Pourquoi suivre des comptes Instagram féministes « déprimants » ?

Mymy s'interroge sur les comptes Instagram féministes qui partagent mauvaises nouvelles et chiffres déprimants. À quoi « servent-ils », au final ?

Pourquoi suivre des comptes Instagram féministes « déprimants » ?

Laisse-moi commencer cet article par une confession qui me donnera peut-être, aux yeux de certaines personnes, l’air d’être une mauvaise féministe.

Je ne suis absolument AUCUN compte militant sur les réseaux sociaux. Que ça concerne le féminisme ou autre chose d’ailleurs — je garde juste quelques follow autour des masculinités, car le sujet est rarement abordé.

Cette décision est motivée par deux facteurs :

  • J’ai évidemment un boulot qui me mène à me tenir au courant de l’actualité féministe sur mon temps de travail
  • Et surtout, ça me DÉPRIME profondément d’entendre parler de lutte sociale à longueur de temps

Le militantisme féministe sur Internet et moi

Je n’ai pas toujours eu cette « habitude » sur Internet, loin de là : au début de mon « éveil féministe », je suivais énormément de comptes à ce sujet.

À l’époque, ça se faisait plutôt sur Twitter que sur Instagram ; ma timeline était pleine de militantes souvent bénévoles qui passaient leurs journées à parler de féminisme.

Mais ça a fini par m’épuiser totalement.

D’une part parce que les guéguerres internes au mouvement me lassaient et me blessaient, de l’autre parce que… bah… l’actualité est souvent peu joyeuse, hein.

Les Bonnes nouvelles du féminisme d’Esther Reporter n’existaient pas, la colère était partout. Personnellement, je n’aime pas être en colère ; ce n’est pas une émotion qui me motive, au contraire, elle m’épuise.

J’ai donc fait un grand ménage dans mes follow et je ne m’en suis que mieux portée. Je ne suis pas moins féministe, je suis juste moins fatiguée.

Les comptes Instagram féministes « déprimants »

Ce ménage de printemps a eu lieu il y a quelques années. Depuis, le militantisme féministe sur Internet ne s’est pas arrêté, et heureusement !

Il a notamment pris la forme de ce que j’appelle « les comptes Insta féministes déprimants », qui sont nombreux et rencontrent, il faut bien le dire, un grand succès.

De @tasjoui (sur les inégalités sexuelles) à @taspensea (sur la charge mentale) en passant par @noustoutesorg (de l’asso du même nom), ces comptes poussent comme des champignons…

Et je n’en follow toujours aucun. Car ils partagent majoritairement des contenus négatifs : des témoignages d’inégalités subies, de violences sexuelles, de harcèlement de rue, des chiffres de féminicides, etc.

L’utilité des comptes Instagram féministes « déprimants »

Je tiens à être claire : je comprends bien que ces comptes n’ont pas été créés dans l’intention de déprimer les féministes !

Ils visent en premier lieu à mettre en lumière une réalité souvent passée sous silence, niée, celle du sexisme encore omniprésent qui blesse et tue les femmes chaque jour, en France et ailleurs.

Je ne nie en aucun cas leur utilité médiatique… par contre je m’interroge sur l’intérêt de les suivre quand on est déjà un peu versée dans le féminisme.

Personnellement, c’est une dose de seum considérable que ce genre de comptes m’apportent, surtout s’ils apparaissent sur mon feed perso, entre une vidéo de chaton et une photo de crêpes.

Mais comme je le dis, ces comptes sont très suivis, y compris par des jeunes femmes féministes comme moi.

J’ai donc décidé de demander à la communauté madmoiZelle de m’expliquer un peu ce que « les comptes Insta féministes déprimants » leur apportent.

J’ai reçu plein de réponses, et j’en suis très reconnaissante ! Voici ce que vous m’avez raconté sur votre rapport à ce type de comptes.

Suivre des comptes Instagram féministes pour s’informer

Vous avez été très nombreuses à me raconter peu ou prou la même chose que cette madmoiZelle de 20 ans :

« J’ai commencé à me dire féministe depuis peu, un an peut-être […]

Quand j’ai créé mon compte Insta l’année dernière, c’était pour moi l’occasion d’apprendre plein de choses à ce niveau-là, et de réaliser beaucoup de problèmes dont je n’avais pas conscience du tout.

