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Arrêtez de culpabiliser : vous avez le droit de jeter les dessins de vos enfants

Ils s’accumulent sur le frigo, envahissent les tiroirs et finissent parfois dans un carton « à trier plus tard ». Les dessins d’enfants déclenchent souvent une grande question existentielle chez les parents : faut-il tout garder ? Et si on jette… est-ce qu’on est une horrible personne ? Spoiler : non. Et on vous explique pourquoi.

Au début, il y a ce dessin précis. Le tout premier bonhomme. Celui qu’on fixe avec un aimant, qu’on photographie, qu’on regarde avec un sourire un peu ému. Puis il y en a un autre. Et encore un autre. Un monstre. Une maison. Une maison-monstre. Un gribouillis « c’est maman ». Et soudain, sans trop comprendre comment, votre intérieur ressemble à une annexe du Louvre version maternelle.

La culpabilité parentale adore les piles de dessins

Jeter un dessin d’enfant, ce n’est jamais juste jeter une feuille. C’est jeter un souvenir, un moment, une époque. Du moins, c’est ce que notre cerveau de parent surchargé aime nous raconter. Alors, on garde. Tout. Même ce dessin fait en deux secondes « parce que j’avais fini les autres ».

Cette culpabilité est très répandue, surtout dans les premières années. On a l’impression que chaque création est sacrée, qu’elle représente un instant précieux de l’enfance de notre enfant, et que s’en séparer reviendrait à minimiser son importance. Comme si l’amour parental se mesurait au nombre de feuilles stockées sous le lit.

Soyons honnêtes entre adultes consentants : toutes les œuvres ne sont pas mémorables. Et c’est normal.

Les enfants créent beaucoup et passent vite à autre chose

Contrairement à nous, les enfants ne produisent pas avec une logique de conservation. Ils dessinent parce que c’est agréable, parce que ça occupe, parce que ça fait partie de leur manière d’explorer le monde. Une fois le dessin terminé, il est souvent déjà mentalement remplacé par le suivant.

Dans bien des cas, le dessin est oublié aussitôt qu’il est posé sur la table. Il ne fait pas partie d’un patrimoine émotionnel soigneusement classé. Alors s’il disparaît discrètement quelques jours plus tard, l’enfant ne le remarque même pas. Ou alors, il s’en fiche totalement.

Ce qui compte vraiment, c’est l’attention sur le moment

Les spécialistes de l’enfance le rappellent souvent : ce qui nourrit un enfant, ce n’est pas la conservation à long terme de ses productions, mais la reconnaissance immédiate de son geste. Le regard que vous portez sur ce qu’il a fait, les quelques mots que vous prononcez, le temps que vous prenez pour regarder.

Pas besoin d’en faire des tonnes. Pas besoin de crier au génie ou de transformer chaque dessin en chef-d’œuvre. Un « tu as pris le temps de mettre plein de couleurs » ou un « j’aime bien la forme que tu as dessinée » suffit largement.

La valorisation se joue là. Pas dans un carton que personne n’ouvrira avant dix ans.

Donner une place aux dessins sans se laisser envahir

Pour éviter l’effet tsunami artistique, beaucoup de familles trouvent un compromis simple : un espace dédié. Un mur, un panneau, une étagère. Un endroit qui dit clairement « ce que tu fais est important », tout en posant une limite très concrète.

Quand un nouveau dessin arrive, un autre s’en va. Sans drame. Sans cérémonie. Cette rotation permet de montrer que chaque création a sa place, mais pas indéfiniment. Et ça évite que la maison se transforme en centre d’archives incontrôlable.

Autre option très appréciée des parents : la photo. Un clic, un souvenir sauvegardé, et hop, direction le recyclage. Pour les plus motivé·es, un album numérique peut même devenir une jolie trace de ces années ultra créatives.

Trier sans culpabiliser, c’est aussi transmettre quelque chose

Jeter certains dessins, ce n’est pas manquer de respect à son enfant. C’est aussi lui montrer, sans grands discours, qu’on peut apprécier quelque chose sans le garder éternellement. Que les objets ont une vie, puis une fin. Et que ça n’enlève rien à ce qu’ils ont représenté.

Ce que votre enfant retiendra, ce ne sont pas les piles de feuilles jaunies. Ce sont les moments où vous vous êtes arrêté·e pour regarder, écouter, commenter. Ce sont ces instants de connexion, bien plus que les archives matérielles.

Alors oui, vous pouvez jeter des dessins. Sans vous flageller. Sans vous justifier. La poubelle peut très bien cohabiter avec l’amour parental. Et franchement, votre espace mental vous dira merci.


Écoutez Laisse-moi kiffer, le podcast de recommandations culturelles de Madmoizelle.

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