La politique et nous #3 — Qu’est-ce qu’on attend pour (re)prendre le pouvoir ?

Il paraît que la politique, c'est une vocation. Pour moi, c'était surtout une évidence. Sauf que je ne savais pas que c'était ce que les adultes appelaient « de la politique ».

La politique et nous #3 — Qu’est-ce qu’on attend pour (re)prendre le pouvoir ?

— Publié le 29 septembre 2015

Résumé des épisodes précédents…

De 2007, on est arrivé en 2012, et là, vraiment, j’étais désabusée. Pourtant, j’avais le sentiment qu’il se passait enfin quelque chose. Il n’y avait plus mille candidats pas sérieux au premier tour de l’élection présidentielle (c’est PAS les délégués de classe, voyons, si vous n’êtes pas capable de réunir un groupe parlementaire, abstenez-vous aussi de présenter un candidat à la fonction suprême, c’est vraiment pas la bonne élection pour vous : commencez par vous faire une place au niveau local, testez vos projets, PUIS proposez au reste de la France de généraliser vos solutions… c’est pas « la France a un incroyable talent », sérieux).

BREF.

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Hey girl, je trouve ce discours très peu ambitieux, comme projet de société

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En plus, même du côté de la population, il se passait aussi un truc : les gens voulaient du changement. (Aaaaah donc finalement, c’est pas pareil, la gauche ou la droite ? Chirac ou Jospin ? Royal ou Sarkozy ? Ah vous voyez une différence, donc ? Hmm. Mieux vaut tard que jamais…)

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Mais c’est côté média cette fois-ci, que ça a péché. C’était l’époque de mes débuts sur madmoiZelle : j’avais beau être occupée à plein temps dans un job salarié, je passais la moitié de mes nuits à remplir des pages Word de commentaires politiques, de compte-rendu de meetings et d’interviews de militantes. J’allais à la rencontre des Français•es qui s’étaient engagé•es pour l’un ou l’autre fanion, pour l’un ou l’autre projet, et qui avaient à coeur de défendre leurs idées avec leurs convictions personnelles, leurs mots à eux, leurs émotions.

C’était motivant, c’était inspirant même, de voir que dix ans après « le traumatisme » de 2002, nous étions si nombreux et nombreuses à nous retrouver dans un élan de mobilisation, pour l’un•e ou l’autre candidat•e, peu importe, tant qu’on n’était pas dans l’indifférence.

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Il se passait un truc, dans les rues, les cafés et sur les réseaux sociaux, en 2012. Mais à la télé, et sur les plateaux, il ne se passait… rien. On était dans les bruits de couloirs et les commentaires mesquins, comme ceux que les « cool kids » du collège se trouvaient malins à faire dans les vestiaires du gymnase, comme si assortir ses chaussettes à ses sneakers était aussi important que ça.

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Avec les moyens du bord, les gens se rassemblent pour débattre et s’organiser

J’étais peut-être trop jeune, mais je les entendais pas, les médias, en 2002, quand il fallait informer les citoyen•ne•s sur la montée du FN. Mais en 2012, à part ricaner que François Hollande avait maigri, que Nicolas Sarkozy s’était calmé, qu’Eva Joly avait quand même sacrément d’accent et que François Bayrou était mou, il n’y avait pas grand chose à en tirer.

Je comprenais l’agacement de concitoyen•nes rencontré•es sur le terrain, qui me soufflaient, exaspéré•es, qu’ils n’avaient pas le sentiment que les candidat•e•s « avaient un vrai programme ». Ben c’est pas en regardant le JT de 20h ni en écoutant les Matinales qu’ils auraient pu s’en rendre compte…

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Flashback… prémonitoire

Mardi 12 juillet 2005, 8h40. Je suis à Lille, dans un amphi de la fac de droit, et je passe le concours d’entrée à Sciences Po. Ça commence par l’épreuve de culture générale, et c’est une dissertation :

« Les journalistes servent-ils la démocratie ? »

La tête appuyée sur mon bras gauche, je regarde mon stylo vaciller dans ma main droite. Le sujet résonne dans ma tête… vide. Je ne pense à rien. En réalité, je repense à cet amphi moisi dans lequel j’étais enfermée hier encore, à Strasbourg. Je pense à la liste des admis•es à Sciences Po Paris dans laquelle mon nom ne figure pas, et qui a été publiée hier. Je repense à ces six heures de route, à dépasser des voitures où l’on pouvait voir à l’arrière un•e jeune de mon âge, un livre ou un cahier à la main.

