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Musique

Un show de 3h15, des paillettes et des bracelets… On était au concert de Taylor Swift

Pour le quatrième soir consécutif, Taylor Swift a fait salle comble dimanche 12 mai à Paris La Défense Arena, première escale européenne de son Eras Tour. Madmoizelle a eu la chance d’y être. Récit d’une soirée épique.

Que reste-t-il donc de nouveau à dire sur Taylor Swift ? Depuis mars 2023 – date à laquelle elle a entamé son Eras Tour, la tournée la plus lucrative de l’histoire -, presque tout a déjà été dit. 

Queen de tous les records, capable à elle seule de remplir des stades par dizaines, aux États-Unis et partout dans le monde, seule artiste à avoir provoqué un séisme de magnitude de 2,3 sur l’échelle de Richter et susceptible d’ébranler la campagne présidentielle de Donald Trump, Taylor Swift est, depuis quelques semaines, omniprésente dans l’espace médiatique. Même chez nous – terre pourtant encore récemment Swifto-sceptique -, l’emballement est tel que certains ont parfois du mal à y croire. Notamment une certaine presse qui peine parfois à admettre les raisons de son succès : un sens certain du marketing, c’est vrai, mais aussi et surtout un catalogue de chansons aussi variées qu’accrocheuses, dans lesquelles l’autrice-compositrice-interprète parvient à donner le sentiment à celles et ceux qui les écoutent le sentiment qu’elle parle d’elle autant que d’eux ; de sa vie amoureuse et de la leur. 

C’est toute la force de Taylor Swift : donner un sentiment d’universalité aux épreuves qu’elle traverse. Et ses fans le lui rendent bien. Comme les États-Unis, l’Amérique Latine et l’Asie, où elle a joué dans des stades à guichets fermés, la France a fini par succomber à la Swiftmania. En juillet dernier, les billets pour ses six dates françaises (quatre à Paris, deux à Lyon) se sont écoulés en l’espace de quelques minutes, et parfois à prix d’or.

Les 9, 10 et 11 mai, pour ses trois premières dates parisiennes, Taylor Swift est parvenue à remplir en un clin d’œil les 45 000 places de Paris La Défense Arena, à Nanterre, plus grande salle de concert couverte d’Europe. Pour sa dernière date, dimanche 12 mai, j’étais aussi de la partie. 

Comme des milliers de Swifties (le nom donné à sa communauté de fans), j’étais donc prête à me trémousser sur « Shake it Off », à changer à tue-tête « All To Well », à échanger des friendship bracelets (des bracelets d’amitié, en référence à sa chanson « You’re On Your Own, Kid ») et surtout à découvrir une nouvelle « Era » ajoutée à son concert : celle de The Tortured Poets Department, son dernier album, sorti le 19 avril. 

Une expérience à part entière

Et c’est peut-être ce qu’il reste à dire de Taylor Swift : sa propension à faire de son concert une expérience à part entière. Non seulement parce qu’elle chante et danse sur scène durant 3h15, et explore 45 titres de son répertoire, mais aussi parce que l’on est l’heureux.se détenteur.ice d’un billet, on anticipe cet événement des semaines à l’avance, en confectionnant des friendship bracelets et en soignant sa tenue : en référence à une Era (une « ère », qui équivaut à un album de Taylor Swift), de préférence avec un maximum de paillettes. 

Et des paillettes, il y en avait aux abords de La Défense Arena. Lorsque je suis arrivée à 15 heures ce dimanche près de la salle de concert – près de cinq heures avant le début du concert -, des centaines de fans étaient déjà présentes – des femmes, majoritairement – pour découvrir leur idole en live. Et les Swifties présent·es pour cette dernière date parisienne n’avaient pas lésiné sur la créativité. Tenues inspirées de celles portées par l’artiste sur scène, santiags, chapeaux de cow-boys, maquillages irisés… Aller voir Taylor Swift, c’est aussi participer à une grande liesse collective, dont la ferveur se ressent jusque dans la (très) longue file d’attente pour accéder à la salle.

Pour patienter, les fans s’échangent des bracelets, chantent, se complimentent sur leurs tenues. Dans la file, une Swiftie vêtue en Lover Era m’offre un bracelet : elle en a fait des dizaines en prévision du concert, prête à en donner à celles et ceux qui n’en ont pas. Elle nous explique que c’est la seconde fois qu’elle se rend à un concert de Taylor Swift et qu’elle a payé sa place très chère près de 250 € pour pouvoir à nouveau la voir performer à nouveau sur scène. D’autres fans ont encore concédé à plus de sacrifices, patientant parfois depuis la veille sous des tentes, enveloppé·es dans des couvertures de survie. Déterminé·es, les fans de Taylor Swift n’ont pas vu leur moral entamé lorsque l’orage a éclaté sur le parvis de La Défense Arena et qu’une pluie diluvienne s’est mise à tomber.

