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Psycho

J’ai eu mes règles en continu pendant 7 mois et ça a été l’enfer

Avoir ses règles a toujours été synonyme de grande souffrance pour cette lectrice. Après le diagnostic de son adénomyose, le parcours du combattant ne s’est pas arrêté.

Le 28 mai 2023 est la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle, qui vise à rompre le silence, à diffuser largement les informations nécessaires aux jeunes filles et femmes concernant l’hygiène menstruelle et à s’interroger plus largement sur la condition des femmes et les problématiques liées à leurs règles à travers le monde..

Pour plus de contenus sur les règles, tu peux consulter la catégorie « Règles » sur Madmoizelle. Tu peux aussi consulter le site Internet de l’Agence française de développement, qui donne les chiffres-clés de l’hygiène menstruelle et son importance pour l’autonomisation des femmes dans le monde. 

Depuis que j’ai mes règles, soit une bonne dizaine d’années, j’ai mal.

On m’a souvent dit que c’était normal, mais je sais bien aujourd’hui que ce n’est pas normal de pleurer, roulée en boule sous ma couette, à attendre que ça passe.

En plus, mes règles étaient (très) abondantes, en plus d’être irrégulières, pouvant durer quinze jours, pouvant ne pas avoir lieu pendant deux ou trois mois.

Le diagnostic de mon adénomyose

Pour pallier ces règles abondantes et irrégulières, j’ai rapidement pris la pilule.

Ce fut alors une vraie croisade pour trouver le dosage qui me conviendrait, puisque j’en ai pris cinq ou six différentes avant de m’arrêter sur une pilule semi-continue (des règles seulement tous les trois mois) qui ne me rendait pas malade.

Deux ans plus tard, je constate des pertes rouges en plein milieu de plaquette, mais je ne m’alarme pas plus que ça. Quelques jours plus tard, je souffre le martyre avant de… me vider tout simplement de mon sang.

Je prends alors directement rendez-vous chez un nouveau gynéco. Celui-ci me prescrira une échographie, qui révèlera que mes douleurs ont bien une origine : je souffre d’adénomyose, une endométriose localisée dans la cavité utérine.

« L’adénomyose est usuellement définie comme étant de l’endométriose interne à l’utérus.

En fait il s’agit d’une anomalie de la zone de jonction entre l’endomètre (muqueuse qui tapisse l’utérus) et le myomètre (muscle de la paroi utérine) qui va laisser les cellules de l’endomètre infiltrer le myomètre.

Elle peut être superficielle (épaississement de la zone jusqu’à 12 mm) ou profonde (douloureuse). C’est une pathologie bénigne et fréquente. Elle peut être :

  • diffuse : on retrouve de nombreux foyers disséminés sur l’ensemble du myomètre
  • focale : un ou quelques foyers localisés sur le myomètre
  • externe : quand l’endométriose pelvienne profonde vient infiltrer le myomètre

Il existe une corrélation entre l’endométriose pelvienne et l’adénomyose. Mais il n’y a pas de généralités : une femme peut avoir de l’adénomyose sans avoir d’endométriose. Et vice versa.

L’adénomyose concernerait 11 à 13 % de la population féminine. Dans 25 % des cas, les femmes atteintes ont de 36 à 40 ans. Dans 6 à 20 % des cas, adénomyose et endométriose sont associées. »

Pour lire les informations complètes sur l’adénomyose, rendez-vous sur le site Internet d’EndoFrance.

C’était il y a presque un an, soit dix ans après mes premières règles, et mettre un nom sur la cause de bien des maux a été un vrai soulagement.

Mes règles, mon adénomyose, et moi : le début du calvaire

Le médecin prend alors le temps de m’expliquer ce qu’il en est, et comme il n’existe pas de traitement, il me propose simplement de faire en sorte que je n’ai plus mes chères menstrues.

En effet, pas de règles, pas de douleurs. Le DIU hormonal semble être tout à fait approprié et j’accepte cette option, à bras (et jambes) ouverts.

La pose (douloureuse) est suivie d’une période transitoire pendant laquelle mon corps accepte peu à peu ce corps étranger, puis, après une dizaine de jours, je peux enfin vaquer à mes occupations, l’esprit libre de toute perte.

J’aurais dû profiter de ces trois petites semaines de délice, de paix.

Nous sommes mi-novembre, je suis à un forum pour rencontrer des entreprises pour trouver un stage. Je suis à Paris, loin de chez moi. C’est dans le train du retour que je le sens.

Quelque chose ne va pas.

En arrivant chez moi en fin de journée, je tombe nez à nez avec un sanglant cadeau de mon utérus. Pas de panique, ça peut arriver, ça va s’arrêter.

Que nenni.

Je prends rendez-vous chez le gynéco, qui m’indique qu’il faut trois mois pour que tout se stabilise bien avec le stérilet. Alors j’attends. Et chaque matin, je constate que le sang s’écoule encore.

Obligée de mettre une serviette, parce que ma cup pourrait aspirer mon stérilet, ce que je ne veux PAS.

Suite au recensement de plusieurs cas d’expulsion de stérilet avec l’utilisation d’une coupe menstruelle, Sophie Riche a écrit un article à ce sujet, avec l’appui du médecin Martin Winckler.

Il est disponible juste ici : Coupe menstruelle et stérilet : le couple impossible ?

