Comment les madmoiZelles envisagent le monde post-Covid

Faustine a recueilli les témoignages de madmoiZelles sur leur vision du monde de demain. Entre espoirs et inquiétudes, une chose est sûre, elles ne souhaitent pas revenir au monde d'avant !

Comment les madmoiZelles envisagent le monde post-Covid

Nous sommes au début du déconfinement, mais cela ne veut pas dire que l’épidémie de coronavirus est derrière nous.

L’incertitude demeure, et je me pose un tas de questions sur le « monde d’après », le monde « post-covid »…

Ou en tout cas « post-crise », car nul ne sait si le virus va réellement disparaître. Peut-être devrons-nous simplement vivre avec, comme l’annonçait Édouard Philippe dans son discours du 28 avril devant la chambre du Sénat.

À quoi ressemblera le monde post-Covid ?

Alors, à quoi va ressembler ce monde ?

J’ai posé la question à des madmoiZelles et madmoiZeaux. Entre inquiétudes légitimes, espoir et peur d’être déçues, une chose est sûre, ces dernières ne souhaitent pas revenir au « monde d’avant » !

Pour Nienke, lectrice de madmoiZelle :

« J’espère voir de grands changements qui s’inscriront dans la durée. Ça m’angoisserait à fond de savoir que tout redeviendrait comme avant. »

Une volonté de changement largement partagée chez les millenials (personnes nées entre les années 1980 et 2000) et la génération Z (personnes nées à partir des années 2000), selon un baromètre de 20 Minutes et une enquête de Vice Media.

Crise du Covid-19 : une situation économique qui inquiète

Plusieurs madmoiZelles sont inquiètes pour leur avenir professionnel à cause de la crise économique.

En effet, les superlatifs fusent de la part des dirigeants et des grandes organisations mondiales pour décrire une situation économique plus qu’inquiétante.

La Commission Européenne prédit ainsi une « récession historique » au sein de l’Union Européenne cette année, avec une récession de 8,2% attendue en France, comme tu peux le lire dans cet article de France Info.

Adèle est étudiante en tourisme. Elle s’interroge beaucoup sur l’avenir de son métier :

« J’ai connu une sorte de dissonance cognitive pendant le confinement : en janvier, février, on nous répétait en cours que le tourisme était un secteur porteur et moteur de l’économie (sociale et locale à mon sens).

Et en une poignée de jours, ce secteur a disparu de l’actualité, les hôtels et les campings sont les grands oubliés de cette crise, avec la culture et l’art, et le doute demeure sur nos capacités d’accueil et de fonctionnement pour l’après. »

Chômage partiel, aides de plusieurs milliards d’euros pour les entreprises et le secteur du tourisme… Divers plans d’action sont menés par l’État, ce qui n’empêche pas les millenials et la génération Z d’être préoccupés.

Selon un baromètre de 20 Minutes sur les 18-30 ans, 35% des sondés craignent que la crise ait des conséquences négatives sur leurs revenus futurs, même s’ils sont globalement confiants sur une reprise économique à long terme.

L’espoir d’un système économique différent après le Covid-19

Notre génération serait donc plutôt optimiste sur une reprise de l’économie, mais pas d’une économie telle que nous la connaissons.

Les madmoiZelles qui m’ont envoyé leur témoignage rêvent d’une économie plus respectueuse de l’humain et de l’environnement.

Entre espoir et peur d’être déçue, Héloïse m’écrit du Canada :

« Le monde d’après, il devrait être décolonial, décapitalisé, équitable, juste et solidaire. Il devrait prendre soin des gens, des cultures et de la planète. Il devrait être plus sain.

Mais il ne le deviendra pas magiquement à cause de cette crise.

Mon espoir est que cette situation sans précédent fera changer les esprits des gens et motivera les apathiques. Mon espoir est que davantage de personnes ré-examineront leur valeurs, leur engagement et la réalité de nos sociétés et agiront pour ce monde d’après différent.

Mais…

Je me suis brûlé les ailes avec trop d’espoir dans le passé. J’envisage un monde d’après bien trop proche du monde d’avant parce que je préfère une bonne surprise qu’une douloureuse déception. »

Nienke, quant à elle, me fait part de son désir de voir certaines professions revalorisées :

« J’espère que les Français n’oublieront jamais que le personnel soignant et les hôpitaux ont besoin de ressources car il en va de notre santé en réalité. »

À part le personnel soignant, d’autres professions ont démontré leur utilité sociale pendant le confinement : personnels de nettoyage, caissières et caissiers, livreuses et livreurs…

Des métiers en première ligne face à l’épidémie de coronavirus et, pour certains, majoritairement féminins

Des voix s’élèvent pour revoir la hiérarchie du prestige social et de la rémunération de ces professions, comme celle de la sociologue spécialiste du travail Dominique Méda, qui a écrit une tribune dans le journal Le Un. Elle y déclare :

« Ces métiers devront être revalorisés, leurs conditions de travail améliorées, les grilles salariales profondément révisées. »

Pour Romain, lecteur de madmoiZelle, la crise engendrée par le Covid-19 permet de mettre en lumière des choses qui ne marchaient pas :

« La montée des inégalités, une remontée de la course à la croissance, une dégradation de l’environnement… »

Mais il choisit de voir le verre à moitié plein en espérant une prise de conscience, notamment écologique : 

« Je vois aussi un côté positif à l’épidémie de coronavirus. J’ose rêver que les entreprises se mettent à prendre en compte l’environnement et que la crise va permettre une meilleure cohabitation avec la nature. »

L’espoir d’un après-Covid plus écolo

L’écologie est au cœur des préoccupations des millenials et de la génération Z, selon le baromètre de 20 Minutes.

