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Bien manger dès 3 ans : ce que prévoit une loi pour des cours d’éducation alimentaire à l’école

Reconnaître une carotte de saison, savoir d’où vient le yaourt de la cantine, comprendre pourquoi on ne peut pas manger des fraises en décembre comme si de rien n’était. Et si tout cela s’apprenait à l’école, dès la maternelle ? C’est l’idée d’une proposition de loi portée par la députée Olivia Grégoire, qui veut instaurer une véritable éducation à l’alimentation pour tous les élèves.

L’obésité grimpe, le rapport à l’assiette régresse

On ne va pas se mentir, les chiffres font un peu flipper. En trente ans, l’obésité a été multipliée par quatre chez les 18-24 ans. Aujourd’hui, un Français sur deux est en surpoids.

Mais au-delà de la balance (parce qu’ici, on prône le body positive et qu’on déteste le fat-shaming), c’est surtout une question de culture alimentaire qui se perd. Quand 41 % des jeunes disent ne jamais toucher à une endive, on se dit qu’il y a un petit souci de transmission.

Comme le dit Olivia Grégoire : « Ce que nous ne transmettons pas aujourd’hui dans nos classes, nous risquons de le payer demain à l’hôpital. » En gros, bien manger, c’est un acte politique et de santé publique.

Le programme : de la fourche à la fourchette

Le projet de loi, adopté à l’unanimité en commission fin janvier 2026, prévoit :

  • 3 séances par an de la maternelle au CM2.
  • Des ateliers concrets : dégustations, cours de cuisine et visites chez les producteurs.
  • L’école comme alliée des parents : l’idée n’est pas de juger le menu « flemme » du mardi soir, mais d’offrir un socle commun à tous les enfants, peu importe leur milieu social.

Mais attendez… on les met où, ces cours ? (La question qui fâche)

C’est là que le bât blesse. Si 87 % des Français sont pour, la réalité du terrain est beaucoup moins rose. Car proposer de nouveaux cours, c’est bien, mais avec quels moyens humains et financiers ?

Pour la rentrée 2026, ce sont 4 032 suppressions de postes qui ont été actées dans les écoles, collèges et lycées.

La loi prévoit un « Fonds d’action pour l’éducation à l’alimentation ». Sur le papier, ça sonne bien. Sauf qu’en grattant un peu, on découvre que ce fonds est mixte : il compte sur l’État, mais aussi sur le mécénat privé (entreprises).

« Faire entrer l’argent des entreprises agroalimentaires pour financer les cours, c’est ouvrir la porte au lobbying à l’école », s’alarme le député d’opposition Pierrick Courbon.

Entre les budgets des communes qui sont sommées de faire des économies drastiques en 2026 et un État qui se désengage, on peut se demander si ces cours ne vont pas devenir un luxe réservé aux mairies les plus riches, ou des vitrines pour les plus grosses marques agroalimentaires du pays.

Charge mentale : des programmes déjà « obèses »

Les profs le disent : entre le « choc des savoirs », la gestion de l’inclusion (avec un manque criant d’AESH) et les fondamentaux (lire, écrire, compter), il n’y a plus de place pour glisser une feuille de salade.

Rajouter 24 séances obligatoires sur la scolarité sans alléger le reste, c’est le meilleur moyen de voir cette belle idée se transformer en « loi d’affichage » : une mesure qui fait briller les plateaux télé, mais qui finit en simple polycopié noir et blanc distribué à la va-vite entre deux cours de maths.


Écoutez l’Apéro des Daronnes, l’émission de Madmoizelle qui veut faire tomber les tabous autour de la parentalité.

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