J’en ai assez que Léna Situations ne soit pas prise au sérieux

Léna Situations, violemment critiquée pour une photo d'elle en robe, est venue parler sororité et rapport au corps dans Quotidien. Ce qui a attiré de nouvelles moqueries...

J’en ai assez que Léna Situations ne soit pas prise au sérieux

Hier soir, Léna Mahfouf alias Léna Situations était l’invitée de Yann Barthès sur le plateau de Quotidien pour parler du hashtag #LenaChallenge, lancé sur Twitter suite au body-shaming qu’elle a subi en postant une photo d’elle en robe d’été.

Son passage à la télé pour parler des haters de Twitter a réveillé, tiens-toi bien lectrice… D’autres haters de Twitter. Surprise (non).

Ceux-ci ont décidé que Lena n’était pas digne d’être invitée sur un plateau pour donner son opinion ou pour parler de sujets de société, considérés comme futiles quand ils sortent de la bouche d’une influenceuse.

Attention ma plume chauffe, car j’en ai vraiment ras-le-bol que Léna Situations ne soit pas prise au sérieux.

La longue histoire de Léna Situations et du jugement gratuit

La raison de la venue de Léna sur le plateau de Quotidien n’est autre que le slut-shaming et body-shaming dont elle a trop souvent été victime.

En effet, le 18 mai, Lena poste une photo (qu’elle qualifie d’anodine) sur son compte Twitter alors qu’elle s’apprête à retrouver ses amies pour un pique-nique de déconfinement.

Grande amoureuse de la sape, elle a pour habitude de poster ses looks sur les réseaux.

Certains et certaines se sont empressées de donner son avis non-sollicité sur les petits seins de Lénac’est des pecs ou des seins ? »), tout en s’indignant parfois que son père ou son mec (Seb, lui aussi vidéaste) puisse « la laisser sortir comme ça ».

Léna connaît une forte exposition sur YouTube et sur les réseaux sociaux, et explique qu’en encaissant ce genre de commentaires sur son physique depuis des années maintenant, elle a réussi à se forger une carapace et à finalement accepter et aimer ce corps qui la complexait autrefois.

Elle parle des réseaux sociaux comme d’un accélérateur de complexes (sans qu’ils n’en soient à l’origine), et dit qu’elle a donc fait un travail sur elle-même qui lui permet d’affronter cette réalité.

La jeune femme réagit avec humour aux tweets et lance dans Quotidien :

« Mes seins j’y peux rien, le bureau des plaintes c’est Dame Nature, moi je ne peux rien y faire ! »

En revanche, Léna s’avoue davantage choquée par les commentaires qui interpellent son père ou son mec :

« C’est un truc qui m’a un peu titillée, qu’on ramène les hommes de ma vie à cette photo. »

En effet, quel rapport ? En quoi un homme devrait-il avoir un quelconque pouvoir sur la façon dont s’habille sa femme, sa copine, sa sœur, sa fille ?

En parlant de cette histoire de robe d’été, Léna et son compagnon Seb se sont rendu compte que ce dernier n’a jamais vécu de critiques aussi ciblées sur son physique et ce qu’il choisit de porter. Ce sont des attaques réservées aux femmes.

Si Léna sait prendre du recul sur ce genre de déchaînements envers son corps, elle explique qu’elle en a vraiment marre des remarques désobligeantes sur son travail et ses valeurs.

Remarques qui lui ont été adressées en masse sur Twitter pendant son passage dans Quotidien...

Léna Situations discréditée à cause de son métier

Yann Barthès commence l’interview avec cette question :

« Quand on vous demande quel est votre métier, vous répondez quoi ? »

Ce à quoi Léna répond avec honnêteté et spontanéité :

« Moi non plus je sais pas les gars… Mais je suis là ! »

En effet, le job de Lena est difficile à faire rentrer dans une case tant il recouvre différentes réalités, et ça, ça a le don d’en énerver plus d’un, plus d’une. Alors les tweets vont bon train.

Elle est youTubeuse, créatrice de contenus, influenceuse, égérie et en contrat chez Jennyfer… Tant de mots pour définir le travail (acharné) de Lena Situations, une boss bitch comme j’en connais peu.

Et on parle d’elle comme d’une gamine aux problèmes futiles.