C’est donc trempé·es jusqu’aux os qu’on a enfin pénétré dans la salle, immense et déjà bien remplie alors qu’il restait un peu plus d’une heure à patienter. À peine temps de passer aux toilettes et de s’acheter de quoi grignoter que débarque sur scène Paramore, qui assure la première partie du concert. Originaire du Tennessee – comme Taylor Swift – le groupe d’Hayley Williams a assuré un set énergique, nickel pour se mettre dans l’ambiance, même quand on ne connaît pas un seul morceau (c’était mon cas). 

Mais c’est seulement qu’a commencé un peu avant 20 heures le décompte que la ferveur a monté d’un cran parmi les spectateur.ices. À 19h55 tout pile, Taylor Swift apparaît enfin sur scène en justaucorps scintillant orange pour introduire l’era Lover (2019) avec « Miss Americana and The Heartbreak Prince ». Lorsque retentit les premières notes synthétique de « Cruel Summer », hymne fm de l’été dernier, la foule exulte, avant d’entonner d’une seule voix le « bridge » (le pont) de la chanson.

Visiblement ravie d’être là, entourée de milliers de spectateur·ices venu·es l’écouter, Taylor Swift profite ensuite d’un interlude pour s’essayer au français. « Enchantée », lance-t-elle avec son charmant accent américain, avant de qualifier la foule qui l’acclame de « très magnifique ». Cette dernière lui est déjà tout acquise, connaissant la moindre parole de ses autres tubes, « The Man », « You Need to Calm Down » et la ballade « Lover ».

Une vingtaine de minutes plus tard, revoici Taylor Swift dans une nouvelle tenue lamée or pour célébrer l’Era Fearless, du nom de son album sorti en 2008, alors qu’elle était âgée de 18 ans. Une guitare acoustique à la main, entourée de ses musiciens et danseurs, elle entame la chanson « Fearless » avant d’enchaîner sur les autres titres de ses jeunes années, le très teen « You Belong With Me » et surtout « Love Story », que le public (et les téléspectateur·ices de The Bear) connaît aussi sur le bout des doigts.

Un show taillé pour son immense répertoire

Généreuse et avenante, Taylor Swift enchâine avec le tableau suivant, consacré à son album Red. Initialement sorti en 2012, ce dernier a, comme d’autres de ses opus, bénéficié en 2021 d’une Taylor’s Version, c’est-à-dire d’une version réenregistrée et augmentée, dont elle possède l’intégralité des droits. C’est avec cet album, aux sonorités plus rock et pop, que l’artiste a gagné sa notoriété en France. Et ça se sent : dès les premières notes de son hymne à la jeunesse « 22 », le public explose de joie. Vêtue d’un tee-shirt scintillant « I Knew U Were Trouble », Taylor Swift se balade sur scène et finit par offrir son chapeau à une fillette du public. S’enchaînent alors ses autres bops du début des années 2010 : « We Are Never Getting Back Together », « I Knew You Were Trouble » et évidemment « All Too Well ». Figurant systématiquement en tête des classements des meilleures chansons de Taylor Swift, cette ballade évoque la relation qu’elle a entretenu avec l’acteur Jake Gyllenhaal lorsqu’elle avait 21 ans et bénéficie d’une version alternative, longue de dix minutes. C’est cette Taylor’s Version auquel le public a eu droit. 

Place ensuite à l’Era Speak Now (2010). Vêtue d’une longue robe de princesse, Taylor Swift s’avance sur la scène pour interpréter « Enchanted ». Malheureusement pour les fans de cet album au romantisme évanescent, c’est aussi celui est le moins exploré durant The Eras Tour – à l’exception de Taylor Swift (2006), totalement absent. Non seulement courte, l’Era de Speak Now a aussi pâti du remaniement de la setlist pour faire de la place aux titres de The Tortured Poets Departement puisque son autre titre, « Long Live », a disparu depuis les quatre dates parisiennes. 

Mais le public a à peine le temps d’être déçu qu’un autre univers lui est présenté : celui de Reputation (2017), plus électro et R&B. Alors qu’un long serpent argenté glisse sur l’écran géant puis sur la scène, Taylor Swift apparaît dans une nouvelle tenue : une combinaison asymétrique noire et rouge scintillant, dans laquelle elle esquisse des mouvements sensuels. Prenant plaisir à casser son image de « petite fiancée de l’Amérique », l’artiste égrène ses titres « …Ready For It? », « Delicate », « Don’t Blame Me » et « Look What You Made Me Do », dans lequel elle règle ses comptes avec Kanye West. 

Une superbe scénographie

Intervient ensuite l’une des plus jolies parenthèses de ce concert pourtant riche en surprises. Alors qu’apparaissent sur scène une cabane en bois et un piano recouverts de mousse, Taylor Swift, dans une scène des plus pastorales, interprète sur le toit de la cabane « Cardigan », issu de Folklore, sorti à l’été 2020, en plein confinement. Aidée à la production par Aaron Dessner, membre fondateur du groupe de rock indépendant The National, Taylor Swift a su, avec Folklore et son album « soeur jumelle » Evermore, qui l’a suivi à l’automne 2020, convertir des passionnés de musique indé à son répertoire. Jusqu’à présent séparés dans deux ères distinctes, les deux albums sont désormais réunis. « Nous avons maintenant réuni les deux sœurs, vous pouvez appeler cette ère ‘folkmore’, vous pouvez l’appeler ‘everlore’ », explique malicieusement Taylor Swift. 

