Le solde naturel bascule pour la première fois depuis 1945
En 2025, 645 000 bébés sont nés en France, tandis que 651 000 personnes sont décédées, selon les dernières données de l’Insee. Le calcul est simple et le symbole fort : le solde naturel devient négatif, à –6 000. Ce n’était jamais arrivé depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
La population française, elle, continue pourtant d’augmenter légèrement. Au 1er janvier 2026, elle est estimée à 69,1 millions d’habitants, soit une hausse de 0,25 % en un an. Cette croissance tient presque exclusivement au solde migratoire, estimé à +176 000 personnes en 2025. Sans les migrations, la France serait déjà entrée dans une phase de décroissance démographique.
La dynamique démographique française ne repose plus sur les naissances, mais sur les arrivées depuis l’étranger.
Moins de naissances, malgré un nombre stable de femmes en âge d’avoir des enfants
Avec 645 000 naissances, l’année 2025 confirme une tendance installée depuis plus de dix ans. On compte aujourd’hui près d’un quart de bébés en moins qu’en 2010, année du dernier pic. Et contrairement à une idée reçue, cette baisse ne s’explique pas par un manque de femmes en âge d’avoir des enfants. Leur nombre est stable, voire en légère hausse depuis 2016.
Ce qui baisse, en revanche, c’est la fécondité. L’indicateur conjoncturel atteint 1,56 enfant par femme en 2025, contre 1,61 l’année précédente. C’est le niveau le plus bas observé depuis la Première Guerre mondiale.
La diminution concerne surtout les femmes de moins de 35 ans. Les naissances plus tardives, longtemps perçues comme un simple décalage, ne progressent plus vraiment. L’âge moyen à l’accouchement continue toutefois d’augmenter et s’établit désormais à 31,2 ans.
Pour beaucoup de parents, ces chiffres font écho à une réalité bien connue. Faire un enfant aujourd’hui implique de composer avec un logement cher, des modes de garde saturés, un monde du travail peu conciliant et une charge mentale qui repose encore majoritairement sur les mères. Dans ces conditions, le désir d’enfant ne disparaît pas forcément, mais il se heurte à de nombreux freins.
Une population qui vieillit, sans surprise mais avec des effets bien réels
En parallèle, le nombre de décès augmente. En 2025, 651 000 personnes sont décédées, soit une hausse de 1,5 % par rapport à 2024. Une partie de cette augmentation est liée à une épidémie de grippe particulièrement sévère en début d’année, mais la tendance de fond est connue : les générations nombreuses du baby-boom arrivent désormais à des âges élevés.
Au 1er janvier 2026, les personnes âgées de 65 ans ou plus représentent 22,2 % de la population. Les moins de 20 ans comptent pour 22,5 %. Les deux groupes n’ont jamais été aussi proches en proportion. Il y a vingt ans, l’écart était nettement plus marqué.
Bonne nouvelle malgré tout : l’espérance de vie continue de progresser. Elle atteint 85,9 ans pour les femmes et 80,3 ans pour les hommes, des niveaux historiquement élevés.
Ce que ces chiffres racontent du quotidien des parents
Derrière les courbes et les moyennes, ces données disent quelque chose de très concret sur la parentalité en France. Avoir un enfant n’est plus un passage obligé ni une évidence sociale. Beaucoup de parents témoignent d’un sentiment d’épuisement, d’un manque de relais et d’une impression de devoir tout porter, souvent seuls.
Le recul des naissances n’est donc pas qu’une question de choix individuels. Il est aussi le reflet d’un cadre collectif qui rend la parentalité plus coûteuse, plus complexe, parfois plus anxiogène. Quand faire un enfant ressemble à un parcours d’obstacles, il n’est pas étonnant que certains projets soient repoussés, réduits ou abandonnés.
Une bascule qui oblige à regarder la parentalité autrement
Le solde naturel négatif de 2025 ne signe pas la fin des naissances en France. Il marque en revanche un changement de modèle. Une société où l’on vit plus longtemps, où l’on fait moins d’enfants, et où la démographie repose de plus en plus sur les migrations.
Pour les parents d’aujourd’hui, comme pour celles et ceux qui hésitent encore à se lancer, ces chiffres rappellent une chose essentielle : la parentalité ne se joue jamais uniquement dans l’intimité des foyers. Elle dépend aussi des politiques publiques, du soutien collectif et de la place réelle accordée aux familles dans la société.
Écoutez l’Apéro des Daronnes, l’émission de Madmoizelle qui veut faire tomber les tabous autour de la parentalité.
























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