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Amour

Après plusieurs mois de descente aux enfers, tomber amoureuse m’a aidée à voir le bout du tunnel

20 oct 2021
Si l’amour n’est pas toujours la solution aux maux de l’âme, il peut parfois aider à se remettre de lourdes épreuves.

À l’époque où j’étais une énorme connasse, ce qui nous amène environ à 2019, je considérais que les personnes dépressives étaient toutes de grosses feignasses.

Ne me jugez pas trop tôt, vous savez bien que seuls les cons ne changent pas d’avis, et j’ai beau avoir pas mal de tares, la bêtise n’en fait pas partie. Enfin je ne crois pas.

La dépression, le « mal des autres », m’est tombée dessus

Toujours est-il que les périodes sombres et assumées que traversaient mes proches m’ont longtemps semblé nébuleuses, voire parfaitement incompréhensibles.

Pour moi, les phases de up and down, c’était le lot de n’importe quelle vie humaine, la croix de quiconque possède des émotions et subit les aléas de l’existence. En d’autres termes, j’intimais à mes amis de ne pas trop s’écouter et d’avancer, car c’était comme cela que j’avais moi-même toujours mené ma barque.

Jusqu’à l’année 2019 où mon père a été diagnostiqué cancéreux, où il est finalement mort seulement quelques mois plus tard, où je me suis séparée d’un homme que j’aimais encore, où j’ai chopé une sale maladie des trompes, où je suis retournée chez ma mère et où j’ai fait comme si rien de tout cela ne s’était passée.

Et je ne vous parle même pas des confinements, qui à côté de mes épreuves personnelles m’ont tout bonnement semblé très faciles à surmonter.

Un matin, six mois environ après le gros des événements, et suite à une nouvelle rupture, beaucoup plus anodine cette fois que la précédente, quelque chose avait changé en moi.

Je me suis aperçue que ne je savais plus me servir de certains objets banals, que j’étais tout bonnement incapable d’aligner plus de trois phrases et qu’il m’était quasi-impossible de sortir du lit. Alors aller au travail…

Quelques mois d’une dépression coriace

La suite est tout ce qu’il y a de plus classique : diagnostiquée en dépression, arrêt de travail de plusieurs semaines, anti-dépresseurs, hypersomnie, retour dans ma chambre d’ado, crises de larmes, achat d’un animal, psy, réclusion, puis sorties à outrance, puis réclusion, puis sorties à outrance, puis réclusion, puis dating intense (entre deux confinements), le tout dans une tentative de n’être détectée comme « allant très mal » que par le moins de monde possible.

Ce dont je fais toujours mon mantra personnel.

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Crédit Anh Nguyen via Unsplash

Quoi qu’il en soit, une porte vers les abysses s’était ouverte et, comme vous le diront les personnes qui ont traversé la dépression, j’ai cru pendant de longues semaines que je ne verrais jamais le bout du tunnel.

Expression qui, soit dit en passant, est absolument appropriée, car je me rappelle m’être sentie enlisée dans une matière obscure et effrayante, et cela en toutes circonstances : peu importe les soirées, peu importe les amis à mon chevet. L’enfer était là, et il semblait que rien ne parviendrait jamais à le dissiper.

Ajoutez à cela une hypersomnie paralysante et une sensation permanente, mais alors PERMANENTE de solitude et d’infinitésimalité par rapport à l’immensité et l’immuabilité de l’univers, et vous obtiendrez peu ou prou le tunnel — très évolutif en fonction des caractères toutefois — des épisodes dépressifs. Ou du mien en tout cas.

Il parait que cet état est l’une des étapes du deuil. Thématique dont j’étais persuadée, là encore, que je ne la connaîtrais pas, que mes colères contre mon père seraient suffisantes pour m’épargner le chagrin.

Heureusement (et pour enfoncer des portes ouvertes, ce que je risque de faire souvent dans ce témoignage) : après la pluie vient le beau temps.

En effet, à force de séances chez ma psy, de chimie aussi (il faut quand même préciser qu’un an et quatre mois après le diagnostic, je suis toujours sous anti-dépresseurs) ; grâce à ma mère qui s’est occupé de moi comme d’une souffrante ; et surtout à force d’acharnement personnel, j’ai fini par sortir la tête de l’eau. Tout doucement, sans trop crier victoire.

Pendant les quelques longs mois qui ont constitué le terreau de ma détresse, j’ai voulu oublier ma solitude le plus vite possible, ce qui m’a conduit à faire beaucoup de conneries. Qui ont affecté ma personne bien sûr, mais pire encore : d’autres individus.

J’ai fait du mal aux autres pour me sentir moins seule

Ainsi, j’ai recontacté un ancien collègue dont je savais pertinemment qu’il avait toujours été amoureux de moi, lui ai fait croire à une possible histoire, lui ai dédié du temps et des fantasmes tout en cumulant les aventures annexes, dans le seul et unique but de ne pas être seule.

