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SANTA chante les vertiges de l’amour dans son premier album Recommence-moi // Source : SANTA
Musique

SANTA sort son 1er album, Recommence-moi : « Les chansons peuvent accompagner les révolutions »

La chanteuse du groupe français d’électro pop Hyphen Hyphen vole désormais de ses propres ailes en solo, et sort enfin son premier album, porté par le tube « Popcorn salé ». Madmoizelle a pu l’écouter en avant-première depuis une montgolfière, avant d’interviewer celle qui veut porter haut la variété française.

Le vertige. C’est ce que peut procurer la musique de Samantha Cotta, en particulier sa voix. Révélée par le groupe niçois d’électro pop Hyphen Hyphen dès 2011, elle chante aussi en solo sous le nom de scène de SANTA. Et comme elle aime prendre de la hauteur, après avoir performé son single « Popcorn Salé » dans le ciel de Bruxelles suspendue à une grue, voilà qu’elle a fait écouter son nouvel album à une poignée de fans dans une montgolfière.

Organisée par Deezer quelques jours avant la sortie de l’opus, cette sortie dans les airs regorgeait de poésie suspendue au service de sa variété française d’un nouveau genre. Après s’être incrustée dans la nacelle, Madmoizelle a donc posé quelques questions à SANTA sur son premier album solo, Recommence-moi, paru le 24 mai 2024.

Madmoizelle. Tu aimes bien prendre de l’altitude avec ta musique. Dirais-tu que sortir ce premier album solo est une autre manière de faire le grand saut ?

SANTA. J’aime jouer avec tous mes vertiges. Sortir cet album, c’est vertigineux. Et puis partager ces chansons qui sont presque impudiques, c’est une autre forme de vertige aussi. À travers elles, les chansons me connaissans sans filtre, à la virgule près. Je me dis, en tout cas j’espère, que les faire écouter en hauteur les fera résonner encore plus fort pour traverser les cœurs.

Tu as commencé ta carrière musicale en groupe à travers le groupe Hyphen Hyphen. Quelle est la grande différence avec tes premiers pas solo ?

Tout a commencé avec « Popcorn Salé » qui n’avait pas vocation à sortir de ma chambre. Ce sont les autres membres du groupe qui ont insisté pour que je la sorte publiquement. Même chose pour d’autres titres. Alors c’est une aventure solo, certes, mais très très bien accompagnée, je reçois énormément de soutien des autres membres. Ma meilleure amie, Kid Sophie, également bassiste d’Hyphen Hyphen, m’a même aidée à terminer les productions de certains titres de l’album. Donc c’est une histoire d’amitié qui se prolonge. Mais oui, c’est vertigineux, surtout d’être sur scène, et se raconter sans la pudeur de passer par l’anglais. C’est un nouveau monde. Alors que sort ce premier album solo, j’ai énormément le trac, pour ne pas dire le vertige.

Ce premier album s’appelle Recommence-moi. Dans quelle mesure as-tu l’impression de tout recommencer, justement ?

J’ai l’impression de recommencer à chaque chanson, je me remets en question et en jeu à chaque fois. D’ailleurs, dans « Popcorn Salé » qui est le titre qui m’a lancé en solo, je le dis : « Repartir à zéro pour un supplément d’âme ». Ce sont des chansons que j’ai écrites pesque dans un acte d’urgence, si bien que j’étais presque spectatrice de ce recommencement. Mais aujourd’hui je l’accompagne, je l’incarne avec joie. Je veux du spectacle.

Sur ton album figure un duo avec Christophe Willem qui s’intitule « Les larmes ne coulent pas ». Qu’est-ce que tu fais justement dans ce genre de cas de figure ?

J’essaye d’en parler à des ami·e·s. Mais je suis un peu geek dans ma tristesse, généralement : j’écris des chansons, clairement. Quand on est tellement envahit par ce sentiment, que les larmes ne coulent plus, comme si on avait été vidé de toute substance, que plus rien ne peut sortir de nous, j’écris. C’est mon sursaut de vie. C’est de l’ordre du réflexe. Je ne me l’explique pas, je laisse couler les mots. J’écris ce que je suis, ce que je vis, avec un peu de poésie, j’espère.

Comment est arrivé ce duo (qui est le seul de l’album, d’ailleurs) avec Christophe Willem ?

