Comment les étudiantes appréhendent les cours à distance

Après l’annonce de la fermeture des universités, Faustine a récolté les témoignages d’étudiantes. Entre inquiétudes normales et appel à relativiser, voici de quoi te sentir moins seule !

Comment les étudiantes appréhendent les cours à distance


Face à l’épidémie de Coronavirus (Covid 19), Emmanuel Macron a annoncé hier, le 12 mars 2020, la fermeture des universités et de tous les établissements scolaires dès lundi.

J’ai alors cherché à recueillir des paroles d’étudiantes face à cette mesure exceptionnelle.

La plupart m’ont raconté que leurs universités mettaient en place des cours à distance grâce à des plateformes numériques, des échanges de mails avec les professeurs, des cours par Skype ou encore des podcasts en ligne.

Il semblerait bien que fermeture des universités ne rime pas avec vacances !

Coronavirus et cours à distance : moins pratique qu’en présentiel

Les étudiantes avec lesquelles j’ai échangé sont contentes que des solutions en ligne soient prévues, mais ont tout de même des interrogations quant à leur déroulement.

Léa a peur que les cours, qui seront faits par vidéo dans son établissement, ne soient pas assez stimulants :

« Je préfère y aller en présentiel parce que je sais que sinon je vais pas me motiver ! »

Camille est étudiante aux Beaux-Arts, une filière où les cours en ligne ne peuvent pas remplacer les travaux pratiques.

« Cela m’inquiète pour l’obtention de mon année. A mon école il y a beaucoup de pratique, et pas seulement des cours théoriques. Donc je me demande comment nous allons faire pour rattraper le retard. »

Même son de cloche pour Lena, aux Beaux-Arts également :

« Ça va être compliqué de faire un suivi par Skype sachant que la plupart des projets ne sont pas numériques… »

Coronavirus et incertitude : un facteur d’angoisse

De nombreuses étudiantes m’ont dit ne pas être particulièrement inquiètes pour l’obtention de leur année. Ce qui les angoisse un peu plus, c’est un climat d’incertitude.

C’est ce que me confie Léa :

« Le climat général est de ne pas savoir et d’être dans le flou, alors qu’on a l’habitude d’être cadrées en cours ! Ce qui est angoissant, c’est de ne pas savoir comment ça va évoluer dans les semaines à venir. »

De leur côté, beaucoup d’étudiantes n’ont pas de nouvelles quant aux mesures qui vont être mises en place dans leur université.

C’est le cas de Charlotte, étudiante à la Sorbonne :

« L’université ne s’est pas encore prononcée. On ne sait pas comment les cours vont se dérouler, si les examens sont maintenus ou décalés… Pour l’instant, aucune réponse, on attend ! »

Fermeture des universités et préparation d’un concours : un cas particulier

Pour certaines étudiantes, cette mesure est plus stressante que pour d’autres. Aurore est étudiante en médecine et passe des concours. Elle témoigne :

« Dans deux semaines, c’est le début de notre spécialité (médecine / kiné / dentaire / maïeutique / kiné / dentaire / maïeutique / pharmacie) qui est primordiale pour le concours.

On ne sait pas comment vont se passer les cours ! En tant qu’étudiante en médecine on n’a vraiment pas de temps à perdre ! On a envie que les universités ré-ouvrent… »

Léa prépare le concours de l’Ecole nationale de la magistrature et d’autres concours de la fonction publique, et explique pourquoi l’épidémie de coronavirus est déstabilisante pour elle :

« J’ai eu comme info que le concours sera maintenu sauf cas d’extrême urgence. Mais quand on prépare un concours, les échéances sont importantes.

Quand elles ne sont plus claires, les conditions de travail changent car ce sont les échéances qui rythment nos vies ! »

Après les grèves, le Coronavirus : la scolarité en pointillés

L’épidémie de coronavirus intervient pendant une année déjà mouvementée pour les étudiantes, surtout pour celles habitant à Paris que la grève a empêchées d’aller en cours pendant plusieurs semaines.

Lou, étudiante en histoire de l’art à Paris IV, est en effet lassée de ces rebondissements qui viennent  perturber son cursus :

« Je suis assez stressée. Le dernier semestre a été catastrophique à cause des grèves, on avait toutes les infos à la dernière minute, on était tout le temps perdues, on n’a pas eu de partiels, c’était l’enfer !

Et là, de savoir que la fac est à nouveau fermée, et que l’on ne sait pas quand ça va rouvrir, c’est une angoisse en plus… On a plein d’exposés qui étaient prévus et qui vont être mis en attente.

Ce que je déplore, c’est aussi que le gouvernement fasse l’annonce trois jours avant, et qu’il faille s’organiser dans l’urgence.

Je regrette de ne pas avoir eu une année de Licence 3 normale ! »

Coronavirus et fermeture des universités : pas de panique

Les inquiétudes que m’ont racontées les étudiantes sont bien normales ! Cependant, j’aimerais finir sur une note positive et te rassurer.

