Ah, le rayon bébé. Ce temple de la sérénité avec ses emballages pastel, ses bébés trop mignons qui rient en mangeant des brocolis et ses promesses de « croissance harmonieuse ». Et puis, ce ne sont que des légumes et des fruits, que peut-il mal se passer ?
Sauf que voilà, une étude américaine publiée en février 2026 dans la revue Nutrients vient de jeter un gros froid sur nos pauses goûter. Le verdict ? 71 % des produits pour bébés sont ultra-transformés.
Un cocktail d’additifs sous des airs de « fait maison »
Quand on achète un petit pot « dès 6 mois », on s’attend à y trouver des légumes, un peu d’eau de cuisson, et… c’est tout. Perdu. L’étude a passé au crible 651 produits et la réalité pique un peu :
- 71 % de produits ultra-transformés (AUT) : ça veut dire qu’ils contiennent des ingrédients que vous n’avez probablement pas dans votre cuisine (exhausteurs de goût, émulsifiants, colorants, épaississants).
- Des listes d’ingrédients à rallonge : certains produits affichent jusqu’à 56 ingrédients différents. On est loin de la purée de carotte de mamie.
- Même combat en France : les enquêtes des Pros de la Petite Enfance et de 60 Millions de consommateurs confirment que nos rayons ne sont pas plus clean. Les biscuits et les desserts lactés sont les premiers visés.
Le piège du « trop lisse » (et du faux goût de fruit)
Alors ok, en France, on est plutôt protégées par la loi : la plupart des petits pots sont sans sel et sans sucres ajoutés. Mais ne crions pas victoire trop vite. L’ultra-transformation, c’est aussi une question de texture.
En proposant des purées lisses comme de la soie et des compotes ultra-cuites (qui concentrent les sucres naturels des fruits), on habitue bébé à une version « idéale » et standardisée du goût. Le risque ? Qu’il boude votre délicieuse purée de brocolis maison parce qu’elle a le malheur d’avoir… un vrai goût de brocoli et deux-trois grains de texture. C’est là que l’éducation au goût se joue !
On s’inquiète vraiment ou on relativise ?
Alors oui, les études font le lien entre la consommation massive d’aliments ultra-transformés et des risques de santé à long terme (obésité, diabète). Mais attention : l’idée n’est pas de brûler votre stock de gourdes au milieu du salon.
Un petit pot de dépannage ou un biscuit dans la poussette n’a jamais tué personne. Le souci, c’est quand l’industriel devient la norme quotidienne. On manque encore de recul sur l’effet des additifs sur le microbiote des tout-petits, mais dans le doute, le principe de précaution reste notre meilleur allié.
3 tips pour checker vos achats (sans y passer 3 heures)
Pas besoin d’avoir un doctorat en biochimie pour mieux choisir. Voici comment hacker le rayon bébé :
- Vive le coup de fourchette : Dès que bébé est prêt, privilégiez les aliments écrasés grossièrement plutôt que les textures liquides industrielles. C’est meilleur pour sa mâchoire et ses papilles.
- La règle d’or de la liste courte : moins il y a de lignes, mieux c’est. « Carottes, eau », c’est le combo gagnant. Si vous voyez « arômes », « amidon transformé » ou « sirop de glucose », reposez l’objet.
- Zappez le marketing « Spécial Bébé » : un yaourt nature classique ou une compote « sans sucres ajoutés » du rayon adulte font souvent très bien l’affaire (et coûtent deux fois moins cher, au passage).
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