Mes connards de voisins, mes pires ennemis du confifi

Cheyenne vit dans l'appartement de ses rêves. Seule ombre au tableau ? Un voisinage bruyant qui la prend en sandwich sonore ! Super pendant le confinement...

Mes connards de voisins, mes pires ennemis du confifi

J’ai emménagé dans mon appartement du XVIIème arrondissement de Paris en novembre 2019, après seulement 2 semaines de recherches assidues.

Certains diront que c’est l’univers qui m’a envoyé cette pépite de logement en plein cœur de mon Montmartre adoré, d’autres diront que c’est parce que PERSONNE NE VEUT VIVRE AVEC MES VOISINS.

Ma gardienne et sa voix de stentor

Le jour de mon emménagement, il faisait un froid polaire, ce qui m’obligea à revêtir une fausse fourrure blanche taille 46 dénichée en fripes, très peu pratique pour porter des cartons et démonter des canapés.

Alors que je fumais une clope dans mon long manteau poilu en attendant mon pote et son camion, la gardienne est sortie en trombes de son appartement pour détailler mon look d’un air réprobateur avant de lancer : « c’est un immeuble calme ici ».

Je ne compris pas tout de suite comment mon look pouvait la renseigner sur ce qui constitue, en effet, mon plus gros défaut : mon manque de discrétion.

Il y avait deux options : soit elle était devin et avait perçu chez moi l’aura des gens qui parlent fort et ont l’adresse d’un éléphant, soit ce n’était pas à ma voix qu’elle faisait allusion…

À en juger son regard, elle pensait en fait très clairement que j’attendais un client devant SON immeuble. Elle me prenait donc pour une prostituée.

Je précisai immédiatement que j’étais la nouvelle locataire du premier.

« Ah. Bon ! Mais moi je vis dessous hein, donc pas de bruit. »

Et dire que j’avais emménagé dans un grand appartement pour pouvoir faire des soirées… j’étais bien niquée !

Le ton était donné : ici, il fallait faire profil bas pour ne pas risquer de subir les foudres de la gardienne et sa voix de stentor. 

Car si cette dame ne supporte pas le bruit, elle est pourtant celle qui en fait le plus, ne serait-ce qu’en conversant avec son mari.

Quelque peu dure d’oreille, elle hurle en permanence comme si elle accouchait d’un loup dans les bois.

Sa semi-surdité (qui découle à mon avis d’années à se cramer elle-même les oreilles au son de sa propre voix) fit les beaux jours de mon emménagement, car j’ai osé quelques apéros tardifs contre lesquels son audition ne lui permit pas de rouspéter.

Le confinement avec des voisins bruyants

Si mes rapports avec ma gardienne furent quasi-inexistants pendant les premiers mois de ma vie dans l’immeuble, le confinement les a bien sûr pas mal fait évoluer, pour le pire…

Dès les premiers jours de télétravail, les limites de ma tolérance ont été mis à rude épreuve. Du MATIN AU SOIR, cette femme crie. 

Au début interloquée, j’ai surtout fini par m’inquiéter pour sa santé.

Les hurlements permanents qui faisaient gronder mon sol m’ont fait m’interroger sur de potentielles violences conjugales dont la gardienne serait la victime.

Un matin où les cris étaient stridents, je suis donc descendue pour voir si tout allait bien et s’il fallait que j’appelle la police.

La gardienne m’a ouvert, souriante, et dans l’entrebâillement de la porte j’ai vu son mari assis en face de l’ordinateur, en train de continuer à hurler en riant devant l’image saccadée d’un môme.

« On Skype notre fils ! »

Ils étaient donc juste en train d’avoir « une conversation normale ».

Je compris que le confinement allait être long.

Le problème de leur boucan ? Chaque semaine, je dois m’enregistrer pour le podcast Sors le popcorn. Un enregistrement qui requiert un silence total pour livrer un travail pas trop dégueu.

Mais ça, ma gardienne s’en tape comme de l’an 40, et malgré mes supplications quotidiennes pour qu’elle baisse le volume de sa voix, elle ne fait jamais le moindre effort, et se plait même à claquer quelques portes ou à faire la conversation au voisin du 5ème depuis son jardin…

Pendant plusieurs semaines, j’ai donc enregistré mes vocaux sous le lit, recouverte d’un plaid, pour étouffer les sirènes enchanteresses de ma gardienne adorée.

Quand les voisins du dessus s’y mettent

Si je dois reconnaître à cette dame une grosse qualité, c’est qu’elle se couche à l’heure des poules, probablement exténuée d’avoir joué les Castafiore en 18 octaves différents depuis 8h du matin.

Ce qui n’est pas le cas de mes voisins du dessus…

Afin de me faire vriller totalement, le rez-de-chaussée et le second étage se sont alliés pour me prendre en sandwich sonore.

