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Kate Moss dénonce les affres du mannequinat, subis dès ses 14 ans
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Faux casting, shooting toplessKate Moss raconte ses débuts de mannequin à l’âge de 14 ans

Aujourd’hui âgée de 48 ans, Kate Moss évolue en silence et avec succès dans l’industrie de la mode depuis plus de 30 ans. Ses confessions racontent donc beaucoup de l’évolution du métier.

« Never Complain, Never Explain » : tel est le dicton de Kate Moss. Celle que l’industrie de la mode et de la beauté surnomme la brindille balade son visage de Sphinx et sa silhouette gracile sur les podiums et devant les objectifs des plus grands noms de la mode depuis plus de trente ans (et se dit toujours autant intimidée après toutes ces années). Ce, dans une forme de mutisme étonnante, malgré les nombreux scandales qui émaillent sa carrière. Kate Moss vient pourtant de se raconter dans l’émission Desert Island Discs de la radio britannique BBC Radio 4, le 24 juillet 2022.

Les débuts traumatisants de Kate Moss en tant que mannequin dès 14 ans

Née à Croydon en 1974, la jeune Anglaise se fait repérer à 14 ans par l’agent et chasseuse de mannequins (« scout », dans le jargon de l’industrie) Sarah Doukas dans un aéroport. Celle-ci la signe rapidement dans son agence. Deux ans plus tard, la Brindille de 16 ans se retrouve en couverture du magazine pointu The Face (photographiée par Corinne Day pour un édito grunge devenu culte dont elle raconte les coulisses difficiles à la BBC). Et c’est l’acte de naissance officieux de ce qu’on appellera bientôt l’ère « heroin chic » (oui, comme la drogue dure) dans la mode.

Capture d’écran Instagram du shoot culte de Kate Moss pour The Face
Capture d’écran Instagram du shoot culte de Kate Moss par Corinne Day pour The Face en 1990.

Au micro de la journaliste de la BBC Lauren Laverne, Kate Moss raconte plusieurs épisodes de sa carrière de mannequin qui l’ont marquée. Dont certains plutôt cauchemardesques. Comme quand elle s’est rendue, adolescente, à un casting de catalogue de soutien-gorge et qu’un photographe lui a demandé de retirer le sien, justement :

« J’ai vécu une expérience horrible. Je n’avais probablement que 15 ans et il a dit:  »Enlève ton haut ». Alors j’ai enlevé mon haut. [J’ai senti que quelque chose n’allait pas] Là, il m’a dit  »Enlève ton soutien-gorge », et là, j’ai pris mes affaires et je me suis enfuie. J’étais en larmes. […] Je pense que ça a aiguisé mon instinct. Je peux reconnaître un faux photographe à des kilomètres. »

Kate Moss et Mark Wahlberg à moitié nus pour Calvin Klein, c’était « effrayant »

Kate Moss raconte un autre chapitre de sa vie qui a contribué à forger sa carrière et son caractère : sa campagne culte pour Calvin Klein en 1992, aux côtés de Mark Wahlberg, alors wannabe rappeur (avant de devenir l’acteur médiocre qu’on connaît). Elle s’avère tout juste majeure et doit jouer les sex-symbols femmes-enfants évidemment mutique, qui tournoie autour de lui. Pendant cette parade forcée, il raconte crûment que rien ne peut se glisser entre elle et son pénis, si ce n’est des sous-vêtements siglés CK.

Dans l’émission de la BBC, Kate Moss revient donc sur ce tournage qui lui rappelle « de pas très bons souvenirs » : « Il était très macho et très centré sur lui. Il avait un grand entourage. Je n’étais qu’une mannequin. »

Quand la journaliste lui demande si elle s’est sentie objectifiée, Kate Moss répond : « Oui, complètement. Et vulnérable et effrayée. Je crois qu’ils ont joué sur ma vulnérabilité. J’étais assez jeune et innocente. Calvin adorait ça. »

