« C’est une vraie maladie » : 11 femmes touchées par la dépression et l’anxiété brisent le tabou


Les troubles anxieux et dépressifs sont souvent entouré de tabous et de préjugés. Pour briser ce silence, nous avons donné la parole à celles qui les vivent : 11 lectrices ont témoigné pour nous raconter l'anxiété et la dépression, avec leurs propres mots.

Brave togetherBrave Together (Maybelline New York et l'UNAFAM) / Lingjie Gong

En partenariat avec Brave Together (notre Manifeste)

Les troubles anxieux et dépressifs sont loin d’être rares ; en France, ils touchent respectivement 21% et 13,5 % des adultes au cours de leur vie. Pourtant, comme tout ce qui a trait à la santé mentale, ils restent encore drapés d’un certain tabou : en parler, c’est s’exposer à des regards incompréhensifs, des conséquences parfois difficiles sur nos vies de famille ou professionnelles, des réflexions irréfléchies, voire violentes…

Alors pour briser le silence qui entoure ces questions, nous avons décidé de vous donner la parole à ce sujet, en partenariat avec Brave Together, l’initiative de Maybelline pour lutter contre l’anxiété et la dépression. Vous avez choisi vos mots pour décrire vos relations avec ces troubles, la manière dont vous vivez avec et dont vous les domptez. Merci à toutes pour vos témoignages si forts !

L’école et l’anxiété

Pour certaines, l’anxiété a commencé après un évènement particulier de leur vie. Pour d’autres, elle a plus ou moins toujours été là et s’est aggravée au contact de certaines situations. Dans vos récits, un lieu revient souvent : l’école (et les études supérieures) cultive un lien fort avec vos états anxieux et dépressifs, comme pour Valentine*, qui témoigne.

« J’ai été une enfant puis une adolescente anxieuse. J’étais très timide, les autres me terrifiaient et mon estime de moi n’a jamais été très haute. Cette situation s’est associée à du harcèlement scolaire en primaire qui n’a rien arrangé. Heureusement, j’ai rencontré au lycée des personnes formidables avec qui j’ai pu m’ouvrir tout doucement.

Quand je suis entrée en prépa, la pression et ma personnalité anxieuse n’ont pas fait bon ménage : j’ai fait mon premier vrai épisode dépressif. »

Elle n’est pas la seule à soulever ce point. Camille*, Mariane*, et Chloé*, dont les âges vont du début de la vingtaine à la trentaine, racontent elles aussi avoir subi leurs premières vraies crises d’anxiété au moment où elles étaient en proie à du harcèlement scolaire. 

Quand l’anxiété et la dépression font ménage

Décrivant la manière dont se manifestent l’anxiété et ses états dépressifs, Valentine* raconte :

« J’ai fait trois épisodes dépressifs. Dans ces moments, j’ai pas mal de symptômes classiques : perte d’appétit, hypersomnie, perte d’énergie, crises de larmes, apathie, idées noires…

Mon anxiété se manifeste par une faible estime de moi, une peur phobique du regard des autres, ou encore un perfectionnisme démesuré. J’ai besoin de beaucoup de sommeil pour récupérer, surtout si j’ai eu des interactions sociales. Je peux faire des crises de panique, des moments où je suis persuadée que je vais mourir. »

La jeune femme explique avoir souffert de la stigmatisation autour de ces troubles :

« J’ai l’impression que c’est encore très stigmatisé. Dans notre société où la figure du “winner” est de plus en plus mise en valeur, la dépression, il me semble, est perçue comme une sorte d’excuse pour les personnes flemmardes. Alors qu’il s’agit d’une pathologie physiologique bien réelle et handicapante. »

La dépression post-partum, un déclencheur fréquent

D’autres évènements peuvent déclencher des syndromes dépressifs. Parmi les plus répandus, la dépression post-partum, qui toucherait 10 à 20% des mères. Juliette*, 24 ans, en témoigne :

« Ma grossesse s’est merveilleusement bien passée : l’annonce, les échographies, voir le bébé grandir et son corps changer, préparer sa chambre, être chouchoutée… C’est génial. Mon accouchement aussi s’est très bien passé.