Plus intimiste, mais tout aussi réussi, l’univers de Folklore et Evermore se déploie sur scène tandis que Swift explore la ballade à la guitare « Betty », puis le mélancolique « Champagne Problems » interprété au piano, qui lui vaut une standing ovation de deux minutes, avant qu’elle ne s’empare de la scène, tournoyant dans sa robe vaporeuse pour une interprétation tout en légèreté d’ « August », d’« Illicit Affairs » et du crépusculaire « My Tears Ricochet ». Autres moments d’une grande délicatesse : l’interprétation live de « Marjorie », écrite en hommage à sa grand-mère cantatrice et celle de « Willow », à la chorégraphie ensorcelante. 

Changement d’Era et d’ambiance avec 1989. Vêtue d’une tenue pailletée aux couleurs du maillot de son boyfriend, le joueur de football américain Travis Kelce, Taylor Swift enchaîne les tubes « Style », « Blank Space », « Shake it Off », « Wildest Dreams » et « Bad Blood ». Dans la salle de La Défense Arena, le public jubile et chante chaque couplet par cœur. Pas la partie la plus intéressante, mais sans aucun doute la plus dansante du concert. 

Puis vient le moment tant attendu par les fans : celle de l’arrivée dans la tournée du ténébreux The Tortured Poets Department, sorti il y a moins d’un mois. Irradiant dans une robe blanche signée Vivienne Westwood rappelant l’époque victorienne, l’Américaine donne corps à une demi-douzaine de morceaux de son nouvel album. Servie par une scénographie léchée aux multiples références – l’asile, le cirque, les ovnis… – l’interprétation de Swift est sans doute la plus surprenante et la plus intéressante de tout le show. Habitée par les paroles, l’artiste enchaîne sans effort « But Daddy I Love Him », « Who’s Afraid of Little Old Me? », ou encore « The Smallest Boy Who Ever Lived ». L’artiste clôt ce chapitre avec le sautillant « I Can Do It With a Broken Heart ». Déshabillée sur scène de force par ses danseurs alors qu’elle gît à terre pour continuer à faire le show, elle évoque ici son expérience du Eras Tour, quand l’été dernier, elle devait chaque soir assurer sur scène alors qu’elle avait le cœur brisé par une rupture.

Deux chansons surprises et Travis Kelce dans les gradins

Le show, calibré pour les stades et millimétré pour tenir le public durant 3h15, n’est pas dénué de moments suspendus, au cours desquels Taylor Swift laisse transparaître son émotion. C’est le cas du moment des « chansons surprises » : chaque soir, pour rendre chaque concert unique, elle interprète deux chansons de son répertoire. « Saviez-vous que c’est le 87e spectacle ? », demande-t-elle, taquine, à la foule avant de délivrer les premières notes de « The Alchemy ». 87 est en effet le numéro affiché sur le maillot de Travis Kelce – présent ce soir-là dans la loge VIP juste au-dessus de moi. Quand la foule se tourne vers lui, il esquisse un cœur avec ses doigts en direction de la scène. Romantique à souhait, alors que Taylor Swift enchaîne sur la deuxième « surprise song » de la soirée : « Begin again », interprétée au piano. 

Rasséréné par ce moment suspendu, le public est désormais prêt pour Midnights, la dernière Era de la soirée. Déjà près de 3 heures que Taylor Swift est sur scène et le temps a passé comme une flèche. Après une transition de toute beauté (l’artiste semble plonger sous la scène pour réapparaître plus loin), Swift émerge vêtue d’une robe tee-shirt violette et interprète « Lavender Haze », « Anti-Hero », « Midnight Rain », « Vigilant Shit », « Bejeweled » « Mastermind » et enfin « Karma », qui clôt un show dantesque, parfait alliage entre émotion et technicité. 

Alors que le public hurle « Karma is the guy on The Chiefs, coming straight home to me » à la fin de la chanson, tous les regards sont tournés vers la loge de Travis Kelce. Mais il a disparu, prêt à retrouver sa belle sous la scène, alors qu’elle vient d’accomplir un exploit, déjà réussi 86 fois auparavant, qu’elle reproduira jusqu’à la fin de l’année dans toute l’Europe, puis à nouveau aux États-Unis et au Canada. On vous le dit : on n’est pas prêt·es d’avoir tout dit sur Taylor Swift.


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Les Commentaires

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Avatar de Roxane E
17 mai 2024 à 15h05
Roxane E
J'y étais aussi ! Enfin pas au concert en lui-même, que je verrai en Juin à Lyon, mais à la Défense pour un petit projet de photos de swifties.
Si certain·es d'entre vous veulent en prendre plein la vue avec les tenues portées par les fans pour les concerts, je vous mets le lien vers le projet ! La galerie y a été ajoutée hier ! Eras Tour - Photoshoots
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