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Cinéma

D’après ce bon vieux boomer de Ridley Scott, c’est la faute des jeunes, des portables et de Facebook si son dernier film est un échec

Ridley Scott est colère ! Son dernier film n’a pas eu le succès escompté, et d’après lui c’est la faute des jeunes et de cette saloperie de Facebook. OK papy Ridley.

Ridley Scott n’est pas d’humeur à déconner en ce moment. Mais bien à déconnecter !

Le réalisateur de 83 ans, qui cette année aura sorti non pas un mais deux films — Le dernier duel et House of Gucci — et proposera Kitbag l’année prochaine ainsi que Alien: Covenant 2, a plus d’un coup de gueule à faire passer, alors attention à vos fesses les jeunes !

Ridley Scott blame les portables pour l’échec de son dernier film

Peu sont les réalisateurs et réalisatrices à faire montre de la ténacité de Ridley l’éternel.

Le cinéaste britannique a en effet réalisé plus d’une trentaine de films dont certains sont considérés comme les meilleurs de leur génération, parmi lesquels Alien, Blade Runner, Thelma et Louise ou encore Gladiator.

Des années que Ridley règne donc en maitre incontesté du saut de cabri à Hollywood, réalisant tour à tour des péplums, des films de science-fiction, des romances et des films historiques.

Après avoir signé quelques daubes — soyons honnêtes — comme Alien: Covenant ou Exodus: Gods and Kings, le réalisateur semble avoir recouvré ses esprits en livrant cette année deux très beaux récits, adaptant chacun la vie de personnages qui appartiennent à l’histoire.

Le dernier duel, notamment, est une fresque historique intimiste et féministe inspiré d’un fait divers historique opposant Jean de Carrouges et Jacques Le Gris, deux anciens amis devenus ennemis quand Marguerite de Thibouville, la femme de Carrouges, accuse Jacques Le Gris de l’avoir violée.

D’après ce bon vieux boomer de Ridley Scott, c’est la faute des jeunes, des portables et de Facebook si son dernier film est un échec

Grâce à un récit qui alterne les points de vue, renforçant la version de Marguerite et tapant vigoureusement sur les protagonistes masculins et via une réalisation absolument superbe, Ridley Scott prouvait une fois de plus qu’il était un cinéaste incontournable, et surtout qu’il s’intéressait aux figures d’un progressisme précoce, s’assurant ainsi un certain statut de réalisateur moderne.

Modernisme que le cinéaste vient par ailleurs régulièrement tacler depuis l’échec du Dernier duel.

En effet, face au flop de son film au box-office international, Ridley Scott est courroucé. Il a notamment éructé auprès du Hollywood Reporter :

«  C’est la faute des millennials et de leurs putain de téléphones portables. »

Ne s’en tenant pas à une seule déclaration, il a poursuivi :

« Je pense que ce que nous avons aujourd’hui, c’est un public qui a été élevé avec ces putain de téléphones portables. Les millennials ne veulent jamais qu’on leur apprenne quoi que ce soit, à moins que ce soit au travers d’un téléphone portable. »

Et de conclure :

« Je grossis le trait, mais je pense que c’est exactement ce à quoi nous sommes confrontés en ce moment avec Facebook. »

Non content d’écorcher le terme « millennials », qui désigne rappelons-le des gens ayant entre 30 et 40 ans, le réalisateur a donc enfilé des gros sabots et donné un bel exemple de raccourci bêta.

De là à dire qu’il ne joue franchement pas en la faveur de la réputation des octogénaires, il n’y a qu’un pas, qu’on ne franchira pas par tendresse pour ce bon vieux Ridley ! Il convient de ne pas tomber dans son âgisme…

Le cinéma, globalement dans la pénibilité

Le réalisateur, qu’on admire par ailleurs, fait régulièrement trempette dans un cloaque de préjugés qui sont souvent l’apanage de vieux cons (sorry Ridley honey).

Ce n’est pas la première fois qu’il accuse « les jeunes » d’être responsable de l’écroulement du cinéma, et a aussi beaucoup d’autres opinions sur tout un tas de sujets relatifs au septième art.

Il a récemment expliqué de manière charmante, lors d’une conférence de presse portant sur Kitbag, ce qu’il pensait des Marvel et autres films de super-héros :

« Je vais les défoncer putain. Ils sont à chier. On s’y ennuie à mourir. Leurs scripts ne sont pas bons du tout. »

Des propos mesurés comme on les aime — et avec lesquels, j’ai honte de l’avouer, je suis un peu d’accord, ayant bâillé devant 100% des films Marvel.

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à nos jeunes vampirisés par la technologie : ce que semble oublier Ridley Scott c’est, que la principale responsable des mauvaises audiences généralisées du box-office actuel, c’est LA CRISE SANITAIRE (« Have you met le covid Ridley ? ») !

Un tout petit détail que notre fan d’histoire omet de mentionner, trempant ainsi dans un âgisme confondant.

Il convient donc de rappeler à Ridley Scott — qui lit bien évidemment Madmoizelle tous les matins — que le cinéma essuie une crise générale, qu’il n’en est pas la cible visée et que les téléphones ou encore Facebook n’y sont pas pour grand-chose.

D’après une étude menée à l’été 2021 auprès d’un échantillon de 3025 personnes âgées de 18 ans et plus en France, qui a été relayée par Boxoffice Pro, 55% des Français se sont rendus dans au moins un lieu culturel et 41% sont retournés au cinéma depuis l’instauration du passe sanitaire.

Mais sur les 76% de répondants qui ont fréquenté les salles au cours d’une année normale, 49% n’y sont pas retournés depuis le 21 juillet.

L’étude souligne par ailleurs que les effets de la crise pourraient potentiellement s’inscrire dans la durée et contribuer à une baisse de fréquentation de certains publics

Un constat peu réjouissant, qui explique de manière plus tangible, du moins pour notre cas français, que les cinémas ne soient qu’à moitié pleins.

Toutefois, il convient de nuancer en précisant que certains films, en France comme à l’international, ont connu récemment un succès faramineux, à commencer par Mourir peut attendre.

Ridley, si tu nous lis, voilà la solution à tous tes ennuis : « réalise donc un James Bond » !

À lire aussi : Le Dernier duel, la fresque médiévalo-féministe de Ridley Scott, mérite-t-elle tout ce foin ?

Les Commentaires
42

Avatar de Griffith
26 novembre 2021 à 12h08
Griffith
- On vit une période pour ainsi dire stressante et pénible. Le thème de son film est lourd et le film est a priori très sérieux. Est-ce que c'est très en phase avec ce que recherche actuellement le public qui va encore au cinéma ?
Mais oui
Contenu spoiler caché.
0
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