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Tunnel du soir : 18h-20h avec des enfants, pourquoi tout part en vrille (et comment rester vivant)

Il est 18h12. Votre enfant pleure parce que le fromage est coupé “pas comme d’habitude”, vous n’avez toujours pas enlevé votre manteau et quelqu’un réclame déjà le dessert. Bienvenue dans le tunnel du soir, ce moment flou où la journée se termine mal pour à peu près tout le monde. Bonne nouvelle pourtant : si cette tranche horaire ressemble souvent à un champ de bataille, ce n’est ni une anomalie, ni un problème éducatif. Et surtout, on peut apprendre à mieux la traverser.

Le tunnel du soir n’est pas un caprice, c’est une surcharge

Entre 18h et 20h, les enfants arrivent souvent au bout de leurs capacités. Leur journée a été longue, rythmée par des règles, du bruit, des sollicitations permanentes. Ils se sont contenus pendant des heures. Le soir, le corps est fatigué, le cerveau aussi, et les émotions débordent.

Les crises qui surgissent à ce moment-là ne sont donc pas un “test d’autorité”. Elles sont souvent l’expression d’un trop-plein. L’enfant n’a plus les ressources pour s’adapter, patienter ou négocier calmement. Et non, il ne choisit pas sciemment ce moment précis pour vous pousser à bout.

La faim et la fatigue forment un cocktail explosif

Un enfant affamé est rarement un enfant conciliant. Ajouter un petit encas dès le retour à la maison peut désamorcer pas mal de tensions. L’objectif n’est pas la perfection nutritionnelle, mais d’éviter le ventre vide qui rend tout plus difficile.

De la même manière, repousser trop longtemps le repas ou le coucher transforme souvent une soirée compliquée en champ de bataille. Les enfants ont besoin de repères horaires stables, surtout quand ils sont petits.

Une transition en douceur change la suite de la soirée

Passer brutalement de l’extérieur à une succession d’obligations peut être éprouvant. Beaucoup d’enfants ont besoin d’un sas pour se poser avant d’enchaîner.

Un temps calme en arrivant, même très court, peut suffire : dessin, lecture, jeu libre, ou simplement ne rien faire. Ce moment permet souvent d’éviter que l’agitation ne monte en flèche dès la porte franchie.

Une routine simple aide les enfants à lâcher prise

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, une routine n’enferme pas les enfants. Elle les rassure. Quand la journée a été longue, savoir ce qui va se passer ensuite évite d’avoir à gérer l’inconnu en plus de la fatigue.

L’idée n’est pas d’imposer un emploi du temps militaire, mais de proposer une succession d’étapes toujours dans le même ordre. Par exemple :

  • un petit encas et un temps calme en rentrant
  • le repas, sans pression excessive sur les quantités
  • le bain ou la toilette
  • un moment calme partagé, comme une histoire
  • le coucher

Cette prévisibilité aide l’enfant à anticiper, et souvent à mieux coopérer. Même s’il râle, il sait où il va.

Simplifier la routine est souvent la clé

Le tunnel du soir n’est pas le moment idéal pour innover. Des plats simples, prévisibles, déjà acceptés, font souvent gagner une énergie précieuse. Conserver les mêmes rituels, réduire le nombre d’étapes… tout cela n’est pas un renoncement, c’est une adaptation.

Moins il y a de décisions à prendre, moins il y a de négociations possibles. Et quand les ressources sont basses, chez les enfants comme chez les adultes, c’est précieux.

Le cadre rassure plus qu’il ne frustre

Un cadre clair, stable et répété apaise davantage qu’il n’énerve. Savoir que le bain arrive toujours après le repas, que l’histoire vient avant d’éteindre la lumière ou que le menu n’est pas négociable enlève une charge mentale énorme à tout le monde.

Tenir ce cadre n’empêche pas d’accueillir les émotions. On peut entendre la frustration sans remettre toute l’organisation du soir sur la table.

Les parents aussi arrivent épuisés à 18h

Le tunnel du soir est d’autant plus rude qu’il arrive quand les adultes sont eux-mêmes à bout. Se sentir dépassé, perdre patience ou rêver très fort de silence ne fait pas de vous un mauvais parent. Ça fait de vous un parent fatigué.

Si c’est possible, se relayer, alléger certaines exigences ou accepter que tout ne soit pas parfait peut déjà changer l’ambiance.

Ce moment finit par passer, même si on en doute

Le tunnel du soir évolue avec l’âge des enfants. Ce qui est chaotique à 2 ou 3 ans devient souvent plus fluide ensuite. En attendant, l’objectif n’est pas de transformer ces soirées en moments magiques, mais de les rendre un peu plus respirables.

Parfois, arriver au coucher sans trop de larmes, des deux côtés, est déjà une victoire. Et franchement, elle mérite d’être reconnue.


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