Je me rappelle avoir commencé à suivre Iréné, @irenevrose (parce que je l’avais vue sur madmoiZelle d’ailleurs : elle avait passé une journée de règles sans protection périodique).

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RÉVOLUTION SE CONJUGUE AU FÉMININ Aujourd'hui, vendredi premier février 2019, mon sang a coulé dans Paris. Car il était temps de remettre les choses au clair : quoi que vous pensiez, nous avons le dernier mot. Nous avons le pouvoir de décision. Vous avez beau ne pas vouloir payer pour nos protections, vous avez beau trouver ma performance inutile, sale, ignoble, vous ne pourrez pas empêcher nos flux se libérer. Nous payons le prix de l'oppression, le prix de la mysoginie, le prix des inégalités, vous n'allez quand même pas croire que nous allons en plus payer pour foutre du chlore dans nos chattes pendant que vous continuez de stigmatiser et diaboliser notre sang, nos poils et notre merde. Aujourd'hui, j'ai laissé couler mon sang pendant 12h et j'ai réalisé à quel point cela ne m'a demandé aucun effort, aucun courage, aucune force. Ma journée a été d'une normalité ahurissante, ce qui, j'espère, vous fera trembler de peur. Car oui, contrairement à ce que les pubs de tampons montrent, avoir ses règles est banale, normal, quotidien. La moitié de la population les a. Ainsi, vous qui nous voulez complexées, ignorantes de notre propre nature et silencieuses, vous qui nous voulez dans la précarité économique, subissez notre nature, notre rage et notre détermination. Je ne perdrai pas une seule seconde à débattre. Je ne demande pas la prise en charge des protections périodiques réutilisables (dans la mesure du possible) pour toutes les personnes menstruées. Je l'exige. Vous n'êtes pas d'accord ? Je tâche. Le sang coule et le sexisme tâche. LA RÉVOLUTION EST FÉMINISTE Photo : @eliz_za1 Merci à @lafloredumal , à @cdelastreet et l'équipe de @madandwomen , à @madmoizelledotcom et à @cyclique_fr pour m'avoir accompagnée aujourd'hui ❤️ Merci à vous pour tous vos partages et mots d'amour, et tout particulièrement à @28.jours et à mes bien aimées @clitrevolution ❤️ Ce n'est que le début 🔥 #monsangcoule #çatache #lesexismetache #paris #feminist #feminism #feministe

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Petit à petit cela m’a conduit à d’autres comptes qu’elle citait ou qui m’étaient recommandés.

À ce moment-là, suivre tous ces comptes, c’était pour moi un moyen de m’informer et de prendre conscience de tous les problèmes liés au sexisme.

Aujourd’hui encore, ces comptes me permettent de m’informer de problèmes dont les médias « mainstream » ne parlent pas. Alors certes c’est souvent dur, violent, mais c’est aussi la réalité qui est comme ça. »

L’information féministe, trop souvent absente des médias classiques : c’est ce qui vous motive à suivre ce genre de comptes.

Et je peux le comprendre, car en effet, les violences faites aux femmes, le sexisme en général, arrivent peu à peu sur le devant de la scène mais il reste encore du chemin à parcourir.

Suivre des comptes Instagram féministes pour rester vigilante

Ne pas oublier l’omniprésence du sexisme, et le combat qu’il reste à mener, voici une autre raison pour laquelle vous suivez des comptes féministes.

Parmi d’autres, Charlotte m’explique :

« Dans ma vie (privée comme pro), je suis très peu confrontée au sexisme ou autres problématiques féministes.

Bien évidemment qu’il y en a, rien n’est « parfait », et je ne sais pas si c’est ma nature plutôt positive qui prend le dessus, mais je me sens plutôt bien lotie de ce côté […]

Alors ces comptes me permettent de remettre un pied dans la réalité de beaucoup de femmes en France et dans le monde, de rester ouverte et sensible au féminisme, de me tenir informer de l’avancée ou non de certaines choses.

