L’incertitude t’angoisse ? Voici des conseils pour y remédier !

Que ce soit dans ses études ou ses relations amoureuses, Faustine a souvent été plongée dans une angoissante incertitude. Elle te raconte son expérience et te donne des conseils avec l'aide d'une psychologue !

L’incertitude t’angoisse ? Voici des conseils pour y remédier !©Eunice Lituañas/Unsplash

Je DÉTESTE l’incertitude.

Le manque de contrôle, le fait de ne pas savoir, tout ça a le don de me plonger dans des affres d’angoisses. 

Grande stressée de la vie, l’incertitude est une de mes bêtes noires.

Le jour où j’ai compris que je ne supportais pas l’incertitude

Le jour où j’ai compris que je détestais l’incertitude, c’est pendant une relation amoureuse.

Je sortais avec un garçon, Léo, qui se la jouait « vie au jour le jour » et « on verra bien »Je trouvais ça cool, et j’essayais de me persuader que je pouvais faire pareil. Grossière erreur.

Un jour, Léo est parti à l’étranger et ne voulait pas d’une relation à distance. Mais il m’a dit que si nous nous retrouvions en France il aimerait rester avec moi, et qu’on « verrait bien ce que la vie nous réserve » pour la suite. 

En gros : il m’a fait comprendre qu’il voudrait se remettre avec moi si je voulais bien de lui à son retour mais… ne savait pas quand il reviendrait, et ne pouvait pas me le dire.

« Ça peut être 6 mois comme 2 ans », me disait-il. « Peut-être bien que je n’aurais jamais envie de revenir en France ». QUOOOI ?

Je sais chère lectrice, j’aurais dû tourner la page et intégrer le fait que cela voulait dire que c’était FINI.

Les relations instables et moi : un mauvais bail

Bien sûr, sur le moment, j’ai prétendu que j’étais 100% OK avec tout ça. Je la jouais meuf cool mais la vérité c’est juste qu’à l’époque je n’avais pas encore appris à dire NON à ce qui me faisait du mal.

Sauf qu’au fond de moi, je continuais d’espérer, et suis restée un an dans un état lamentable, triste, stressée et anxieuse.

Je n’arrivais pas à tourner la page car la situation n’était pas claire. J’imaginais en permanence 1000 scénarios sur ce qu’il faisait, ce qu’il planifiait, ce qu’il pensait de notre relation…

Je me suis interdit de vivre l’instant présent jusqu’à être fixée, c’est à dire le jour où j’ai eu des nouvelles de Léo, su qu’il était en France et connu ses intentions vis-à-vis de moi.

Il va sans dire que pendant toute la durée de son voyage, après l’avoir bloqué de l’ensemble de mes réseaux, ce qu’il a pris comme le signal qu’il ne fallait pas venir me parler comme si de rien n’était, je ne l’ai moi-même JAMAIS contacté pour mettre les choses au clair et vider mon sac.

Tout ça par fierté un peu débile. Mais bref, c’est un autre sujet.

« Que vais-je faire de ma vie ? » Ma pire année d’études

Cette même année, je rentrais en Master 1 et devais me confronter pour la première fois à LA question : 

« Que vais-je faire de ma vie ? »

J’étais en effet dans une grande école aux trois premières années très générales, ce qui m’arrangeait bien à la sortie du lycée, et n’avais jamais trop réfléchi à mon avenir professionnel avant.

La question m’angoissait d’autant plus que je ressentais dans mon école une forte pression à réussir et à le MONTRER.

Là encore, j’ai passé une année dans le doute, à me poser mille questions par jour, sans parvenir à prendre une décision. Je fuyais les conversations sur le monde professionnel et certains de mes camarades qui avaient l’air si sûrs d’eux.

Dès que venait le moment d’agir, par exemple en faisant des recherches, en contactant des gens, en recherchant un stage, je procrastinais À MORT.

Ce qui ne m’aidait pas vraiment : plus je procrastinais pour tenter de mettre à distance le sujet qui fâche, plus il prenait des proportions énormes dans un coin de ma tête, plus j’angoissais, jusqu’à exploser en crises de larmes incontrôlables.

Un bon gros cercle vicieux, quoi.

J’ai finalement décidé de prendre une année de césure avant de rentrer en Master 2. Mais avant de prendre cette décision puis qu’elle soit validée par mon établissement, je n’arrivais pas à profiter de quoi que ce soit dans ma vie : « ça ira mieux quand je saurai », me disais-je.

Mais en attendant, ça n’allait pas, et j’étais incapable de profiter de ce que la vie m’offrait à ce moment-là.

Le coronavirus arrive pour remettre une dose d’incertitude dans ma vie

Suite à mes difficultés liées à l’incertitude, j’avais pas mal progressé, lâché du lest sur ce que je ne pouvais pas contrôler et ai travaillé sur mes tendances à procrastiner.