Je sens remonter la déception qui prend à la gorge, l’angoisse du lendemain indéterminé qui ne me quitte plus depuis plusieurs mois. La lassitude, qui m’accompagne depuis les épreuves du bac, m’envahit à nouveau… Je lève les yeux. Dix minutes se sont écoulées depuis la remise des sujets et mes voisin•es les plus proches en sont déjà à leur troisième feuille de brouillon. Et là, sans prévenir, la lassitude fait place à la colère. Maintenant, j’en ai marre. La prépa c’est peut être le bagne, mais ici, c’est l’enfer. JE-ME-CASSE.

« Pas de sortie définitive avant deux heures, et pas de sortie pour les toilettes avant une heure. Retournez vous assoir. »

Je n’en peux plus d’obéir aux lois des autres sans avoir mon mot à dire

Je rêve, non ? Ils ont pas bientôt fini de me saouler avec leurs règles idiotes ? J’ai payé pour passer ce concours, et je ne veux plus passer ce concours. Alors que le crissement des plumes sur le papier menaçait de me rendre folle, des souvenirs de frustration me reviennent. Ça y est, je me souviens pourquoi je suis là. Pourquoi je veux passer ce concours, pourquoi je veux aller à Sciences Po.

Parce que je n’en peux plus d’obéir aux lois des autres sans avoir mon mot à dire, je ne supporte plus la dictature du groupe, ni les caprices de l’autorité, quelle qu’elle soit.

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Moi quand je suis censée obéir à une autorité illégitime

Je ne savais pas encore, à cette époque, que la société est à ce point gangrénée par le racisme et le sexisme, mais j’ai déjà le sentiment qu’elle a besoin de renouveau, de nouvelles ambitions et d’action pour s’améliorer. Je me souviens que je suis là parce qu’au fond, malgré mes colères et mes déceptions, j’ai toujours cru à ma capacité d’agir pour participer à la construction d’un monde meilleur.

Est-ce que les journalistes servent la démocratie ? Ça dépend d’eux, de la liberté qu’on leur laisse et de l’éthique qu’ils et elles observent, mais ça dépend aussi de celles et ceux qui les lisent et qui les écoutent.

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De notre (ir)responsabilité collective

Je ne sais plus ce que j’ai répondu à cette dissertation, c’était somme toute un plan plutôt classique, et le résultat n’avait pas dû être particulièrement brillant (j’ai eu 10 ou 12, je ne sais plus). C’est surtout grâce à ma maîtrise de l’anglais que j’avais réussi à rentrer. Et mon apprentissage de « la politique » s’est avéré extrêmement frustrant et décevant, une fois entrée à Sciences Po. (Voir La politique et moi : le syndrome Lionel Jospin, ou l’ingratitude des masses #2mais surtout Ségolène Royal, Laurent Fabius, Vincent Dedienne et moi.)

La politique, je l’ai apprise en pratique, avant d’en apprendre les théories. Et la plus grande victoire des politiques de carrières, et des « partis systèmes », c’est d’avoir réussi à nous convaincre que la politique, c’était trop compliqué pour nous, le commun des mortels. À l’UMP, ils ont préféré payer l’amende plutôt que de présenter des femmes sur leurs listes, au motif qu’elles seraient moins compétentes, qu’il serait plus difficile de trouver des femmes compétentes que des hommes compétents… Ah ouais. Je dis l’UMP (Les Républicains), mais au PS aussi, ils ont traîné les pieds pour arriver à accepter cette idée absolument révolutionnaire que les femmes ne sont pas, par nature, plus ou moins compétentes qu’un homme.

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« Que déblatère cette femelle ? Grands Dieux ! »

Et pendant ce temps, le Front National recrute à tour de bras. Parce que pour y rentrer, pas besoin d’avoir un bac+5 en sciences politiques, ni d’avoir fait 25 stages auprès de 12 député•e•s ! Avoir des idées à défendre et vouloir s’engager sont des conditions suffisantes. Parfois, c’est vrai, les gens sont pas à la hauteur des attentes du Parti : on les écarte, on s’en désolidarise.