Je me dit que demain ce sera fini, que c’est le dernier paquet de serviettes que j’achète.

Bien sûr, j’ai pensé à me prendre une serviette lavable, plus douce pour mon corps, mais j’étais convaincue que ces foutues règles s’arrêteraient incessamment sous peu, alors à quoi bon ?

Je tiens à préciser que ce n’était pas des vraies règles, plutôt un abondant spotting, un flux de sang « normal » mais sans aucune douleur.

7 mois de règles en continu

Ça fait plus de trois mois depuis la pose, nouveau rendez-vous.

Le médecin me propose les deux alternatives : soit on laisse le stérilet, on attend trois mois de plus, on lui laisse une chance, et c’est très possible que ça s’arrête.

Soit on l’enlève et on essaie autre chose.

Je décide de continuer, de laisser une chance à cette contraception qui me semblait si parfaite. Les semaines s’écoulent, comme mon flux.

Pas de vraies douleurs, elles sont souvent psychologiques (je vois que je perds du sang alors il faut que je me sente mal) mais peu intenses.

Le plus épuisant, ce sont les faux espoirs : quand une douzaine d’heures sans trace te laissent espérer que c’est le bout du tunnel, et que, au moment où tu t’apprêtes à renoncer à ta serviette, une petite tache vient tout gâcher.

Nous sommes sept mois après la pose du stérilet miraculeux, six mois de règles en continu, sans trêve. J’ai rendez-vous dans un mois, je l’enlève, c’est décidé.

Et tout se confirme puisque lors d’un apéro bien sympathique, je m’éclipse aux toilettes et je constate alors une quantité de sang aberrante, d’un rouge vif, et je manque de m’évanouir (et pourtant ça fait six mois que j’en vois, du sang).

Une amie qui m’accompagnait m’aide à reprendre mes esprits, et on retourne à la soirée après quelques minutes : je refuse que ça m’empêche de vivre !

EndoFrance met en lumière trois symptômes principaux :

  • Les ménorragies : règles très abondantes et longues (supérieures à 7 jours avec une perte de sang importante). Elles sont rencontrées dans 50 % des cas d’adénomyose.
  • Les dysménorrhées : des douleurs liées aux cycles. Elles concernent 30 % des femmes atteintes d’adénomyose.
  • Les métrorragies : des pertes de sang en dehors de la période des règles. Elles sont rencontrées dans 20 % des cas d’adénomyose

À noter que l’adénomyose ne présente aucun symptôme 2 fois sur 3.

La vue d’un tel flux entraîne un peu plus tard des douleurs assez violentes, que je pense être psychosomatiques, mais, à part ça, rien d’insurmontable si j’ai une bonne serviette, Super Nuit Plus Plus, hein.

C’est donc bien décidée que je me rends à mon rendez-vous, prête à mettre fin à cette relation toxique avec mon stérilet. Le médecin me propose alors de passer à une pilule classique, une de celles qu’on prescrit souvent, mais de la prendre en continu.

Je commence la prise le soir même, et trois jours plus tard, je me balade enfin libre, ma vulve au contact du coton de mes culottes, prête à conquérir le monde !

Je revis, après sept mois à être en permanence irritée (mentalement et physiquement, les serviettes c’est naze), fatiguée et désespérée.

Les leçons après 7 mois de règles

À l’heure où j’écris aujourd’hui, ça fait sept semaines que j’ai repris la pilule. Mais c’est l’heure de reprendre mon fardeau…

Cela fait quinze jours que des pertes sont apparues dans mes slips, que je me réarme du même espoir :

« Ça ne va pas durer. »

J’étais vigilante : pas de retard, pas d’oubli, j’ai juste une vieille poisse il faut croire.

Étant à l’étranger jusqu’à fin août, je laisse encore ces quelques semaines à mon utérus pour qu’il se calme, après ça, c’est reparti pour un tour chez mon spécialiste préféré !

Les règles, c’est chiant, mais les avoir vraiment (VRAIMENT) longtemps m’a fait prendre conscience de plein d’inconvénients.

C’est vraiment beaucoup trop cher : un paquet une fois par mois, c’est beaucoup, quand tu triples ou quadruples, c’est horrifiant.

Ça gratte : j’ai eu l’occasion d’essayer plusieurs marques de serviettes. Et beh je n’ai rien trouvé de confortable au long terme !

Encore une fois, si j’avais que ça durerait aussi longtemps, j’aurais rapidement investi dans des serviettes en tissu (avec l’avantage de résoudre le point numéro un).

La masturbation, c’est salissant : n’ayant pas eu de partenaire au cours de l’année passée, je ne me suis pas passée d’une sexualité pleinement satisfaisante… à condition de penser à tous les dégâts que le sang peut faire !

C’est très fatigant, parce que constater chaque jour que tu perds ton sang, ça ne t’aide pas à positiver et à prendre la vie du bon côté tous les matins.

Big up à toutes les super personnes qui m’ont entourée est supportée lors de ces longs mois !

À lire aussi : Où s’informer sur l’endométriose ?

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Les Commentaires

11
Avatar de MaiaLea
29 mai 2023 à 18h05
MaiaLea
Ho my god, déjà que j'ai enchaîné 2 mois de saignements ++ suite à mon accouchement et retour de couches, c'était déjà l'enfer alors 7 mois...
Bref bon courage !
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Voir les 11 commentaires

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