C’était sans compter sur la FUCKING épidémie de coronavirus, qui a bien chamboulé le déroulement de ma dernière année d’études, et niqué certains projets professionnels, comme tu peux le lire dans cet article.

J’étais en train d’écrire que là encore, l’incertitude pointait le bout de son nez… mais en l’occurrence c’est plutôt : ELLE EST ARRIVÉE AVEC SES GROS SABOTS, et son lot de questionnements relous :

Où vais-je travailler étant donné que mon stage d’été a été annulé ?

Où ai-je envie de chercher, au juste ?

Dans quelle ville vais-je habiter ?

Ai-je une chance de trouver un travail étant donné la situation économique ?

Suis-je condamnée à rester vivre chez mes parents ? 

Va-t-on être reconfinés ?

Bref, je n’ai plus AUCUNE certitude. Et ça se ressent : mon niveau d’anxiété explose, j’ai des sautes d’humeur plus violentes que d’habitude et mon corps somatise.

Comment mieux gérer ses angoisses face à l’incertitude ?

Maintenant que je t’ai bien raconté ma vie, venons-en à la question essentielle : comment faire face à l’incertitude, et mieux la vivre quand elle nous tombe dessus ?

Alors oui, on peut éviter de se mettre soi-même des bâtons dans les roues avec des décisions du genre : « je vais faire un tour du monde sans rien planifier et vivre au jour le jour » parce que c’est stylé. 

Bon, pour cet exemple précis, le coronavirus a choisi à ta place.

Mais parfois, on n’a pas le choix, car la vie nous impose des situations où l’on ne SAIT RIEN DE RIEN, pas même de quoi sera fait le lendemain ! Et dans ces cas-là, autant ne pas rester dans le mal jusqu’à être fixée, non ?

C’est pourquoi je t’ai préparé une liste de conseils, avec l’avis de la psychologue Marie Lafond !

Pourquoi certaines personnes angoissent à cause de l’incertitude ?

J’ai demandé à Marie pourquoi certaines personnes étaient particulièrement angoissées face à l’incertitude :

« L’incertitude angoisse beaucoup de monde dans notre société. Les angoisses liées à l’avenir sont redoutables car il y a peu de moyens de se rassurer : on ne peut PAS prédire l’avenir !

Les angoisses se fixent sur la question de l’avenir mais ce sont des angoisses qui sont en nous très profondément.

L’angoisse, à la base c’est un mécanisme de défense pour se protéger de nos propres émotions négatives. »

Pour ma part, mes angoisses face à l’incertitude sont souvent liées à une peur de l’échec et un manque de confiance en moi !

Mieux écouter de ce que tes émotions ont à te dire

Pour mieux vivre tes angoisses face à l’incertitude, le conseil principal de Marie est d’apprendre à écouter ce que tes émotions ont à te dire, et trouver tes propres moyens de l’évacuer : 

« Quand on est très angoissée par l’incertitude face à l’avenir, le but est de casser le cercle de l’angoisse.

Pas en cherchant à se rassurer sur les motifs de l’angoisse car il est illusoire de penser que l’on peut être certain de quoi va être fait l’avenir.

Mais plutôt en cherchant la raison profonde de ses angoisses, en étant à l’écoute de nos émotions et de ce qu’elles ont à nous dire. 

Sinon, elles finiront toujours par s’exprimer mais potentiellement de façon complètement incontrôlée en nous submergeant, ou physiquement par somatisation.

Repérer nos angoisses, même petites, puis trouver un cadre dans lequel on les écoute et où on les laisse s’exprimer est une bonne solution. Cette démarche est différente pour chacun ! 

Ça peut se faire par de la méditation, par du sport, par le dessin, par la parole ou par l’écriture si l’on n’a personne de confiance pour en parler… Il n’y a pas de technique universelle ! »

Ne pas oublier de vivre dans le présent !

Je suis une personne qui vis beaucoup dans le passé, en repassant en boucle les événements de ma vie dans ma tête, et dans le futur, en réfléchissant à l’avenir (oui, ça carbure pas mal là-dedans). 

Ce qui me joue des tours, car je n’arrive souvent pas à profiter du moment présent !

À ce sujet, Marie m’apporte son éclairage : 

« Quand on vit toujours dans le futur, on n’est moins à l’écoute de ce dont on a besoin sur le moment.

Alors que si l’on est à l’écoute, nos choix sont plus faciles, et on va mieux réussir à définir ce qui nous correspond ou pas. »

Attention, ma douce, à vouloir tout le temps tout contrôler : tu risquerais de passer à côté d’opportunités qui sont faites pour toi !

Travailler sur ta confiance en soi

Un autre conseil de Marie est de travailler sur ta confiance en toi.

Souvent, angoisses sur l’avenir et manque de confiance en soi sont liés. Si tu manques de confiance en toi, il paraît logique que l’avenir te fasse plus peur !

