J’ai l’impression que le tabou des poils féminins s’atténue… pincez-moi, je rêve ?!

Les poils aux aisselles, aux jambes, au pubis des femmes deviendraient-ils... acceptés ? Mymy émet cette hypothèse, avec prudence, comme si elle avait peur de se porter malheur.

J’ai l’impression que le tabou des poils féminins s’atténue… pincez-moi, je rêve ?!

Dans la vie, tu sais, je suis pas superstitieuse.

Je passe sous les échelles, je fais des bisous aux chats noirs, le sel va dans mon assiette plutôt que par-dessus mon épaule, et je fais sécher mon parapluie grand ouvert dans ma baignoire sans inquiétude.

(Bon, ok, je mens.) (Je déteste les parapluies je n’en utilise jamais.)

Par contre, j’ai toujours cette idée un peu con : si je parle d’un truc que j’espère, si je vocalise quelque chose qui est en bonne voie mais pas tout à fait sûr, je vais me porter la poisse. Et ça n’arrivera pas.

L’équivalent adulte du « nan j’te dis pas mon vœu sinon il se réalisera pas », quoi.

Alors j’écris ces lignes du bout des doigts, comme on chuchote un projet du bout des lèvres… et j’aimerais être superstitieuse pour faire, à la prochaine étoile filante, le vœu que cet article devienne réalité !

Les poils féminins en été

C’est l’été, le vrai. À Paris, là où je vis, il fait 32 degrés au plus chaud de la journée.

Dans le métro peu climatisé mais toujours bondé, les gouttes de sueur dévalent les nuques et les flancs. Dans la rue, les terrasses ne désemplissent pas. Dans les parcs, les fontaines sont prises d’assaut.

Partisane du moins-de-tissu-possible, je porte des débardeurs, des shorts très très short, des jupes, des robes sans manches… chaque centimètre de peau libre gagné, c’est un accès à l’air frais en plus.

Et je ne m’épile pas. En tout cas pas religieusement.

Quand j’ai envie, je le fais. Mais là, j’ai une belle toison sous chaque bras, des poils bien visibles sur les jambes. Quand je m’installe en tailleur, mes micro-shorts remontent et on aperçoit quelques poils plus sombres en haut de mes cuisses.

Je m’en fous des poils, mon mec s’en fout aussi, s’épiler ça prend du temps, j’ai la flemme, la repousse c’est chiant, ça irrite ma peau déjà malmenée par la chaleur, bref, cet été je fais vraiment à mon rythme, et mon rythme est paresseux.

Et… attention… c’est dingue. Ce qui se passe est dingue.

Les gens s’en foutent.

Quand mes poils de femme ne dérangent plus

Dans ma « bulle » les gens s’en fichent, logique. Mes collègues féministes s’en battent les reins, mes potes sont cool, mon petit ami est chouette, mes sœurs n’ont jamais été des psychorigides de l’épilation.

Mais j’ai remarqué un truc.

Dans le métro aussi, les gens s’en foutent. Pas une remarque, et surtout pas un regard qui traîne, surpris, du côté de mes aisselles quand j’attrape la barre, ou de mes jambes quand je m’installe.

Dans les bars, je fais des signes aux serveurs le bras levé, aérant un petit coup mes poils. Rien. Zéro réaction.

L’autre jour, j’étais en week-end chez la mère d’une amie. Loin dans l’Ardèche, au soleil, avec piscine et aucun programme à part « profiter ».

D’habitude, quand je sais que je vais voir des inconnu·es, je m’épile. Mais là, j’ai oublié eu la flemme. Me voilà donc tous poils dehors face à un jeune couple que je ne connais pas, face à des retraité·es…

J’ai toujours dans un coin de ma tête un petit speech sur le sujet au cas où on me ferait chier, j’ai pas spécialement envie de péter l’ambiance mais voilà, si on me cherche on me trouve.

« Mon corps mon choix », ça ne s’arrête pas à mon utérus.

Allez. Quand faut y aller, faut y aller. Le jour où j’irai pas dans une putain de piscine parce que je suis pas épilée n’est pas encore arrivé. Je me jette à l’eau, au sens propre comme au figuré. Et…

Et rien. Tout le monde s’en fout. Même pas une remarque pas méchante, du type « Ah tu laisses pousser ? », « Moi je pourrai pas », « Oh bah c’est la mode ». Non. Rien.

Mes poils sont traités de la même façon que ceux des mecs. Avec la même indifférence.

C’est… je… c’est TROP BIEN !

Vers la fin du tabou des poils féminins ?

Je sais que mon cas n’est pas celui de tout le monde. Je sais que trop de femmes qui vivent avec leurs poils se prennent des remarques, insultes, critiques, de leurs proches comme de parfait·es inconnu·es.

Mais à mon petit niveau, j’ai l’impression qu’il y a du mieux. Et après tout… c’est pas forcément qu’une impression !

Ça fait des années que des articles sur les poils des femmes circulent. Ça fait des années que des meufs en parlent, s’indignent, militent. Ça fait des années que le sujet est sur le tapis.

Cette année, pour la première fois, une pub pour rasoirs féminins a inclus des femmes avec des poils.

Cette année, pour la première fois, je ne reçois même pas un regard surpris ou dégoûté quand je lève un bras en débardeur.

Je me dis que FORCÉMENT, les choses évoluent. Peut-être lentement, peut-être par à-coups…

Mais il y a FORCÉMENT, parmi les gens que je croise, des personnes qui auraient été gênées par mes poils et ont appris à s’en foutre, ont été sensibilisées au respect de tous les corps.

Ouais, j’ai envie de croire que tous ces combats que je mène, aux côtés de dizaines, de centaines, de milliers de femmes, portent leurs fruits.

Et qu’un jour, toutes les femmes pourront sortir avec ou sans poils, et récolter la plus douce des réactions : l’indifférence.

Dis-moi, est-ce que c’est juste mon impression ? Ou est-ce que tu as constaté une évolution dans le rapport (des autres, comme le tien) aux poils féminins ?

N’hésite pas à préciser où tu vis et quel type de personnes tu côtoies pour enrichir ta réponse !

À lire aussi : Mon premier été avec mes poils : le bilan en dessins !

Mymy

Mymy

Mymy est la rédactrice en chef de madmoiZelle et gère la rubrique masculinité (dont fait partie son podcast, The Boys Club). Elle est aussi dans la Brigade du Kif du super podcast Laisse-Moi Kiffer. Elle aime : avoir des opinions, les gens respectueux, et les spätzle.

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Commentaires

Juliette Boléat

Bonjour, j'ai fait l'expérience récemment de laisser pousser mes poils (pendant au moins 2 mois) et je me sentais super bien comme ça. Cependant je fais mes études dans un lycée militaire (2e annee post bac) et j'ai eu pas mal de remarques indirectes ou des regards surtout à la piscine et de la part des filles qui trouvaient ça "dégueulasse", m'en battant pas mal les ovaires je les ai laissé parler et j'ai continué ma vie... Ce qui me freine vraiment à les laisser pousser c'est mon copain car on en à parlé et il m'a confié que cela ne lui plaisait pas du tout (même si lui ne m'a jamais vu avec beaucoup de poils) donc quand je vais le voir je me rase ce qui me peine un peu. Donc bon ça reste un peu mitigé comme avis, la liberté des poils c'est pas encore gagné...
 

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