Un jour, il m’a invitée sur une émission de radio pour que j’y chante « Popcorn salé ». Je le voyais fredonné les paroles, alors je lui ai dit « Allez viens ». Et on a spontanément entamé un duo. Là, j’ai réalisé combien nos voix se mariaient bien, et ça m’a donné envie d’écrire une chanson. Quelque temps plus tard, je l’ai donc invité chez moi. On a beaucoup parlé, on s’est trouvé beaucoup de connivences, et une première mélodie m’est venue en tête. Quand je l’ai laissé partir, j’ai écrit les premières lignes qui me sont arrivées, et cette mélodie cristallisant cette amitié naissante.

Le titre suivant dans l’album, « Eva » évoque une femme qui veut faire la révolution en chanson. Dans quelle mesure est-ce aussi ce que tu tentes de faire ?

Je ne crois pas qu’on puisse faire la révolution en chanson, mais on peut au moins l’accompagner. La musique a vraiment ce pouvoir de soutien de l’existence, de vaisseau pour des valeurs. J’ai la chance d’avoir beaucoup de drapeaux en moi, que je porte tous fièrement, et tant que je pourrai chanter je le ferai pour contribuer à les rendre visible. Je chanterai plus fort pour les gens qui n’ont pas de voix.

La tracklist de l’album Recommence-moi de SANTA

En parlant de drapeaux, ce vol en montgolfière a eu lieu le 17 mai, journée mondiale contre les LGBTphobies. En quoi est-ce important pour toi d’être ouvertement queer en tant qu’artiste ?

Parce que c’est important d’être moi-même, et il s’avère que je suis queer. Quand on voit l’état du monde, qui n’est pas au progrès, et qu’on doit encore se battre pour atteindre l’égalité, lutter contre la peur, la fierté peut être précieuse. On fait face à de la peur, qui cause parfois de la bêtise. Et contre cela, l’amour peut beaucoup.

À lire aussi : Neuf livres LGBT+ pour s’éduquer sur les identités et luttes des personnes queers

Dans les décennies précédentes, des artistes LGBT+ ont passé leurs débuts dans le placard, voire toute leur carrière. Est-ce que toi tu as hésité ? A-t-on déjà tenté de te dissuader d’être out en tant que chanteuse ?

Personne n’a essayé de m’empêcher d’être ouvertement queer en tant qu’artiste. Et ce serait impossible, car ce serait m’empêcher d’être moi. Mais, à vrai dire, je n’ai pas de coming out médiatique, et je n’y ai pas plus réfléchi que ça. Dans « Popcorn salé », je chante en français « Tu seras ma femme », ce qui ne laisse pas de place au doute, c’est explicite. Mais ça s’est écrit naturellement, dans l’intimité de ma chambre, et tant mieux si ça résonne chez plein de gens.

En interview, c’est rarement relevé, alors que les médias pourraient justement chercher à sensationnaliser le truc. Je trouve finalement assez positif que ce ne soit pas plus relevé que ça, c’est peut-être un signe que ça devient normal, banal. Mais ça ne l’est pas encore, évidemment. Alors dès que je le peux, j’en parle ouvertement, franchement. Je reçois beaucoup de messages de personnes de la communauté LGBT+ qui me racontent combien ça leur fait du bien de trouver une forme de représentation dans mon travail. Ça m’émeut de savoir que je peux, humblement, participer à faire bouger les choses. Je serai toujours aux rendez-vous des luttes.

C’est un album qui parle beaucoup d’amour. Est-ce ton raccourci vers le « Paradis », titre de ton sixième morceau ?

Je pense que l’amour est le plus beau des sentiments, et en même temps on n’a jamais fini de le trouver, c’est une quête infinie. Que ce soit l’amour pour l’autre, romantique, amical, familial, mais aussi l’amour qu’on se porte à soi-même. J’ai voulu chanter cet amour pluriel. C’est le sentiment qui me redonne espoir en l’humanité.

Chanter l’amour en français pose des questions d’accord de genres qu’il y a moins en anglais. Était-ce plus difficile pour toi ?

Avec cet album en français, je pressens que les paroles touchent beaucoup plus les gens en France que n’avaient pu le faire les disques précédents en anglais. C’est un bonheur inouï pour moi.

Le français est une langue tellement complexe, on a du mal à la faire évoluer. Mais je n’ai pas peur d’user de poésie pour la transformer un petit peu. Les changements de langue m’excitent plus qu’autre chose. Il m’arrive d’ailleurs de me genrer au masculin en français. C’est même le premier vers de « Popcorn salé » : « Je pourrais jouer le faux héros ». Ça ne choque personne car c’est écrit et chanté avec sincérité. Ça peut être un bonheur infini de prendre un stylo et se libérer par l’écriture. Du moins, c’est ma chance : écrire des chansons et des mélodies. Chanter le monde pour tenter de le ré-enchanter un peu, humblement, à mon échelle.