Beaucoup voudraient la réduire au silence en la discréditant, en rabâchant qu’elle produit du vent, que son métier est facile…

Même si je comprends que le monde d’aujourd’hui avance à toute vitesse, que ses frontières sont de plus en plus floues et difficiles à appréhender, ça, c’est ce que j’appelle une attitude de vieux con, pardon my french !

Influencer autrui n’a jamais été considéré comme une mauvaise chose. C’est même vu comme une qualité, une forme de pouvoir et de reconnaissance pour les artistes ou les entrepreneurs et entrepreneuses qui nous inspirent chaque jour.

Mais quand il s’agit de compter des followers Instagram, tout à coup l’influence perd de sa noblesse.

Et cette mauvaise connotation du terme « influence » suit Léna partout où elle va.

Ça se voit notamment du côté des commentaires de cette interview signée KonbiniArts, dans laquelle certaines personnes s’indignent qu’elle puisse s’illustrer dans cette rubrique du magazine.

Pourtant, Léna Situations va contribuer à former les cerveaux du futur, vu la taille de son audience. Alors pourquoi refuser de lui donner du crédit ?

Discréditer Lena Situations, c’est discréditer une partie d’une génération entière puisqu’elle en est une voix très importante.

Avec 1,7 millions de followers sur Instagram, 1,2 millions d’abonnés sur YouTube et 658k abonnés Twitter, comment est-il encore possible d’ignorer la voix (en plus si positive !) de Lena Mahfouf ?

Léna Situations, la voix d’une génération

Dans son passage dans Quotidien, Léna parle du harcèlement qu’elle a subi sous son post de robe d’été.

Elle explique qu’elle a d’abord répondu en story via son compte Instagram en remettant les twittos haineux à leur place.

Mais elle n’est pas la seule à avoir réagi, puisque suite à cet acharnement, une de ses abonnées a créé le hashtag #LenaChallenge sur Twitter, à travers lequel des femmes (aux petits ou gros seins !) ont repris le contrôle de leur corps en assumant leurs complexes.

Un élan de sororité qui a beaucoup ému Léna.

Cependant, alors que Léna décrypte le mouvement de sororité ultra bodypositive généré par ce qui lui est arrivé, la journaliste de Quotidien commente les photos des femmes qui renouent avec leur corps avec un soufflement de nez ironique :

« Ah ouais mais les hommes ils sont contents là. »

J’avoue avoir été désarçonnée…

Quel dommage, alors qu’on parle de solidarité féminine, de venir remettre les femmes à leur place d’objets seulement visibles par le prisme de l’homme emplis de désir sexuel, le tout en une remarque piquante !

Heureusement, Léna explique que ces femmes à l’origine du #LenaChallenge ont été courageuses et solidaires. Elle ne se laisse pas démonter et replace la démarche dans son intérêt premier.

Elle parvient même à définir son véritable rôle sur les réseaux sociaux : elle est là pour ouvrir un débat.

En une photo postée, 3 stories Instagram et un passage à la télé, Léna Situations a ouvert un débat passionnant sur la vision du corps de la femme dans la société, et l’a rendu accessible à toutes les jeunes femmes qui la suivent.

Comment te dire que si ça ne lui suffit pas pour être prise au sérieux, je ne sais pas ce qu’il faut de plus aux haters.

À lire aussi : Le père de Léna Situations réagit au slut-shaming

Alix Martineau

Alix Martineau

Alix Martineau, à dire sur l'air de Paris Latino, est chargée des podcasts chez madmoiZelle. Elle aime principalement le cinéma et rigole très, très fort.

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Commentaires

-Loreleï-

@skippy01 Mais est-ce que c'est vraiment le cas ? Est-ce que les gens qui regardent ça ne regardent que ça ? Si des études le montrent je veux bien, mais est-ce que c'est uniquement un postulat de ta part ?
Après en ce qui concerne le côté "prise de tête" des contenus intellectuels, je ne crois pas qu'on ait attendu les influenceurs et le digital pour ça. Quand j'étais au collège dans les années 90/00 les discours étaient exactement les mêmes. Et c'était aussi comme ça avant. Et finalement je repose ma question : est-ce que c'est vraiment grave ? C'est une question ouverte, pas rhétorique.

Edit : En plus des personnes comme Lena véhiculent des messages positifs, dans le sens où ils ne sont pas problématiques. Je comprendrais beaucoup plus qu'on remette en question une surconsommation d'émissions télé type Hanouna ou les Marseillais qui sont empreints de sexisme. Là ce n'est vraiment pas le cas, et même au contraire.
 
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