J’ai fait du mal à quelqu’un pour aller mieux moi-même et le pire dans l’histoire c’est que la culpabilité a bien sûr empêché que j’avance de mon côté.

J’ai donc, même au sortir du gros de cet épisode dépressif, continué à nourrir des sentiments désagréables dont il m’a été difficile de sortir.

Heureusement, et après avoir pris mon courage à deux mains, j’ai régularisé la situation avec ce homme, l’ai quitté pour de bon, j’ai cessé d’appeler mon ex toutes les semaines pour avoir un lien avec ma vie d’avant.

Bref, j’ai fait place nette dans ma vie pour ne m’occuper que de moi et recommencer à m’aimer un tout petit peu.

L’amour m’est finalement tombé dessus au meilleur moment

L’univers étant parfois assez client des taquineries (ou des récompenses), c’est à ce moment précis, alors que j’étais bien décidée à ne plus me lancer dans la moindre relation, qu’il m’a servi une nouvelle histoire sur un plateau d’argent. Histoire qui m’a, je dois le concéder, aidée à laisser mes démons derrière moi.

Oui, c’est dur à admettre pour quelqu’un qui se considère résolument capable d’indépendance affective, mais c’est un homme qui a définitivement pansé les restes de ce sale épisode.

Je crois en réalité que le gros était fait, soigneusement accompli par moi-même, et que cet homme est justement rentré dans ma vie car j’y avais fait le ménage, que j’avais été fouillé mon inconscient avec ma psy, parlé de tout ce qui était paralysant, outre le deuil — comme les longs abus dont j’avais été victime dans mon adolescence ou la maladie gynécologique me condamnant à une stérilité presque certaine.

J’étais donc, sinon complètement prête à ouvrir mon cœur, au moins sortie du marasme.

C’est là que j’ai rencontré mon mec.

En réalité, je l’avais vu des années auparavant, mais nous étions tous les deux en couple — et personnellement, je l’avais bêtement considéré trop beau pour être honnête.

Mais figurez-vous que nous nous sommes ensuite croisés dans la rue tout à fait par hasard, quelques mois après nos séparations respectives. Moi, j’ai tracé ma route sans le voir, tout occupée que j’étais sûrement à écouter un album de reggaeton.

Rencontre impromptue qui, de son côté, a fait son chemin dans sa tête et lui a donné envie de m’écrire sur Instagram. Ce qu’il a fait.

Ensuite, nous avons diné ensemble, l’occasion pour moi de réaliser qu’il avait déménagé, après sa rupture, à deux rues de chez moi — sans qu’on ne s’en soit jamais rendus compte avant.

Sitôt la porte de chez lui ouverte, nous avons su tous les deux qu’une grande et belle histoire d’amour serait la suite logique à cette rencontre.

Plus tard, nous avons réalisé que nous nous sommes croisés pendant des années : la fenêtre de mon appartement actuel donne sur la cuisine de l’appartement qu’il occupait dans sa jeunesse !

Nous avons noté de nombreux exemples, par la suite, sur le fait que l’univers est badin et entrecroise les destins avant de les mêler. (Je n’en reviens pas d’écrire un truc aussi con, mais vous étiez prévenues, cet article est cucu au premier degré.)

Bref, après une première rencontre, nous ne nous sommes plus quittés.

Une nouvelle histoire et une nouvelle vie

Ainsi, au bout d’une semaine seulement, nous sommes partis quelques jours en week-end en Normandie pour éprouver nos débuts de sentiments, puis avons passé le Nouvel An tous les deux, cachés dans la maison de campagne de ma tante, à boire du champagne dans un bain, à des kilomètres des festivités parisiennes.

La légèreté a fait son retour dans ma vie — chose dont j’étais persuadée qu’elle ne m’arriverait plus.

Depuis presque un an, rien n’a changé, sinon pour le mieux encore. Mon mec a écouté tous mes récits, des plus anodins aux plus dramatiques, a pansé mes quelques dernières insécurités et trouvé des solutions pour les grandes terreurs qui m’agitent la nuit.

Après avoir sorti la tête de la flotte, j’ai passé une année à carrément surfer glorieusement sur les eaux, fière de ne pas me noyer de nouveau.

En dépit de mes craintes relatives à sa profession publique, en dépit de mon manque de confiance en moi, je crois sincèrement en cette relation plus adulte, plus stable et plus sereine surtout que mes histoires précédentes.

Vous arguerez que c’est toujours comme cela au début. Et c’est vrai ! Sauf qu’au contraire de mes débuts d’avant, ce nouvel amour survient après des secousses qui ont complètement changer la femme que je suis.

Désormais bien plus forte sur mes appuis, j’entame une existence différente avec la certitude qu’aujourd’hui j’ai trouvé un partenaire pour me remettre des épreuves, parfois longues, douloureuses et pénibles, que nous impose la vie de mortel.

À lire aussi : L’Amour est dans le pré accueille son premier baiser lesbien, et c’est une révolution

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