Pourquoi je vis sans relation sexuelle depuis 2 ans

Cette madmoiZelle n'a pas eu de relation sexuelle depuis deux ans, par choix, ni religieux, ni lié à un traumatisme. Elle explique sa vision de sa sexualité.

Pourquoi je vis sans relation sexuelle depuis 2 ans©Free-Photos/Pixabay

Si je n’ai pas eu de relation sexuelle en 2 ans, ce n’est pas non plus une position morale, spirituelle ou religieuse, et je n’ai aucun traumatisme lié au sexe.

Quand je dis traumatisme, j’y associe un événement, ainsi que des conséquences bien spécifiques (syndrome de stress post-traumatique par exemple), que je n’ai pas moi-même.

En fait, je suis le pendant inverse de « ça n’arrive qu’aux autres ». Quand je lis des témoignages de violences sexuelles, je me dis « ça pourrait m’arriver », et je me protège en conséquence.

Comme il semblerait que partout, on ne comprenne pas trop comment on peut se passer de sexe aussi longtemps sans être une victime de violence sexuelle ou être asexuelle

Je vais expliquer ce qui m’amène à cette situation.

Je ne suis pas asexuelle

Déjà, je sais que je ne suis pas asexuelle parce qu’il m’arrive d’être en manque de sexe et de ressentir du désir pour des hommes.

Malgré ça, je n’ai actuellement pas de relation sexuelle et ce n’est pas une situation qui me pose de problème. Je vois bien que ça peut être difficile à comprendre quand on n’est pas comme ça.

En tout cas, beaucoup de mes amies ont du mal à le concevoir, on en rigole, mais je sais qu’elles vivraient très mal d’être dans cette situation.

Ici, je vais me concentrer sur les relations hors couple, parce que me mettre en couple actuellement n’est ni une priorité, ni vraiment possible avant plusieurs mois.

Je suis en alternance, donc un mois sur deux, je vis dans deux villes différentes. Et en plus, je ne souhaite habiter dans aucune d’elles.

Du coup, je n’ai pas envie de m’investir dans une relation qui sera forcément à distance pour l’année à venir. Après, si je tombe amoureuse, je me laisserais porter.

Mais pourquoi donc n’ai-je pas de relation sexuelle depuis deux ans, que diable ?!

Je ne suis pas faite pour les coups d’un soir

La première raison est un désintérêt global pour les coups d’un soir.

J’en ai eu il fut un temps, et quand bien même ça s’est bien passé, que c’était avec des gens sympa, je n’en garde pas un souvenir indétrônable.

En fait, il me faut un certain temps d’adaptation à l’autre avant de vraiment prendre mon pied.

Quand bien même je peux facilement avoir des orgasmes par stimulation externe du clitoris et avec des partenaires occasionnels, je sens bien que ce n’est pas ça qui me satisfait vraiment.

D’ailleurs, en couple, il m’a toujours fallu plusieurs semaines avant de pouvoir avoir des orgasmes par pénétration, et je pense que ça vient justement de là.

Je ne peux pas me lâcher pleinement tant qu’une certaine connexion n’est pas établie.

Malgré tout, le sexe n’est pas désagréable pour moi, et je pourrais très bien rencontrer quelqu’un avec qui coucher suffisamment régulièrement pour m’habituer à lui.

Après tout, il y a beaucoup d’applis qui fleurissent sur ce thème. J’en arrive donc à mon deuxième point : j’ai du mal à faire confiance aux hommes.

J’ai du mal à faire confiance aux hommes

J’ai globalement toujours eu du mal à me mettre en position de faiblesse, et je considère qu’avoir une relation sexuelle avec un homme me met en situation de faiblesse.

Parce que j’ai l’impression qu’il peut me faire beaucoup plus de mal que moi je ne peux lui en faire.

Ce manque de confiance s’est exacerbé après avoir traîné pendant de longs mois sur des forums exclusivement masculins sur lesquels j’ai pu constater toute la misogynie qu’il peut y avoir quand des hommes parlent entre eux des femmes.

En discutant avec eux, je me suis rendu compte que IRL (in real life), j’aurais pu me laisser berner, qu’ils auraient pu être des hommes qui font bonne figure et qui m’auraient plu.