Mais si j’étais physiquement en bonne santé après avoir accueilli mon enfant, je ne l’étais pas du tout mentalement : je n’ai pas ressenti d’amour pour mon bébé, seulement de l’angoisse. Je me suis sentie envahie d’une vague de regrets et de doutes.

De retour à la maison, j’ai croisé les doigts pour que tout rentre dans l’ordre. Sauf que non : j’avais l’impression qu’à chacun de ses pleurs, je m’étouffais, que je ne ressentais rien pour ma fille…  Alors j’ai sombré. Je ne mangeais plus, je ne dormais que très peu, même déglutir et sortir du lit était difficile. Je faisais des crises de panique à en vomir. »

Quand elle perd pied au point d’avoir des pensées suicidaires, Juliette* décide de demander de l’aide.

« Un matin, je pense au pire en me réveillant, et je vois la fenêtre, qui m’appelle afin que tout cela s’arrête. C’est à ce moment-là que j’ai décidé de me faire aider : j’ai commencé à me faire suivre par une psychologue, et à prendre des antidépresseurs.

Le traitement m’aide et je retrouve de l’appétit. J’apprends à connaître ma fille, à construire chaque jour des liens et de l’amour avec elle. L’interaction se met en place, une routine s’installe et les blessures se réparent doucement. »

« Au début, j’étais prise d’une fatigue indescriptible »

Héloïse*, quant à elle, confie toujours avoir été anxieuse. Au quotidien, ce trouble se conjugue avec un état dépressif qui s’est installé pendant sa vingtaine, après un évènement traumatisant. Elle explique avoir mis du temps, avant de comprendre ce qui se passait.

« Au début j’étais prise d’une fatigue indescriptible, j’étais vidée. Tous les soirs je me disais “il suffit que je dorme et demain ça ira mieux”. Mais le lendemain, ça n’allait pas mieux.

J’ai passé des examens médicaux dont les résultats sont tous revenus normaux, mais personne n’a soulevé l’hypothèse de la dépression. Elle s’est installée, insidieusement, et quand je m’en suis rendu compte à 24 ans, elle était devenue sévère. »

Au quotidien, elle raconte que ses symptômes l’ont beaucoup freinée :

« Mes idées embrouillées et ma lenteur me freinaient beaucoup dans mon travail, dans mes relations sociales… Je n’arrivais plus à m’organiser pour quoi que ce soit. J’étais détestée sur mon lieu de travail, ce qui a entraîné un cercle vicieux dont j’avais du mal à sortir.

J’avais perdu tout élan vital, je n’avais pas le courage de me faire à manger, de me laver les cheveux voire parfois de me laver tout court. Je passais mon temps libre couchée sur le canapé, à regarder des vidéos très violentes pour essayer de me choquer ou de ressentir quelque chose, parce que ma palette d’émotions était bloquée sur la tristesse ou l’angoisse. »

Elle a aussi souffert du tabou autour de la dépression : il lui était très difficile d’en parler à son entourage, dont les réactions n’ont pas toujours été bienveillantes.

« Une partie de mon épuisement venait du fait que je devais tout cacher à mon entourage tout le temps, faire plus ou moins bien semblant. Mon compagnon a eu du mal à se dire que j’avais réellement une maladie, que je ne faisais pas tout ça exprès, que je n’étais pas responsable de mon état. On a passé des moments très difficiles à cause de ma dépression. »

Vivre avec un trouble anxieux généralisé

Pour Anne-Marie* non plus, le regard des proches n’a pas été chose simple à gérer. À 24 ans, elle est étudiante et souffre de trouble anxieux généralisé depuis ses 18 ans.

« Je me souviens encore très précisément de ma première crise. Je me suis réveillée au milieu de la nuit, trois jours avant le début de mes épreuves écrites, avec une seule idée en tête : j’avais perdu ma carte d’identité. À 2h du matin, je me suis retrouvée à fouiller partout dans ma chambre, sans parvenir à la trouver et plus je fouillais, plus je sentais que je partais ».

