Comment les réseaux sociaux influent sur les amitiés des ados

Les amitiés adolescentes seraient de plus en plus dépendantes du comportement de ces derniers sur les réseaux sociaux, ce qui les inciterait à y passer encore plus de temps.

Comment les réseaux sociaux influent sur les amitiés des ados

Les amitiés des ados sont-elles « hackées » par les réseaux sociaux ? est un article à lire sur The Conversation, qui étudie les questions suivantes :

« Face à ces machines de guerre économique (les applications), comment est-ce que les ados réussissent à préserver l’authenticité de leurs relations amicales ? À protéger leur vie privée et la civilité de leurs échanges ? »

Les amitiés adolescentes seraient influencées par réseaux sociaux

Cet article est né d’une enquête menée en mai 2019 auprès d’une cinquantaine de lycéens et lycéennes en Normandie.

The Conversation liste 5 points de vigilance à noter :

  • Une utilisation intense
  • L’urgence de l’hyperconnexion
  • Une exigence de perfection
  • Un manque d’empathie
  • Le cyber-harcèlement

Je te propose de te faire un résumé de l’article de The Conversation, que je te conseille néanmoins d’aller lire pour plus de détails.

L’utilisation intense des réseaux sociaux chez les ados

L’étude révèle que très peu des adolescents étudiés n’utilisent qu’une seule application parmi Instagram, Facebook, Twitter, Snapchat et Messenger.

Il se trouve d’ailleurs que toujours d’après cette étude, les ados seraient de moins en moins présents sur Facebook, qu’ils considèrent comme un « vieux réseau ».

Les réseaux préférés des ados sont donc Snapchat et Instagram. Je suis assez étonnée qu’il ne soit pas question de TikTok dans cette étude, qui concentre pourtant un grand nombre d’ados et pré-ados !

L’urgence de l’hyperconnexion

L’étude explique que lorsque les ados envoient des photos ou des messages, ils sont très impatients de recevoir une réponse, à tel point que la vitesse avec laquelle le destinataire va leur répondre indiquerait leur niveau d’amitié.

Une réponse rapide serait une preuve d’affection certaine.

Il faut aussi savoir que c’est actuellement Snapchat qui revendique une position dominante chez les 13-34 ans.

Et cela s’explique très bien par son système addictif qui donne l’impression de jouer à un jeu, de devoir battre des records et atteindre des objectifs, ce qui pousse naturellement à cette hyperconnexion.

Une exigence de perfection sur les réseaux sociaux

Snapchat propose en effet un record de « flammes » qui  récompense l’échange quotidien de photos.

L’application note aussi la relation que tu as avec quelqu’un par le biais du système d’emoji et de « meilleur ami ».

Pour rester meilleur ami Snapchat, il faut continuer à s’envoyer de nombreux messages en continu, à l’inverse de quoi tu risquerais de perdre ce titre.

Il faut donc être assidue.

Cette exigence de perfection existe aussi dans les mécaniques d’Instagram : ton contenu doit être inspirant et refléter une vie idéale, à la manière d’une page de magazine.

Le manque d’empathie sur les réseaux sociaux

L’étude souligne également un manque d’empathie, qui se définit par la grande pression que ressentent les filles sur les réseaux, bien plus que les garçons.

Elles peuvent très vite avoir mauvaise réputation si elle s’exposent « trop », que ce soit leur corps ou même leur couple, et ont un risque élevé de subir du cyberharcèlement.

Le cyberharcèlement chez les ados

Les ados font attention à ce qu’ils envoient et à qui, toujours dans cette peur du cyberharcèlement.

Ils forment des groupes privés afin de pouvoir communiquer en relative sécurité.

Ils savent qu’une fois une photo envoyée, elle leur échappe. Même sur Snapchat, où elle est pourtant vouée à disparaitre après avoir été vue, elle peut toujours être screenée et utilisée contre eux un jour.

The Conversation recommande de lancer des discussions qui incitent les ados à réfléchir à leurs pratiques.

Pas naïfs pour autant, ils ont peut-être besoin d’être accompagnés afin de gagner en objectivité sur leur façon d’utiliser les réseaux et d’associer des niveaux d’affection à un nombre de like ou de messages.

L’article propose également que cela se fasse dans le cadre de l’éducation aux médias.

Je dis : OUI. Les temps changent et selon moi, l’éducation et les cours devraient aussi. Il est temps d’avoir une matière qui nous prépare à l’exposition en ligne et ses dangers, non ?

Les ados sont-ils vraiment accro à leurs smartphone ?

Justin Rosenstein, inventeur du bouton like de Facebook, a reconnu son fonctionnement addictif, et compare Snapchat à une drogue dure : l’héroïne.

Le smartphone est-il vraiment à l’origine du mal-être de certains gen Z ? Peut-on relier la dépression présente chez certains ados avec l’utilisation excessive des réseaux sociaux ?

C’est le sujet d’un article de Slate qui fait écho à l’étude sur les fonctionnement addictifs des applications évoquées plus haut.

D’après une étude britannique dévoilée cette semaine, l’addiction au smartphone concernerait 23% des ados.

Mais la journaliste Clare Wilson explique dans un article du New Scientist que cette étude est relativement de mauvaise foi, puisque beaucoup de choses qui ne sont pas prises en compte rendent ses conclusions un peu trop hâtives.

Par exemple, elle explique que ce n’est pas parce que des adolescents repoussent parfois leur travail pour consulter les réseaux ou que leurs parents leurs reprochent d’être toujours sur leur écran que l’on peut pour autant utiliser le mot « addiction ».

Elle propose de remplacer le mot « smartphone » par « livre » afin de démontrer son argument. C’est sûr que tout de suite, l’ado serait qualifié de cultivé et de curieux plutôt que d’accro !

Des conclusions trop hâtives dans les études sur les adolescents

Clare indique également qu’Amy Orben, de l’université de Cambridge, trouve que l’étude n’est pas assez représentative. Je t’explique.

Les études en questions sont conçues directement avec le terme « addiction » dans les mots clés. Cela veut dire que seul les ados qui utilisent eux-même ce mot pour définir leur relation à leur smartphone y ont répondu.

Du coup, on ne sait pas ce qu’il en est pour ceux qui ne se pensent pas déjà addict.

De plus, Clare Wilson juge que ce n’est pas parce que certaines personnes qui se disent acccro à leurs smartphones sont déprimées que les deux ont un lien de cause à effet.

D’après elle, le fait de pointer constamment le smartphone du doigt serait une excuse bien pratique pour éviter de s’attarder sur les nombreux malheurs des 12-18 ans, en reportant la faute sur ce petit appareil mobile…

Quel est ta position sur tout ça ? Penses-tu que les conclusions des études sur les jeunes et leurs smartphones sont trop hâtives ? Te définis-tu toi-même comme addict à ton smartphone ?

À lire aussi : Comment les réseaux sociaux te maintiennent connectée

Carotte

Carotte

Carotte est rédactrice Mode. Elle aime tout ce qui est les chiots, les graines et l'automne. C'est aussi elle qui écrit cette description à la troisième personne.

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