J’ai divorcé quatre mois après mon mariage et c’est la meilleure décision que j’ai prise


Un divorce arrivant dans un laps de temps très court après le mariage, ça arrive, même si on en parle peu. Et c'est parfois une bonne chose !

J’ai divorcé quatre mois après mon mariage et c’est la meilleure décision que j’ai prise

Je m’appelle L. et j’ai 29 ans. Lorsque je me suis mariée, il y a deux ans, cela faisait sept ans que j’étais avec mon copain. C’était une relation amoureuse assez passionnelle et fusionnelle, dans le bon sens comme dans le mauvais, mais tout de même une belle relation bienveillante. Clairement, nous nous sommes aimés très fort.

Une demande en mariage suivie d’un doute

Un beau samedi de juin, il m’a demandée en mariage sur notre jolie terrasse du 15e arrondissement de Paris. Les premiers jours, j’étais heureuse et fière. Puis un sentiment étrange a commencé à s’installer. Au départ, j’ai pensé que cette impression désagréable était due à mon boulot de l’époque, dans lequel je n’étais pas épanouie.

Petit à petit, je me suis désintéressée de l’organisation du mariage, je faisais le minimum. Mais je ne pensais vraiment pas que le problème venait de là. Pourquoi serait-il venu de là ? Mon fiancé était beau, gentil, drôle, intelligent, il prenait soin de moi… Bon il avait aussi des défauts, mais c’était une belle personne, j’avais de la chance de l’avoir dans ma vie.

Puis le mariage a eu lieu, un an et trois mois après la demande. Une très jolie cérémonie, un peu bohème, assez intimiste. Pendant la fête, je suis allée aux toilettes, je me suis regardée dans le miroir et je me suis rendu compte que quelque chose n’allait vraiment pas. Encore une fois, j’avais du mal à identifier ce que c’était. Je n’ai rien dit, rien fait et suis retournée avec mes proches.

Une dépression comme signal d’alarme

Durant mon voyage de noces, j’ai commencé à tomber en dépression. Je ne voulais pas être touchée par mon mari, mon reflet dans le miroir me dégoûtait à en pleurer. J’avais des symptômes psychiques et même physiques.

Du jour au lendemain, je me suis mise à ne plus supporter ma pilule alors que je la prenais depuis neuf ans. J’avais des maux de tête atroces, des sensations de décharges électriques dans tout le corps. J’ai aussi pris un peu de poids et je me suis mise à avoir de l’acné alors je n’avais jamais eu de boutons de ma vie.

Les semaines sont passées, la vie a suivi son cours. Mon mari voyait bien que quelque chose n’allait pas et il essayait de trouver des solutions pour que l’on se retrouve. Mais à chaque fois que l’on prenait un moment pour nous, par exemple lors d’un dîner dans un bon restaurant, je me surprenais à le dévisager avec des yeux vides et à me demander ce que je faisais là.

Une rupture nécessaire et un diagnostic libérateur

Comme j’avais envie de changer quelque chose dans ma vie, j’ai dit à mon mari que je voulais que l’on déménage. On a donc pris un appartement plus grand, dans un quartier de Paris que j’appréciais. Mais ma dépression a empiré. Je me suis mise à faire exprès de rentrer tard pour ne plus dîner avec lui. À commencer le travail très tôt le matin pour ne plus le croiser au petit-déjeuner.

Un jour, comme un vomi de paroles, je lui ai dit que je ne voulais plus être à la maison quand il était là. Je m’en voulais à mort, mais je restais stoïque malgré moi, comme si d’apparence, je ne ressentais rien. Un mois après, n’en pouvant plus de cette situation, il m’a demandé de prendre une décision. Je lui ai répondu directement que c’était terminé entre nous.

Le soir même, je me suis baladée dans les rues de Paris après le travail. C’était un beau soir de décembre, j’avais le bout du nez rouge et froid, je regardais les belles lumières de Noël. J’ai ressenti un sentiment de liberté comme jamais auparavant.

Même pas un mois après notre déménagement, et quatre mois après notre mariage, j’ai donc déménagé dans un studio d’appoint, le temps de reprendre mes esprits et de faire le point sur ce que je voulais vraiment. Mes symptômes de dérèglement hormonal ont stoppé net.

Bientôt deux ans après cet épisode, nous sommes divorcés mais nous sommes restés de proches amis. Notre histoire d’amour est terminée mais notre amitié ne fait que commencer.

Entre temps, j’ai été diagnostiquée d’un trouble de la personnalité borderline, un déséquilibre qui se caractérise par une forte impulsivité ainsi qu’une instabilité dans les relations interpersonnelles, dans l’image de soi, et dans les émotions.

Je comprends mieux maintenant mon besoin de changement constant (appartement, copain, ville, parfois style…) et ce vide qui ne me quitte que lorsque j’ai un projet ou une idée en tête, mais qui revient quelques semaines après l’assouvissement de ce désir.

Une nouvelle vie pleine de défis et de promesses

Cela fait deux ans que je suis célibataire et les premiers mois, je me suis lâchée. J’ai pété les plombs entre les applications de rencontre, la fête et les hommes, mais je pense que j’en avais besoin. Et puis je me suis calmée. Et je continue de me calmer petit à petit.

Aujourd’hui, je suis plus heureuse et plus épanouie. Je crois que je ne me connaissais pas avant. J’avais fait la quasi totalité de ma vie d’adulte avec mon ex et je m’étais calquée sur ses envies, sa personnalité. Aujourd’hui, j’apprends encore à vivre seule, avec mes petits démons et des changements d’humeur parfois pénibles à gérer.

Je ne regrette rien, à part le mal que j’ai pu faire à mon ex-mari, même si je sais qu’il a compris et qu’il pense aussi que ce qui est arrivé est finalement une bonne chose.

Aujourd’hui, je vais bien et j’ai confiance en l’avenir. J’essaie de devenir mon propre super-héros et de mener ma barque toute seule. De faire mes propres choix. Et de vivre avec mon impulsivité qui réussit brièvement à soulager mes sentiments chroniques de vide.

Je suis seule, je suis libre et je n’ai plus à me soucier des dommages collatéraux de mes décisions. On a qu’une vie, et j’ai décidé que la mienne serait incroyable.

Une madmoiZelle

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