Ma respiration devenait difficile, j’avais une sensation très étrange dans la tête, un peu comme quand on reste trop longtemps sous l’eau ou que l’on plonge un peu trop profondément. Je me suis mise à trembler, et très vite, mes jambes ne me portaient plus, je devais avancer à quatre pattes sur le sol.

C’était la première crise que j’ai faite, mais malheureusement pas la dernière, et c’était loin d’être la plus violente. Mais les symptômes sont toujours les mêmes. »

Au quotidien, elle est désormais dans l’anticipation constante de ces crises :

« Ces crises d’anxiété ne m’empêchent pas de faire des choses, mais je sais qu‘elles ont profondément modifié mon comportement : je fais tout pour les éviter. J’expédie le plus vite possible les choses qui peuvent les déclencher, je dors avec des lumières parce que le noir complet peut déclencher une crise, j’ai presque toujours de la musique dans les oreilles pour me distraire et avoir un bruit de fond… »

Le poids du regard des proches

Anne-Marie* déplore le manque de compréhension à ce sujet au sein de sa famille :

« Ma mère a une nature totalement différente de la mienne, et ne comprend tout simplement pas mon trouble anxieux généralisé. Elle ne comprend pas que non, je ne m’amuse pas à me “monter la tête pour rien” et que non, je n’exagère pas mon état de détresse. Je sais qu’elle ne comprend toujours pas, mais elle fait des efforts. »

Heureusement, la jeune femme a la chance d’être entourée d’amis et d’amies qui comprennent sa situation, et qui savent comment réagir et l’accompagner si une crise se présente. Aujourd’hui, grâce au suivi d’une psychiatre et à un traitement médicamenteux, elle se sent beaucoup mieux. C’est d’ailleurs son plus grand conseil, face aux troubles anxieux : ne pas hésiter à demander de l’aide.

Il n’y a pas de « bon profil » pour les troubles anxieux et dépressifs

Louise* a 36 ans, elle est mariée et est mère de deux petites filles. Elle explique souffrir de troubles de l’anxiété et d’épisodes dépressifs depuis ses 15 ans environ. Mais faute de moyens financiers pour consulter des psychologues dans sa jeunesse, elle raconte avoir vécu longtemps sans comprendre ce qui lui arrivait. Aujourd’hui, elle dissimule ses troubles la plupart du temps :

« Je cache mon anxiété par un comportement léger. Contrairement à ce que l’on peut imaginer, en public je suis un vrai clown ! J’ai peur que l’on découvre qui je suis en réalité, c’est-à-dire, quelqu’un de très sombre et que l’on me juge, comme ça m’est déjà arrivé. Je m’abstiens donc de montrer mes peurs…

Le plus difficile c’est de ne rien laisser transparaître : j’essaie de préserver le plus possible mes filles de mon état, ma plus grande peur étant de leur transmettre mon anxiété.

En société je porte un masque. Personne de mon entourage (à part mon mari et ma mère) ne sait que je souffre de ce genre de troubles. En effet, un grand sentiment de honte se crée à force d’entendre régulièrement : “Mais tu n’as aucune raison d’aller mal, ta vie est super !”. »

La dépression peut s’accompagner de culpabilité

Ce sentiment est partagé par Catherine*, dont l’anxiété s’est aggravée depuis la crise sanitaire, et s’accompagne d’épisodes dépressifs. Elle confie :

« J’ai honte de cet état, car habituellement je suis quelqu’un de plutôt enjoué, dynamique. Je suis extravertie et souvent on pense que la dépression est réservée aux timides ou aux introvertis.

Et puis j’ai l’impression de ne pas avoir une “vraie” raison d’être dépressive, dans le sens où ce n’est pas lié à un évènement grave (deuil, stress post-traumatique…), mais plutôt à un cumul de difficultés. Du coup je culpabilise d’être dépressive. J’ai un bon emploi, un couple stable, un enfant épanoui, une jolie maison… J’ai l’impression de ne pas avoir le “bon profil”. »

La crise sanitaire et sociale, déclencheur de troubles de la santé mentale

La crise sanitaire que nous traversons est n’est pas sans conséquences sur nos santés mentales. Ce n’est pas un secret : depuis 2020, le nombre d’adultes se déclarant en proie aux troubles anxieux et dépressifs est en hausse. C’est le cas pour Romane*, qui a vu naître chez elle de l’anxiété et des épisodes dépressifs à partir du premier confinement.

