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JO 2024 : le cycle menstruel a-t-il un impact sur les performances des sportives ?

Même si ce n’est pas un sujet auquel on pense quand on parle de sport de haut niveau, le cycle menstruel, et les règles ont bien un impact sur les performances des sportives. Et la question se pose à l’aune des JO 2024.

« J’ai l’impression que je n’ai pas très bien nagé aujourd’hui. (…) En fait, mes règles ont commencé hier soir, je me sens donc très faible et très fatiguée. Mais ce n’est pas une excuse. » Cette déclaration de Fu Yanhui, une athlète chinoise, date de 2016. Lors des Jeux olympiques de Rio, elle manque de remporter la finale du 4×100 mètres féminin à cause de ses règles.

Tout le monde sait que dans le monde du sport, surtout celui du haut niveau, la période des règles n’est pas une excuse de contre-performance. Alors qu’ en réalité, le cycle menstruel a bien un impact sur la santé et les performances des athlètes. Alors déjà, il faut savoir que 80% des femmes souffrent de douleurs de règles, d’intensité variable bien évidemment, et 1 femme sur 10 souffre d’endométriose. À cela s’ajoute la peur de tacher ses vêtements. Et les athlètes de haut niveau, celles que l’on verra aux Jeux olympiques en juillet prochain, ne font pas exception. Les athlètes ne sont donc pas dans leurs meilleures dispositions. Avec des règles peu ou très abondantes, avec ou sans endométriose, elles sont toutes concernées par ce sujet.

En France, depuis 2021, deux médecins de l’INSEP ont mis en place le programme Empow’Her. Celui-ci s’intéresse à l’impact général du cycle menstruel sur la condition physique des sportives. Mais concrètement qu’est-ce qu’étudient les médecins réellement ? Nous avons rencontré Juliana Antero, chercheuse à l’INSEP et coordinatrice du programme, et Audrey Merle, triathlète qui participe à ce programme depuis plusieurs mois.

En quoi consiste le programme Empow’Her ?

Juliana Antero. Empow’Her est un programme de recherche qui a démarré en 2021 et qui s’achèvera à l’été 2024. Notre objectif est de produire des connaissances scientifiques sur un sujet, où il y a malheureusement très peu d’études. Il y a des lacunes majeures sur tout ce qui concerne spécifiquement la physiologie de l’athlète féminine. Durant le programme, les différentes données des athlètes vont être collectées, soit au moment de leur réveil grâce à une application qu’elles doivent remplir tous les matins, ou bien lors de leurs entraînements. Toutes ces données seront ensuite analysées par une série d’experts. Les résultats, qui sont individuels, permettront de connaître l‘impact des différentes phases du cycle menstruel. Les menstruations ont toujours été un tabou. Le programme Empow’Her contribue à la libération de la parole autour de ce sujet dans le sport de haut niveau.

Juliana Antero. Tous les sujets pour lesquels il nous manque des informations et des données créent des tabous. Dès lors qu’on commencera à parler, à étudier, et que surtout les personnes autour sauront comment réagir vis-à-vis des informations que donnent les sportives, le sujet sera pris en charge et deviendra moins tabou. Tous les symptômes tels que les troubles digestifs, les ballonnements, les crampes ou encore la fatigue augmentée ne seront plus pris à la légère par les entraîneurs. Ces symptômes affectent la pratique sportive des femmes.

Dans les grandes compétitions comme le JO, mieux vaut-il décaler les règles ?

Audrey Merle. Il y a des solutions proposées pour décaler les règles. Certaines pilules, que l’on peut prendre en continu. Moi j’ai testé et ça a été une catastrophe. J’ai eu énormément de douleurs. En fait, je ne m’en rendais pas forcément compte au début, avant d’en parler. Je pensais que c’était normal et que tout le monde avait la même chose. Et en fait, ce n’était pas le cas. C’était censé arrêter mon cycle et au final, ça n’a pas du tout arrêté mon cycle. Ça a été même pire. C’était encore plus violent et encore plus récurrent. Donc au bout de 7-8 mois, j’ai fini par arrêter.

Les résultats du programme Empow’Her, qui a comme but final les JO 2024, n’ont pas encore été publiés. Il faudra attendre la fin des Jeux Olympiques pour pouvoir connaître les résultats définitifs du programme. Mais une chose est sûre, c’est que les enseignements que vont tirer les médecins de l’Insep, permettront de faire avancer la compréhension de l’impact du cycle menstruel sur les performances sportives des femmes.

Pour le moment, le programme Empow’Her n’a pas été prolongé pour après les JO. Alors, que ce soit Juliana Antero ou Audrey Merle, elles espèrent que ce projet existera toujours, même après l’été 2024.

Et vous, comment liez-vous vos pratiques sportives avec votre cycle menstruel ?


Écoutez Laisse-moi kiffer, le podcast de recommandations culturelles de Madmoizelle.

Les Commentaires

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Avatar de Nefertii
16 avril 2024 à 12h04
Nefertii
@MorganeGirly
Je pense que les femmes qui prennent la pilule et qui savent qu'elles peuvent décaler leurs règles savent aussi qu'elles peuvent les supprimer. Mais il y a de nombreuses femmes qui veulent se sentir "comme les autres" et qui laissent leurs règles venir. Ne pas avoir ses règles, même artificielles, peut faire penser à un corps pré-pubère ou ménopausé pour la personne qui vit ça.
Je n'aime pas avoir mes règles parce que je dois me changer etc. mais parfois je les laisse venir juste pour dire à une pote qui a ses règles : "ah moi aussi!" (Tout en sachant qu'on ne vit pas du tout la même chose, les miennes étant moins abondantes et sans douleurs. C'est juste inconfortable.)
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