibat amoureux a-t-il un impact sur votre vie sexuelle ? 

Non au contraire, ça peut paraître bizarre mais lorsque je rencontre un mec et que généralement on s’embrasse, j’ai peur qu’après il me propose d’être « plan cul ». Je trouve qu’on est tellement vulnérable durant un rapport sexuel que j’ai besoin d’avoir réellement confiance en la personne. Donc cette facette du couple ne me manque pas et je ne suis pas à la recherche de partenaires sexuels.

Ressentez-vous une forme d’injonction à être en couple ? 

Je crois que j’ai déjà plus ou moins répondu à cette question de l’injonction à être en couple dans les questions précédentes. Mais concernant les sources de cette injonction, je suis convaincue que cela vient de tout ce qui forme nos imaginaires (les grands récits qu’on connaît tous par cœur de livres, contes, films, séries, musiques, publicités…). Je ne sais plus qui a dit ça mais cette personne a affirmé que la crise écologique était avant tout une crise de l’imaginaire, dans la mesure où nos imaginaires ont un coût environnemental très important. Il prenait l’exemple des vacances de rêve pour un individu moderne : prendre l’avion pour 3-4 jours au bord d’une piscine, sur une île tropicale avec une mer à 30°c, du soleil, des palmiers, dans un hôtel de luxe avec un buffet gargantuesque tous les jours… Je pense que c’est exactement la même chose concernant le féminisme d’aujourd’hui. On veut révolutionner nos imaginaires et toutes les normes et injonctions qui vont avec ! Enfin en tout cas c’est comme ça que je vois les choses.

Estimez-vous que le célibat a un impact sur vos finances ?

Je pense que lorsqu’on est en couple, on a peut-être tendance à plus dépenser que lorsqu’on est célibataire.

Quels sont vos projets pour le futur ? Le célibat a-t-il un impact sur ces envies et ces projections ? 

L’année prochaine je pars en Erasmus durant un semestre en Espagne, j’ai donc pour projet d’apprendre l’espagnol, de découvrir ce pays et ses cultures et si j’écoute ma petite voix intérieure, de faire des rencontres amicales évidemment, mais aussi amoureuses. Et à plus long terme, j’avoue c’est encore très flou J’ai plein d’envies et rêves mais je ne vois aucun lien avec le fait que je sois célibataire. Hormis peut-être avoir des enfants, je me vois plus construire une famille à deux plutôt que seule.

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Les Commentaires

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Avatar de Mi-Kyung
20 mai 2024 à 16h05
Mi-Kyung
J'étais plutôt d'accord pour trouver abusif de parler de célibat mais certains commentaires m'ont rappelé qu'avec les copines, nous parlions de célibat et que nous vivions nos histoires sérieuses comme des histoires de couples. Il y avait des conséquences loin d'être anodines, des projets ou de la vie commune. C'est fou comme on oublie. Ça m'aurait blessée qu'on ne considère pas le sérieux de mon histoire et ça n'aurait pas été juste étant donné l'investissement (et la peine).
Je m'excuse, Mademoiselle qui témoigne et merci (ainsi qu'aux posteuses) d'avoir rappelé les enjeux et qu'être boomer, c'est oublier par où on (ou les copines) passe(nt).
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