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Y-a-t-il quelque chose à sauver de Nine Perfect Strangers, la série qui fait dans la poudre aux yeux ?

Tout ce qui brille n’est pas or. On ne l’aura jamais autant (amèrement) constaté que depuis le 18 août, jour de la sortie de Nine Perfect Strangers, série cauteleuse de Prime Video qui, sur le papier pourtant, avait tout pour éblouir.

Il existe peu de choses aussi agaçantes que de passer des mois à attendre un programme télévisé, l’écume au bord des lèvres, pour finalement le trouver résolument médiocre, voire franchement inepte.

Vous nous opposerez sans doute qu’il y a, en réalité, beaucoup d’autres choses plus agaçantes dans l’existence, comme le frottis, les mariages religieux ou les réunions du lundi matin, et vous n’aurez jamais eu aussi tort.

Et on sait de quoi on parle car on a eu droit à un frottis, un mariage à l’église et une réunion — autant dire la trinité de Satan — pas plus tard que la semaine dernière.

Nine Perfect Strangers est à ce jour notre plus grande déception de 2021, le dernier album d’Evanescence mis à part.

Un pitch alléchant pour une amère déception

Et pourtant, sur le papier, ce programme en 8 épisodes créé par David E. Kelley, John-Henry Butterworth et Samantha Strauss avait tout pour séduire, à commencer par son synopsis : 9 individus bourrés d’angoisses et en quête d’eux-même se retrouvent dans un centre de remise en forme un poil extrême, dans l’espoir d’en sortir plus heureux et en meilleure santé.

Sauf qu’évidemment, il y a une couille dans le potage. Enfin dans le smoothie.

Mais rien, absolument rien n’est parvenu à surpasser la déception relative au visionnage des cinq premiers épisodes de Nine Perfect Strangers, dont la description pourrait tenir en un seul et unique mot : BORING !

Impossible de résister à l’appel du pied de Prime Video qui via quelques lignes et des trailers léchés nous a fait miroiter un OVNI télé, quelque part entre comédie noire et thriller végétarien. C’est pleine de l’espoir de voir éclore un nouveau genre qu’on s’est donc naïvement attelée au visionnage de ce qui est, à ce jour, notre plus grande déception de 2021, le dernier album d’Evanescence mis à part.

Mais à l’arrivée, point de rencontre entre Identity, Midsommar et Sacré Graal, malheureusement. À la place, on hérite que d’un gloubiboulga de clichés, dont la fadasserie n’a d’égale que le talent de ses acteurs.

Nine Perfect Strangers échoue à convaincre en dépit de son beau casting

Eh oui, Nine Perfect Strangers est de ces programmes qui appâtent le chaland à grand renfort de name dropping sans se donner la peine d’aller bien plus loin. Ainsi, Nicole Kidman, Melissa McCarthy, Michael Shannon, Luke Evans, Samara Weaving, Tiffany Boone et consorts demeurent les seuls arguments favorables à votre éventuel binge-watching des épisodes d’ores et déjà présents sur la plateforme de streaming Prime Vidéo.

Tous excellents bien que souvent en pleine caricature de leurs personnages habituels — on pense notamment à Melissa McCarthy, éternel (faux) joyeux luron arnaqué par l’intégralité des hommes de la planète — ils ne permettent malheureusement pas de sauver le naufrage scénaristique qu’est ce qui aurait dû s’appeler Nine Boring Strangers.

Et quand on dit naufrage, on exagère à peine, car c’est dans des sources d’eau que se prélassent nos personnages la plupart du temps. Qui une piscine, qui une rivière, qui un bras de mer : à part prendre des bains les fesses à l’air, nos anti-héros ne s’appliquent pas à faire grand chose et encore moins à se donner les moyens d’évoluer !

Un mélange entre Koh-Lanta et Selling Sunset.

Pourtant, dans le premier épisode du programme, Masha Dmitrichenko, la grande gourou de Tranquillum, le fameux centre de repos pour riches à problèmes, promet une chose à ses patients : la souffrance.

En bonne masochiste que vous êtes, vous vous attendez sans doute à ce que nos écrivains, journalistes, profs, influenceurs et footballeurs en cure en chient un max dans un mélange de torture psychique et physique qui justifierait les heures que vous projetez d’investir dans le programme ? Que nenni ! On n’a, à ce jour, toujours pas compris en quoi consistait vraiment la cure de Masha Dmitrichenko.

