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Cindy, 29 ans : « Être asexuelle est encore très mal perçu dans la société »

Chaque semaine dans Célib, des personnes de tous genres nous racontent les joies et les questionnements de leur célibat, qu’il soit choisi ou subi. Aujourd’hui, c’est Cindy qui nous parle du fait d’être asexuelle et aromantique dans une société qui montre le couple comme le but ultime à atteindre.
  • Prénom : Cindy 
  • Âge : 29 ans 
  • Lieu de vie : une ville urbaine 
  • Orientation sexuelle et/ou romantique : Asexuelle et aromantique

Depuis combien de temps êtes-vous célibataire ? 

J’ai toujours été célibataire. En terme relationnel, j’ai eu des difficultés dans ma scolarité liées au harcèlement au collège et au lycée. Cette période fut très difficile car je me suis souvent senti exclue et seule. J’ai déjà eu des coups de cœur quand j’étais adolescente et j’ai plusieurs fois déclaré ma flamme auprès de garçons. Plus tardivement, je me suis beaucoup focalisée sur mes études et sur mon avenir. Ces épreuves m’ont aidée à avancer. J’ai toujours mis un point d’honneur à développer des amitiés fortes et dans la durée. Je pense que ces amitiés m’ont beaucoup apporté dans la vie et qu’elles ont pris le pas sur ma volonté d’être en couple. 

Comment décririez-vous votre célibat ?

Je suis une personne libre qui sort quand elle veut et n’a pas de compte à rendre à un homme. Il m’est arrivé de me sentir seule auparavant. Au fur et à mesure des années, je me suis aperçue que j’étais bien dans cette relation avec moi-même. Je sors avec mes ami.es et je suis épanouie à travers autre chose qu’une relation amoureuse. 

Votre célibat a-t-il une incidence sur votre vie amicale ou familiale ? 

Mon célibat a une incidence positive sur ma vie amicale car je ne me sens pas du tout jugé par mes ami.es. Bien au contraire, ils ont compris mon orientation sexuelle en tant qu’asexuelle et m’ont soutenue sans forme de jugement. En ce qui concerne ma famille, c’est plus compliqué car je pense qu’il y a encore une vision très traditionnelle des relations amoureuses. J’ai des difficultés à en parler avec eux. 

À lire aussi : L’asexualité, qu’est-ce que c’est ?

Estimez-vous que le célibat a un impact sur votre moral, au quotidien ? 

Oui, je me sens plus indépendante, moins stressée et plus épanouie car je peux faire entièrement ce qui me plaît. Le fait d’aller au cinéma ou encore à des concerts seule ne me fait pas peur. Être dans une relation amoureuse me stresse énormément et je ne me retrouve pas dans ce schéma sentimental. Je suis une personne sociable qui aime échanger, mais dès qu’il s’agit d’entrer dans une phrase sentimentale, j’ai tendance à me bloquer automatiquement. J’aime passer du temps avec moi-même et au quotidien et cela n’a pas un impact négatif sur mon moral au quotidien, bien au contraire. 

Pensez-vous qu’être célibataire vous permet des choses que vous ne pourriez pas faire en couple ? 

J’arrive toujours à trouver du temps pour moi ainsi que pour mes proches. J’aime prendre ce temps nécessaire pour partager des moments forts et le plaisir solitaire est essentiel dans mon quotidien. Gérer 100 % de mon temps est quelque chose que j’apprécie par-dessus tout car il n’y a pas de contrainte et je prends aussi soin de ma santé mentale. 

À l’inverse, pensez-vous qu’être célibataire vous empêche de faire des choses que vous pourriez faire si vous étiez en couple ? 

Au contraire, je ne me prive pas de sortir avec mes ami.es ou bien seule. J’apprécie ma propre compagnie et je pense que c’est une chance car je n’ai pas besoin d’attendre une personne pour faire des activités. Cela me permet d’être flexible et de faire à 100 % ce qui me plaît. 

Le lieu géographique où vous vivez a-t-il un impact sur votre rapport aux relations amoureuses ? 