Je pense que, sans crouler sous les news déprimantes, c’est important de rester connectée à la réalité, de voir plus loin que mon cercle à moi, pour essayer, à mon échelle, de participer au mouvement féministe ! »

Je comprends ce que veut dire Charlotte, surtout que je suis dans le même cas qu’elle.

Avec un peu de chance et pas mal de vigilance, j’ai construit un environnement safe : mes potes, mes collègues, mon mec sont féministes.

Dans l’espace public, j’ai l’impression de vivre moins de harcèlement de rue, de voir le tabou des poils féminins s’atténuer, bref, je suis plutôt tranquille.

Mais ma petite bulle n’est pas la réalité de toutes, loin de là. Et il est effectivement très important de s’en rappeler !

Suivre des comptes Instagram féministes pour nourrir la colère

Ces comptes sont déprimants, oui. Mais ils sont aussi, très souvent, une façon d’extérioriser une colère, une rage contre le système patriarcal.

Je te l’ai expliqué précédemment, la colère pour moi n’est pas un moteur et ne l’a jamais été. Mais ce n’est pas le cas pour tout le monde ! Naomi m’écrit, par exemple :

« Je suis plusieurs comptes féministes « de la dép » qui chaque jour me rappellent à l’ordre.

Me rappellent l’horreur, l’injustice, le silence des grands médias, des politiques, de l’État, le manque de soutien administratif ou même personnel et intime.

Je les suis parce qu’ils me révoltent. Et je ne veux pas oublier cette rage. Je veux la connaître, l’identifier et la maîtriser.

C’est elle qui me donne le courage de continuer à sensibiliser les personnes que je rencontre et que je côtoie.

C’est cette rage qui me donne le courage d’intervenir quand je vois une fille se faire emmerder dans un bar, dans le métro ou dans la rue.

C’est cette rage qui me permet de remettre des amis à leur place sans avoir peur de me faire envoyer sur les roses ensuite. »

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En ces temps de confinement la lutte continue. Nous avons une pensée toute particulière pour nos adelphes qui se retrouvent enfermé.e.s avec un.e conjoint.e violent.e. Pour la sécurité de toustes le confinement est important, mais si vous êtes en danger la fuite ne vous sera jamais reprochée. Le 3919 reste ouvert, ainsi que police secours (17). Si vous même, un.e ami.e, un.e voisin.e est en danger n'hésitez pas à appeler à l'aide. Ces temps nous prouvent que faire preuve de solidarité et prendre soin des autres sont les piliers d'un monde meilleur. Par respect pour les décisions sanitaires prises par le gouvernement et pour préserver le personnel soignant, nos actions n'ont plus lieu dans l'espace public, mais continuent sur internet, sur les murs de nos salons, de nos jardins… chaque jour nous aborderons sur nos réseaux sociaux un thème féministe qui permettra de passer d’une période de confinement a une période de déconstruction ✊

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J’ai tendance à voir la colère comme une sorte de « phase » dans l’engagement féministe. Un moment très « pilule rouge » de Matrix : d’un coup, on voit le sexisme, partout, tout le temps. Et ça nous met en rage.

Mais je me rends compte que cette vision est pas mal calquée sur mon propre rapport (négatif) à cette émotion. Avant, j’étais en colère ; maintenant, je suis heureuse de ne plus l’être, même si je suis bien sûr parfois révoltée, indignée.

Il y a des féministes qui militent depuis des années, des décennies, et sont toujours autant en colère qu’au premier jour. Peut-être qu’à leurs yeux, c’est le carburant essentiel pour ne pas baisser les bras, continuer à lutter ?

Suivre des comptes Instagram féministes pour lutter ensemble

Suivre ce genre de comptes, c’est aussi, pour beaucoup d’entre vous, une façon de montrer votre soutien, d’apporter votre pierre à l’édifice.

Vous avez d’ailleurs été nombreuses à saluer le courage et la ténacité des personnes parfois anonyme, souvent bénévoles, qui sont à l’origine de ces initiatives.

Un engagement qui n’est pas sans conséquences pour la santé psychique, comme l’a illustré Anaïs Bourdet, de Paye ta Shnek, au moment où elle a arrêté d’alimenter son compte.