« Ça arrive à de nombreux étudiants qui sont angoissés par leur réussite, par exemple. Pas toujours facile d’avoir confiance en soi si l’on n’est pas satisfait de nos résultats !

Si c’est le cas, on peut se trouver d’autres domaines pour se prouver que l’on vaut quelque chose : sport, art, ou n’importe quelle activité qui nous plaît pour reprendre confiance en soi !”

Arrêter de procrastiner

Quand on est angoissée à cause de l’incertitude, la procrastination est loin d’être notre meilleure amie. 

Pour ma part, elle était liée à mes peurs d’échouer pendant mes études, et à mes peurs d’avoir des réponses et de me confronter pendant ma relation avec Léo. 

Et plus je repoussais, plus j’angoissais, et plus il devenait difficile de me mettre en action.

Pour arrêter de procrastiner, ma collègue Océane t’a écrit un excellent article avec tout plein de tips.

Par exemple : découper tes tâches en micro-tâches, te concentrer sur le bénéfice que va t’apporter la réalisation de ces tâches, et surtout… être bienveillante envers toi-même et ne pas culpabiliser !

Savoir dire NON, mais sans laisser l’angoisse diriger sa vie

Comme je te le disais tout à l’heure, si certaines situations t’angoissent particulièrement, rien ne t’oblige à te plonger dedans. Identifier ses besoins dans la vie permet en général de dire NON à ce qui nous fait du mal !

Attention, cependant, à trouver un équilibre entre cela et laisser tes angoisses diriger ta vie. Hésites-tu à entreprendre telle ou telle action parce qu’elle sera mauvaise pour toi, ou simplement parce que tu es drivée par la peur…?

Selon Marie :

« Il s’agit de trouver une balance entre se protéger et s’enfermer en faisant sa vie en fonction de ses angoisses. »

Pour conclure, voir un ou une psy est toujours utile, surtout si l’on a du mal à prendre du recul sur la situation !

Si tu n’es pas convaincue, tu peux lire cet article passionnant de Mymy qui te liste tout ce que la psychothérapie lui a apporté.

J’espère que cet article t’aura aidée et en attendant, Marie Lafond reste disponible dans les commentaires si tu as des questions à lui poser !

À lire aussi : J’ai 15 ans en 2016 : mon quotidien, mes envies, mes peurs

Faustine M

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Commentaires

Marie.L

Je suis une peu sceptique avec ces conseils pour mon cas.
Les activités de type méditation/dessin/sport ont le don de m'angoisser encore plus parce que je sais qu'après je fais devoir charbonner deux fois plus pour rattraper le temps que j'ai utilisé pour ladite activité.
Quant à réfléchir à mes angoisses en profondeur ou voir un psy... Si un bateau rouillé ne tient que par la peinture, enlever la peinture pour réparer c'est bien mais il ne faut pas être en pleine mer... (ce qui est malheureusement mon cas actuellement).

Et d'ailleurs je me demande comment font les gens qui ont peur d'aller chez un médecin/psy (dans le sens pas confiance dans le corps médical suite à des expériences précédentes blessantes). J'aimerais bien des conseils sur ce point.
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Pour te répondre @Camility Jane les conseils que je donne dans l’article sont très généraux, mais ce ne sont évidemment pas des recettes qui marchent pour tout le monde. Je comprends vraiment ton point de vue par rapport aux professionnels du monde du soin (psychique autant que physique) et tu n’es vraiment pas la seule. Beaucoup sont échaudés par des rendez-vous où les professionnels expliquent à la personne en face d’eux comment elle fonctionne. Je peux te répondre seulement pour les psychologues : ce n’est pas du tout le but d’une séance. La personne qui vous connaît le mieux, c’est vous même. Vous savez mieux que personne ce que vous ressentez et comment vous vivez les choses. Je vois ma pratique comme un travail d’équipe, car parfois un regard de professionnel peut permettre d’avancer, de pointer des problématiques importantes qui aide la personne en face dans son cheminement. C’est une prise de risque puisqu’on met en lumière des souffrances qui sont latentes. La personne qui vient consulter a aussi le droit de dire qu’elle n’est pas prête à aborder certaines choses. Mais le but est de construire une manière de fonctionner qui prenne en compte ces zones d’ombre, qui leur donne une place pour qu’à terme, la souffrance disparaisse. Ce n’est vraiment pas un travail facile, parfois sans sa peinture le bateau prend l’eau, mais à terme en connaissant nos faiblesse et leur histoire on peut apprendre à naviguer sans souffrance, en nous protégeant des situations qui nous font du mal. Dans tous les cas je pense que le travail psychologique est aussi une relation entre deux personnes, parfois ça ne marche pas. Il faut trouver la personne avec qui ça colle et à qui on peut faire confiance. En tout cas merci pour ton commentaire, je pense que tu n’es pas la seule à ressentir ça. J’espère avoir pu t’apporter quelques réponses
 

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