Ces étudiantes à l’étranger pendant le confinement témoignent

Elles étaient au Brésil, au Royaume-Uni ou encore au Canada lorsque le confinement a été décrété en France, et racontent leur choix de rester à l'étranger ou leur périple chaotique pour rentrer en France.

Ces étudiantes à l’étranger pendant le confinement témoignent

Les jours précédent le confinement, sentant que des mesures drastiques pour lutter contre l’épidémie de coronavirus se profilaient, j’ai décidé de déménager pour rentrer passer le confinement au sein de ma famille.

Prendre cette décision n’était pas facile, et la perspective de voir mon trajet annulé et de rester confinée toute seule était stressante.

Alors je n’ose pas imaginer quelle aurait été ma façon de réagir si j’avais été à des milliers de kilomètres de chez moi !

Cette situation, ces madmoiZelles qui étaient étudiantes à l’étranger au moment de l’annonce du confinement l’ont vécue, et ont accepté de me raconter.

Entre parcours du combattant pour se faire rapatrier ou choix courageux de rester sur place, leurs témoignages sont passionnants !

Les motivations des étudiantes qui ont choisi de rentrer en France pendant l’épidémie de coronavirus

Pour la plupart des madmoiZelles que j’ai interrogées, le choix de rentrer en France s’est imposé comme la meilleure solution.

Des décisions motivées par le stress de voir la situation dégénérer, l’inquiétude des familles et surtout les recommandations du gouvernement français de rentrer, comme tu peux le lire dans cet article de L’Etudiant.

Au Brésil, un Président qui minimise l’impact du coronavirus et un accès aux soins limité

Pauline était en échange au Brésil depuis peu quand l’épidémie de coronavirus a commencé à avoir des incidences sur la vie quotidienne des habitants du pays, le tout sur fond de mauvaise gestion par le Président du pays :

« Ici, alors que le Président du Brésil sous-estime le virus et incite les gens à continuer de vivre normalement, le gouvernement de l’État de Rio commence à fermer les écoles et les universités, les centres commerciaux, les musées, les plages, les parcours de randonnées, pour une durée indéterminée.

On ne sait pas vraiment combien il y a de cas au Brésil car les chiffres sont vraisemblablement truqués. »

La quarantaine n’est pas obligatoire au Brésil et le Président Jair Bolsonaro tient un discours jugé irresponsable par de nombreux chefs d’Etat en minimisant l’épidémie de coronavirus.

Malgré tout, Pauline me raconte que la population adopte un comportement responsable en se mettant d’elle-même en quarantaine.

Elle a décidé de rentrer début avril car le consulat français de Rio a contacté les étudiants et étudiantes Françaises pour les inciter à prendre un vol pour la France « avant qu’il n’y en ait plus ».

Pauline a également choisi de rentrer car la situation était susceptible de devenir dangereuse au Brésil :

« L’accès à des soins de qualité ici est limité, et la situation peut plonger davantage dans la misère une partie de la population, ce qui pourrait favoriser encore plus la criminalité. »

C’est donc « avec bon sens mais un peu triste » que Pauline a choisir de rentrer en France.

Au Canada, la peur de voir tous les vols vers la France annulés

Elise était en échange universitaire dans la ville de Calgary au Canada.

Elle m’explique que des mesures de distanciation sociale sont mises en place mais qu’il n’y a pas de « confinement » à proprement parler avec autant d’interdictions qu’en France, car la population se confine d’elle-même :

« Ça faisait un moment que les gens faisaient très attention, bien avant l’annonce du confinement en France. »

Elise était en voyage à San Francisco quand le gouvernement français a commencé à prendre les premières mesures.

À ce moment, elle décide d’écourter son séjour pour rentrer au Canada, et est forcée de réaliser deux semaines de quarantaine dans sa résidence universitaire à Calgary :

« C’était assez difficile et brutal comme situation, je suis passée d’un voyage aux Etats-Unis à un retour précipité au Canada où j’ai dû rester en isolement total pendant deux semaines !

J’habitais avec deux autres filles et j’ai été déplacée dans une chambre seule sans même avoir le droit de récupérer mes affaires qui étaient restées dans ma coloc. »

C’est à ce moment-là qu’Elise décide qu’elle veut rentrer en France :

« Je voulais absolument rentrer parce que toutes les compagnies annulaient leurs vols et que je ne voulais pas rester enfermée à Calgary. »

Les retours chaotiques des étudiantes à l’étranger pendant l’épidémie de coronavirus

Une fois la décision de rentrer prise, le voyage a été cahotique pour de nombreuses madmoiZelles !

Un retour in extremis en France depuis l’Angleterre

Lena est étudiante en thèse dans une ville reculée du sud de l’Angleterre et a décidé en catastrophe de rentrer, en réussissant à arriver en France juste avant le début du confinement :

« Avant la veille du confinement, je ne me rendais pas du tout compte ! Il ne se passait pas grand-chose en Angleterre, le gouvernement n’en parlait pas trop, ils n’avaient pas encore fermé les écoles contrairement à la France…

Le lendemain, toute ma famille m’a harcelée de messages pour me supplier de rentrer, en me disant qu’ils avaient peur que la France ferme ses frontières, qu’on était à l’aube d’un confinement…

Ça me paraissait un peu irréel, mais j’ai pris la décision de rentrer, trouvé des billets, fait ma valise et rangé mon appart en 2 heures.

