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Source : NBC
Psycho

Vous souffrez d’anxiété sociale ? Essayez la « Rejection Therapy »

Pour se blinder contre la peur d’être jugé·e par autrui, des internautes se forcent à affronter leur peur du ridicule en public, avant de poster la vidéo sur TikTok. Le nom de ce phénomène ? La « rejection therapy ». Et ça a l’air de fonctionner. 

Si vous êtes le genre de personne à détester attirer l’attention sur vous, à craindre plus que tout le regard (moqueur ou désapprobateur) des autres et à vous soucier davantage de ce qu’ils pensent plutôt que de votre propre épanouissement, alors la « rejection therapy » est faite pour vous. 

Vraie tendance sur TikTok (plus de 54 millions d’occurrences, tout de même), la « rejection therapy » consiste à affronter son anxiété sociale en se livrant, en public, à une action que l’on trouve honteuse ou ridicule, ou bien d’aborder un·e inconnu·e pour une raison absurde. 

On retrouve ainsi sur le réseau social une vidéo d’une jeune femme demandant à une personne qu’elle ne connaît pas de jouer avec elle à pierre-feuille-ciseaux, une autre d’une cliente de supermarché se livrant à une danse loufoque au beau milieu du rayon fruits et légumes, ou celle de cette jeune femme demandant au Starbucks à faire elle-même son propre café… 

@yaz.johnsonn

Rejection Therapy day 01: Asking to make my own coffee in a cafe. Apologies for how awkward and nervous I look in that first clip, I’ve given myself the ick too dw 😄😄 But shout out to Charlotte for letting me get behind the counter and showing me just how intricate and difficult the process of making a good coffee is. You follow a recipe with precise weights, temperatures and times to ensure the perfect brew each time. I won’t even talk about how hard latte art is, the photos speak for themselves #rejectiontherapy #rejectiontherapychallenge #rejection #makingcoffee #latteart #oatlatte

♬ deeply still in loveeee – tucker

L’une des vidéos les plus vues et commentées de cette nouvelle tendance est celle d’une jeune femme, allongée sur un tapis de yoga au beau milieu d’une zone piétonne très fréquentée de Londres. 

Leur but à toutes ? S’immuniser contre la peur d’être rejetées en s’habituant à être regardées de travers et ainsi diminuer leur sensibilité au jugement extérieur et leur anxiété sociale. 

Des conséquences souvent positives

On ne va pas se mentir. Pour les personnes sensibles à la validation d’autrui, visionner ces vidéos peut être un moment embarrassant, voire vraiment douloureux. Et ce, d’autant plus que les personnes se livrant à la « rejection therapy » ne se contentent pas d’une seule expérience désagréable, mais se lancent des défis pouvant durer des semaines. Les challenges qu’ils et elles se lancent sont alors de plus en plus « extrêmes », puisque plus susceptibles d’occasionner des remarques désagréables ou des rires moqueurs. 

Mais la « rejection therapy » est aussi salvatrice. Car en réalité, ce que montrent ces vidéos, c’est que se faire « rejeter » est rarement aussi grave que l’on l’imagine. Ainsi, parmi les personnes se lançant le défi de paraître ridicules en public, rares sont celles qui sont vraiment pointées du doigt par les badauds. Tout juste récoltent-elles un sourire amusé ou un haussement de sourcil à la vue de leur danse ou cri d’animal. Quant à la jeune femme qui demande à une employée du Starbucks si elle peut faire elle-même son propre café, elle obtient à sa grande surprise une réponse positive. 

Autre expérience positive : celle d’@anamarcks qui, lors d’un vol, a demandé à une hôtesse de l’air si elle pouvait faire une annonce à destination des autres passagers. Non seulement l’hôtesse lui a dit oui, mais son petit speech où elle explique qu’elle ne fait pas partie du personnel de bord mais qu’elle voulait juste souhaiter une bonne journée à tout le monde, a été très bien reçu, par les passager comme par les internautes, très bienveillants dans les commentaires.

