Oubliez le mythe de l’enfant qui court partout sans s’arrêter. En 2026, la réalité des cours de récré ressemble plutôt à une séance de sport qu’on aurait toutes voulu esquiver avec un faux mot d’excuse.
Selon les chiffres de la DEPP (les pros des stats au ministère), c’est la panique en endurance : un élève de 6e sur deux ne peut pas courir plus de cinq minutes. Pire, près de 20 % des ados jettent l’éponge avant même d’avoir atteint les 3 minutes de course. On est loin du marathon, là on parle juste de rattraper son bus sans risquer l’arrêt cardiaque.
Le « Gender Gap » : les filles, grandes oubliées du cardio
C’est là que le rapport devient carrément rageant. Si les garçons ne sont pas tous des athlètes olympiques, les filles, elles, prennent une double peine. En endurance, seulement 21,6 % des filles atteignent un niveau satisfaisant, contre 46,3 % des garçons. C’est l’écart le plus violent de toute l’étude : 24,7 points de différence.
Ce décrochage n’est pas une fatalité biologique, mais le résultat d’un véritable plafond de verre sportif.
Selon l’étude MGEN/Kantar « Adolescentes et sport : le grand décrochage » (2026), le passage au collège cristallise des freins structurels majeurs : 55 % des jeunes filles pointent l’impact des règles et des changements liés à la puberté, tandis que 42 % déclarent avoir subi des moqueries ou des remarques sexistes.
Plus inquiétant encore, l’étude révèle que dans les familles aux budgets serrés, le coût des licences est souvent priorisé pour les fils. Entre l’insécurité ressentie dans l’espace public et des équipements sportifs pensés par et pour les garçons, près d’une adolescente sur deux finit par abandonner la pratique par contrainte sociale, expliquant en grande partie pourquoi, dès la 6e, le souffle des filles est déjà mis à rude épreuve.
La mixité sociale, aussi dans les baskets
Autre constat qui nous fait grincer des dents : le souffle est un marqueur social. Le rapport montre que si l’on vient d’un collège ultra-favorisé (IPS 5), on a beaucoup plus de chances de réussir les tests que si on est en REP+.
- En REP+ : 50,2 % des élèves sont en difficulté respiratoire immédiate.
- Dans le privé sous contrat : ils sont seulement 26,4 % dans ce cas.
C’est mathématique : accès aux clubs, prix des licences, équipements… Le sport n’est pas qu’une question de volonté, c’est une question de moyens.
On fait quoi, du coup ?
L’idée de ces tests (le fameux « Luc Léger » qui nous a toutes traumatisées avec son bip sonore) n’est pas de punir, mais de réagir. Le gouvernement a lancé les « 30 minutes d’activité physique quotidienne », mais le rapport prouve qu’il va falloir passer à la vitesse supérieure.
Il est temps de repenser la place des filles dans le sport scolaire et de donner à tout le monde les mêmes chances de se dépenser, peu importe le quartier. Parce que courir 5 minutes, ça ne devrait pas être un exploit de haut niveau, mais juste la base pour se sentir bien dans ses baskets.
Vous aimez nos articles ? Vous adorerez nos podcasts. Toutes nos séries, à écouter d’urgence ici.




































Les Commentaires
Il n'y a pas encore de commentaire sur cet article.