Comment les réseaux sociaux te maintiennent connectée

Les ingénieurs derrière les réseaux sociaux ont leurs techniques pour que tu restes connectée le plus longtemps possible. Voici comment ton cerveau est sollicité...

Comment les réseaux sociaux te maintiennent connectée

Il n’y a pas si longtemps, je te posais une question à laquelle je n’ai pas vraiment trouvé de réponse : qu’est-ce qu’on fout encore sur les réseaux sociaux ?

Depuis, je n’ai pas supprimé mes comptes… car je suis, comme toi peut-être, habituée. Habituée à scroller et à faire défiler ces timelines qui ne m’apportent pas toujours grand-chose.

Pourquoi ce réflexe d’ouvrir Instagram, Twitter ou Reddit dès que j’ai une seconde de libre ? Eh bien parce que des personnes dont c’est le métier m’encouragent à rester sur ces applis !

Un ex-ingénieur de Google explique les techniques des réseaux sociaux

Tristan Harris est un ancien ingénieur de Google. Il a étudié l’art de la persuasion appliquée au domaine technologique dans la prestigieuse université de Stanford.

Récemment, il a été auditionné par le Sénat américain, qui étudie la façon dont les géants du Web captent et retiennent l’attention du grand public.

Tristan Harris a déjà dénoncé les techniques utilisées par les réseaux sociaux, notamment dans ce passionnant article : Comment la technologie pirate votre esprit.

Gizmodo a publié des extraits de son discours, et ça te permettra de mieux comprendre pourquoi tu as toujours, comme moi, le pouce sur une appli…

L’effet « machine à sous » des réseaux sociaux

« Ça commence avec des techniques comme « tirez pour rafraîchir » — vous tirez pour actualiser votre fil d’actualité.

C’est comme une machine à sous. C’est le même effet addictif qui rend des gens accro à Las Vegas.

Et puis il a d’autres exemples comme le retrait des limites. Si j’ôte le fond de ce verre et que je le remplis sans cesse d’eau ou de vin, vous ne saurez pas quand vous arrêtez de boire.

C’est ce qui se passe avec les fils d’actualité infinis. »

Je n’aime pas les timelines qui ne s’arrêtent jamais, en plus on a trop vite fait de perdre où on en était avec un clic de travers. Dès que c’est possible, je rétablis un système de pages à faire défiler.

Mais ça ne l’est pas toujours : Facebook est infini, Twitter est infini, même Instagram est infini, malgré le « Vous êtes à jour » qui délimite le contenu inédit.

Quant au geste de « tirez pour rafraîchir »… c’est vrai qu’il s’est vite imposé comme une évidence.

D’un côté, il est pratique. De l’autre, je vois bien la comparaison avec les machines à sous !

Un geste que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître

Le besoin de likes sur les réseaux sociaux

Ah, la course aux likes et aux followers… c’est un sujet amplement discuté ! Voici ce que Tristan Harris en dit :

« C’est moins cher de vous rendre accro à l’attention des autres que de capter directement votre attention.

Sur chaque profil, il y a un bouton qui dit « Follow ». Ça n’a pas l’air si terrible, c’est ça qui est insidieux.

[…] l’objectif c’est de vous donner envie de revenir chaque jour pour savoir si vous avez plus de followers que la veille. »

Bon, ça, écoute, on va dire que je suis pas tombée de ma chaise.

Le modèle économique des réseaux sociaux est qu’on y passe le plus de temps possible, le plus souvent possible, pour vendre des espaces publicitaires qui seront le plus vus possible.

Cela dit, peut-être que ça me paraît évident parce que je bosse déjà dans le Web ? Je suis curieuse d’avoir ton avis !

L’indignation, sur les réseaux sociaux, ça marche

Ça ne t’a probablement pas échappé : sur Facebook, Twitter, YouTube, les contenus choc, les opinions tranchées, les messages de révolte circulent bien plus qu’un simple « Oh c’est cool ça ».

Ce n’est pas un hasard.

« L’indignation morale, c’est ce qui crée le plus d’engagement.

Une étude montre que pour chaque mot indiquant l’indignation ajouté à un tweet, le taux de retweet augmente de 17%.

En d’autres termes, le fait que notre société soit de plus en plus polarisée, ça fait partie du business model. »

Tristan Harris se penche sur le cas très parlant de YouTube :

« Ne serait-ce qu’il y a un mois, sur YouTube, une carte des mots-clés les plus présents dans les vidéos recommandées aurait indiqué : « hait », « dénonce », « démolit », « détruit »…

Voilà le genre de bruit de fond avec laquelle nous irradions deux milliards de personnes.

Imaginez un spectre de YouTube. À ma gauche, la face calme, champêtre de YouTube. À ma droite, les zinzins : aliens, théories du complot, Bigfoot, tout ça. »

Moi chez les zinzins

« Je suis YouTube, et je veux que vous me regardiez davantage. De quel côté est-ce que je vais vous envoyer ?

Pas dans la section calme, mais chez les zinzins. »

J’ai peur de l’indignation en ligne

Pour moi, c’est le propos le plus préoccupant de Tristan Harris.

Non pas que je découvre à 100% cet état de fait, mais y être confrontée aussi crûment, par les mots d’un homme très bien placé pour savoir de quoi il parle… ça me fout les frissons.

J’ai beau m’être construit des timelines de gens positifs, il n’y a pas un jour qui passe sans que je ne vois des personnes se déchirer sur les réseaux sociaux.

Le plus tragique ? Souvent ce sont des gens quasi d’accord sur tout, qui s’écharpent sur des points de détails comme si tout le reste n’avait aucune importance !

L’importance de la nuance sur Internet

À mon humble niveau, j’essaie de maintenir une certaine nuance dans mes débats et surtout de ne pas forcer l’échange en ligne si je sens qu’il ne mène nulle part et que le ton monte.

Je pense que c’est important de se rappeler qu’au quotidien, l’écrasante majorité des gens font de leur mieux avec leurs problèmes, leurs insécurités, leurs espoirs et leurs valeurs.

Peu de personnes ont élargi leurs horizons parce qu’on les a insultées ou maltraitées afin de les faire changer d’avis.

Alors j’ai envie de te dire : soyons un peu moins indignées et un peu plus sympa sur le Web, ok ? J’aime l’amour, j’aime les gens, j’aime Internet.

J’ai pas envie que ça devienne une foire d’empoigne.

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Mymy

Mymy

Mymy est la rédactrice en chef de madmoiZelle et gère la rubrique masculinité (dont fait partie son podcast, The Boys Club). Elle est aussi dans la Brigade du Kif du super podcast Laisse-Moi Kiffer. Elle aime : avoir des opinions, les gens respectueux, et les spätzle.

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Commentaires

Mymy

Up ! Comme ça vous intéressait, @Marie partage ses conseils pour moins se vénère sur les réseaux !

 

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