Elliot Page en une du « TIME » : un symbole pour la communauté trans


Quelques mois après son coming out trans, Elliot Page fait la une du célèbre magazine américain et réitère son engagement.

Elliot Page en une du TIME

« Je suis pleinement qui je suis ». Ces mots en pleine page accompagnent un regard décidé et serein. L’acteur canadien Elliot Page, qui a fait son coming out trans fin 2020, est en une du magazine américain TIME.

Et c’est tout un symbole.

Elliot Page était devenu un modèle pour beaucoup de jeunes LGBTI en faisant son coming out lesbien en 2014 lors d’un discours plein d’émotions. Son « I’m here today because I am gay » restera gravé dans beaucoup de mémoires.

L’engagement de longue date d’Elliot Page

Il avait par la suite fait de nombreux choix de carrière engagés, en portant une attention particulière à des films réalisés par des femmes comme Into The Forest, My Days Of Mercy, ou encore Tallulah. Il avait aussi rejoint la série Les Chroniques de San Francisco sur Netflix, sans oublier le documentaire Gaycation dans lequel il voyageait dans différents pays (dont la France) à la rencontre des communautés LGBTI pour comprendre leur vécu et leurs expériences.

Cette une est donc particulièrement importante. Elle vient confirmer l’engagement d’Elliot Page pour les droits des personnes trans. Lors de son coming out, il avait déjà clairement fait part de sa volonté d’utiliser sa visibilité et sa notoriété pour lutter contre la transphobie sous toutes ces formes :

« À tous les politiques qui travaillent à criminaliser les soins pour les personnes trans et à nier notre droit à exister, à tous ceux qui jouissent d’une tribune massive pour cracher leur hostilité envers la communauté trans : Vous avez du sang sur les mains. […] À toutes les personnes trans qui doivent subir le harcèlement, la haine de soi, les abus, les menaces de violences : je vous vois, je vous aime et je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour changer ce monde en mieux. »

Il y a sept ans, c’est une autre une qui avait ouvert la voie, celle où figurait l’actrice Laverne Cox, révélée par la série Orange Is The New Black. C’était la première fois qu’une personne trans était choisie pour figurer en une du célèbre magazine. Comme un clin d’œil, Laverne Cox est justement citée dans l’entretien qu’a accordé Elliot Page comme un modèle et une inspiration.

Sept ans après Laverne Cox en une du TIME, c’est aussi l’occasion de voir le chemin parcouru :

Autrefois caricaturales, les séries sont désormais à la pointe de la représentation, avec Pose, Sense8, ou encore Work In Progress. Des documentaires comme Disclosure, difficilement imaginables il y a encore quelques années, proposent un discours critique sur la façon dont on a montré les personnes trans au cinéma.

Au niveau politique aussi, la représentation des personnes trans s’est améliorée avec l’élection de plusieurs élues ces dernières années, comme Danica Roem, élue à la Chambre des délégués de Virginie depuis 2017, ou Sarah McBride, qui en 2020 est devenue la première femme trans élue Sénatrice d’État dans le Delaware.

Un retour de bâton pour les personnes trans aux États-Unis ?

Mais cette visibilité a aussi son revers de médaille. Elle s’accompagne d’une augmentation des violences contre les personnes trans, notamment les femmes noires et latinas, particulièrement exposées aux États-Unis. En 2020, on y a recensé 44 crimes de haine transphobes.

Dans plusieurs États, ce sont aussi des lois qui sont votées explicitement contre les personnes trans, comme les bathroom bills en Caroline du Nord en 2016, qui visaient à interdire les personnes trans d’utiliser les toilettes publiques correspondant à leur genre. Plus récemment, plusieurs États du Sud comme le Mississippi ou l’Alabama, viennent d’adopter des lois qui discriminent ouvertement les personnes trans.

L’engagement d’Elliot Page sonne donc comme une nécessité. Et sa présence dans une industrie du cinéma encore très hétéronormée et qui accorde trop peu de place aux acteurs et actrices trans donne l’espoir de la voir évoluer pour enfin mieux prendre en compte des récits et des parcours de vie plus divers. D’autant que lui semble pressé de retourner sur les plateaux :

« J’ai vraiment hâte de jouer, maintenant que je suis pleinement qui je suis, dans ce corps. Peu importent les challenges et les moments difficiles, rien ne vaut de se sentir comme je me sens maintenant. »

À lire aussi : Des personnes trans nous expliquent pourquoi le film « Un homme heureux » les inquiète

Maëlle Le Corre

Maëlle Le Corre


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Commentaires

Coco l'asticot

@Camility Jane ils utilisent les conseils de cartman dans south park, pour avoir l’air cool sur la photo tu regardes n’importe où comme si t’en avais rien à foutre lol
 

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