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La jalousie et moi, comment j’essaye de m’en défaire

22 août 2017 3
À l’occasion de la sortie des Proies au cinéma, les rédactrices parlent de leur rapport à la jalousie, des situations dans lesquelles le sentiment naît chez elles et comment elles le surmontent.

— Cet article a été publié dans le cadre d’un partenariat avec Universal.
Conformément à notre Manifeste, on y a écrit ce qu’on voulait.

La dernière réalisation de Sofia Coppola, Les Proies, sort le 23 août au cinéma. Le film dont madmoiZelle est très fière partenaire va vous plonger dans un huis-clos angoissant.

Imaginez un groupe de femmes tranquilles dans leur coin. Sauf que par bonté d’âme, elles accueillent un soldat blessé du camp adverse qu’elles décident de soigner.

Et c’est là que tout commence à se casser la figure. Jalousie, envie, cachotteries… Les Proies vont commencer à se dessiner.

Toutes les protagonistes du long-métrage sont très différentes, des plus jeunes aux plus expérimentées. L’une va mettre en avant son innocence, tandis qu’une deuxième jouera de son intellect et d’autres de leur beauté.

Les Proies / Bande Annonce Officielle 2 VOST [Au cinéma le 23 août]

Tu veux en savoir plus sur le film ?
Par ici la critique et l’interview de Sofia Coppola !

Dans Les Proies, tous les moyens sont bons pour charmer le soldat et l’amitié des jeunes femmes va en prendre un sacré coup.

Le film nous a donc inspirées et nous a incitées à parler de notre rapport à la jalousie — qu’elle soit familiale, professionnelle ou même amoureuse.

Ce sentiment peut facilement s’insinuer dans nos esprits, comme en témoignent nos rédactrices.

Même en étant conscient•e qu’il n’y a pas lieu d’être jaloux•se, on ne peut pas toujours contrôler ce sentiment.

À lire aussi : Psychologie des jalousies

La jalousie familiale

La jalousie peut être ressentie très jeune, comme notre premier témoignage le démontre. Même sans poser des mots sur la situation à l’époque, Laïla n’a pas apprécié que sa famille s’attache à quelqu’un d’autre qu’elle.

« Quand j’avais 6 ans, ma mère gardait une petite fille (appelons-la Julie*) qui était un poil plus jeune que moi. Elle était hyper choute, mes grandes sœurs étaient particulièrement fascinées par ses sourcils qui étaient très bien dessinés.

J’étais jalouse d’elle car les miens étaient hyper dispersés et broussailleux. Du coup, un jour, j’ai rasé mes sourcils pour avoir les mêmes qu’elle. Évidemment ça n’a pas du tout eu l’effet escompté.

Résultat, j’avais un trou au milieu du sourcil droit. Julie* trouvait que mon trou avait la forme d’un chapeau et que c’était marrant. Mes sœurs se sont un peu moquées de moi car je refusais d’admettre que j’avais rasé mes sourcils.

En reparlant de cette histoire, j’ai longtemps pensé que j’étais uniquement jalouse de ses sourcils bien dessinés mais à y repenser, je crois que j’étais surtout jalouse du fait qu’elle piquait un peu ma place de « petite dernière » dans la famille ! »

Pour Laïla, la jalousie cachait finalement un sentiment d’insécurité.

À lire aussi : Je suis l’aînée d’une famille nombreuse… et ça m’a fait grandir TRÈS vite

La jalousie professionnelle

Esther, elle aussi, a conscience de ses états d’âme jaloux par moment.

« J’adore mon job. Vraiment, je me suis rarement autant épanouie qu’actuellement. Mais en même temps, je ne sais pas si je voudrais faire ça toute ma vie (d’autant plus que ce travail n’est pas lié à mes études que j’adore pourtant).

Et quand je vois mes potes de master décrocher des stages de dingue dans mon domaine originel, sur le moment, je ne peux pas m’empêcher d’éprouver une pointe de jalousie, comme une petite voix qui me dit « mais merde, moi aussi je veux faire ça en fait ».

Et puis finalement, je me calme très vite.

Parce que je prends conscience du ridicule de la situation. À quoi bon être jalouse alors que tout ça découle de choix que j’ai moi-même faits ?