Mais j’espère que l’échelle grandira. J’ai énormément de rage en moi, et j’essaye de la canaliser dans mes engagements. Là, j’ai rejoint cette année Les Enfoirés, une troupe qui est plus vieille que moi. Dans un pays aussi fier et riche que la France, c’est révoltant que des gens aient encore du mal à se nourrir. Ça montre qu’il y a un grand déficit humain, d’humanité. Je suis très sensible aux injustices, ça m’enrage, ronge mon insouciance.

À quoi ressemblait ton processus créatif pour cet album ?

J’écris les chansons derrière mon piano, souvent la nuit. Elles arrivent comme ça, sans crier gare. Ce qui me prend le plus de temps, c’est de choisir de les sortir, comment les habiller. Parce qu’au départ, ce ne sont que des pianos-voix. Du piano, on peut tirer une rythmique et une mélodie qui inspirent d’autres accords, pour une plus grande orchestration. Mais à la production, je voulais créer quelque chose de nouveau tout en étant de la variété. C’est un genre longtemps snobé mais qui mérite ses lettres de noblesse. J’aime les grandes mélodies et le schansons qui peuvent traverser les âges et les cœurs. Alors c’est ce que j’essaye de faire.

Après des essais au piano, j’enregistre tous les instruments dans ma chambre, puis je vais au studio pour les voix. J’ai utilisé le même studio parisien que Céline Dion d’ailleurs [pour son album D’eux, enregistré avec Jean-Jacques Goldman en novembre-décembre 1994 au studio Méga à Paris, ndlr]. C’est un long processus, mais je suis bien entourée. Notamment de ma bestie Kid Sophie, qui est aussi la bassiste de Hyphen Hypen, de Jérôme Devoise, ingénieur du son et mixeur iconique de Mylène Farmer, ainsi que Dan Grech-Marguerat, ingé son qui a mixé Lana Del Rey et Moby. Donc j’ai vraiment une équipe de toute beauté ! J’avais envie que l’album sonne comme un moment hors du temps.

La chanteuse SANTA avec son premier album solo à la main

En parlant de moments hors du temps, quelles sont tes influences musicales, passées et contemporaines ?

J’ai des influences du passé, de l’époque des plus grandes heures de la variété, car ce sont des chansons qui ont traversé le temps, qui accompagnent encore les gens. J’en connais les titres presque inconsciemment. Ce que je cherchais à écouter, plus jeune, c’était plutôt du rock et du blues américains. C’est donc plutôt nouveau pour moi de chercher activement de la variété française. Alors évidemment, Michel Berger fait partie de mes influences, mais aussi Jean-Jacques Goldman.

Côté production, je me tourne plutôt vers les États-Unis. Ça inspire même ma façon de poser ma voie. Et puis j’ai tellement chanté en anglais que c’est en moi, maintenant.

Avec quel·le artiste rêves-tu de collaborer un jour ?

Céline Dion, évidemment !

Vas-tu défendre ton album en festival, ainsi qu’en tournée prochainement ?

Beaucoup de festivals : je fais 35 dates, dont les Solidays, les Vieilles Charrues, aux Solidarités de Namur en Belgique, au Montreux Jazz Festival en Suisse. Et je vais faire le Zénith de Paris le 11 juin 2025. J’ai une très grande ambition de spectacle. Ce sera vertigineux !

L’album Recommence-moi de SANTA est disponible en disque et sur toutes les plateformes d’écoute depuis le 24 mai 2024.

Elle enchaîne les festivals en France, Belgique et Suisse cet été, et sera en concert le 25 septembre au Trianon, le 13 décembre Salle Pleyel et le 11 juin 2025 au Zénith Paris – La Villette.

Pour participer à des événements exclusifs comme l’écoute en montgolfière du nouvel album de SANTA, ça se passe via le Purple Club de Deezer. Depuis le 15 mai 2024, Cette nouvelle fonctionnalité disponible au sein de l’application mobile pour tous les abonnés payants en France permet aux fans de musique de vivre des expériences inoubliables : Lives, sessions d’écoute, release parties, assister aux balances avant concert, gagner des places de concerts, etc.

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