Je me suis imaginée qu’ils parlent alors de moi comme ils parlaient de leur partenaire, voire même pour certains, qu’ils partagent des photos volées.

Quand bien même ils sont une minorité à aller aussi loin, quand bien même ils seraient une minorité à être aussi peu respectueux, le simple fait de savoir que je ne pourrais pas les détecter entache sérieusement la confiance que je peux leur porter.

La seule option viable que j’ai trouvée est de ne pas entretenir de lien de séduction dans un premier temps, de voir comment le mec se comporte lorsqu’il est avec ses amis et qu’il ne cherche pas à me séduire.

Dans ce contexte, une application de rencontre est totalement inenvisageable… Et ça restreint considérablement mes possibilités de rencontre !

Je manque de confiance en moi

Enfin, le dernier point est que je ne plais globalement pas aux hommes (même si ça arrive), que j’ai peur du rejet et qu’en conséquence, j’ai développé une faible confiance en moi sur mes capacités à plaire.

Je ne suis pas très belle aux regards des critères de beauté actuels.

Et en plus, je ne fais rien pour y correspondre : je ne me maquille pas, ne porte presque jamais de robe ou de short, j’ai les cheveux courts, etc.

Non pas qu’on ne puisse pas être belle dans ces conditions, mais ce n’est, je crois, pas ce qui attire un plus grand nombre d’hommes.

Dans la vie quotidienne, ce n’est pas quelque chose qui me pose souci, je vois la beauté comme une compétence que je n’ai pas et d’ailleurs, je ne cherche pas à la développer.

Je n’aime pas être désirable aux yeux de personnes qui ne me plaisent pas, en plus du fait que je ne prenne aucun plaisir à me maquiller ou porter de jolies robes.

Et si cet état de fait m’arrange bien dans ma vie de tous les jours, en revanche quand il s’agit de plaire, je n’ai plus aucune confiance en moi.

Et même si un jour je me retrouvais à voir que je plais à un homme qui me plaît, si la question de mon absence d’épilation n’a pas été abordée auparavant, je sais que je ne tenterais rien de peur de me faire rejeter pour ça au dernier moment.

J’ai peur de « devoir du sexe » à un homme

Après, il y a d’autres choses qui interviennent, le fait notamment que je me sente mal à l’aise en tête-à-tête avec quelqu’un (mais là, ça concerne même le domaine amical).

J’ai par exemple eu deux occasions comme ça, avec des gars rencontrés sur des forums.

On se parle parce que c’est le principe d’un forum, on voit qu’on s’entend bien, qu’il pourrait y avoir plus, mais l’idée de rencontrer quelqu’un IRL en tête-à-tête me fait peur (peur de rien n’avoir à dire par exemple).

Et finalement, je suis plus en manque de câlins et de tendresse que de sexe.

Le meilleur pour moi serait de passer la nuit avec un mec où on se ferait juste des câlins et sans que le mec soit demandeur de sexe, ce qui me mettrait en confiance sur le fait qu’il n’est pas pote avec moi juste pour ça.

Ça relâcherait la pression que j’ai à sexer avec lui donc je pourrais par la suite coucher avec lui beaucoup plus facilement.

Il y a un quatrième blocage lié au troisième et lié à la pression que je me mets à « devoir du sexe » à l’autre, dès lors que j’ai initié un mouvement en ce sens.

Si j’ai l’impression que c’est ce que le mec attend, j’ai peur soit de me sentir obligée de finir, soit de me sentir coupable d’avoir laissé espérer le mec qu’on allait coucher ensemble…

Et la masturbation, alors ?

Je cumule donc un intérêt tout relatif aux relations d’un soir, avec un manque de confiance en la gente masculine, des difficultés à plaire aux hommes qui pourraient me plaire et un manque de confiance en moi…

Et c’est comme cela que je me retrouve à ne pas avoir de relation sexuelle pendant une période aussi longue.

Pour couronner le tout, j’ai rencontré très peu d’hommes qui me plaisent ces deux dernières années.

Je suis souvent en déplacement ce qui complique d’autant plus la possibilité de nouer des relations de confiance.

Et clairement, le manque de relation sexuelle que je peux ressentir n’est pas assez fort pour passer outre tous ces obstacles.

Concernant la masturbation, je n’ai aucun problème avec !