Interrogée par le site américain Bustle, la psychothérapeute Rachel Goldberg explique qu’en réalité, la « thérapie du rejet » n’a rien de nouveau. Il s’agit simplement d’une version plus nuancée et « TikTok compatible » de la « thérapie d’exposition », une technique de désensibilisation utilisée en psychothérapie comportementale. « L’objectif de la thérapie d’exposition est d’aider les individus à affronter et à surmonter progressivement leurs peurs en les exposant au stimulus redouté dans un environnement sûr, afin de réduire l’intensité de la réaction de peur et de favoriser la confiance en soi. »

Comment pratiquer la thérapie du rejet ? 

Utilisé pour traiter les troubles anxieux, les phobies, les troubles obsessionnels compulsifs ou encore le stress post-traumatique, la thérapie d’exposition fait donc ses preuves, non seulement auprès des personnes souffrant d’anxiété sociale, mais aussi étant très timides ou ayant une faible estime de soi. 

Pour Rachel Goldberg, les défis que l’on se lance quand on veut tester la thérapie du rejet n’ont pas besoin d’êtres très inconfortables, et n’ont même pas besoin d’impliquer d’autres personnes pour éviter toute réaction inopinée. 

La psychothérapeute conseille aussi de pratiquer cette technique avec l’aide d’un·e spécialiste afin que son application soit contrôlée. Elle doit aussi être précédée de discussions pour comprendre d’où viennent nos peurs, et ainsi savoir les dépasser plus efficacement. 

« Pour une personne qui souhaite essayer la thérapie par le rejet de manière indépendante, il est conseillé de commencer par de petits défis gérables qui repoussent légèrement sa zone de confort, explique-t-elle. Par exemple, on peut demander à un.e inconnu.e si l’on peut utiliser son téléphone, où bien lui demander où il ou elle a acheté ses chaussures. »

« L’objectif est de s’entraîner régulièrement, peut-être plusieurs fois par semaine, puis de processer l’expérience en la consignant dans un journal ou en en discutant avec un.e ami.e qui la soutient. » Selon Rachel Goldberg, cela permet ainsi de suivre les progrès réalisés au fil du temps.  

Évidemment, il est important de rappeler que l’efficacité de la « rejection therapy » dépend de chaque individu et de son niveau d’anxiété. 

« Certaines personnes peuvent constater des améliorations relativement rapidement, tandis que d’autres ont besoin de plus de temps et d’une pratique régulière. En règle générale, un événement extrême unique n’aura pas d’effets durables. Optez donc pour de petits pas, légèrement effrayants, en dehors de votre zone de confort, et avant même de vous en rendre compte, votre confiance en vous augmentera. »


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Les Commentaires

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Avatar de Tuna
23 mai 2024 à 11h05
Tuna
Je dois dire que je suis assez d'accord avec les Madz qui ont témoigné. Je trouve qu'il y a quelque chose d'assez paradoxal à essayer de soigner son anxiété sociale en se mettant dans des situations qui peuvent volontairement générer de l'anxiété chez les autres.
Se mettre à danser dans un lieu public ou mettre une tenue un peu voyante à la limite pourquoi pas, a priori ça n'engage personne d'autre que soit (tant que l'on ne filme pas les gens) et effectivement ça peut être un moyen de s'habituer au regard des autres.
Par contre, alors demander des choses farfelues à des gens qui n'ont rien demandé (a fortiori s'ils sont sur le lieu de travail en plus), bon... C'est vraiment à double tranchant, ça peut en faire rire certains mais selon le contexte ça peut également générer des situations assez inconfortables chez les autres personnes. A minima je pense qu'il faudrait éviter de faire ça auprès de personnes qui sont en train de travailler. Demander à l'employé Starbucks de faire son café soi-même peut peut-être le faire rire, mais a contrario peut-être que le salarié a un manager pas cool qui va prendre cette situation comme prétexte pour lui rentrer dedans. Dans le doute, il vaut mieux laisser les gens travailler tranquilles plutôt que de leur rajouter une situation bizarre de plus à gérer.
Donc au final je suis un peu partagée... Les méthodes d'exposition fonctionnent bien en général mais celle-là en particulier est un peu à prendre avec des pincettes et à ne pas mettre en pratique dans toutes les situations je trouve.
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