« J’ai, je crois, toujours été honnête avec vous alors je vous dis les choses telles qu’elles me viennent : je n’en peux plus. Je n’y arrive plus.

Je n’arrive plus à lire vos témoignages et à les digérer en plus des violences que je vis dès que je mets le pied dehors.

La colère que j’ai accumulée en presque 7 ans me bouffe et me pousse à réagir quasi systématiquement, et la plupart du temps, ça ne fait qu’envenimer la situation.

Je suis la meuf de PTS, je ne m’autorise pas à laisser passer les choses, car après tout, si même moi je ne réagis pas, qui le fera ?

Et ce rôle-là, je n’en veux plus. Je n’ai pas ou plus les épaules, je suis épuisée et, honnêtement, terrorisée. »

Pour soutenir ces femmes de l’ombre qui passent des heures à ratisser infos déprimantes et témoignages atroces, vous posez un like, vous allez follow, en geste de sororité, afin qu’elles se sentent moins seules.

Les dérives des comptes Instagram féministes « déprimants »

J’aimerais, après ces explications, transmettre la réponse d’une lectrice qui m’a parue essentielle, car elle aborde un sujet plutôt tabou : celui de la toxicité qui peut exister dans le milieu militant.

Cette madmoiZelle a fini par se désabonner de ce genre de comptes, et elle me dit :

« C’est super que tu en parles parce que ça faisait justement quelques semaines que c’est quelque chose sur lequel je réfléchissais beaucoup.

J’avais fini par me désabonner de ces comptes qui me culpabilisaient, ou m’attristaient sans que je ne m’en rende compte.

Déjà, les comptes que je ne suis plus sont les témoignages (de viols, de harcèlement, de remarques sexistes…), même si je trouve ça bien qu’ils existent, car ça permet à chacun de s’exprimer où se reconnaître, et de montrer que le sexisme est réel et quotidien.

Cependant, je ressors de ce genre de compte, après avoir lu quelques témoignages, déprimée comme jamais et n’ayant plus vraiment confiance dans le monde.

Les autres comptes qui m’attristent sont ceux ayant une vision très précise et politique du féminisme.

Comme le féminisme libertaire, avec lequel je suis d’accord d’ailleurs, mais je parle des comptes pour lesquels tout le reste est du faux féminisme, ce avec quoi je ne suis pas d’accord.

Pour moi, c’est la diversité du féminisme qui fait sa force, et ces comptes pratiquent beaucoup la cancel culture : si on n’est pas assez écolo on n’est pas féministe, telle actrice n’est pas vraiment féministe…

Ils critiquent souvent tout. C’est-à-dire que soit on est féministe dans la version la plus radicale du terme, soit on ne l’est pas.

Certains sont un peu paradoxaux, puisqu’ils se revendiquent comme « mauvaises féministes », pour montrer qu’il n’y pas de bonne façon d’être féministe, mais critiquent les autres formes de féminisme.

Pour finir, ce qui est déprimant c’est aussi les comptes qui culpabilisent.

Comme si, si on ne s’épuise pas à créer des associations, organiser des marches, créer des contenus féministes, on n’était pas légitime…

J’ai vu passer plusieurs posts le 8 mars qui disaient qu’aller aux manifestations n’était pas suffisant, et ça m’a vraiment rendue triste cette façon de se comparer.

Les gens derrière ces comptes sont vraiment révoltés, en colère, ce qui est tout à fait légitime mais donne un arrière-goût de pessimisme quand même.

Au final, je pense que c’est très bien que ces comptes existent, ils sont utiles et partent d’une bonne intention, mais qu’il faut y prendre ce qu’on a à y prendre et ne pas se laisser gagner par la culpabilité ou le découragement. »

Ce sentiment rejoint celui dont je te parlais dans mon intro : ma lassitude envers les guerres intestines qui a fini par me dégoûter du militantisme sur Twitter.

Bien sûr qu’il existe plusieurs courants dans le féminisme, et c’est d’ailleurs tant mieux — ainsi, chacune peut trouver celui qui lui correspond !