Ça me tue que le parti le plus ouvert aux jeunes et aux femmes soit aussi le moins démocratique. Vous saisissez l’ironie ? Moi, elle me file un ulcère.

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On s’est laissé•es convaincre que « la politique » était un métier, une carrière, un domaine de compétence qui nécessite une certaine expertise. Alors qu’à la base, c’est tout simplement choisir ensemble comment on veut vivre. L’étymologie de « République », c’est du latin « res publica », littéralement « la chose publique ». Vous saisissez ? La politique, en république, ça NOUS appartient. Y a pas besoin d’avoir fait l’ENA pour être maire d’une commune. Et si on vous soutient le contraire, c’est qu’il y a un vrai problème dans la gouvernance de votre commune.

C’est NOUS qui devons prendre les décisions qui nous concernent, ce qui ne veut pas forcément dire qu’on aura toujours le dernier mot (sinon je ne serais jamais allée faire du poney à Toul), mais au moins, on doit participer. On doit essayer de participer.

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Le règne des Privilégiés

Les gens qui se présentent ne nous conviennent pas ? C’est exactement la réflexion que je me suis faite devant les listes parmi lesquelles je devais choisir mes représentant•es au conseil d’administration en arrivant à Sciences Po. L’année suivante, j’ai monté ma propre liste. C’était infiniment plus chiant que ma stratégie égocentrée du lycée, je le concède.

Mais moi, au fond, je pouvais me permettre cette stratégie : je suis plutôt bien placée dans la hiérarchie sociale. Bon ok, je suis une femme, et c’est pas exactement le meilleur tirage, mais je suis tout de même blanche, valide, issue de la classe moyenne, et désormais éduquée (bac+5), alors que personne ne s’inquiète pour moi, ça va aller.

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Mais c’est vrai que ça relance pas mal mon ulcère de constater qu’autant d’hommes politiques appartiennent tous au même club, cette carte privilège qu’on appelle « l’homme blanc hétérosexuel de classe moyenne ou aisée ». Ceux qui tirent encore mieux leur épingle du jeu que moi, vous pensez bien qu’ils n’ont pas intérêt à ce que les règles changent. Évidemment qu’ils se mobilisent pour promouvoir un modèle de société dans lequel leur position de privilège n’est pas menacée.

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Et je dis tout ça sans animosité, car je reste persuadée qu’un certain nombre d’entre eux n’ont même pas conscience de leurs privilèges, à l’image de nos copains, nos frères, nos petits-amis ou nos pères, qui ont beau avoir beaucoup d’affection et d’amour pour nous, mais qui tombent des nues lorsqu’ils réalisent ce qu’est le harcèlement de rue, et dans quelles proportions il nous touche…

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Les exemples de cet aveuglement sont nombreux, en politique. Lorsque Benoît Hamon, alors ministre de l’Éducation Nationale, se dit « gêné » par « le genre » et le programme « ABCD de l’égalité » qui vise à enseigner l’égalité entre les filles et les garçons aux enfants à l’école. Comme si c’était un luxe ! Mais oui, effectivement, quand on est un garçon qui arrive à s’identifier aux stéréotypes de genre valorisants, (comme la virilité), on ne voit pas les dégâts que ce système provoque sur tous les autres garçons, ni l’exclusion des filles de ces modèles de réussite.

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Autre exemple, lorsque, au lendemain de l’attentat évité dans le Thalys, le Secrétaire d’État en charge des transports, Alain Vidalies, déclare au micro d’Europe 1 qu’il préfère continuer et augmenter la fréquence des contrôles aléatoires, quitte à augmenter la discrimination au faciès, plutôt que d’être taxé de laxisme, c’est un peu facile. C’est sûr qu’il n’a pas dû se faire arrêter très souvent pour des contrôles d’identité aléatoires, lui. Et certainement pas plusieurs fois par jour, non plus.

Claude Guéant a bien essayé de s’indigner en arguant que lui aussi avait déjà été victime de discrimination, mais à part emporter la palme du ridicule, cette déclaration n’a pas apporté grand chose au débat.