Pour la fréquence, dur à dire, il y a des périodes où je peux le faire quotidiennement et d’autres périodes où je vais le faire une fois par semaine.

Ça ne répond pas vraiment au manque, mais comme ça finit par passer et que c’est pas non plus un truc horrible à vivre, je fais avec !

Je ne suis pas fermée aux relations sexuelles, mais j’attends d’être en confiance

Si l’occasion se présente et que je me sens suffisamment en confiance, je ne dirais pas non.

Dernièrement, il y a quelques hommes qui ont attiré mon regard et je tâte un peu le terrain (mais si ça devenait réciproque, je ne sais pas si ça aboutirait non plus, j’ai déjà fui à quelques reprises) !

Le fait de ne presque plus traîner sur certains forums en ligne aide aussi à ne plus trop développer cette peur, mais elle est toujours présente.

Un peu comme quelqu’un qui lirait 24h/24 des faits divers, et entretiendrait une peur peut-être irrationnelle de cette manière.

Ma vie sexuelle n’est pas quelque chose que je crie sur tous les toits, mais je ne ressens pas de pression sociale aussi forte que pour l’épilation par exemple.

Si la question vient, je peux en parler, mais je préfère éviter parce que je sais/suppose qu’on va me juger, et je n’ai pas forcément envie de m’étaler sur les détails.

En gros, pour que j’ai une relation sexuelle, il faudrait :

  • Que je rencontre quelqu’un qui me plaise
  • Que je lui plaise aussi, qu’il soit au courant que je ne m’épile pas et que ça ne le dérange pas
  • Que je sache qu’il n’attend pas spécialement du sexe de moi et qu’il peut apprécier de passer la nuit avec moi sans coucher

Et pour l’instant, tous ces critères n’ont pas été réunis !

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Oceane

Oceane

Océane est chargée des témoignages sur madmoiZelle ! Sa passion, c’est vos vies, surtout quand elles lui font réfléchir à la sienne. Elle aime aussi le froid, les arbres et les avocats.

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Commentaires

apacha

C'est exactement mon cas depuis un an et demi. Surtout en ce qui concerne la confiance envers les hommes (j'ai toujours été méfiante et j'ai vécu des expériences qui ont renforcé ce sentiment malgré une lueur d'espoir par ci par là). Après contrairement au témoignage, j'ai également vécu un traumatisme sexuel (que j'ai pris un an à m'avouer à moi-même car j'étais dans le déni) donc je suis dans une phase où j'essaie de guérir par moi-même et avec de l'aide, de me réapproprier mon corps, de me laisser du temps. Une chose est sûre est que je ne me mets aucune pression et mon prochain partenaire devra être patient, me mettre en confiance.

En réalité, j'aimerais aussi avoir une réelle connexion voire être amoureuse et en couple car je n'ai encore jamais vécu de vraie relation. Je pense qu'être dans une relation (avec un mec qui me plaît vraiment) pourrait participer à me mettre en confiance et me permettre de lâcher prise. Les plans-culs et relations sex-friend, bien que j'en ai déjà testé, ne m'intéressent plus du tout actuellement. Les coups d'un soir et plans culs en particulier, du haut de ma très maigre expérience, je n'y ai jamais trouvé de réelle satisfaction, toujours la sensation d'être seule voire vide après le rapport en fonction du comportement que le mec a eu avec moi. J'apprend à me connaître et à comprendre que j'aime également recevoir de la tendresse, de la considération. Pour moi, le sexe, c'est un tout. Quand bien même je recevrais de la tendresse d'un sexfriend, j'ai eu une très mauvaise expérience que je ne veux plus réitérer d'où le fait que je préfère être officiellement en couple maintenant. Je constate aussi que pas mal de mecs n'impliquent pas forcément de notion de respect à quelqu'un avec qui ils ne sont pas en couple. Et puis, je me suis rendue compte que je ne prenais pas tant de plaisir que ça, voire pas du tout.

Comme dit l'auteur, "il me faut un certain temps d’adaptation à l’autre avant de vraiment prendre mon pied.", c'est exactement ce que je ressens aujourd'hui. Il y a également le manque de confiance en soi (même si je m'améliore à ce niveau), ne pas s'autoriser à se laisser désirer, je dois également y travailler. Bref, quand je lis cet article, je me sens moins seule même si ma situation est particulière.
 
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