Mais je suis toujours attristée, dégoûtée de voir la condescendance voire la violence dont certaines militantes peuvent faire preuve envers leurs « alliées » qui ont pour seul tort de militer différemment.

Où trouver du féminisme positif ?

Je ne vise pas, avec cet article, à encourager l’unfollow de ce genre de comptes. J’ai même appris beaucoup de choses sur vos motivations !

Mais je me dis que s’il est facile de trouver moult contenus déprimants sur les réseaux sociaux, il l’est moins de dénicher du positif.

Ce n’est pas un hasard : l’indignation est un vrai facteur de viralité sur Internet. Un post du seum sera amplement relayé par rapport à une bonne nouvelle.

Si tu veux mettre un peu d’optimisme dans tes feeds, tu peux donc :

N’hésite pas à enrichir cette liste (un peu pauvrette) dans les commentaires, je n’attends que tes recommandations !

À lire aussi : 5 conseils pour débattre de féminisme sans péter un câble

Mymy Haegel

Mymy Haegel

Mymy est la rédactrice en chef de madmoiZelle. Elle est aussi dans la Brigade du Kif du super podcast Laisse-Moi Kiffer. Elle aime : avoir des opinions, les gens respectueux, et les spätzle.

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Commentaires

princesse32

Je crois que tu étais sur le live Instagram ce soir, Mymy a pris longuement le temps d’expliquer son intention, elle a même répondu à quelques-unes de tes interventions.
Bonjour !
Oui, j'ai pu échangé avec Mymy pendant le tchat, c'était sympa. Elle se souvenait surtout de mes remarques sur l'ancien titre ( et c'est normal, vu la longueur de mon com' :taquin:). J'ai pu lui poser en live la question sur son positionnement de rédac chef/militante par rapport à l'article et elle a bien précisé que la ligne édito de Mad serait de continuer à soutenir les comptes féministes :fleur:

Il me semble qu'elle a aussi dit qu'elle ne comprenait pourquoi on y lisait une position négative d'elle/du magazine envers les comptes et qu'elle regardait les com's pour faire un retour dessus. @Querencia qui a écouté le live plus récemment a retenu la même chose
Bref. J'ai bien entendu que Mymy s'y repencherait plus tard, soit en réponse, soit en article, et du coup, je vais attendre.
On est plusieurs ici et sur twitter (je ne parle pas des trolls mais de militantes qui ont posté leurs réactions, notamment en soutien au message de Coline) à avoir ressenti ce biais négatif envers le compte cf
On dit que parler de "gueguerre" c'est rabaissant.
Et comme l'a bien dit @Loo-kat
Je veux bien croire que ce n'était pas l'intention de l'article ou de Mymy. C'est juste que parfois l'intention ne suffit pas, et les conséquences de nos maladresses peuvent être importantes.
Et les conséquences, bien résumées:
"Ici j'imagine que certain.e.s. sont pas forcément déconstruits sur tous les sujets, et je me met à leur place, arriver ici, lire le titre et le contenu de cet article... Et bien je ne m'abonne pas. Je ne lis pas. Je ne prends pas part à tout ça parce que "je ne veux pas être / devenir une féministe déprimante"
Si ce qui nous gène dans le contenu de l'article ne gène pas la rédac, that's life.
Je suis toujours convaincue (et on en avait discuté avec les com' du tchat) que ca serait chouette d'avoir un article miroir en positif sur genre les victoires de ces comptes, leurs apports en dehors de "j'apprends & je comprends des trucs/ça me donne la rage de me battre", cf. toute la sororité dans les stories etc. Peut-être leur tendre le micro aussi sur comment elles gèrent le burn out militant, la charge mentale du féminisme cf.
. Pour contrebalancer. Faire un article en disant "Voici des comptes instagrams féministes marrants", "Le burn-out militant et comment s'en protéger"
Il y en a déjà eu sur Mad mais récemment, il me semble.
Personnellement, je trouverai ça chouette parce que j'ai été peinée d'être lectrice de Mad et que mon webzine préféré blesse des militantes (que j'ai svt découvert par Mad) qui m'ont aussi bcp apporté. Genre câlin collectif ?
 

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