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Justine, 31 ans : « Je développe très vite une aversion pour mes partenaires »

Chaque semaine dans Célib, des personnes de tous genres nous racontent les joies et les questionnements de leur célibat, qu’il soit choisi ou subi. Aujourd’hui, c’est Justine qui nous raconte comment elle a appris à se détacher de ses partenaires toxiques pour embrasser pleinement sa vie de célibataire.
  • Prénom ou pseudo : Justine
  • Âge : 31 ans
  • Lieu de vie : Bordeaux centre-ville
  • Orientation sexuelle et/ou romantique : pansexuelle/sapiosexuelle

Depuis combien de temps êtes-vous célibataire ? 

Je suis célibataire depuis environ 1 mois. C’était une courte relation dans laquelle je ne me sentais pas en harmonie avec mon partenaire. Je suis restée avec lui 1 mois et demi tout au plus.

Comment décririez-vous votre célibat ?

Je le décrirais comme une forme de liberté. Pendant longtemps, j’avais une envie exacerbée d’être en couple, mais avec le temps et les relations s’enchaînant sans être satisfaite, j’ai fini par faire un travail sur moi-même en me disant qu’il fallait que je sois d’abord heureuse seule avant de chercher une relation.

Aujourd’hui, je me rends compte que je suis devenue assez exigeante sur mes besoins par rapport à mon partenaire. J’ai tendance à vite faire tomber le couperet si je ne me sens pas en phase avec eux. Je suis presque devenue un cœur de pierre !

J’ai longtemps été la laissée pour compte de la bande, je n’étais pas la plus jolie, ou la plus stylée, je n’attirais pas beaucoup les garçons. Et malheureusement en 5e, j’ai été victime d’une agression sexuelle de la part de plusieurs camarades. J’ai perdu énormément confiance en moi et envers les hommes, j’ai eu une forte période de rébellion, tant physique qu’affective. J’enchaînais les partenaires en tombant parfois amoureuse, mais je n’étais jamais celle avec qui on voulait être en couple. C’était comme une certaine forme de vengeance sur la gent masculine, de montrer que si je veux, j’obtiens ! 

Étudiante, j’ai commencé à me féminiser de plus en plus, mais pareil, je me disais : « C’est maintenant ou jamais pour tester des choses, pas de regret à 30 ans ! » Sexuellement, j’ai fait pas mal d’expériences, je me suis lâchée. Jusqu’à ce que je rencontre un garçon plus âgé que moi pendant un stage de fin d’année, il avait très envie d’être en couple. Et moi, heureuse de cette opportunité, je me suis laissé endormir par cet homme qui était en fait un pervers narcissique. Je devais m’habiller d’une certaine façon, je ne devais pas avoir d’amis hommes, mes copines étaient de mauvaises fréquentations… Bref, j’y ai laissé quelques plumes. Je l’ai quitté au bout de six mois, heureusement. 

À lire aussi : Pauline, 42 ans : « C’est comme si j’étais vierge à nouveau »

J’ai ensuite eu une très belle relation avec un homme qui avait 13 ans de plus que moi, j’ai été très amoureuse, j’aurais tout accepté pour lui, mais malheureusement le décalage de maturité a fini par dissoudre notre couple. J’ai eu le cœur brisé, mais nous sommes restés en bons termes et nous avons toujours mutuellement un pincement au cœur quand nous nous croisons, même s’il a refait sa vie.

J’ai eu une longue période de flottement, j’enchaînais des petites relations, pendant un an je n’ai attiré que des hommes en couple. Et j’ai fini par rencontrer le garçon avec qui je suis resté le plus longtemps. Pendant 2 ans j’ai été son plan cul en sachant qu’il voyait d’autres filles et nous mettait en compétition. J’étais très amoureuse alors je serrais les dents dans l’espoir qu’on se mette en couple. Cela a fini par être le cas après lui avoir donné un ultimatum. Et finalement, ça a été 2 ans d’ascenseur émotionnel, encore un mec avec un problème d’ego, de confiance, je n’en sais rien, mais je passais régulièrement du rire aux larmes jusqu’à ce que je craque alors que nous parlions d’habiter ensemble. J’ai mis un terme à cette relation toxique

Quelques mois plus tard, à ma grande surprise, je suis tombé très amoureuse d’une fille de mon club d’équitation, une relation passionnelle et platonique, car elle était beaucoup plus jeune que moi, et comme moi à son âge dans une envie de faire son expérience sexuelle. À ma plus grande peine, j’ai préféré la laisser tranquille.

Et nous voici sur les quelques derniers mois où j’ai enchaîné plusieurs relations de quelques semaines, très passionnelles au début, mais qui retombent comme un soufflé, car je développe très vite une aversion pour mes partenaires. Alors vive le célibat !  

Votre célibat a-t-il une incidence sur votre vie amicale ou familiale ?  