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On a aboli les privilèges « matériels » la nuit du 4 août 1789. Mais il reste encore tous les privilèges « sociaux », sournois et souvent invisibles, qui continuent pourtant de se passer de père en fils, de riches en héritiers. Et si la loi pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes a été publiée le 4 août 2014, c’est aussi pour la force du symbole. En vrai, ça reste quand même hallucinant qu’on ait eu besoin d’une nouvelle loi pour ré-ré-ré-affirmer ENCORE que les discriminations de sexe et de genre, ça commence à bien faire.

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Qu’est-ce qu’on attend pour (re)prendre le pouvoir ?

Que ce soit dans le féminisme ou en politique, je ne peux pas m’empêcher d’être étonnée par notre propension à la résignation : le fait d’accepter une situation qui nous est défavorable, juste parce qu’on nous dit que « c’est comme ça. »

J’ai bien conscience que voter, ça ne change pas le monde du jour au lendemain. Et c’est sans doute l’autre victoire des « politiques de carrière », que d’avoir réussi à nous faire croire que le vote était le seul moment d’expression citoyenne.

L’expression citoyenne est quotidienne, permanente.

C’est à peine la pointe de l’iceberg démocratique. L’expression citoyenne est quotidienne, permanente. On choisit ce qu’on mange trois fois par jour, dans quelle poubelle on jette nos ordures, quels moyens de transport on utilise, quelles études on suit, quel(s) métier(s) on exerce, de quoi on parle le dimanche à table ou le lundi à la machine à café, quel(s) média(s) on lit, quelle(s) télé(s) on regarde, quelle(s) radio(s) on écoute, quels vêtements on porte, qu’est-ce qu’on achète, qu’est-ce qu’on boycotte, et tout ça, c’est de l’expression citoyenne.

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Je crois que la jeunesse a toujours été en décalage avec les élites politiques et la classe dirigeante. Mais notre jeunesse a un atout dans sa manche que les générations précédentes n’avaient pas : nous, on a des moyens de communications immédiats, globaux, et gratuits.

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Quand je vois qu’on peut faire des centaines de retweets avec une blague en 140 caractères, pourquoi pas avec un slogan politique ? Quand on fait des milliers de partages sur Facebook avec une image choc ou un montage « d’humour » douteux, pourquoi pas avec des visuels de campagne ?

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On s’envoie des chaînes d’emails ou de messages qui nous promettent amour et fortune, pourquoi pas des notes de synthèses sur la gestion de nos villes ? On se partage des quiz et des tests en tous genres, pourquoi pas des sondages d’opinions, pour réfléchir aux questions de société, aller se renseigner et se faire un avis ?

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On rejoint des groupes Facebook par milliers « pour que les potatoes reviennent au McDo » ou « contre les gens qui disent « comme un lundi ! » le lundi », pourquoi on ne se sentirait pas de le faire « pour une réforme du Bac », ou « contre la baisse du budget de la culture de [ma ville] » ?

Je ne nous accuse pas de démission, je me demande juste à quel moment on a considéré que « la politique » ne nous concernait pas, ou qu’on n’y avait pas notre mot à dire, alors que c’est tout le contraire ?

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Le 11 janvier, on était des millions. La Vague, c’est nous

Pourquoi on se sent impuissant•es et illégitimes à prendre la parole dans le débat public, comme s’il fallait sortir de Sciences Po pour avoir un avis sur la guerre en Syrie, alors qu’on est si nombreux•ses à avoir colonisé les Internets pour y installer nos espaces d’expression ? Pourquoi on a le sentiment que personne ne nous écoutera, nous, seul•es dans notre coin, alors qu’on touche des centaines de personnes avec nos posts sur les réseaux sociaux, les forums, des milliers voire des millions d’abonné•es, pour certain•es, sur YouTube ?

On est capable de lever des milliers d’euros « pour une salade de pommes de terre », et on ne serait pas capable de financer la campagne électorale de nos candidat•es à nous ? (Étant entendu qu’on ne financerait pas des millions d’affiches inutiles, vu qu’il y a belle lurette qu’on ne lit plus les pubs des arrêts de bus, notre communication à nous se ferait sur Internet et dans les médias, sur les marchés et dans les réunions associatives et citoyennes.)

