Les jeunes font moins l’amour qu’avant, et autres chiffres intéressants

Des jeunes ont répondu à des sondages du magazine JAM concernant leur rapport à la sexualité. Consentement, pornographie, tabous... Voici une synthèse de leurs réponses !

Les jeunes font moins l’amour qu’avant, et autres chiffres intéressants©Eliott Reyna/Unsplash

Publié le 23 octobre 2019

JAM, le magazine qui te raconte l’actualité via Messenger, a réalisé un sondage auprès de 1000 répondants français âgés de 15 à 25 ans sur leur rapport à la sexualité et au désir.

Consentement, injonctions, tabous, culture du porno… Voici leurs réponses !

JAM, le chatbot des 15-25 ans

JAM, c’est un magazine que je viens tout juste de découvrir. Vendu comme le premier média qui te parle, je l’ai testé, et en effet, il te parle vraiment !

En allant sur la page d’accueil du magazine, tu trouveras des titres de sujets d’actualité, et en cliquant dessus, tu ne tomberas pas sur un article, mais tu seras redirigée vers Messenger, via lequel JAM te parlera du sujet d’actualité sur lequel tu as cliqué.

JAM te fera aussi réagir aux infos dont il te parle, et de cette manière, il te dira aussi ce que les autres ont répondu aux mêmes questions.

Grâce à ce système, il est facile pour JAM de questionner sa communauté sur divers sujets, et récemment, il nous a communiqué une synthèse de données provenant de plusieurs études à propos de la sexualité de 1000 jeunes âgés entre 15 et 25 ans !

Un sondage auprès des 15-25 ans sur leur sexualité

Ce sondage prend en compte plusieurs sujets en lien avec la sexualité.

Le consentement chez les jeunes entre 15 et 25 ans

Ce qui apparait dans ce sondage, c’est que la notion du consentement n’a pas l’air très claire dans l’esprit de ces jeunes.

66% des femmes se sont déjà senties obligées d’avoir un rapport sexuel, et 65% des hommes affirment pourtant « toujours » demander à leur partenaire si il ou elle a envie.

Alors que 63% des jeunes déclarent que le consentement est un des sujets de sexualité les plus mis en avant dans la société contemporaine, et qu’ils sont 65% à être conscients que les femmes sont les premières victimes du non-consentement, 68% de ces jeunes pensent encore que les limites du consentement ne sont pas claires (78% des femmes et 59% des hommes).

Pourtant les hommes sont les plus confiants sur ces questions, et 36% affirment même que les limites sont « parfaitement » claires.

L’éducation sexuelle chez les jeunes entre 15 et 25 ans

Dans le sondage de JAM, 79% des jeunes se considèrent globalement bien informés sur la sexualité, mais 10% seulement pensent qu’ils sont suffisamment sensibilisés au consentement.

Dans le top 3 des sujets sur lesquels ils aimeraient avoir plus d’infos, il y a l’anatomie (31%), les IST et l’orientation sexuelle (17%).

Concernant leurs principales sources d’informations sur leur sexualité, 14% des garçons citent le porno comme source principale contre 1% chez les filles.

Le top 3 de leurs sources d’infos sont leurs proches (33%), les médias, et les réseaux sociaux pour les filles, et le porno pour les garçons.

11% des jeunes s’informent sur les réseaux sociaux (14% des filles, 8% des garçons), notamment via Instagram avec les comptes @tasjoui, @jemenbatsleclito, @jouissance.club… mais aussi sur YouTube !

Et l’éducation sexuelle à l’école alors ? Et bien seulement 2% de ces jeunes déclarent que c’est leur principale source d’informations concernant la sexualité.

Le plaisir sexuel chez les jeunes de 15 à 25 ans

Selon une enquête de The Atlantic, entre 1991 et 2017, le nombre de rapports sexuels chez les jeunes de 14-18 ans a baissé de 16%.

Chez les jeunes interrogés dans le sondage de JAM, 32% pensent que les jeunes font plus l’amour qu’avant, 20% que c’est pareil qu’avant, et 48% sont conscients qu’ils font moins l’amour qu’avant.

Concernant les raisons d’une baisse de libido chez les jeunes, ils répondent le stress (33%), le porno (25%), l’insatisfaction (22%), et les écrans (20%).

La sexualité chez les jeunes entre 15 et 25 ans en France

Pourtant, ce qui ressort également de ce sondage de JAM, c’est que 85% des jeunes pensent que le sexe est important voire très important dans leurs relations.

Et ça rend d’autant plus inquiétantes les réponses sur l’éducation sexuelle et le consentement !

Si tu veux lire le rapport détaillé de ce sondage, qui comprend aussi des témoignages de jeunes sur ces différentes thématiques, il est disponible ci-dessous !

Et toi, est-ce que tu savais que les jeunes faisaient moins l’amour qu’avant ? Pourquoi c’est le cas selon toi ?

À lire aussi : À quoi ressemble l’éducation sexuelle idéale (selon vous)

 

Commentaires

Cléo.

Je suis assez touchée par l'axe de l'étude évoquant la pudeur vis à vis de l'expression des sentiments amoureux, à l'ère du tout-numérique et des appli de "rencontres", on est surtout très "seuls" derrière nos écrans, on se retrouve en face d'un inconnu qui, trop souvent, "ne veut pas s'attacher"/"veut juste profiter" et on se blinde, se convainc qu'on est pareil alors qu'on aimerait souvent (pas tout le monde) des relations + profondes, + sécurisantes et + saines.

Personnellement, j'ai remarqué que la qualité de mes relations sexuelles s'améliorait vraiment avec la qualité de la relation à l'autre, le temps partagé, les échanges intellectuels et culturels, la complicité et l'attention aux goûts et passions de chacun. C'est "logique" dit comme ça, mais c'est vraiment de plus en plus rare (pour moi en tout cas) depuis quelques années.

J'ai vraiment l'impression d'être dans une société de surconsommation où on prend et jette les gens sur les appli comme des mouchoirs, qu'il y a bcp moins de considération réelle de l'Autre mais plutôt du "ce que cette personne peut m'apporter comme plaisir immédiat ou pas, sinon je next, j'en ai de toute façon 36 en attente, dans mon panier."

Y a une vraie notion d'addiction à l'immédiateté qui entache le potentiel de profondeur d'une relation (au-delà du fait que les gens ont le droit de ne pas être compatibles avec tout le monde ou de pas avoir envie d'un truc "sérieux" bien sûr). Juste que y a quelques temps c'était plus "simple" d'être en "couple" ou en relation "qu'on laisse évoluer" disons, alors que maintenant, par défaut, c'est plutôt "plan Q". Y a pas si longtemps, quand je rencontrais et embrassais (++ si affinités) quelqu'un, pour moi, naïvement, on était ensemble et pour l'autre aussi, alors que depuis quelques temps, c'est pas du tout une norme, il/elle peut voir 10 personnes en même temps, on ne sait pas s'arrêter comme tout est "possible" avec "tout le monde". Enfin dites-moi si c'est que mon prisme déformant de réalité ?

Enfin, pour revenir sur la question des écrans, c'est assez intéressant de voir cette surconsommation de séries (histoires et relations DES AUTRES qu'on aime suivre à l'écran, passivement) V.S moins de sexe et de relations dans nos vies (moins actifs, plus passifs et spectateurs). Plus de virtuel, moins de réel, plus de sécurité/confort, moins de prise de risques d'être déçu.e/frustré.e/malheureux.se en amour ou autre.

C'est très lié je trouve. Voilà.
 
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