Kate, 29 ans, touche 500€ par mois et doit limiter ses dépenses « au plus essentiel »


Combien gagnez-vous par mois ? Comment dépensez-vous cet argent ? Qui paye quoi dans votre couple ? Voici quelques-unes des questions auxquelles nous nous attaquons dans notre nouvelle rubrique Règlement de comptes !

Une femme fait ses comptesPhoto tirée du film Sorry we missed you

Parler d’argent, en France, c’est encore tabou. Pourtant, c’est un sujet passionnant, et par certains aspects féministes. Dans notre nouvelle rubrique Règlement de comptes, des femmes viennent éplucher leur budget, nous parler de leur organisation financière en couple et de leur rapport à l’argent. Aujourd’hui, c’est Kate qui a accepté de nous ouvrir ses comptes.

  • Prénom : Kate
  • Âge : 29 ans
  • Métier : Assistante d’éducation, au chômage après un burn-out
  • Revenu mensuel : 500€ net
  • Famille : Kate vit seule, car sa copine habite dans une autre région
  • Lieu de vie : Un appartement dans une petite ville de l’Est de la France

Les revenus de Kate : chômage, RSA et allocations logement

Après ses études, Kate a tenté trois fois le concours de prof des écoles avant de renoncer. Elle a ensuite eu plusieurs expériences professionnelles, mais la dernière — assistante d’éducation dans un lycée — l’a menée à faire un burn-out en 2020. Depuis, elle est au chômage et n’a malheureusement le droit qu’à une faible allocation, complétée par le RSA (Revenu de Solidarité Active).

Au total, elle perçoit environ 500€ par mois. Un montant bien en dessous du seuil de pauvreté en France.

« Je vais peut-être faire grincer des dents, mais 500€ par mois c’est un montant ridicule si on compte vivre dignement, même au chômage ou tributaire des aides. Le souci, à mon sens, se situe plutôt dans le pouvoir d’achat lui-même ; et non lié à ma situation personnelle. »

Kate explique qu’elle a encore quelques séquelles après son burn-out et qu’elle est maintenant accompagnée par une association spécialisée et Pôle Emploi pour construire un nouveau projet professionnel adapté à ses compétences et tenant compte de ce qui lui est précédemment arrivé.

Elle a aussi obtenu une reconnaissance en tant que travailleuse handicapée (statut RQTH) auprès de la Maison Départementale des Personnes Handicapées, mais elle n’a pas pour autant le droit à l’Allocation aux Adultes Handicapés (AAH).

« Beaucoup de personnes croient encore que les deux vont systématiquement de pair, mais ce n’est pas le cas. J’ai dû démêler les idées reçues dans mon entourage. »

En plus de ces 500€, Kate peut heureusement bénéficier d’Allocation-logement, directement versée au propriétaire de son appartement, pour couvrir une partie de son loyer.

Les dépenses de Kate se « limitent au plus essentiel »

Kate vit dans un appartement dans une petite ville de 7.000 habitants dans l’Est de la France. Son loyer est de 350€, mais elle perçoit 253€ d’APL. Se loger lui coûte donc 97€ par mois.

« Mon propriétaire n’est autre que l’ancien employeur de ma mère, que je connais depuis l’enfance. Il a accepté de me louer ce logement sans garant alors que je ne percevais que le RSA au moment de signer mon bail. »

En plus de son loyer, Kate doit consacrer une large part de son budget à se chauffer. 122€ environ par mois sont ainsi répartis entre les factures d’électricité, d’eau et les taxes liées aux ordures ménagères.

« Je vis dans un logement où l’isolation est devenue désuète avec les années, alors c’est difficile de faire des économies majeures sur mes factures énergétiques. À moins d’engager une rénovation de l’appartement, mais ce n’est pas à l’ordre du jour du côté de mon propriétaire. »

De manière générale, les dépenses de Kate « se limitent au plus essentiel » : alimentation, logement, énergie, assurances, internet, téléphone.

« L’habillement et mes loisirs entrent dans les dépenses de second ordre, c’est-à-dire que je fais l’achat lorsque je n’ai pas le choix ou que j’ai de l’argent de côté pour cette dépense. Heureusement, malgré de petites tuiles ponctuelles, je n’ai jamais été sujette au découvert ! »

Comment diminuer ses postes de dépenses fixes ?

