Le « fait maison », un luxe de moins en moins accessible
Pour tous, les courses, c’est souvent une partie de Tetris mental : comment remplir le frigo sans finir dans le rouge le 15 du mois ? Selon la pétition lancée par l’UFC-Que Choisir, Familles Rurales, foodwatch et le Secours Catholique, près d’un Français sur trois saute des repas par manque d’argent.
Le problème ? Les produits les plus sains (poisson, légumes frais, céréales complètes) sont devenus les plus chers. In fine, on se rabat par nécessité sur l’ultra-transformé, plus abordable, mais désastreux pour la santé à long terme. Pour une daronne qui veut le meilleur pour ses enfants, c’est la double peine : la culpabilité de mal nourrir sa famille et l’angoisse du ticket de caisse.
100 basiques à prix coûtant : le plan d’attaque
Les associations veulent imposer à la grande distribution de vendre une liste de 100 produits recommandés par le Programme National Nutrition Santé (PNNS) sans faire de marge. On parle de « prix coûtant ».
Dans ce panier de survie nutritionnelle, on trouverait :
- Des fruits et légumes : frais, surgelés ou en conserve (parce que oui, les haricots verts en boîte, c’est très bien aussi).
- Des féculents : pâtes complètes, riz, farine, pain.
- Des protéines de base : œufs, poisson, produits laitiers.
- Les indispensables pour cuisiner : huile, beurre, sucre, épices.
L’idée, c’est qu’on puisse préparer une ratatouille ou un gâteau maison ne soit plus un arbitrage budgétaire stressant, mais une option normale pour tout le monde. Cerise sur le gâteau : une partie de ces produits serait issue du bio et de l’agriculture française.
On ne touche pas au revenu des agriculteurs !
Une question nous taraude pourtant : « si les prix baissent, ce sont les producteurs qui vont trinquer » ? Justement, non. La pétition est très claire : la suppression de la marge doit être supportée uniquement par les distributeurs.
Aujourd’hui, cinq enseignes (Leclerc, Carrefour, Intermarché, Auchan et Coopérative U) se partagent 80 % du marché alimentaire. Les associations dénoncent des marges excessives sur les produits les plus sains. L’idée est donc de légiférer pour que ces géants lâchent du lest sur les produits de première nécessité.
Pourquoi on a besoin de cette loi ?
Parce que le libre-arbitre a ses limites quand on a trois enfants qui réclament un goûter et que les biscuits industriels coûtent 2 fois moins cher que des pommes bio (mais 2 fois plus sucrés). Faciliter l’accès aux produits bruts, c’est aussi un investissement pour l’avenir : moins de diabète, moins d’obésité et moins de maladies cardiovasculaires.
Signer une pétition ne va pas remplir votre frigo demain matin, mais c’est un premier pas pour rappeler au gouvernement que bien manger est un droit, pas un privilège de classe.
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