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Prune, 31 ans : « J'ai toujours sécurisé mon prochain crush avant de rompre » // Source : Midjourney
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« J’ai toujours sécurisé mon prochain crush avant de rompre » : Prune, célibataire de 31 ans

Prune est une Parisienne cisgenre hétérosexuelle de 31 ans qui raconte à Madmoizelle sa vie de célibataire. Au lendemain de sa rupture de 3 ans de relation, elle a entamé une procédure d’autoconservation ovocytaire. Cela lui enlève la pression de l’horloge biologique et de projeter en chaque potentiel partenaire un « géniteur ».

Chaque semaine dans Célib, des personnes de tous genres nous racontent les joies et les questionnements de leur célibat, qu’il soit choisi ou subi. Rencontre avec Prune, Parisienne célibataire de 31 ans, qui vient de terminer son opération d’autoconservation ovocytaire. Maintenant qu’elle a congelé ses ovocytes, elle raconte à Madmoizelle comment elle vit le fait d’être célibataire, elle qui a toujours été en couple depuis l’adolescence.

  • Prénom : Prune.
  • Âge : 31 ans.
  • Lieu de vie : Paris.
  • Orientation sexuelle et/ou romantique : Hétéro.

Depuis combien de temps êtes-vous célibataire ?

J’ai vécu une grosse séparation après 3 ans de relation il y a environ 1 an et demi. J’ai ensuite passé un an dans une situationship terminée il y a 3 mois (NDLR : La situationship se définit comme une relation ambigüe sur le spectre entre l’amitié et l’amour, sans étiquette de « couple » qui peut paraître trop limitante ou effrayante aux yeux d’un·e ou des deux partenaires. En situationship, un·e ou les deux partenaires ne veulent pas forcément éclaircir la situation de sitôt, ce qui n’empêche pas de s’engager dans ce flou).

Comment décririez-vous votre célibat ?

Il est trop tôt pour le qualifier d’heureux ou de malheureux. Je dirais donc que c’est un célibat introspectif pour l’instant. Ne pensant pas me retrouver dans cette posture, et l’ayant peu été dans ma vie, il me fout un peu le vertige, mais je me dis que j’ai sans doute plein de choses à en apprendre.

Votre célibat a-t-il une incidence sur votre vie amicale ou familiale ?  

Mon centre de gravité ayant toujours été mon cercle amical, ça ne change pas grand-chose à ma disponibilité (physique et affective) habituelle. J’ai aussi la chance d’avoir autant d’ami.e.s célibataires que d’ami.e.s en couple, donc je ne me sens pas en décalage. Je chéris mes amitiés comme des relations amoureuses. 

Comment votre historique relationnel a fait évoluer votre rapport au couple et au célibat aujourd’hui ?

J’ai beaucoup enchaîné les relations depuis l’adolescence. J’ai passé 3 ans dans l’errance sentimentale à mes 21 ans, mais depuis j’ai souvent « réussi » à court-circuiter cette phase de célibat. Généralement en sécurisant une relation ou un crush avant la rupture avec le partenaire en cours. Ça en dit clairement long sur mon rapport à la solitude amoureuse mais ça paraissait toujours très organique. C’est quelque chose je ne ferais plus aujourd’hui, passé 30 ans. Il me faut plus de temps pour digérer et guérir les ruptures. Et aussi car je rencontre moins de nouvelles personnes.

Estimez-vous que le célibat a un impact sur votre moral, au quotidien ? 

Oui, cela génère pas mal de stress et d’angoisses existentielles. Il y a des jours où l’on voit le verre à moitié rempli, où tout semble possible (en mode Unwritten de Natasha Bedingfield) Et d’autres, où le verre est vide et le fatalisme me gagne : l’amour, ce ne sera plus jamais pour moi.

« Déménager où je veux, adopter autant d’animaux que je veux, ne rien devoir à personne, etc. C’est le plus gros avantage du célibat selon moi : cette absence de compromis. »

Pensez-vous qu’être célibataire vous permet des choses que vous ne pourriez pas faire en couple ? 

Personnellement, j’ai toujours veillé à maintenir une autonomie et une indépendance en couple. Je dirais tout de même qu’être célibataire me permet de contempler et de mettre en action davantage de scenarios de vie. Déménager où je veux, adopter autant d’animaux que je veux, ne rien devoir à personne, etc. C’est le plus gros avantage du célibat selon moi : cette absence de compromis.

À l’inverse, pensez-vous qu’être célibataire vous empêche de faire des choses que vous pourriez faire si vous étiez en couple ? 

Ce sont surtout des aspects financiers : louer un plus grand appartement pour moins cher, investir dans l’immobilier, épargner davantage, payer moins d’impôts !