Et pour cause, la série n’a toujours pas développé son argument de base.

Pendant cinq épisodes (ce qui est BEAUCOUP trop long), nos antihéros sirotent des smoothies, cherchent des baies dans la forêt, déchaînent leur colère les uns sur les autres sans aucune raison scénaristiquement valable.

Bon pour l’instant ça ressemble à un mix de Koh Lanta et Selling Sunset. Alors what else ? Rien ? Ah si, on oubliait : Masha Dmitrichenko aime droguer ses patients à leur insu. Voilà.

Autant le dire tout de go : sauf retournement de situation dingue dans sa seconde moitié, Nine Perfect Strangers est d’un vide abyssal.

Des personnages embourbés dans les stéréotypes

On a beau toujours être heureuse de voir Nicole Kidman porter une nouvelle perruque, il n’empêche qu’on émet cette fois-ci quelques réserves (comme souvent ces dernières années, finalement) sur son rôle.

Il faut dire que Masha Dmitrichenko a tout du gourou stéréotypé : avant, elle tapait de la coke, arborait un carré court et blond platine — comme les mecs scénaristes imaginent les méchantes 90% du temps, portait des talons hauts et faisait globalement chier le tout venant.

Mais après un drame moyennement crédible balancé plusieurs fois par épisode dans des flash-backs d’un autre temps, elle a décidé de troquer ses boots en cuir pour des sandales de type Jésus-Christ, a laissé pousser ses cheveux, porte des toges blanches et des colliers à grelots.

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Autant dire qu’elle est à elle seule un cliché dont on se serait, comme de tous, volontiers passé. Inutile de tirer sur une ambulance : on vous fait grâce de la description de la dizaine d’autres personnages restants que la série ne prend le temps ni de creuser ni de faire évoluer.

Un échec étonnant de la part du créateur de Big Little Lies ?

On a peur de se faire insulter mais tant pis, on prend le risque : on fait partie — et quand je dis « on », je veux dire moi, la journaliste derrière cet article (je ne tiens en rien à engager l’avis, sans doute contraire, de mes collègues) — des rares consommateurs de séries à n’avoir pas, mais alors pas du tout, pris part à l’engouement général pour Big Little Lies.

En 2019 déjà, lors de la sortie du show événement, on a eu la désagréable sensation d’être prise pour une andouille — fusse t-elle d’appellation AAAAA — puisqu’on nous avait vendu un thriller audacieux et qu’on nous a finalement refourgué un soap à la fois larmoyant et parfaitement convenu.

Vous arguerez peut-être qu’on n’aime rien. Et on vous rappellera que si, la preuve avec le milliard de critiques positives qu’on a écrits sur Madmoizelle — mais que ce qu’on aime ne provient manifestement jamais de David Edward Kelley, qui non content de nous avoir déjà exaspéré en 2019, a remis ça en 2021 avec le plus qu’insipide The Undoing puis avec le traînant Nine Perfect Strangers !

Notez que la recette de Big Little Lies, The Undoing et Nine Perfect Strangers est peu ou proue la même, d’ailleurs : un casting qui sent le bon vieux gratin, une intrigue alléchante, une adaptation de bouquin à succès et une plastique idéale.

Le problème, c’est qu’en matière de cuisine, la recette ne fonctionne que si on l’applique correctement. Mais dans le cas de ces trois-là, de la fiche plastifiée à l’assiette, rien ne demeure que le goût âpre du désespoir : celui qu’on expérimente quand on croyait s’éclater et que finalement, on se fait chier.

À lire aussi : Mi-problématique, mi-plaisant, on a revu « Elle est trop bien » en 2021


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Les Commentaires

12
Avatar de eLLuLa
6 octobre 2021 à 14h10
eLLuLa
Je me demande si le problème ne vient pas en partie du fait que la série a été vendue comme un thriller, parce que même s'il y a quelques caractéristiques à suspense et une des intrigues un peu plus sombre que les autres, je n'ai pas eu l'impression d'être devant un thriller. Plutôt un drame. Sans parler du fait
Contenu spoiler caché.
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