Un rapport parlementaire, porté par le député Jérémie Patrier-Leitus (HOR), propose une refonte totale de notre politique familiale. L’idée ? Passer du « réarmement » un peu guerrier d’Emmanuel Macron à une véritable stratégie de soutien concrète et décomplexée.
Le « Plan Marshall » de la petite enfance : la fin de la galère ?
C’est le point noir de tous les parents : comment faire garder son enfant sans y laisser sa santé mentale (et son PEL) ? Le rapport appelle à un véritable « Plan Marshall » des modes d’accueil, selon le site des Pros de la Petite Enfance.
Le rapport propose une avancée majeure en voulant transformer le Service public de la petite enfance (SPPE) pour qu’il s’adapte enfin aux familles, et non l’inverse. Voici ce qu’il faut retenir de cette vision pro :
- L’égalité des tarifs (enfin !) : Les experts saluent la volonté de rapprocher les coûts entre crèches et assistantes maternelles. Aujourd’hui, les aides soutiennent davantage l’accueil collectif, créant des inégalités de reste à charge pour les parents.
- Unifier les métiers pour sauver le secteur : Face à la pénurie de personnel, le rapport suggère de créer une « identité professionnelle commune » entre l’accueil individuel et collectif. Pour les pros, c’est le levier indispensable pour offrir de vraies perspectives de carrière et garantir une qualité d’éveil homogène partout en France.
- Sécuriser les nounous : Le site souligne l’importance d’un fonds de garantie des salaires pour les assistantes maternelles. Trop de professionnelles quittent le métier à cause d’impayés ; sécuriser leur revenu, c’est sauver des milliers de places de garde.
250 € par mois et un congé parental (vraiment) digne de ce nom
Au-delà de la garde, le rapport veut frapper fort sur le portefeuille et le temps, avec notamment un versement familial unique. Il se matérialiserait en une aide de 250 € par mois et par enfant, dès le premier bébé et jusqu’à ses 20 ans, sans conditions de ressources.
Enfin, une revisite du congé parental avec un « congé parental unifié » de 12 mois, rémunéré proportionnellement au salaire. Il viserait notamment à annihiler le choix difficile entre rester avec son bébé et plonger dans la précarité financière.
La flexibilité : le chaînon manquant
Si ces aides financières seront en effet plus que bienvenues, elles ne règleront pas tout. Comme nous l’expliquions dans notre article sur le télétravail et la fertilité, le temps et l’espace mental sont les nerfs de la guerre. Une étude de Stanford a prouvé que la flexibilité géographique dope réellement l’envie de faire des bébés en supprimant la charge mentale des transports.
Le rapport parlementaire semble l’avoir compris en proposant d’aider à la conciliation vie pro/vie perso, notamment avec des autorisations d’absence pour les moments clés de la scolarité (spectacles, réunions) ouvertes aux parents… et même aux grands-parents !
Adieu la tendance « no-kids » ?
Dernier tacle du rapport : la tendance à vouloir exclure les enfants de l’espace public. Après le tollé des wagons « sans enfants » de la SNCF, le texte recommande de rendre obligatoire l’aménagement d’espaces adaptés aux enfants dans les trains.
« On ne peut pas d’un côté s’alarmer du fait qu’en France on ne fait plus d’enfants et de l’autre ne plus les tolérer », pointe la députée Constance de Pélichy.
Et maintenant, on y croit ?
Si ces propositions font rêver, leur mise en œuvre reste suspendue aux prochains calendriers électoraux. Mais entre les analyses des Pros de la Petite Enfance et les besoins de flexibilité des jeunes parents, le diagnostic est posé : pour relancer la natalité, il ne faut pas des médailles ou des discours, mais des berceaux, du temps, et une société qui accueille les enfants à bras ouverts.
Ajoutez Madmoizelle à vos favoris sur Google News pour ne rater aucun de nos articles !




































Les Commentaires
Il n'y a pas encore de commentaire sur cet article.