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Lifestyle

Les personnes childfree représentent 27% de la population et cette étude a voulu mieux les connaître

Une étude américaine s’est penchée sur la satisfaction dans la vie, la personnalité et l’orientation politique des childfree : ces personnes sont-elles différentes des parents, des personnes qui aimeraient avoir un enfant, et de celles qui n’ont pas réussi à en avoir ?

Qui sont les individus childfree ? Une étude menée par des professeurs en psychologie de l’université du Michigan a comparé les personnes ne souhaitant pas d’enfant aux autres groupes de population (parents, wannabe parents et personnes sans enfant — mais pas par choix).

27% de la population s’identifie comme childfree

En se basant sur un échantillon représentatif des adultes de plus de 18 ans dans l’État du Michigan, Jennifer Watling Neal et Zachary P. Neal ont ainsi découvert que plus du quart de la population (27%) s’identifiait en tant que childfree

Jusqu’ici, les études sur les personnes childfree étaient peu nombreuses, et la prévalence dans la population générale observée beaucoup plus faible (2 à 9%) — sans doute parce qu’on se basait plutôt sur la fertilité des femmes pour les identifier et qu’on laissait ainsi de côté une large partie de la population childfree.

Là, le duo de chercheurs a posé trois questions simples aux 1.000 individus constituant l’échantillon :

  1. Avez-vous (ou avez-vous eu) des enfants ?
  2. Avez-vous le projet d’avoir des enfants dans le futur ?
  3. Auriez-vous souhaité avoir ou pouvoir avoir des enfants ?

Les personnes répondant non aux trois questions sont considérées comme étant childfree. Parmi ces individus, 35% étaient en couple, montrant que les couples sans enfant par choix représentent un nombre non négligeable de ménages aux États-Unis.

Les personnes childfree sont-elles plus ou moins heureuses que les autres ?

Une fois le groupe des childfree identifié, les chercheurs ont tenté de savoir s’il existait des différences entre ces personnes et les autres adultes en matière de satisfaction dans la vie, de traits de personnalité ou d’orientation politique.

Sur les deux premiers points, le psychologue Zachary Neal est très clair :

« Après avoir neutralisé les caractéristiques démographiques, nous n’avons pas trouvé de différences au niveau de la satisfaction dans la vie et des différences très limitées concernant les traits de personnalité, entre les individus childfree, les parents, les personnes avec un désir d’enfant, et les childless[NDLR : personnes sans enfant, mais pas par choix]. »

Autrement dit, toutes choses égales par ailleurs, les personnes childfree et les autres sont aussi satisfaites de leur vie. Ce qui est assez étonnant, puisqu’on pourrait par exemple imaginer que les personnes sans enfant de manière involontaire pourraient être moins satisfaites de leur situation…

Concernant la personnalité, il existe donc très peu de différences entre les childfree et les autres, ce qui fait dire aux chercheurs que ce ne sont pas les traits de caractère qui influencent le désir d’enfant, mais plutôt d’autres facteurs (orientation politique, situation économique, etc.).

La seule différence notable est que les personnes souhaitant avoir des enfants semblent être légèrement plus « aimables » que les personnes childfree (dans le modèle des « Big Five » utilisé par les psychologues, l’amabilité recouvre la tendance à être compatissant et coopératif plutôt que soupçonneux et antagonique envers les autres).

Les parents seraient plus conservateurs que les childfree

De fait, les personnes childfree semblent avoir en moyenne des vues politiques plus libérales que les parents, qui sont eux plus attachés aux valeurs conservatrices (le tout étant sur une grille de lecture américaine, bien sûr). Voici ce qu’en dit l’étude, parue dans la revue PLOS One :

« Des individus plus libéraux ont peut-être plus tendance à choisir d’être childfree pour promouvoir ou faciliter l’égalité entre les femmes et les hommes, ou par préoccupation environnementale — reconnaissant que choisir de ne pas avoir d’enfant est l’action individuelle qui a le plus d’impact pour réduire les émissions carbone. »

Il n’existe par contre pas de différence au niveau de l’orientation politique entre les individus childfree, les wannabe parents et les personnes childless.

L’étude se penche enfin sur un dernier sujet : le regard porté par les autres individus sur les personnes qui ne souhaitent pas d’enfant. Les autres groupes semblent ainsi exprimer moins de sympathie à l’égard des childfree que les childfree envers eux-mêmes.

Si les différences restent relativement limitées, l’étude estime que cela peut toutefois avoir des effets réels, par exemple en limitant la possibilité pour les individus childfree d’obtenir le même équilibre vie pro-vie privée que les parents. Les chercheurs n’ont par contre pas demandé aux individus childfree ce qu’ils pensaient des parents ou des personnes qui veulent des enfants.

Les limites de cette étude sur les childfree

La principale limite de l’étude repose sur le fait qu’elle a été menée à un instant T et pas sur le long terme. Elle ne permet donc pas de suivre d’éventuels changements d’avis (dans un sens comme dans l’autre) ni de savoir à quel âge l’identification en tant que childfree se fait.

D’autre part, elle ne prend pas en compte les personnes qui n’ont pas encore pris de décision sur le sujet, et auraient plutôt envie de répondre « Je ne sais pas » à la question : « avez-vous le projet d’avoir des enfants dans le futur ? ».

L’étude est également réalisée sur un échantillon relativement restreint et situé aux États-Unis ; le contexte historique et socio-économique français étant différent, il est possible que l’on trouve des résultats bien éloignés de ceux-ci si l’on menait la même enquête en France.

Enfin, l’étude ayant été conduite pendant la pandémie, cela a peut-être eu une influence sur le désir d’enfant ou la satisfaction dans la vie (notamment dans le cas des parents qui ont dû télétravailler et garder leurs enfants en bas âge en même temps).

Ces réserves mises à part, l’étude parue dans la revue PLOS ONE le 16 juin est toutefois très intéressante et l’on espère qu’elle donnera envie à plus de chercheurs et chercheuses d’étudier les personnes childfree et leur place dans la société !

À lire aussi : Être quadra sans enfants et gérer la vie sociale, les potes, le regard des autres

Les Commentaires
15

Avatar de Poule.Heureuse
4 juillet 2021 à 15h56
Poule.Heureuse
Une Madz avait répondu à mon message en me détaillant la méthodologie en sciences humaines, j'avais eu le temps de lire, mais pas encore de répondre, et je vois plus son message (et je me rappelle plus qui c'était).
En tout cas merci d'avoir pris le temps de répondre! C'était un message super intéressant

La question de l'étude qui me perturbe le plus (niveau méthodologie) c'est celle concernant la sympathie envers les childfree. Les questions sont:
  1. On a 0 to 100 scale, where 0 means very cold or unfavorable, and 100 means very warm or favorable, how warm or favorable do you feel toward women who never want to have or adopt children?
  2. On a 0 to 100 scale, where 0 means very cold or unfavorable, and 100 means very warm or favorable, how warm or favorable do you feel toward men who never want to have or adopt children?
Donc donner un score de 0 à 100 pour évaluer la sympathie éprouvée envers les femmes et les hommes childfree.

0 à 100 ! Quelle finesse dans la mesure! Et sans aucune indication de ce que la note pourrait représenter (ex: 0 : je leur jette des pierres, 10: si je les vois inanimé par terre, je passe mon chemin, 20: je change de trotoir quand j'e croise une etc...). Je comprends même pas comment cette question est valable! (si quelqu'un a une idée). Quelle est la différence entre un score de 62 et un score de 63?!
Et là pour le coup, je trouve que pour une question sans explication, les écarts types sont petits.
5
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