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Bac 2026 : pourquoi les filles restent à la traîne en spécialités scientifiques ?

On pensait que la réforme du bac allait rebattre les cartes. Six ans plus tard, les chiffres racontent une autre histoire. En terminale, les mathématiques restent la spécialité la plus choisie… mais surtout par les garçons. Les filles, elles, continuent de s’orienter majoritairement vers d’autres matières. Que disent vraiment les données ? Et comment, en tant que parents, accompagner nos ados sans leur mettre la pression ?

Les maths dominent toujours… mais pas pour tout le monde

À la rentrée 2025, 44,8 % des élèves de terminale générale ont choisi la spécialité mathématiques. C’est stable, et cela en fait toujours la matière numéro un, devant les sciences économiques et sociales (34,9 %) et la physique-chimie (32,9 %).

Sur le papier, on pourrait se dire que les maths ont retrouvé leur place. Elles sont d’ailleurs revenues dans le tronc commun en première depuis 2023, avec 1h30 obligatoire pour tous, et une épreuve anticipée au bac.

Mais dès qu’on regarde la répartition filles-garçons, le tableau change.

Les filles restent minoritaires en mathématiques et en informatique

En terminale, 58,8 % des garçons suivent la spécialité mathématiques. Chez les filles, elles ne sont que 33,7 %. L’écart est net. Même tendance en physique-chimie, où les filles représentent 47,5 % des effectifs.

Et plus on avance vers des spécialités techniques, plus elles disparaissent. En sciences de l’ingénieur et sciences physiques, elles ne sont que 14,2 %. En numérique et sciences informatiques, 15,5 %.

On pourrait croire que ces écarts diminuent avec le temps. Ce n’est pas vraiment le cas. Les chiffres sont proches de ceux des années précédentes. La réforme n’a pas encore changé la donne sur la mixité scientifique.

Autre indicateur intéressant : l’option « mathématiques expertes », la plus exigeante. Les filles ne représentent qu’un tiers des élèves qui la choisissent. À l’inverse, elles sont 64,1 % en « mathématiques complémentaires », une option souvent perçue comme moins intensive.

On voit donc se dessiner une forme d’auto-sélection. À compétences égales, certaines adolescentes hésitent davantage à se projeter dans les parcours les plus ambitieux en maths.

Les filières littéraires et artistiques restent très féminisées

À l’inverse, les filles sont très présentes dans les matières artistiques et littéraires. Elles représentent 82,2 % des élèves en humanités, littérature et philosophie, 70 % en langues, littérature et cultures étrangères, 79,6 % en arts plastiques et 89,1 % en danse.

Elles sont aussi majoritaires en sciences de la vie et de la Terre, avec 64,8 % des effectifs.

Toutes les sciences ne sont donc pas délaissées. Les SVT attirent davantage que l’informatique ou l’ingénierie.

Ce contraste interroge. Les métiers de la santé ou du vivant sont aujourd’hui bien plus féminisés que ceux de l’ingénierie ou du numérique. Les représentations sociales pèsent encore lourd dans les choix d’orientation.

Les choix ne naissent pas en terminale

On aimerait croire que tout se joue en première, au moment de cocher ses spécialités. En réalité, les préférences se construisent bien avant.

Un commentaire sur un bulletin, une remarque du type « elle est sérieuse, appliquée » plutôt que « elle a un vrai talent en logique », des modèles féminins absents dans les métiers scientifiques, des blagues sur « les filles et les maths »… Tout cela s’accumule.

Les études montrent d’ailleurs que, à résultats équivalents, les filles ont tendance à douter davantage de leur niveau en mathématiques. Les garçons, eux, se projettent plus facilement, même avec des notes moyennes.

En tant que parents, on peut passer à côté de ces micro-messages. Pourtant, ils façonnent la confiance.

Comment soutenir sans pousser ?

Face à ces chiffres, la tentation peut être grande de vouloir “corriger” la trajectoire. D’insister pour que sa fille conserve la spécialité mathématiques ou de la pousser vers l’option experte pour ne pas “se fermer de portes”.

Mais l’enjeu est d’élargir le champ des possibles sans forcément pousser vers la voie scientifique.

Cela peut passer par des discussions concrètes sur les métiers, par la mise en avant de modèles féminins dans les sciences, par une valorisation des réussites en logique ou en raisonnement autant qu’en rédaction. Par le simple fait de dire : « Si tu en as envie, tu es capable. »

Les données de la Depp montrent des écarts persistants. Elles ne disent rien, en revanche, du potentiel individuel de votre ado. Ni de ce qui peut changer si elle se sent légitime.

Peut-être que le vrai enjeu n’est pas que toutes les filles choisissent maths. Mais qu’aucune n’y renonce par manque de confiance ou par peur de ne pas être à sa place.


Écoutez Laisse-moi kiffer, le podcast de recommandations culturelles de Madmoizelle.

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