Puis j’ai couru pour attraper mon premier train. J’ai écouté le discours de Macron dans le deuxième train en priant pour que le confinement n’arrive pas le soir même.

J’ai marché plus d’une heure dans Londres en pleine nuit pour faire un changement et j’ai pu prendre mon avion le lendemain matin. J’ai atterri mardi matin à 10h en France, deux heures avant l’annonce du confinement. »

Lena ne regrette pas son choix, d’autant plus qu’étudier depuis la France ne pose pas de problème à son université.

Au Canada, les vols de retour annulés les uns après les autres

En quarantaine dans sa chambre au Canada, Elise a dû faire face à l’angoisse de voir tous ses avions de retour en France annulés un à un, avec en prime une belle facture téléphonique :

« A chaque fois qu’un avion était annulé je devais appeler les compagnies qui sont payantes, pour finir avec un hors forfait de 300€…

Je n’avais jamais pété un plomb depuis le début, mais ce jour-là j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps. »

Elise a fini par réussir à prendre un vol jusqu’à Paris, où l’ambassade de France lui a conseillé de rester.

Le problème : elle n’avait pas de proche chez qui habiter, et ne pouvait pas se permettre de payer un loyer aux prix de la capitale.

« Après beaucoup de négociations, ma famille a réussi réussi à avoir une autorisation de venir me chercher en voiture. Mes parents habitaient trop loin, alors je passe mon confinement chez mes cousins qui vivent plus près de Paris. »

Malgré ses difficultés, Elise ressort plutôt soulagée de son périple, et ne regrette pas trop que son voyage ait été écourté car elle a eu chance de débuter son échange en août dernier et de bien en profiter.

Les motivations des étudiantes qui ont choisi de rester à l’étranger pendant l’épidémie de coronavirus

Après les périples de celles qui ont choisi de rentrer en France, voici les histoires d’étudiantes qui ont décidé de rester !

C’est le choix qu’a pris Lara, en échange Erasmus en Écosse. Parmi ses motivations, elle évoque tout d’abord l’atmosphère dans le pays :

« Je suis restée parce qu’ici il y avait moins de restrictions qu’en France. On est confinés depuis le 23 mars mais par exemple on n’a pas besoin d’attestation, j’ai l’impression que l’atmosphère est moins stressante qu’en France.

Les gens ont tendance à s’auto-discipliner d’eux-mêmes, à être plus raisonnables.

Avant même que le gouvernement mette en place des mesures de « social distancing » (distanciation sociale), les lieux publics commençaient d’eux-mêmes à fermer. »

Et surtout, elle a encore des amis qui habitent avec elle dans sa résidence universitaire !

« Je n’avais pas envie que mon Erasmus se termine avec un départ précipité et un confinement chez mes parents.

Mon Erasmus se termine mi-mai donc une fois rentrée il aurait été impossible de retourner en Écosse. »

Dounia étudie quant à elle en Master 2 à Bruxelles, et la question ne s’est pas trop posée pour elle de rester ou rentrer.

Ses parents habitaient trop loin, et elle n’était plus sûre de pouvoir revenir en Belgique par la suite si les choses se compliquaient.

Comment se sentent les étudiantes qui sont restées à l’étranger pendant l’épidémie de coronavirus

Dounia vit plutôt bien le confinement à l’étranger qui ne change, finalement, pas trop ses habitudes !

Casanière et avec un mémoire à écrire dans une coloc où elle se sent bien, la situation ne l’impacte pas trop et elle se considère comme « extrêmement privilégiée ». Elle s’inquiète davantage pour ses proches :

« D’un point de vue plus personnel, je m’inquiète pour mes parents. Cela fait quelques années que je suis loin des gens que j’aime, et c’est dans ces circonstances que la distance, le fait de ne pas être avec eux au quotidien et de ne pas pouvoir les voir, pèsent le plus.

Ils ne travaillent pas dans le secteur médical donc sont peu exposés, mais j’aimerais être sûre à 100% qu’ils seront préservés. »

La relation à distance avec son copain est également compliquée à vivre :

« Avec cette situation, on ne sait pas quand sera la prochaine fois qu’on pourra se voir. C’est la première fois que je me rends compte à quel point on est loin.

Ça commence à être dur de ne pas pouvoir le toucher ou le sentir. On s’appelle plusieurs fois par jour, et on tente de prendre notre mal en patience. »

Lara, en Écosse, reste positive malgré le changement très rapide de la situation :

« Avant dans ma résidence on était plus de 400, maintenant on est plus qu’une petite centaine.