À lire aussi : Bravo, 3 070 € par mois : « Je ne comprends rien aux impôts »

Le lieu géographique où vous vivez a-t-il un impact sur votre rapport aux relations amoureuses ?

On voit bien que le rapport au temps et à l’âge n’est pas le même dans les capitales ou grandes villes versus dans les plus petites villes. Je ne peux pas savoir si ma vie sentimentale serait différente si je vivais à Dijon par exemple. Je pense que je me sentirais peut-être davantage « hors norme » que dans une ville comme Paris où 50 % des habitant·e·s sont célibataires il me semble.

Cherchez-vous activement à trouver une relation amoureuse ?

Je me remets toujours de mes deux déceptions amoureuses consécutives mais j’espère faire une rencontre dans l’année. IRL si possible, mais je ne suis pas contre un coup de pouce des applications. Jusqu’ici, cela a plutôt été décevant sur ce front-là.

Je n’ose pas trop rencontrer de gens pour le moment. Personne ne m’intéresse autant que mes deux derniers amoureux ont pu m’intéresser. 

Comment décririez-vous votre rapport aux rencontres ? 

Sceptique, malheureusement. Je trouve que les gens manquent beaucoup d’humour.

Le célibat amoureux a-t-il un impact sur votre vie sexuelle ? Cherchez-vous activement à rencontrer des partenaires ?

Pour l’instant, ce n’est pas encore un sujet.

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Ressentez-vous une forme d’injonction à être en couple ? Si oui, comment la percevez-vous dans votre quotidien ? D’où vient-elle ?

Dans les faits, personne dans mon entourage ne me met le couteau sous la gorge et ne me harcèle sur le sujet. Cette injonction provient d’un inconscient collectif, largement porté par le patriarcat et le fait de considérer que l’on a « réussi » dans la vie si l’on a trouvé son partenaire de vie, que quelque chose manque si on ne l’atteint pas.

Grâce à mes lectures féministes et plusieurs années de thérapie, je tente de plus en plus de me défaire de cette croyance-là. Ce qui m’importe, ce sont plutôt mes émotions à moi : je suis une personne qui trouve beaucoup de sens et de valeur ajoutée dans le sentiment amoureux. C’est pour ça que je le poursuis.

Au contraire, dans mon milieu pro-féministe, c’est également très bien perçu d’être seule dans une démarche d’autonomie, de self-love, voire pour sa valeur politique. J’irais même jusqu’à dire que je ressens autant la pression d’être seule que d’être en couple. Les gens jugent rapidement les personnes qui ont du mal à rester célibataires ou qui se remettent en couple trop vite, comme si des règles générales et universelles s’appliquaient uniformément à toutes et tous.

À lire aussi : Patricia, 38 ans : « Je me considère comme une célibataire radicale »

Estimez-vous que le célibat a un impact sur vos finances ? 

Absolument. Du panier moyen de courses pour le mois, aux abonnements, au loyer, etc. La vie seule coûte beaucoup plus chère. J’ai la chance de pouvoir m’assumer seule financièrement, mais je sais que je pourrais davantage mettre de côté en étant en couple. Je vois bien que malgré un salaire plus élevé, j’ai moins de pouvoir d’achat qu’un couple d’amis à la fin du mois.

Est-ce que c’est une motivation supplémentaire pour trouver un partenaire pour autant ? Certainement pas.

Par ailleurs, je n’ai pas de budget dating.

À lire aussi : Katia, entre 560 et 1 680 € par mois : « Je paie pratiquement tout car mon copain n’a pas de revenu régulier »

Quels sont vos projets pour le futur ? Le célibat a-t-il un impact sur ces envies et ces projections ? 

Au lendemain de ma rupture de 3 ans de relation il y a un an, j’ai décidé d’entamer une procédure d’autoconservation ovocytaire (autorisée hors raison médicale depuis le 1er janvier 2022 par la loi de bioéthique).

Un soir dans un bar, alors que je pleurais cette séparation où la question de projeter une vie de famille s’avérait comme centrale, j’ai fait la rencontre d’une femme de 38 ans qui m’a parlé de son expérience de préservation de la fertilité.

À lire aussi : Atteinte d’endométriose, j’ai fait congeler mes ovocytes pour préserver ma fertilité

Avoir une réserve de côté, selon elle, permettrait de moins se mettre la pression sur l’horloge biologique et de projeter en chaque potentiel partenaire un « géniteur ». Je me suis surtout dit que c’était un privilège d’avoir accès à ce traitement gratuitement en France. Je me suis empressée de m’inscrire, fière d’offrir ce droit, cette sérénité pour ma future moi. 

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