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Un père sur deux… et bientôt plus : les chiffres qui montrent que le congé paternité fonctionne

59% des pères prennent désormais l’intégralité de leur congé paternité. Depuis l’allongement du congé paternité en 2021, une majorité de pères choisit de rester auprès de son bébé après la naissance. En 2022, près de six pères sur dix ont pris l’intégralité des 25 jours auxquels ils ont droit. Un chiffre en hausse, qui raconte une évolution discrète mais profonde des débuts de la parentalité.

Pendant longtemps, le congé paternité ressemblait davantage à un sas symbolique qu’à un véritable temps de présence. Quelques jours pour rencontrer son bébé, soutenir la mère, puis retour express au travail. Depuis juillet 2021, la donne a changé. Le congé paternité est passé de 11 à 25 jours, auxquels s’ajoutent trois jours de congé de naissance obligatoires.

Il fut un temps pas si lointain où le congé paternité ressemblait à une parenthèse éclair. Quelques jours pour rencontrer son enfant, soutenir la mère tant bien que mal, puis reprendre le chemin du travail. Depuis juillet 2021, le scénario a changé. Le congé paternité est passé de 11 à 25 jours, en plus des trois jours de congé de naissance obligatoires. Et cette fois, les pères ne boudent pas la mesure.

Le congé paternité s’installe dans les usages

Selon une étude de l’Institut national d’études démographiques, 59 % des pères ont pris l’intégralité de leur congé paternité en 2022, un an après la réforme. Loin d’un effet d’annonce, l’allongement s’inscrit dans une dynamique plus large, amorcée bien avant 2021. Depuis les années 2000, le recours au congé paternité ne cesse d’augmenter.

Entre 2021 et 2023, 81 % des pères ont prolongé leur arrêt au-delà de la semaine obligatoire. Autrement dit, la grande majorité ne se contente pas du minimum légal. Ce temps passé à la maison tend à devenir un passage attendu, presque évident, au moment de la naissance.

Ce succès s’explique aussi par une nouveauté souvent passée sous les radars : le congé est désormais plus souple. Il peut être fractionné, pris en plusieurs temps, et adapté aux contraintes professionnelles. Un tiers des pères choisissent aujourd’hui cette option, signe que ce congé n’est pas vécu comme un bloc figé, mais comme un outil à ajuster à la réalité des familles.

Être présent dès le début, un apprentissage à part entière

Derrière les chiffres, une réalité revient dans les témoignages recueillis par les chercheurs : ces semaines ne ressemblent pas à une pause. Les pères décrivent un quotidien dense, fait de soins au bébé, de tâches domestiques, de gestion des nuits courtes et de soutien à la mère. Un temps souvent intense, parfois éprouvant, mais structurant.

Un élément plus récent vient renforcer cette lecture. Depuis la réforme, de plus en plus de pères prennent une partie de leur congé “en solo”, c’est-à-dire après la reprise du travail de la mère. Cela reste minoritaire, mais la progression est nette. Or, les études montrent que ce congé pris sans la mère à la maison est celui qui favorise le plus l’investissement paternel dans les tâches parentales. Autrement dit, ce temps permet aussi aux pères de prendre pleinement leur place, sans être en appui permanent.

Un congé utile, pas des « vacances »

Certaines mauvaises langues poseront la question : ce congé est-il réellement consacré au bébé et à la mère, ou sert-il parfois de pause personnelle ? Plusieurs éléments invitent à dépasser l’idée d’un congé « vacances ».

Le moment où il est pris, juste après la naissance, correspond à une période unanimement reconnue comme éprouvante. Les recherches montrent aussi que les pères ayant pris un congé long sont ensuite plus impliqués dans la vie quotidienne de leur enfant, ce qui suggère un véritable apprentissage du rôle parental.

Cela ne signifie pas que toutes les expériences se ressemblent, ni que chaque père vit ces semaines de la même manière. Comme pour le congé maternité, les situations varient selon les familles, les ressources et les contraintes professionnelles. Mais l’idée d’un congé massivement détourné de sa vocation initiale ne trouve pas de confirmation dans les données disponibles.

Des inégalités qui persistent selon le statut professionnel

Si le congé paternité progresse, il ne bénéficie pas encore à tous de façon équitable. Les pères en CDI et les fonctionnaires sont largement majoritaires à prendre l’intégralité de leurs droits. À l’inverse, les pères en CDD, les indépendants ou les personnes au chômage y recourent beaucoup moins.

La raison est souvent économique. Une indemnisation jugée insuffisante, la peur de fragiliser une activité ou de compromettre un contrat freinent encore de nombreux pères. Le congé paternité reste donc, pour certains, un droit théorique plus qu’un choix réellement accessible.

Et après ? Une parentalité à réinventer

La France reste loin de certains voisins européens, comme l’Espagne, où le congé paternité atteint 19 semaines. Mais une nouvelle étape se profile avec l’arrivée annoncée d’un congé de naissance au mois de juillet 2026, qui permettra aux parents de rester jusqu’à deux mois supplémentaires auprès de leur enfant.

Les chiffres du congé paternité racontent déjà quelque chose d’essentiel : quand on donne du temps aux pères, beaucoup le prennent. Et quand ils le prennent, cela transforme en profondeur les débuts de la parentalité. La suite dépendra désormais de la capacité des politiques publiques à rendre ces droits réellement accessibles à toutes les familles, quels que soient leur statut ou leurs moyens.


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