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Psychologie

Pourquoi regardes-tu tes propres stories Insta en boucle ?

Tu te surprends souvent à revoir tes propres Stories Instagram en boucle ? Tu n’es pas la seule ! Il y a même une explication à cette pratique.

Confinement ou non, lorsque je me connecte sur Instagram, le premier truc que je suis tentée de faire est de cliquer sur les nouvelles stories qui apparaissent sur mon écran.

J’en regarde quelques unes, celles de mes amis proches ou des célébrités que je préfère, mais le concept même de mater les stories de gens que je suis me lasse vite.

Pourtant il y a bien une story que je ne me lasse jamais de regarder.

C’est la mienne.

Je regarde mes propres stories en boucle

Je ne me souviens plus si c’était déjà le cas avec Snapchat (qui a été le précurseur des stories), car je ne me suis jamais vraiment posé la question avant d’écrire cet article.

Mais en y réfléchissant, je me rends compte qu’à chaque fois que je poste une story, j’ai tendance à retourner la checker plusieurs fois dans la journée.

Le simple fait de penser à cette pratique me fait me sentir narcissique et accro à mon image, et ça ne me rend franchement pas fière.

Je connais déjà le contenu de ma story et la regarder de nouveau ne m’apporte (à première vue, du moins) rien de nouveau.

Mais alors pourquoi est-ce que je fais ça ?

Je ne suis pas la seule à regarder mes propres stories

Mais aussi coupable et honteuse que cette pratique puisse paraître, il semblerait que je ne sois pas la seule à s’y adonner.

En en parlant avec mes amis, ceux-ci m’ont avoué faire la même chose.

«  Maintenant que tu le dis, moi aussi je regarde mes stories en boucle dès j’en mets une.

Tu as une explication ? »

Moi non, mais Chloe Bryan de chez Mashable l’a trouvée.

Pourquoi les individus regardent en boucle leurs propres stories

Intriguée par ce phénomène, Chloe Bryan s’est lancé le défi de comprendre pourquoi les utilisateurs d’Instagram étaient aussi tentés de regarder leur propre story en boucle.

Elle a ainsi commencé par interviewer des profils très différents de «  posteurs de stories » pour comprendre ce qu’ils avaient en commun.

Grace, une étudiante de 17 ans, reregarde ses stories, surtout les selfies, pour s’assurer plusieurs fois que la photo postée lui plaît, si elle se trouve assez jolie, et pour savoir lesquels de ses followers l’ont déjà vue.

Joey, un fabriquant de meubles de 28 ans, ne poste jamais de photo de lui en story. Mais il confie qu’il aime quand même repasser en boucle ses propres stories, lorsqu’il s’agit de quelque chose qui l’a touché et qu’il voulait partager : un plat, un paysage, une œuvre…

Chloe Bryan, quant à elle, avoue revoir ses propres stories sans cesse et encore plus quand elle pense qu’il s’agit d’une jolie story.

«  Si j’y réfléchis vraiment, je m’imagine en spectateur : en train de découvrir ma super bonne story, surprise de sa merveilleuse qualité, puis je finis par sourire avec une profonde satisfaction de ma maîtrise de la plateforme. »

Mais afin de trouver l’explication de ces comportements, Chloe s’est tournée vers la science.

Regarder ses propres stories pour flatter son égo

Elle a d’abord interrogé le Docteur Allison Forti, une professeure assistante de conseil à l’université de Wake Forest.

Cette dernière lui a expliqué que la tendance à regarder ses propres contenus éphémères pouvait être liée en partie au concept psychologique appelé «  l’image de soi » (« looking glass self »), qui postule que le sentiment d’identité des individus est partiellement ancré dans la façon dont ils se sentent perçus par les autres.

En regardant leurs propres stories, les utilisateurs d’Instagram cherchent à percevoir l’image qu’ils renvoient aux autres.

Et lorsqu’ils estiment que cette image est bonne, met leurs qualités, physiques ou intellectuelles, en valeur, alors ils ont tendance à revoir ces stories afin de booster leur confiance en eux et de les rassurer quant au fait qu’ils sont «  validés » par les autres.

Regarder ses propres stories pour vérifier l’image que l’on renvoie

Elle a aussi demandé l’avis du Docteur Kent Bausman, professeur du programme Sociologie en ligne de l’université de Maryville.

Pour lui, ce phénomène peut être lié au concept sociologique de la dramaturgie développé par Erving Goffman, qui stipule que la vie, le moi et les interaction humaines peuvent être comparées aux performances d’acteurs se produisant sur scène.

Ainsi la vie publique serait la performance scénique des individus et la vie privée, les coulisses.

Les stories n’étant disponibles que 24h, elles seraient alors le moyen de montrer ces fameux coulisses (vie privée) et donc de présenter une « version moins lisse », moins soignée, plus détendue de nous-même pour compléter la version relayée dans notre feed permanent (vie publique).

Ainsi, reregarder ses propres stories permettrait de s’assurer de la double image (vie privée/vie publique) véhiculée par notre compte Instagram. Comment les autres la perçoivent mais aussi comment nous la percevons, nous-même.

L’aspect éphémère de la story est séduisant, selon Bausman, puisqu’il permet de renvoyer une image qui ne durera pas pour toujours.

C’est pourquoi elle plaît d’autant plus aux plus jeunes, qui sont davantage concernés par l’empreinte digitale qu’ils laissent.

Regarder ses propres stories, est-ce que c’est grave ?

Mais ces explications ne sont pas exhaustives et peut-être regardes-tu toi-même tes propres stories pour une raison différente.

Personnellement, je pense que lorsque je remate mes stories, c’est souvent pour double checker leur qualité et booster mon égo, comme beaucoup.

Si l’aspect frime rentre inévitablement un peu en compte, c’est surtout le côté partage qui me motive à faire des stories.

Qu’il s’agisse d’une photo de moi, d’un plat que j’ai adoré ou d’un dessin dont je suis fière, reregarder mes stories me permet de vérifier si j’ai réussi à transmettre ce que je voulais.

Je n’en suis toujours pas fière mais je comprends mieux pourquoi je fais ça.

Quoi qu’il en soit, si toi aussi tu regardes tes propres en stories en boucle, sache que tu n’es pas la seule mais aussi qu’il n’y a pas de raisons de te sentir coupable de le faire.

Attention cependant au côté pervers que cette pratique peut avoir !

Booster ta confiance en soi, oui. Devenir obsédée par ton image sur les réseaux sociaux de façon malsaine, non !

Et toi, ma libellule, tu regardes tes propres stories ? C’est quoi ton explication ?

À lire aussi : Les secrets pour des stories Instagram qui claquent !

Les Commentaires
5

Avatar de Ada Lovelace
7 avril 2020 à 07h05
Ada Lovelace
Moi je m'écoute pas mal chanter (alors que je n'aime pas m'entendre parler), je revois des vidéos de moi à des spectacle, je sais que certaines personnes détestent ça mais moi, j'aime beaucoup. J'imagine que ça flatte un peu mon égo, je me dis que quand même c'est joli, c'est un peu le seul "talent" dans lequel j'ai à peu près confiance, alors c'est pas désagréable.
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