La brindille évoque également combien elle s’est sentie mal en amont de ce tournage, qu’elle osait à peine quitter son lit la semaine le précédant, souffrant alors d’ « anxiété sévère » à cette perspective. Ce qu’elle avait déjà raconté auprès de Vanity Fair en 2012 :

« J’ai fait une crise de nerfs quand j’avais 17-18 ans et devais travailler avec Marky Mark [le nom de rappeur de Mark Wahlberg] et Herb Ritts [photographe de la campagne]. Ça ne me ressemblait pas du tout. Ça ne me ressemblait pas du tout. Je me sentais vraiment mal à cheval sur ce type hyper musclé. Je n’ai pas aimé. Je n’ai pas pu sortir du lit pendant deux semaines. Je pensais que j’allais mourir. Je suis allé chez le médecin, et il a dit :  »Je vais te donner du Valium », et Francesca Sorrenti [directrice artistique et photographe de mode, mère de deux photographes de mode, dont Mario Sorrenti qui était alors le petit ami de Kate Moss], Dieu merci, a dit :  »Ne prends pas ça. » C’était juste de l’anxiété.

Personne ne prend soin de vous mentalement. Il y a une énorme pression pour faire ce que vous avez à faire. J’étais vraiment jeune et j’allais travailler avec Steven Meisel [grand photographe de mode] C’était juste vraiment bizarre – une limousine allongée venant vous chercher au travail. Je n’ai pas aimé. Mais c’était du travail et je devais le faire. »

Le cocaïne-gate de Kate Moss : « J’étais un bouc émissaire »

Au micro de la BBC, Kate Moss raconte également la tempête médiatique qui a déferlé sur elle, et les terribles répercussions économiques sur sa carrière, suite à la publication par le tabloïd Daily Mirror de photos d’elle en train de prendre de la cocaïne en 2005 : « Je pense que j’étais un bouc émissaire pour beaucoup de problèmes de gens. »

Écouter ainsi Kate Moss se raconter par elle-même permet donc de prendre la mesure de ce qui a, et de ce qui doit encore, évoluer dans le mannequinat. Cela souligne également combien les femmes sont souvent réduites aux rôles de muses mutiques, et qu’elles auraient bien des horreurs à raconter si on prenait la peine de les écouter.

Capture d’écran 2022-07-26 à 11.12.09
Kate Moss est en plein marathon promo car elle vient d’être nommée directrice artistique de Diet Coke.

Car Kate Moss a déjà esquissé par le passé plusieurs de ces anecdotes symptomatiques de problèmes systémiques, sans forcément trouver d’écho. Signe s’il en fallait que bien plus qu’une libération de la parole (les femmes ont toujours parlé), c’est d’une libération de l’écoute dont on a urgemment besoin. De soin et de prévention. C’est notamment ce qui a motivé Kate Moss à ouvrir sa propre agence de talents (où sa fille, Lila Moss, est signée) en 2016, et qu’elle décrit ainsi à la BBC :

« J’ai dit à [Lila], tu n’as pas à faire quelque chose que tu ne veux pas faire. Si vous ne voulez pas faire ce tournage, si vous ne vous sentez pas à l’aise, si vous ne voulez pas être mannequin, ne le faites pas.

Je prends soin de mes modèles. Je m’assure qu’ils sont avec des agents lors des tournages, donc quand ils sont exploités, il y a quelqu’un là pour dire :  »Je ne pense pas que ce soit approprié. » Je ne sais pas si c’est général, mais c’est absolument ce que je veux et peux faire. »

À lire aussi : Pour les mannequins françaises, se syndiquer est quasi-impossible. Pourquoi donc ?

Crédit photo de Une : Capture d’écran Instagram @katemossagency x @dietcokegb


Et si le film que vous alliez voir ce soir était une bouse ? Chaque semaine, Kalindi Ramphul vous offre son avis sur LE film à voir (ou pas) dans l’émission Le seul avis qui compte.

Les Commentaires

5
Avatar de Sara Cooper
1 août 2022 à 15h08
Sara Cooper
@Pawline Tu aurais le nom du livre ?
0
Voir les 5 commentaires

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