C’est un peu pesant, la résidence fait vide, on n’a plus accès aux salles communes, les canapés sont retournés pour qu’on ne s’y assoie plus…

Là ça commence à aller mieux, mais lors la vague de départs, ça a été très brutal. C’est un peu triste de se dire que tous les étudiants qui sont partis, je ne les reverrai peut être pas ! […]

L’attitude des gens en Écosse aide à garder le moral ! Les rues se sont vidées mais les gens restent de bonne humeur, ils ne dépriment pas trop.

Ils respectent la queue dans les supermarchés, ils sont souriants, ça aide à rester positif ! »

Lara ne regrette cependant pas une seconde sa décision et si c’était à refaire, elle le referait.

Et toi, étais-tu à l’étranger lors de l’annonce du confinement ? Quelle décision as-tu prise ? Viens raconter tes aventures dans les commentaires !

À lire aussi : Vos histoires de couples à distance en période de confinement

Faustine M

Faustine M


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Commentaires

Tatie

Team "confinée" à l'étranger aussi - Hong Kong.

Perso fin Janvier juste après le nouvel an chinois lorsque Wuhan a été mis en confinement total j'ai sérieusement pensé à rentrer en France car tout le monde parlait de l'époque du SARS et ça me faisait carrément flipper. J'avais commencé à porter le masque depuis mi-Janvier sur les conseils de mes amis HKgais. A ce moment-là 90% de la population asiatique de HK portait des masques. Tous les westerns se moquaient des asiatiques au début (j'ai moi-même subit les remarques désobligeantes de mes collègues FR car je le portais toute la journée ><). Mais après des mois de manifestations à HK j'ai appris à ne plus faire confiance au gouvernement HKgais. De plus je pense que le SARS les a vraiment traumatisés. Les enfants apprennent à porter un masque depuis la maternelle.

J'ai aussi envisagé le retour car venant de rompre avec ma copine être en confinement, seule dans mon petit appart à HK avec très peu de luminosité me paraissait suicidaire. La seule chose que m'a retenue de partir a été mon job. Si je rentrais j'étais au chômage. Et ce fut la bonne décision, je ne regrette pas car HK n'est jamais rentré en confinement.

En février après une grève du personnel médical le gouvernement a enfin fermé les frontières avec la Chine continentale à l'exception de 3 entrées et mis en place une quarantaine obligatoire de 14j. Cette quarantaine a été rapidement étendue à toute l'Asie pour finir par être obligatoire pour toute personne arrivant sur le territoire HKGais. Au même moment un prise de température obligatoire à l'entrée de la plupart des bâtiments a été mise en place. De même que la mise à disposition de gel hydroalcoolique partout. Les mesures d'hygiènes et de tracking ont été plus drastiques. Par exemple lorsque j'ai dû me rendre dans un Community college ils m’ont fait remplir un questionnaire de santé, fournir mon numéro et surtout sans carte d'identité HKgaise impossible de rentrer. Le numéro de tel c'était pour pouvoir être recontactée en cas de cas positif déclaré.

Le consulat FR a commencé à envoyer des messages pour inciter les français à porter un masque lorsque l'on sort de chez soi et à respecter les mesures d'hygiènes. Mais sans vraiment insister. On ne nous a jamais incite à rentrer, les communications ont été plus ou moins rassurantes mais souvent très semblable à ce que l’ont pouvait entendre en France. Je pense que c’est une des raisons pour lesquelles les expats ont tant tardé à porter le masque. Ils ont tous suivit ce que leur gouvernement respectif leur disait à ce moment-là. De plus le gouvernement HKgais a aussi maintenu le même discours « le masque est useless » mais eux c’était pour des raisons politiques. En effet à HK depuis le 31 octobre le port du masque est interdit car lors de manifestation pro démocratie nous avons commencé à porter le masque pour éviter la reconnaissance faciale. Difficile ensuite pour un gouvernement à la solde de la Chine de faire marche arrière sur cette décision.

À la suite de plusieurs foyers d'infection, après avoir fermé les écoles, les services publiques, les cinémas et théâtres, les lieux de loisirs tels que les boites de nuit et clubs de sports ont été fermés. Ensuite ce fut le tour des bars car d'autres foyer d'infection se sont déclarés. Les derniers à fermer furent les salons de massage et les karaokés. Puis il y a eu les mesures de distanciation sociale, groupe de 4 personnes max au restaurant (exception faite pour les enterrements et mariages, des groupes de 20 personnes max sont autorisés), 1,5m de distance entre les tables etc.

Toutes ces mesures ont été dans l'ensemble respectées par la population locale, les plus réfractaires ont été les expats il faut être honnête. Mais grâce à ça nous avons toujours pu sortir sans problème avec certes des restrictions mais c'est toujours mieux que devoir rester chez soi tout le temps. Depuis 2 semaines le nombre de nouveau cas quotidien est en dessous de 5. Le nombre de cas total est de 1039 dont 4 morts. Aujourd'hui seulement 157 personnes sont encore hospitalisées. Le gouvernement a déjà commencé à lever les restrictions. Les fonctionnaires sont de retour au bureau. Les salles de sport et autre lieu de loisir devraient réouvrir ce weekend mais en capacite réduite.

Croisons les doigts pour que tout reste sous contrôle !
 

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