Pour 49% des personnes interrogées, l’environnement devrait être LA priorité de la société de demain, et ce, loin devant d’autres valeurs comme la santé, qui ne récolte que 19% des voix.

Les madmoiZelles ont également été nombreuses à me faire part de leur volonté que le monde de demain soit plus respectueux de l’environnement.

À ce sujet, Nienke affirme : 

« Je crois à la théorie selon laquelle ce virus est dû au bouleversement climatique. Je pense qu’à la base, c’est de notre faute en tant qu’espèce humaine. 

Donc je m’attends soit à ce que ce soit de pire en pire, soit à ce qu’un miracle se produise et que nos gouvernements deviennent VRAIMENT écologiques.

C’est aussi à nous de faire de meilleurs choix sur nos dirigeants, je pense. »

La connexion entre le manque de considération pour notre environnement et la crise du coronavirus est mise en avant par de nombreux scientifiques, comme Sébastien Moncorps, directeur du comité français de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), qui explique au JDD :

« L’épidémie mondiale du Covid-19 trouve en effet son origine dans les pressions que nous exerçons sur la biodiversité.

Le virus a émergé depuis un marché de Wuhan en Chine en mettant en contact des animaux sauvages, des animaux domestiques et la population humaine.

Il est vraisemblablement issu d’une recombinaison virale impliquant plusieurs hôtes sauvages, parmi lesquels des chauves-souris et des pangolins.

Il illustre les dangers de la surexploitation des espèces sauvages, considérée comme la 2ème grande cause de disparition de la biodiversité dans le monde, à la fois pour la survie des espèces elles-mêmes et pour les humains. »

Alors, la crise du coronavirus va-t-elle faire bouger les lignes de notre rapport à l’environnement et à la biodiversité ? C’est en tout cas ce qu’espère Inès, étudiante en droit :

« Cette crise nous a montré qu’il suffisait de quelques semaines d’arrêt partiel d’activités pour avoir des effets de dingue (Himalaya visible de plus loin, qualité de l’air). »

Dans cet article, je t’explique que le confinement a entraîné une baisse drastique du niveau de pollution de l’air en à peine quelques semaines à Wuhan, à Paris ou encore en Italie, comme tu peux le constater sur ce tweet de l’Agence Spatiale Européenne :

Quelles solutions pour un monde de demain plus écolo ?

Dans son excellent article Agissons pour le climat comme nous agissons face au coronavirus, ma collègue Carotte regrette qu’il faille attendre une pandémie mondiale pour prendre des mesures en faveur de l’environnement, mais appelle à changer les choses : 

« Tu me répondras peut-être que la seule solution pour la planète serait de sortir du système capitaliste, et tu as peut-être raison.

Mais en attendant, il y a quand même des choses bien concrètes qu’on peut faire. Qu’il faut faire. »

Certaines politiques ont d’ailleurs déjà été mises en place par le gouvernement : le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a ainsi sommé Air France de « devenir la compagnie aérienne la plus respectueuse de l’environnement » si elle veut recevoir des aides financières. L’entreprise devra limiter ses vols internes et réduire de moitié ses émissions de CO2.

Pour Caro, il faut continuer : elle fait dans son article de nombreuses propositions, comme l’agroécologie, l’installation de plus de panneaux solaires sur les toits, la favorisation des déplacements en vélo ou encore l’instauration de plats végétariens à la cantine.

Les nouvelles générations veulent voir le monde changer

J’aimerais que le monde d’après ressemble à celui évoqué par les madmoiZelles et madmoiZeaux qui ont témoigné pour mon article.

Une chose est sûre, une volonté de changement les anime, et me fait espérer que le monde de demain soit meilleur que celui d’aujourd’hui !

Adèle me confie : 

« Cet après, pour moi qui suis de la génération Y-Z (née fin 90), est un après qui sonne comme une feuille blanche, une étendue de possibilités, qui motive…

Qui donne le vertige mais aussi, je l’avoue, une peur de l’immobilisme. »

Et malgré des peurs légitimes, Romain, lui, croit en notre possibilité d’agir sur le futur :

« Le monde de demain ne sera pas parfait, loin de là. Mais vous avez plus de pouvoir que vous croyez ! 

S’il y a des choses qui vous ont touchées durant cette crise, qui ont fait germer en vous des convictions, n’hésitez pas à les partager autour de vous, à agir à votre échelle et avec passion. »

Et toi, quels changements espères-tu pour le monde de demain ?

À lire aussi : Comment j’ai apprivoisé mon corps et mes complexes pendant le confinement

Faustine M

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