Kate Moss, forcée à poser nue quand elle avait 14 ans ?


“C’était très commun à mon époque et l’est encore aujourd’hui”, s’inquiète la mannequin dans une rare interview. Ces dernières années, plusieurs modèles dénoncent d’ailleurs les violences sexuelles qui sévissent dans l’industrie de la mode.

Capture d'écran d'une vidéo publicitaire pour la marque Decorté

“C’était très commun à mon époque et l’est encore aujourd’hui”, s’inquiète le mannequin Kate Moss dans une rare interview dans l’édition papier du Reader’s Digest de mars 2021. Ces dernières années, plusieurs modèles dénoncent d’ailleurs les violences sexuelles qui sévissent dans l’industrie de la mode.

Devenue rare sur les podiums et dans les campagnes de mode, Kate Moss se fait également de plus en plus discrète en interviews. Celle qui tient pour devise “Never complain, never explain” (ne te plains jamais, ne te justifie jamais) revient pourtant sur ses débuts dans le mannequinat auprès de l’édition de mars du magazine britannique Reader’s Digest dont elle fait la couverture.

“Travailler avec vous seulement si vous acceptez de poser nue”

Comme le rapporte le DailyMail, elle y évoque notamment combien il est courant de débuter dans cette industrie à un très jeune âge, et comment certains photographes n’acceptent de travailler avec des modèles qu’à une inquiétante condition :

“Cela a été le cas pour moi, et certains photographes voulaient bien travailler avec vous seulement si vous acceptiez de poser plus ou moins nue. C’était très commun à mon époque et l’est encore aujourd’hui. Pour une très jeune femme, cela peut être incroyablement intimidant. […] Il y a eu de nombreux shootings à mes débuts où je me suis sentie terriblement mal à l’aise.”

En l’occurrence, Kate Moss a été repérée à l’âge de 14 ans, en 1988, avant de devenir l’icône de l’esthétique “heroin chic”. Comprendre : avoir l’air si pâle et frêle qu’on peut vous prendre pour une héroïnomane. Ce qui convenait parfaitement à l’industrie de la mode qui glamourisait cette allure dans les années si grunge qu’étaient les 1990.

 

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Longtemps surnommée « la Brindille », Kate Moss explique avoir changé de silhouette depuis la naissance de son premier enfant en 2002, Lila Grace Moss. Celle-ci marche d’ailleurs dans les pas de sa mère, puisqu’elle a fait son premier défilé en octobre 2020 pour Miu Miu. Mère et fille ont même partagé le même podium Fendi en janvier 2021. Et partagent donc peut-être aussi de semblables confrontations à de potentiels prédateurs.

Les témoignages de mannequins contre les violences sexuelles se multiplient

Si elle a longtemps tu les violences présentes dans l’industrie de la mode, Kate Moss rejoint aujourd’hui les rangs des rares mannequins à s’exprimer sur ce problème manifestement structurel.

À l’instar Emily Ratajkowski (alias @emrata sur Instagram), qui racontait ses pires expériences dans un long essai titré “Buying Myself Back” et publié par The Cut. Notamment comment le photographe Jonathan Leder l’a shootée nue à 21 ans, pénétrée sans son consentement, puis a exploité ses clichés sans son accord.

Si aux États-Unis, les photographes de mode Terry Richardson, Bruce Weber, Mario Testino, et le créateur Alexander Wang ont été dénoncés par plusieurs mannequins, l’industrie de la mode française reste étrangement muette. Hormis peut-être le cas du photographe David Hamilton, accusé à l’automne 2016 d’avoir violé plusieurs de ses modèles adolescentes dont la journaliste Flavie Flament quand elle avait 13 ans.

Un #MeToo de la mode peut-il avoir lieu ?

En septembre 2017, les groupes de luxe Kering et LVMH ont signé une charte commune pour améliorer les conditions de travail des mannequins. Dont la promesse de ne plus travailler avec des jeunes de moins de 16 ans, l’obligation de contractualiser les situations de nudité en amont, et de ne plus laisser un photographe ou une personne de la production seul avec un mannequin.

@cocorocha

Going through the highs & lows of #modeling is the reason I created #CocoRochaModelCamp for the next generation. #itseverythingyoueverwant #notalways

♬ original sound – Static2.0😄

Par ailleurs, une enquête du parquet de Paris a été ouverte en septembre 2020 contre Gérald Marie, l’ancien patron français de la prestigieuse agence de mannequins Elite. Plusieurs modèles l’accusent de viols entre 1980 et 1998, selon un mode opératoire si bien rôdé que le Guardian le surnomme déjà le Harvey Weinstein de la mode. Preuve que le vernis de l’industrie du rêve se craquelle.

À lire aussi : L’histoire d’Emily Ratajkowski révèle un profond problème dans le milieu du mannequinat

Anthony Vincent

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Commentaires

missaaj

Je n'ai pas dit que Kate Moss soutient les agresseurs. Cela fait plus de 20 ans que tout le monde dans le milieu de la mode sait que Terry Richardson est un agresseur. Quand une bookeuse d'une grande agence de mannequins de Paris me dit en 2009 qu'elle n'envoie pas ses new faces pour shooter avec Terry Richardson, et pas du genre c'est une info qui vient de sortir, mais sur un ton "j'ai l'habitude, c'est devenu systématique", ce n'est plus un secret de polichinelle, cette information est connue et généralisée. Il n'y a pas besoin d'avoir été agressée soi-même pour être solidaire des victimes, quand les témoignages sont si nombreux et les faits avérés.
Non mais tu disais que le fait que Kate Moss s'exprime la dessus est assez dérangeant et je ne suis pas d'accord....mais par contre, je trouve ca vraiment bien que Terry Richardson soit de plus en plus boycotté. Et si l'un des plus célèbres mannequins comme Kate Moss parle aussi (même tard même de façon incomplète) tant mieux selon moi
 

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