Pour diminuer les coûts, Kate fait une partie de ses courses en Allemagne, notamment pour la viande, les légumes ou les produits d’hygiène ou de ménage.

Côté abonnements, Kate paye 85€ par mois pour sa box internet, son forfait mobile, et l’accès à Netflix et Disney+. Elle doit par ailleurs payer environ 11,5€ pour la redevance audiovisuelle (lissée sur 12 mois).

La jeune femme n’a pas de voiture et n’a pas de frais de transport régulier, par contre elle verse chaque mois 18€ de frais bancaire et 27€ d’assurances (assurance logement, protection juridique, assurance multirisque accidents).

« Je trouve mes frais d’assurances et mes frais bancaires excessifs, mais à moins de résilier certains contrats, il est difficile de faire des économies sur ce point. J’ai besoin d’être un minimum couverte par les assurances et d’avoir accès à un certain nombre de services bancaires. »

Comment épargner quand on est au RSA ?

Kate se considère comme une personne « économe dans la vie de tous les jours » même s’il lui arrive de « faire des écarts » concernant la nourriture, l’informatique ou les jeux vidéos. Avant d’être au chômage, elle avait réussi à se constituer une petite épargne dans laquelle il lui est parfois arrivé de piocher ces douze derniers mois.

« Pas par gaieté de cœur ou pour mes loisirs, mais pour mes “grosses” factures (régularisation de facture d’électricité, redevance audiovisuelle, mais aussi ma redevance pour les ordures ménagères facturée deux fois par an et que j’oublie systématiquement, évidemment). Mes économies me servent aussi à pallier les tracas de l’administration (régularisation du loyer suite à des changements au niveau des APL). Dans l’ensemble, sinon, j’y touche rarement, car je parviens à mesurer mon budget de sorte que ça suffise chaque mois. »

Quand elle n’a pas eu de dépenses imprévues, Kate parvient à épargner entre 40 et 50 € par mois.

« Cet argent est mis de côté sur un compte épargne et je l’utilise pour mes vacances et mes loisirs, ou exceptionnellement, parfois, pour un petit plaisir vestimentaire. Le compte épargne lui-même sert aussi à combler mes dépenses en cas d’achat imprévu important, pour éviter justement d’être à découvert. »

Cet argent devrait notamment permettre à Kate d’aller voir sa copine qui vit à 1.000 km de distance.

« Notre histoire est récente, à peine quelques mois et sans nous voir en raison du contexte sanitaire. Nous n’avons pas encore trop abordé le sujet de l’argent au sein du couple, mais il y a toutefois eu une petite tension concernant l’achat de mes billets de train. Je voulais réserver en avance afin d’économiser de l’argent, mais elle restait confuse quant à mon besoin de m’organiser aussi en avance… Sans doute parce qu’elle utilise rarement le train et qu’elle ignore donc le degré de fluctuation du calendrier des tarifs avec la SNCF hors trains régionaux. »

Merci à Kate d’avoir accepté de répondre à nos questions !

Retrouvez tous les épisodes de Règlement de comptes ici ! Pour participer à la rubrique, écrivez-nous à l’adresse : daronne[at]madmoizelle.com en indiquant en objet « Règlement de comptes » et en vous présentant en quelques lignes.

Si jamais vous souhaitez commenter cet article, rappelez-vous qu’une vraie personne est susceptible de vous lire, merci donc de faire preuve de bienveillance et d’éviter les jugements.

Clémence Boyer

Clémence Boyer


Tous ses articles

Commentaires

EmmanuelleMerteuil

@Eivlys Il y a juste l'assurance maladie qui "reconnaît" le Burn Out. C'est possible d'avoir un lien pour confirmer que le gouvernement a bien voté une loi dans le sens où l'épuisement professionnel est reconnu comme maladie professionnelle ?
La seule loi proposé trouvable sur internet remonte en 2018 et ça a bien été rejeté.
Je réponds vite fait (je n'ai pas pu lire les échanges précédents) parce que c'est mon métier : non, le burn out n'est pas automatiquement reconnu comme maladie professionnelle, il ne fait pas partie des tableaux (https://www.inrs.fr/publications/bdd/mp.html). On peut le faire reconnaître par une procédure spécifique en passant devant une commission et ça reste très, très compliqué à obtenir (en général on obtient plutôt un "syndrôme anxio dépressif" et ça reste la galère à obtenir).
 

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Désactive ton bloqueur de pub ou soutiens-nous financièrement!