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Estelle, 45 ans : « J’ai fait un enfant seule, j’ai acheté un appart seule, j’ai fait le tour du monde seule »

Chaque semaine dans Célib, des personnes en tout genre nous racontent les joies et les questionnements de leur célibat, qu’il soit choisi ou subi. Aujourd’hui, Estelle, 45 ans, nous raconte comment elle a réalisé ses rêves en toute indépendance.
  • Prénom : Estelle
  • Âge : 45 ans
  • Lieu de vie : Île-de-France
  • Célibataire depuis : une dizaine d’années
  • Orientation sexuelle : hétéro

Depuis combien de temps êtes-vous célibataire ?

Je suis célibataire depuis une dizaine d’années. Depuis, j’ai eu des relations plus courtes, parfois de quelques mois. La dernière en date est un crush de vacances en 2022, alors que j’étais au Mexique.

J’ai du mal à répondre à la question car je ne sais plus vraiment définir ce qu’est une relation ou pas. Je remarque qu’aujourd’hui, les choses sont beaucoup plus floues qu’il y a quelques années sur le statut qu’une relation peut avoir, la manière dont on communique, le ghosting, ou plein d’autres choses. J’ai l’impression que beaucoup de gens cherchent à consommer les autres, et à partir à la moindre difficulté.

Moi, je préfère quand c’est plus cadré. On m’a appris des valeurs comme le respect, la communication avec l’autre, et je ne trouve pas ça chez les hommes en ce moment. Depuis quelque temps, je me dis que je n’ai pas envie de suivre les codes du dating du 21ᵉ siècle et que je rencontrerai peut-être quelqu’un plus tard, dans une dizaine d’années, à un âge où on sera assez mûrs pour dépasser certains standards de la société.

Quel est votre rapport au célibat ?

J’ai eu quelques petits copains à l’adolescence, deux relations longues à 18 et 20 ans. Ensuite, je n’ai pas eu d’histoire durable. J’ai cherché pendant des années un homme avec qui vivre une belle histoire, éventuellement, avoir des enfants. Ça n’a jamais fonctionné cependant.

J’ai fait des tonnes de thérapies et de coachings pour essayer de comprendre pourquoi ça ne fonctionnait pas. J’ai travaillé sur mon enfance, mes relations familiales, ma relation à moi-même, mes blessures… Toujours en me demandant : « Pourquoi je n’arrive pas à rester en relation longue, alors que tous les autres ont l’air d’y arriver ? ».

Je n’ai pas trouvé de réponse, mais j’ai appris ainsi à mieux me connaître, à être en meilleure relation avec moi et les autres, et surtout, à comprendre que ce n’était ni de ma faute, ni celle de quiconque. C’est une question de chance, de timing, et de société. Je suis une femme très indépendante, très militante, avec un caractère fort et je crois qu’aujourd’hui encore, pour certains hommes, être avec une femme qui n’a pas besoin de lui, c’est difficile.

À 40 ans, j’avais assez souffert. J’ai décidé de ne plus chercher de partenaire et de ne plus rentrer en relation. J’ai fait un break de trois ans pendant lequel j’ai pu faire le deuil de toutes ces relations. Cinq ans plus tard, je me sens indépendante, libre de penser, de vivre, d’être.

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Votre célibat a-t-il une incidence sur votre vie amicale ou familiale ?

Parfois, je me demande si j’ai moins d’amis en couple car je suis célibataire mais je n’en suis pas sûre. Mon célibat n’a pas d’incidence sur ma vie amicale, ni sur ma vie familiale, notamment sur ma filiation.

Après avoir fait le deuil d’une longue relation avec un homme avec qui je pourrais fonder une famille, j’ai pris le temps de réfléchir à la parentalité. Est-ce que j’en avais vraiment envie ? Je n’avais jamais envisagé de faire un enfant seule (pour moi, ça se faisait forcément à deux) et j’ai pris le temps d’y réfléchir.

Et puis, la possibilité de la PMA est arrivée et je me suis dit « J’ai toujours tout fait seule. Avoir un enfant, c’est quelque chose que je peux faire seule aussi ».

« La PMA a fonctionné du premier coup »

J’en ai parlé à ma famille, au début, mon père était réticent, ma mère beaucoup moins. Finalement, j’ai embarqué tous mes proches dans ce projet et je me suis sentie choyée jusqu’à la fin, surtout par les femmes que j’avais autour de moi. Que ce soit des membres de ma famille, mes amis ou mes collègues, tout le monde m’a traitée avec gentillesse, respect et bienveillance.

Je n’ai reçu que deux remarques négatives, de la part d’une collègue de travail assez conservatrice et d’un homme sur un site de rencontres, qui m’a insultée pour ça.