Amicale absolument aucune. Mes parents ont tendance à s’inquiéter, surtout depuis que je leur ai annoncé ne pas vouloir être mère et de chercher plutôt à m’accomplir dans ma carrière professionnelle ou ma passion de l’équitation que je pratique très régulièrement.

Vous n’imaginez pas la tête de ma mère quand je lui ai dit : « Pas d’enfant, je serais bien plus heureuse avec un cheval ! » Mais elle commence à accepter.

Estimez-vous que le célibat a un impact sur votre moral, au quotidien ? 

Absolument aucun, il y a quelques années, je vous aurais dit que oui, mais aujourd’hui je suis heureuse de n’avoir de compte à rendre à personne, de ne pas avoir à faire de compromis. Je suis très attachée à mon indépendance et d’une certaine manière, j’assume l’égoïsme de ma petite vie de célibataire.

Être célibataire vous permet-il de faire des choses que vous ne pourriez pas faire en couple ? 

Ça m’apporte la tranquillité ! Et je peux faire ma vie à ma sauce ! Et on ne va pas se mentir, ne pas culpabiliser parce que je n’ai pas fait le ménage ou je ne me suis pas lavée après une journée de boulot harassante !

À l’inverse, pensez-vous qu’être célibataire vous empêche de faire des choses que vous pourriez faire si vous étiez en couple ? 

Non, je me suis toujours débrouillée par moi-même et je n’ai jamais ressenti le besoin de me réaliser à travers quelqu’un.

Le lieu géographique où vous vivez a-t-il un impact sur votre rapport aux relations amoureuses ?

Habitant dans un centre-ville d’une grande agglomération je pense que ça peut avoir une influence sur nos relations amoureuses. Comme on dit : « Plus le terrain est grand, plus la chasse est belle ».

Cherchez-vous activement à trouver une relation amoureuse ? 

J’utilise Tinder, mais je ne suis pas d’une grande assiduité ! Je vais dessus quand j’y pense, le soir souvent quand je suis sur mon canapé en regardant une série. Je suis fréquemment la première à entamer la discussion et on me propose régulièrement des rendez-vous pour aller boire des verres. Mais au final, je me lasse très vite et je donne rarement suite aux échanges, hormis si j’ai vraiment un véritable stimuli intellectuel. 

Comment décririez-vous votre rapport aux rencontres ? 

Je suis une personne très avenante, donc le contact et les échanges se font toujours facilement. Peut-être que mon métier de responsable dans le commerce m’aide simplement à créer des interactions avec la personne en face de moi. 

Autant il y a quelques années, je pouvais aller plus loin qu’un simple verre dès la première rencontre pour tester la marchandise. Aujourd’hui, je prends plus le temps de connaître la personne, ou au contraire si je ne trouve pas d’atomes crochus, je stoppe rapidement toutes négociations. 

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Le célibat amoureux a-t-il un impact sur votre vie sexuelle ? 

J’avoue qu’aujourd’hui je préfèrerais me trouver un plan cul, j’estime entre mon emploi du temps professionnel et ma pratique sportive ne pas avoir de temps à accorder à une relation sérieuse. Comme je dis à mes amies : en ce moment, j’aimerais juste avoir quelqu’un que je vois une ou deux fois par semaine, discuter autour d’un verre, faire ma petite affaire de manière qualitative, et puis un bisou sur le front et chacun chez soi. Comme disait Samantha Jones dans Sex and the city : « On couche ensemble, mais je dors seule ! »

Ressentez-vous une forme d’injonction à être en couple ? 

Non pas vraiment ! Je reçois assez d’affection de la part de mes amis et de ma famille, je me réalise dans ma carrière et l’avis des autres n’a aucune influence sur mes choix de vie. Ma mère estime que je fais un transfert affectif sur la jument que j’ai en demi-pension ! Elle a certainement raison mais ça me va très bien comme ça !

Estimez-vous que le célibat a un impact sur vos finances ? 

Oui, j’ai toujours été pour le partage des frais en couple, à deux on se permet des sorties avec de plus gros budget. Je fais nettement des économies en étant célibataire !

Quels sont vos projets pour le futur ? Le célibat a-t-il un impact sur ces envies et ces projections ? 

Absolument aucun. Mes perspectives de vie peuvent se faire seule ou à deux. Seul l’avenir me le dira. Mais n’ayant pas envie d’avoir d’enfant, je ne me mets pas de stress pour trouver à tout prix le futur père de mes enfants ! 

Avez-vous une anecdote sur le célibat à partager ? 

Je n’ai jamais autant été heureuse dans ma vie qu’en étant célibataire ! Et je dis souvent à mes amies qui sont dans une recherche absolue du couple qu’il faut d’abord apprendre à être heureuse seule, et que le couple sera la cerise sur le gâteau.

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