« J’ai vécu le premier confinement seule avec mon chien, dans un appartement. Comme pour tout le monde, la situation n’avait rien d’agréable, mais mes troubles anxieux et dépressifs sont arrivés au moment où mon entreprise m’a licenciée avec plusieurs de mes collègues (en majorité des jeunes 25-35 ans)… Sans aucune raison valable.

Actuellement, je suis chômeuse, avec un état dépressif avancé et comme bagage supplémentaire les restrictions sanitaires qui pèsent sur mes épaules d’une façon si intense. Le problème avec l’anxiété, c’est que je ne peux pas m’empêcher de penser aux autres et de toujours me comparer… Et je m’en veux. Je m’en veux de ressentir tout cela alors que je vis dans un chouette appart parisien dans un quartier génial, j’ai un copain qui m’aime et réciproquement et qui est un pur soutien en cette période…

J’ai l’impression d’avoir de “faux problèmes”, et je culpabilise. »

Se sentir légitime à en parler, et à demander de l’aide

Pour se faciliter les choses, Jeanne* a décidé de parler de sa dépression au travail. Les réactions de ses collègues l’ont surprise par leur positivité :

« J’avais décidé de ne pas faire de ma dépression un tabou au travail, notamment par considération pour mes collègues qui peuvent être déstabilisés par mes sautes d’humeur, mais aussi parce que je souhaite activement dégommer le stigma autour des maladies mentales.

J’ai été agréablement surprise par leur réaction – la meilleure selon moi dans un contexte professionnel – et qui a été en gros “ah bon, OK, bah j’espère que ça ira mieux bientôt”. Je n’ai jamais eu le moindre commentaire déplacé vis-à-vis de mes arrêts maladie parfois prolongés. Ma hiérarchie n’a pas non plus sourcillé, même quand j’ai demandé à passer à temps partiel. »

Pour autant, elle raconte avoir eu du mal à se sentir légitime à demander de l’aide, à admettre qu’elle était malade.

« J’ai vécu une sorte de syndrome de l’imposteur à aller mal, à chercher de l’aide puis à expliquer que je souffrais de dépression.

J’aurais aimé comprendre plus tôt que la dépression est une maladie qui n’est pas juste “dans notre tête”, mais qui peut être intimement liée à notre rapport au monde, dans le sens où le fonctionnement de la société peut contribuer à nous rendre malades. Ne pas trouver sa place, ça use jusqu’à la rupture, et ça n’est pas lié qu’à notre prétendue incapacité individuelle à “transformer notre environnement”.

C’est important d’avoir conscience que certaines normes culturelles (la méritocratie, l’individualisme, le perfectionnisme…) entretiennent le biais selon lequel tout repose sur nos épaules. Comme dirait l’autre, on ne peut pas être en bonne santé dans un monde malade. »

Les préjugés sur la dépression

Capucine,* qui nous a écrit pour partager son histoire de dépression aggravée par des personnes maltraitantes sur son lieu de travail et des burn-out abonde en son sens :

« J’ai eu envie de témoigner aujourd’hui, car je trouve que la dépression est encore victime de préjugés.

Nous, les dépressifs, vivons une double peine terrible : non seulement on en bave au quotidien pour garder la tête hors de l’eau malgré la maladie, mais en plus on se heurte souvent à un mur d’incompréhension.