La PMA a fonctionné du premier coup, et la grossesse s’est très bien passée. L’accouchement était un moment très touchant, avec ma mère à côté de moi au moment où je mettais ma fille au monde. Elle me tenait la main, ma fille était là et nos trois générations réunies, c’était peut-être encore plus beau qu’avec un homme.

Ma fille et moi avons une très belle relation, et je l’emmène partout avec moi : en voyage, en manifs, au musée… Mes parents peuvent la garder parfois, et me laisser du temps pour moi. Je n’ai pas de remarque sur ma parentalité en solo, ou alors, des remarques positives. Je crois que j’ai tellement réfléchi mes choix, ils me rendent tellement heureuse et je les assume tellement, qu’il n’y a pas de place pour les jugements dans ma vie.

Est-ce que le célibat affecte votre moral au quotidien ?

Il affectait mon moral de manière négative avant, quand je rêvais de vivre une belle histoire. Parce que j’étais triste de ne pas y arriver, je me suis parfois accrochée à des relations toxiques qui m’ont fait du mal.

Aujourd’hui, ce n’est plus du tout le cas. J’ai trouvé comment m’épanouir seule, et combler mes besoins, mes envies et mes désirs seule.

Pensez-vous qu’être célibataire vous permet des choses que vous ne pourriez pas faire en couple ? 

J’ai l’esprit libre. Je ne suis pas angoissée parce que j’attends un message, ou par la crainte de se faire planter. Sans ce poids, j’avance beaucoup plus vite ! Je me réalise dans ma vie professionnelle et dans ma vie privée.

À l’inverse, pensez-vous qu’être célibataire vous empêche de faire des choses que vous pourriez faire si vous étiez en couple ? 

Non, je fais tout toute seule. Ciné, restaurant, vacances en France et l’étranger, musées… J’ai fait le tour du monde seule, je suis partie vivre seule à l’étranger, j’ai fait un enfant seule, acheté un appartement seule. 

Parfois, je me dis qu’à deux, ça pourrait être cool aussi, mais je n’ai pas de manque. À part pour fermer la fermeture Éclair de ma robe dans le dos ! Ou parfois me prendre dans les bras, pour une relation sexuelle ou un orgasme… Mais tant pis. Les histoires avec les hommes m’ont, jusqu’à aujourd’hui, apporté plus de problèmes que de bonheur. 

Cherchez-vous activement à trouver une relation amoureuse ? 

J’ai été sur des applis de rencontre, mais quelle horreur ! Je n’y ai trouvé que des déceptions, parfois même des menaces, et cela prend beaucoup trop de temps et d’énergie pour un résultat nul. Je ne sais pas comment les gens font, c’est hyper fatiguant.

J’ai abandonné l’idée de « chercher » quelqu’un. Tout ça, c’est une question de chance et de timing, donc je laisse la vie faire.

Je suis moins patiente qu’avant, je suis moins impliquée. Si je vois que l’homme n’est pas présent dès le début, j’arrête. En plus, j’ai un enfant et un travail avec beaucoup de responsabilités, j’ai trop peu de temps. Si la vie me présente une belle personne sur mon chemin et que c’est réciproque je m’ouvrirai, sinon je ne cherche plus.

Le célibat amoureux a-t-il des conséquences sur votre vie sexuelle ?

Pendant un moment, j’ai cherché des plans culs mais c’est toujours décevant. La plupart du temps, le mec est compliqué, se donne l’air d’être indisponible, ou joue à un jeu de gamins. J’ai envisagé de payer un travailleur du sexe, mais j’ai laissé tomber, ce n’est pas dans mes valeurs.

C’est dommage, parce que je pense que je suis dans mes meilleures années sexuelles. Je suis épanouie, je m’aime plus, je suis à l’aise avec mon corps et je n’ai plus de complexes.

Ressentez-vous une forme d’injonction à être en couple ?

Non pas du tout ! De toutes façons, je sais remettre les gens à leur place s’ils me disent quelque chose. 

Avez-vous une anecdote sur le célibat à partager ? 

On m’a déjà fait des réflexions pour me demander : «  Mais comment est-ce possible que tu sois seule, alors que tu es belle et intelligente ! Tu dois être trop exigeante ou chiante… ». Sérieusement ?! Ce n’est pas normal d’entendre ce genre de choses.

Merci à Estelle d’avoir répondu à nos questions !

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Les Commentaires

11
Avatar de Neverland90
22 janvier 2023 à 19h01
Neverland90
J'ai trouvé ce témoignage inspirant surtout que pendant longtemps, j'ai occupé un job précaire et je mettais souvent de l'argent de côté et du coup je me privais de vacances et je m'empêchais de faire pleins de projets. Ce qui est toujours le cas maintenant, j'ai une situation plus stable et des revenus plus élevé mais je reste coincé dans mon état d'esprit de mettre de l'argent de côté.
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