Ainsi, quand la gardienne a fini ses vocalises, la famille du dessus met un point d’honneur à effectuer chacune de ses actions avec la délicatesse d’un tractopelle.

Mes voisins du second ont un loisir peu commun : déplacer des meubles, en les tirant, aux alentours de minuit. EVERY. FUCKING. DAY.

Je me demande ce qu’ils peuvent bien déplacer tous les soirs sans égards pour mon sommeil. Je pencherais pour un canapé-lit… Mais combien de canapés-lits possèdent-ils au juste pour faire du bruit pendant au moins 30 minutes ?

Le mystère reste entier.

Mon voisin d’en face, pas si dérangeant

Cet immeuble du 18ème arrondissement de Paris donne tout son sens à l’adage « c’est l’hôpital qui se fout de la charité ».

En effet, depuis la fin du confinement, j’ai fait 3 petits apéros chez moi avec mes amis. Ce qui n’est ni du goût de ma gardienne, qui a mis un point d’honneur à venir toquer à chaque fois, ni de celui du connard du dessus, qui a même donné un coup de pied dans ma porte jeudi dernier.

C’est le camembert qui dit au roquefort : « tu pues » ! Sans dec !

L’argument principal de ma gardienne : votre voisin d’en face a 100 ans et a besoin de repos.

Impossible de lui donner tort sur ce point.

Cela dit, j’ai des rapports tout à fait cordiaux avec ledit centenaire d’en face, et je me sens même très proche de lui pour une raison que tu ne peux, à ce stade douce lectrice, soupçonner…

Il faut savoir que nos chambres ne sont séparées que par un mur très fin, et que nos lits sont collés à ce même mur.

C’est un peu comme si on pionçait ensemble, quoi.

Une semaine après mon emménagement, j’ai donc eu le plaisir d’entendre mon voisin… péter. Un pet franc et brutal, comme une explosion à la Michael Bay, qui m’a arrachée à mon film.

J’ai tellement ri que je suis persuadée qu’il sait que je sais.

De mon côté, j’ai tendance à m’adonner à la sexualité dans le bruit le plus total, pour satisfaire mes besoins de records personnels ainsi que mon envie de casser les couilles de la famille du dessus.

Mon voisin centenaire doit donc profiter de ces ébats par procuration… à moins qu’il ne soit dur de la feuille, lui aussi !

Le voisin du 5ème, passionné de clous

L’un des pires égoïstes de cet immeuble de l’enfer demeure le voisin du 5ème, qui non seulement laisse traîner ses plantes dans la cage d’escalier, empêchant quiconque d’accéder facilement à l’étage supérieur, mais en plus a une véritable passion pour les clous.

Il les aime tellement qu’il en plante CHAQUE MATIN depuis deux mois, et ce même le week-end, sinon il risquerait de ne pas assez emmerder le monde.

Ce voisin est vicieux dans son approche du bricolage.

Au lieu de progresser rapidement dans sa besogne, il préfère planter un clou très lentement toutes les 10 minutes, histoire de bien prolonger l’enfer sonore.

Je suis montée deux fois le voir, et à chaque fois il me répond la même chose, sur le ton d’un enfant de 4 ans et demi qui me donne une certaine envie de lui arracher les testicules pour les lui agrafer sur la tête :

« Euh bah ça va j’ai le droit de faire des travaux chez moi. »

Oui t’as le droit connard, mais pas le dimanche, et pas à 8h du matin.

Breeeeef, j’en passe et des meilleures, car la réalité est bien pire que cet article.

Par exemple, ma gardienne a organisé des apéros CHAQUE soir dans la cours avec ses potos pendant le confinement.

En tout et pour tout donc, cet immeuble n’offre une fenêtre de calme que de 21h à minuit. L’heure précise à laquelle je reçois en général. Ce qui ne plait pas aux autres, lesquels me gueulent alors dessus.

Et la boucle est bouclée.

Morale de l’histoire ? Il faut que je trouve un moyen rapide et efficace pour devenir millionaire et m’acheter une baraque en plein Paris avec une insonorisation plus puissante que le studio de Johnny. Ou que je retourne vivre chez ma mère.

Trop hâte !

À lire aussi : Comment j’ai apprivoisé mon corps et mes complexes pendant le confinement

Cheyenne Blue

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Commentaires

ChaNanaNana

Confinement ou pas, j'ai une voisine qui m'est très difficile à vivre (et pas que moi, elle a fait déjà déménager 2 couples différents qui louaient l'appartement mitoyen au sien) et qui s'est mis tout son voisinage à dos. Des procédures sont en cours donc si tout se passe bien, elle devrait s'en aller après 3 ans en septembre maximum, on croise les doigts !

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Voilà deux petites histoires parmi tant d'autres. Je vous jure, lorsqu'elle partira, je fête ça avec tous mes voisins (et ex-voisins).
 

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