Ma mère qui soupire que “je ressasse encore et toujours les mêmes histoires” quand je lui téléphone en larmes ; mon père qui me fait remarquer que j’ai “énormément grossi” et qui m’engueule parce que “je ne fais que bouffer et pleurer” ; la collègue de travail qui parle dans mon dos et me traite “de feignasse, de petite nature” parce que je suis en arrêt ; ce pote plein de bonnes intentions qui me sort “quand on veut, on peut” quand je lui parle de ma tentative de suicide ; mon copain qui me lance un regard penaud et bafouille “moi je ne sais pas quoi te dire” quand je pleure…»

Face à ces incompréhensions, Capucine* est claire : il y a des phrases qui font plus de mal que de bien, quand on s’adresse à une personne qui souffre d’anxiété et/ou de dépression. Elle dénombre :

« Lire des phrases positives du genre : “Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait” ou “Sortez de votre zone de confort”, “Donnez le meilleur de vous-même” : ces phrases de développement personnel, en somme, peuvent être utiles pour des gens “équilibrés” qui ont juste un petit coup de mou, mais pas pour des dépressifs (ou anxieux).

Ces phrases m’angoissent, et me donnent l’impression d’être nulle. Me dire “allez, faut se bouger” est parfaitement inutile et culpabilisant aussi : je fais au mieux, je me balade tous les jours, je vois du monde, etc. Mais la dépression c’est une vraie maladie, pas un manque de volonté ! »

Dans son témoignage, Maureen* abonde en son sens. Cette jeune femme, qui souffre de troubles anxieux et d’anxiété sociale, en a assez de voir son entourage minimiser ses ressentis et juger ses pratiques.

« Pour certains de mes proches, l’anxiété se contrôle et se guérit en se forçant un peu. Ils pensent que l’anxiété ou que les épisodes dépressifs sont une excuse à tout. Après un abandon de poste lié à mes troubles, on m’a dit un jour : “Tu dis que tu quittes ton travail parce que tu es angoissée et déprimée, mais en vérité tu cherches à vivre des aides sociales et donc avoir la belle vie”.

C’est très dur, car les troubles anxieux et dépressifs sont des pathologies, qui ne sont pas à prendre à la légère. Pour ma part, j’ai choisi de couper les ponts avec celles et ceux qui me parlaient ainsi, et cela m’a été bénéfique. »

Être proche d’une personne dépressive et/ou anxieuse

Mathilde*, 27 ans, est elle aussi atteinte de troubles anxieux et dépressifs, qui se sont aggravés après un burn-out. Dans son témoignage toutefois, elle partage son vécu en tant que proche d’une personne en proie à l’anxiété : son compagnon, qu’elle a accompagné dans son parcours de soins. Elle explique :

« Le père de mon compagnon a fait une tentative de suicide. Très vite, j’ai vu les conséquences de cet évènement sur le comportement de mon compagnon. Il s’isolait plus, parlait moins, restait renfermé sur lui-même. Il ne m’a pas fallu longtemps pour comprendre qu’il était atteint d’anxiété. »

Elle raconte avoir très vite pris conscience de ses limites, et avoir avant tout aidé son compagnon à trouver de l’aide :

« J’ai essayé de l’orienter et d’être patiente, dans la mesure de mes possibilités : j’ai bien vu que ces angoisses étaient en dehors de mes compétences. Je l’ai aidé à trouver une thérapeute. Grâce à elle, mon compagnon a eu plus de facilité à gérer ce choc émotionnel.

Ce qui m’a posé le plus de problèmes était son besoin de tout contrôler au quotidien, pour se rassurer. J’étais agacée, mais sans lui en vouloir… Après tout, il avait si peu de contrôle sur les évènements que c’était sa manière de reprendre la main sur sa vie. J’ai malgré tout posé des limites, car ses façons de faire devenaient pesantes. »

Accompagner ses proches, sans s’oublier

Pour permettre à son partenaire de se sentir mieux, Mathilde* s’est appuyée sur les conseils de sa psychologue. Elle raconte :

« On a essayé de mettre en place des techniques pour diminuer le niveau d’angoisse. La psychologue nous a aidés. Elle lui a prescrit des cachets à ne prendre qu’en cas de crises, et nous a fourni des astuces pour essayer de se détendre (s’imaginer dans un lieu sûr par exemple). On a également mis en place des choses plus douces : utilisation d’huiles essentielles pour détendre, des pauses régulières ou des exercices de gestion de la respiration.