Je comprends parfaitement qu’on ne tienne pas particulièrement à être soi-même candidat•e à quoi que ce soit (j’ai donné, merci), mais de là à renoncer totalement à toute participation, ça m’interpelle. On fait des pétitions pour qu’Instagram rétablisse l’emoji Aubergine, on se mobilise pour que Facebook arrête de censurer les seins des femmes, mais on serait incapable d’interpeller nos élu•es pour qu’ils arrêtent leur hystérie anti-islam jusque dans les menus des cantines, ou les prier d’accélérer la construction des pistes cyclables et d’espaces verts dans et autour de nos villes ?

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Pourquoi on se laisse entraîner ?

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Et si on arrêtait de se laisser faire ?

En décembre 2015, on vote pour élire nos représentant•es au conseil régional. Puis, en avril-mai 2017, ce sera l’élection présidentielle, juste avant les élections législatives, probablement en juin 2017. Et je voudrais vous proposer de nous mobiliser, en amont de ces échéances, pour que les choses bougent en notre faveur.

Voilà le programme.

Comprendre

On va vous expliquer le fonctionnement des institutions françaises. Ce sera une série d’articles sur les différents échelons de pouvoir politique et d’administration en France : la commune, les intercommunalités, le département, la région, et les institutions nationales.

Réfléchir

On va continuer à vous proposer des articles (et peut-être des vidéos !) sur la politique, la vie politique, des sujets de société, des débats pragmatiques, philosophiques, que vous serez bien évidemment invitées à poursuivre dans les commentaires !

Influencer

On va vous présenter des partis politiques, des groupes militants (comme par exemple les Zèbres, dont on vous a déjà parlé !), des Think Tanks, des associations, tout ce qu’on appelle « la société civile », qui sont des gens qui se mobilisent pour réfléchir et agir.

Participer

Comptez sur nous pour relayer des appels à mobilisation, des pétitions, des manifestations, qui permettent à la fois de défendre vos convictions, mais aussi de rencontrer des gens qui les partagent ! On va aussi aller à la rencontre des femmes politiques, qui passent moins de temps sur les plateaux télé que certains de leurs confrères. Qui sait, peut-être que vous trouverez déjà des représentantes qui vous ressemblent et qui vous parlent parmi celles qui iront solliciter un nouveau mandat en décembre 2016, ou en juin 2017…

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Ça vous dit ? Ça vous dit qu’ensemble, on se mobilise pour reprendre notre part du pouvoir, qu’on participe aux décisions politiques qui nous touchent et nous concernent au quotidien ? Et s’il y en a qui sont intéressées pour un tutoriel « comment être candidate à une élection ? », qu’elles n’hésitent pas à le faire savoir dans les commentaires… !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Coco.lalie
    Coco.lalie, Le 5 avril 2016 à 13h57

    Je viens de tomber sur la série d'articles "La politique et moi" et je tiens juste à dire merci ! Je n'ai jamais vraiment réussi à m'intéresser à la politique (ni même aux élections de délégués, je n'ai été élue qu'une fois et je ne m'étais même pas présentée donc bon ...) mais ce rappel à l'ordre fait du bien !
    Juste un point à ajouter (mais je suis de parti pris), pour moi cette ressaisie du politique à laquelle @Clemence Bodoc appelle doit aussi venir de l'école. Enfin, sérieusement, la série d'articles prévue (sur les institutions, les modes d'élection, etc.), en fait, nous devrions tous l'avoir déjà vue en cours. Vous savez, les fameux cours d'éducation civique que les profs évacuaient en vitesse parce qu'ils avaient "des choses plus importantes à nous enseigner" ? Vous savez, les rappels que l'instructeur a fait lors de la JAPD (ou je ne sais plus quel acronyme aujourd'hui) ? Je n'ai jamais compris pourquoi c'était délaissé alors que c'est une part essentielle de ce qui fait des élèves des citoyens en devenir. Mais si personne ne daigne les intéresser à la politique, leur montrer à quel point il est capital que chacun s'intéresse aux lois qui sont proposées, aux programmes qui sont présentées à chaque élection, aux rôles des médias dans la diffusion des informations, etc., il est évident que l'enfant et a fortiori le jeune adulte n'aura pas envie d'investir le temps et l'énergie nécessaire ...

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