Elisa raconte que sa fac est en train de s’organiser suite à l’annonce du gouvernement, et elle n’est pas inquiète :

« Mais sinon, dès l’annonce, on a reçu une vidéo des responsables de notre fac, qui sont super ouverts et collaboratifs. Je fais confiance à mon université pour me diplômer cette année, mes profs veulent vraiment notre bien ! »

Certaines facs sont plus réactives que d’autres, mais dans tous les cas, des efforts seront faits pour que cette situation exceptionnelle ne te pénalise pas.

Eh oui, parce qu’à situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. Dis-toi qu’il ne sera pas plus impossible que les autres années de réussir ton semestre !

Mathilde est en Erasmus en Italie, qui a pris des mesures similaires avant nous. Et elle t’invite à relativiser.

« Je fais mon Erasmus en Italie, et je voulais juste dire que je comprends toute celles qui pourraient paniquer face à cette annonce.

J’étais dans le même cas il y a 3 semaines. Mais les universités sont capables de faire face à ça !

Cela prendra sûrement un peu de temps, mais ici on a des cours en ligne, et cela ne devrait pas mettre notre semestre en danger ! Voilà, juste pour dire que tout va bien se passer ♥ »

Travailler chez soi à cause du Coronavirus a aussi du positif

Travailler depuis chez toi, c’est parfois l’occasion d’avancer sur des projets et des dossiers sur lesquels tu as bien procrastiné ! (Ne nie pas, je sais que tu l’as fait…)

C’est ce que me raconte Justine :

« On est quand même contents parce qu’on a l’opportunité de bosser sur un dossier à rendre, donc ça, au moins, c’est positif ! »

Quant à Léa, elle préfère prendre les événements avec humour :

« À part que ça va être hyper gênant de faire mes oraux blancs avec mon prof par Skype, et qu’il va falloir ranger mon appart en bordel pour ne pas qu’il voie le carnage, ça devrait le faire ! »

Le télétravail, c’est nécessaire pour contrer le Coronavirus

Même si elles sont face à des événements qui chamboulent leur quotidien, les étudiantes, globalement, comprennent la nécessité de telles mesures. Pour Prune :

 « Cela a été mis en place pour le bien commun. »

De même pour Lise :

« Je trouve qu’il est tout à fait normal que la fac ferme en raison du nombre d’étudiants qui circule dans les centres.

Et je suis même un peu choquée que notre département n’ait pas été fermée avant en raison de sa configuration particulière : il y a une circulation de près de 10 000 étudiants par semaine… »

Conseils pour travailler depuis chez toi à cause du Coronavirus

En attendant, pour travailler depuis chez toi, voici quelques conseils pour te motiver :

  • SORS DE TON LIT et habille toi, prends ton petit-dej, fais ta morning routine quoi. Ça  te permettra de ne pas rester la tête dans le cul et de te mettre dans une ambiance de travail.
  • Bosse dans un endroit convenable. Bosser par-terre sur ton tapis dans une position bizarre n’est pas la meilleure chose. Genre, taffer avec une jambe derrière l’oreille n’est pas recommandé par la médecine du travail ! T’assoir sur une chaise, le dos droit, voilà qui est mieux.
  • Fais des pauses et des micro-siestes ! Aère-toi l’esprit et compartimente ton travail pour être plus efficace.
  • Change d’endroit de travail régulièrement si ton espace de travail le permet ! Bon, je ne te dis pas non plus de bosser sur tes toilettes, mais rien que de changer de coin de table, ça peut faire la diff.

Si tu es étudiante, j’espère ces témoignages t’auront aidée à te sentir moins seule. Force à toi !

À lire aussi : Ce qu’il faut retenir des annonces de Macron sur le Coronavirus

Faustine M

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Commentaires

missaaj

Ce qui est difficile pour moi, étudiante qui vit seule, (avec mon chat) c'est la solitude de la quarantaine, ici en Belgique et surtout, allez mini coup de gueule, les gens en couple, et/ou avec enfants et collocs qui te disent «non mais tu vas pas sortir pour ci ou ça tu vas propager le virus» je les comprends, mais je pense que les gens qui vivent seuls devraient pouvoir sortir une fois par jour même acheter des légumes....disons que le corona, en plus de tuer pleins de gens, renforce ce sentiment que j'ai parfois depuis mon célibat de juin 2019 de grande inégalité entre moi et les gens vivant avec leur petite tribu...moi je dirai jamais aux gens en couple faire chambre séparée....et surtout c'est dur dur de voir leurs innombrables stories sur instagram sur le côté cool de la quarantaine, ça me sert le coeur car jamais ils se disent que des gens comme moi, étudiants qui vivent seuls (donc pas cours, pas d'interaction) c'est vraiment dur. En tant normal je suis quelqu'un qui organise beaucoup de choses avec mes amis, mais là evidemment je vais pas le faire. Mais c'est juste que là ça m'a énervée de voir cette influenceuse donner des leçons sur la quarantaine alors qu'elle est loin d'avoir beaucoup de solitude, avec ses enfants et son mari. Enfin, c'est typique quand les gens sont privilégiés, ils se rendent pas compte donc c'est rien c'est humain que les gens en famille/couple ne se rendent pas compte. Je ne leur en veux pas ça m'a juste serré le coeur.
Sur ce je vais me remettre à étudier. ;)
 
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