Puis même si ce n’était pas le cas, ça ne me porte pas pour autant préjudice que mes potes décrochent ces stages. C’est même plutôt un super bail pour qu’elles me pistonnent par la suite !

Ce sont mes amies et elles méritent le meilleur ! Leur réussite n’entache pas la mienne, ça nous permet au contraire de nous tirer vers le haut mutuellement. Et c’est ce que j’attends de toutes mes relations, qu’elles me permettent de devenir une meilleure personne. »

Esther n’a donc pas essayé de rabaisser les gens qui réussissaient autour d’elle.

Quand notre entourage prospère professionnellement, dans la branche qui nous intéresse, on peut avoir l’impression d’avoir un train de retard. Mais souvent, une analyse de sa situation personnelle suffit à relativiser.

À lire aussi : Je dévalorise mon propre travail en permanence… mais je me soigne !

La jalousie admirative

On conclut sur l’expérience d’une dernière rédactrice anonyme qui manquait un peu d’assurance dans sa jeunesse mais qui a appris à en faire une force.

« J’ai très longtemps été jalouse de pratiquement toutes les nénettes autour de moi. Pas de la mauvaise jalousie genre « je les déteste, je suis dans le déni », plutôt de l’envie parce que je trouvais toujours quelque chose que j’admirais chez elles.

Avec le temps, j’ai compris que ça venait simplement d’un gros manque de confiance en moi et j’ai transformé cette « jalousie » (qui me renfermait sur moi-même) en quelque chose de positif : j’éprouve toujours ce type d’admiration mais j’hésite pas à la partager.

J’hésite pas à dire aux filles qui m’épatent ou qui ont ce quelque chose de spécial qu’elles l’ont, parce que j’ai compris que mon point de vue n’était pas unique et que même si moi je les trouve géniales, ces nanas là aussi ont des doutes.

Et ça peut tout changer d’aller simplement voir quelqu’un et de lui dire « hé ! T’es vraiment cool » (ou tout autre compliment sincère qu’on pense).

Aujourd’hui, il m’arrive toujours d’éprouver cette « jalousie », mais je sais que cela vient de mes insécurités et je le ressens plus comme un sentiment de « je suis heureuse de voir ces filles être démentes pour X raisons, j’espère qu’elles en ont conscience et je vais m’inspirer d’elles pour m’améliorer. »

À lire aussi : Les 4 obstacles à surmonter quand on manque de confiance en soi

Transformer sa jalousie en sentiment positif, c’est possible

En conclusion, être jaloux•se, éprouver de l’envie émotionnelle ou même matérielle, reste un sentiment humain.

Les rédactrices de madmoiZelle — à l’instar de nombreuses personnes — ont réussi à transformer un sentiment néfaste en avantage.

Faire des compliments prouvant l’admiration ou encore se réjouir de la réussite des autres permet aussi de transcender la jalousie.

Laïla, Esther et la rédactrice anonyme ont réussi à faire preuve de solidarité féminine dans un monde où les femmes sont déjà bien assez dépréciées par la société.

En bref, si la jalousie n’est pas maladive, elle peut engendrer une remise en question positive.

C’est ce que les personnages des Proies devront être capable de faire également : passer par-dessus les jalousies et s’allier contre un ennemi commun pour renverser la donne.

Découvrez le long-métrage de Sofia Coppola en salles le 23 août prochain !

À lire aussi : REPLAY — L’Émifion #23 sur la jalousie

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Les Commentaires
3

Avatar de Orukoh
23 août 2017 à 09h37
Orukoh
@Lilamuse @N0lwenn Exactement, c'est aussi ce que j'ai ressenti à la lecture de l'article. La jalousie, c'est ce sentiment mauvais (totalement injustifié, c'est pour ça que l'on en souffre) que l'on ressent typiquement quand on voit une personne que l'on aime rire avec quelqu'un d'autre, partir en voyage avec quelqu'un d'autre... Hmm on ressent un soupçon de vécu
Et ça n'est pas nécessairement amoureux, cette personne peut faire partie de nos amis, de notre famille...
J'ai ressenti jalousie et envie autour d'une seule personne, ça ne m'a pas fait beaucoup de bien.
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