Aujourd’hui, mon compagnon est apaisé. Étant quelqu’un de naturellement angoissé, il est souvent stressé, mais le plus dur est derrière lui. »

En tant que proche de personne concernée, mais aussi en tant que personne concernée elle-même par les troubles anxieux et dépressifs, elle profite de son témoignage pour donner quelques conseils :

« Mon conseil à quelqu’un qui se retrouverait dans cette situation est d’essayer de comprendre l’autre. D’essayer d’aider, sans faire les choses à sa place. D’être très patient, mais sans pour autant se taire si l’on n’est pas d’accord. L’accompagnement ne sera pas le même selon les caractères. J’ai la chance d’être avec quelqu’un qui n’est pas réfractaire aux thérapies, donc ça a pu soulager un peu sa détresse.

Ça a parfois été compliqué dans notre couple, car on a dû encaisser beaucoup en peu de temps, chacun de notre côté. Avec plusieurs disputes constructives et de discussions, nous avons pu avancer vers un équilibre qui nous correspond en ce moment. »

Ce que vous auriez aimé savoir, et ce que vous avez envie de partager

Dans notre appel à témoignages, nous vous avons demandé ce que vous auriez aimé savoir plus tôt sur ces troubles, et ce que vous aimeriez partager avec celles et ceux qui les traversent.

Parmi les réponses qui reviennent le plus souvent, vous dites que vous aimeriez avoir accès à des témoignages : en fonction des âges, les symptômes et les conséquences de l’anxiété et de la dépression sont divers, et vous aimeriez pouvoir vous reconnaître dans les récits de celles et ceux qui partagent votre quotidien.

Pour dompter ces troubles, et vous aider au quotidien, vous citez toutes des techniques très différentes, adaptées à votre psyché et à vos besoins propres. Parmi elles reviennent à plusieurs reprises les exercices de respiration, la sophrologie ou les exercices de grounding pour faire face à l’anxiété, le sport pour celles et ceux qui le peuvent… mais par-dessus tout, vous citez la thérapie et l’accompagnement médical. Nombre d’entre vous rappellent par cependant que consulter ou avoir recours à un médecin n’est pas une chose simple : cela demande de l’énergie, du temps, et des moyens financiers.

Vous êtes nombreuses à souligner aussi la difficulté à trouver des informations sur ces troubles mentaux, et affirmez que vous auriez aimé savoir plus tôt que vous étiez légitimes à ressentir cette souffrance, et à demander de l’aide.

La conclusion du témoignage de Jessica, 35 ans, est à l’image d’une grande partie de vos ressentis :

« De mon parcours avec ces troubles, voici ce que j’ai retenu :

  • L’anxiété et la dépression sont bien plus communes que l’on peut le croire, il est temps de se défaire des tabous et des stigmates qui les accompagnent.
  • Il est important d’accepter qu’on est atteint de dépression et d’anxiété. On ne peut pas se battre “contre”, ou essayer de l’ignorer.
  • Quand on veut se faire accompagner, il faut parfois plusieurs essais avant de trouver le ou la thérapeute qui nous convienne et avec qui on peut s’ouvrir.
  •  Les maladies mentales, comme les maladies physiques, ont besoin de temps pour guérir.
  • Chaque jour est différent et c’est OK. Parfois, on ne peut pas sortir de son lit ou trouver la force de s’habiller, même si on a couru 10km la veille. Avoir des routines différentes pour les journées difficiles ou les journées actives peut aider. »

Avec Brave together, Maybelline New York & l’association l’UNAFAM s’engagent contre les troubles anxieux et dépressifs et rendent disponible sur le site de maybelline.fr/bravetogether une formation digitale pour apprendre à repérer les signes, choisir les mots et trouver de l’aide. Vous y trouverez aussi la ligne d’écoute de l’UNAFAM : 01 42 63 03 03 si vous êtes concernée, ou que vous vous inquiétez pour une proche.

*Les prénoms ont été modifiés

À lire aussi : Je suis dépressive — Témoignage

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Aïda Djoupa

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Commentaires

Vogel

@mailiseli Oh super, je ne savais pas ! Merci !
 

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