Je vis dans une région propice aux rencontres car il y a beaucoup d’activités. J’ai déjà essayé des sites de rencontres mais je n’arrive pas à y rester plus d’un mois. Le principe de faire son marché en ligne avec un algorithme me rebute car je n’aime pas faire des rencontres de cette manière. Avec du recul, le fait de m’être inscrite sur ces sites fut une décision uniquement prise pour correspondre aux standards de la société. Je ne souhaite plus me forcer à y aller car je n’aime pas cette pratique. 

Cherchez-vous activement à trouver une relation amoureuse ? 

Je ne recherche pas activement une relation. Je vis mes propres expériences entourées de ma famille et de mes ami.es. Je peux avoir des coups de cœur en trouvant un homme attirant, mais je n’irai pas vers une relation amoureuse. Trouver l’amour n’est pas ma priorité ce qui me permet d’accorder du temps conséquent à mes proches, mes ami.es et pour mes centres d’intérêts. 

Comment décririez-vous votre rapport aux rencontres ? 

J’aime échanger et rencontrer de nouvelles personnes, mais pas sur le plan sentimental. Je suis une femme qui aime aider et mieux comprendre la psychologie et la vie des autres. Je suis aussi sociable et j’aime profiter de la vie. Faire des rencontres ne me terrifie pas car j’ai appris à développer une certaine écoute. 

Ressentez-vous une forme de pression à chercher activement un ou une partenaire amoureux.se ? 

Oui, clairement je ressens une pression de la part de la société. Depuis mon adolescence, je me suis posé beaucoup de questions sur ma vie amoureuse. Arrivée à l’âge adulte, j’ai voulu correspondre aux standards de la société en recherchant quelqu’un sur des sites de rencontre. À l’approche de la trentaine, je ne souhaite plus me forcer pour correspondre aux attentes de la société. Je pense qu’être asexuelle est encore très mal perçu dans la société et n’est pas forcément compris. Nous pouvons être pointés facilement du doigt. J’ai beaucoup de chance d’être bien entourée mais malgré tout, de nombreux efforts sont à faire pour faire évoluer le regard de la société sur ce sujet. 

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Le célibat amoureux a-t-il un impact sur votre vie sexuelle ? 

La recherche d’un partenaire sexuel ne correspond pas à mes attentes. Je ne recherche personne de manière active et cela ne me crée pas de manque particulier. J’arrive à m’épanouir à travers d’autres choses. Je préfère me focaliser sur mes centres d’intérêt, ma famille, ma vie professionnelle ainsi que sur mes ami.es. 

Ressentez-vous une forme d’injonction à être en couple ? 

Oui. Selon moi, la vie amoureuse est très représentée dans notre culture populaire et est très présente dans notre quotidien, que ce soit à travers des séries ou à travers le discours des gens. Le fait d’être seule à l’abord de la trentaine peut être encore mal perçu, voire même être l’objet de moqueries de la part de certains. Cela peut être perçu comme un échec alors que je vois cela comme une marque d’indépendance et d’épanouissement personnel. Heureusement, la parole commence à se libérer autour de l’asexualité et des personnes aromantiques. 

Estimez-vous que le célibat a un impact sur vos finances ? 

Oui. Dans ma région, le prix des appartements est très élevé. Dans ma situation, il est encore difficile d’avoir mon propre appartement en étant seule. Il est vrai que c’est plus simple de partager les finances avec une autre personne. Les frais financiers sont plus conséquents en étant seule. 

Quels sont vos projets pour le futur ? Le célibat a-t-il un impact sur ces envies et ces projections ? 

Mon célibat a un impact sur mon futur car je ne souhaite pas avoir d’enfant, ni avoir une maison avec un chien. Ce style de vie ne me correspond pas car je souhaite avant tout avoir un métier qui me plaît et être en harmonie avec mes convictions profondes. Ma prise de conscience récente en tant que personne asexuelle et aromantique a énormément éclairé des questionnements présents depuis longtemps. Mon avenir ne sera pas dicté par une quelconque pression de la société car je suis la seule à décider de mon destin.

Merci à Cindy d’avoir répondu à nos questions !

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Les Commentaires

2
Avatar de hellopapimequepasa
3 août 2023 à 15h08
hellopapimequepasa
give me five partner en fait!!et oui je suis ace et aro et je me reconnais dans ce que tu dis. Moi mon histoire d'amour c'est celle que je vis avec mon sport
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Voir les 2 commentaires

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