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Société

« Je suis victime d’une cabale médiatique »… le bingo des phrases bancales des hommes accusés de violences sexuelles

Les défenses des hommes accusés de violences sexuelles ont souvent des ressorts communs. La preuve avec cette sélection de phrases qu’on n’est même plus surpris·e·s de lire à chaque nouvelle affaire relayée dans la presse.

Sébastien Cauet, Stéphane Plaza, Gérard Depardieu, Midam, Joël Guerriau… Chaque semaine, de nouvelles personnalités sont mises en causes pour des faits présumés de violences sexuelles et sexistes. Et quand vient pour elles l’heure de dérouler leur défense, il semble que leurs discours se ressemblent étrangement. Voici dix phrases qu’on en peut plus d’entendre dans leur bouche, pour ce qu’elles brillent d’indécence.

« Je ne suis pas sexiste, j’ai grandi entouré de femmes »

Sur le même principe que « je ne suis pas raciste, j’ai un ami noir », cet argument revient régulièrement quand il s’agit de « prouver » son innocence ou simplement affirmer qu’on ne peut pas, en toute logique, être misogyne. Comme si côtoyer des femmes suffisait à garantir sa bonne conduite.

https://twitter.com/ellensalvi/status/1626944388138950656?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1626944388138950656%7Ctwgr%5E9d428576ba3e45c334f910af2e42820421079cd5%7Ctwcon%5Es1_&ref_url=https%3A%2F%2Fwww.madmoizelle.com%2Fpourquoi-les-propos-de-vincent-cassel-celebrent-la-masculinite-toxique-1499341

« Ces mensonges desservent la cause des femmes, que je soutiens »

Un autre grand classique : discréditer la parole d’une victime en faisant valoir que cette dernière dessert la cause féministe par ses mensonges, privant les « vraies » victimes d’une écoute à la hauteur. Cerise sur le gâteau, le mis en cause se présente, lui, comme un grand défenseur du féminisme, dans un ultime effort de faire gage de bonne foi.

« J’ai des preuves pour m’innocenter, mais je ne peux rien vous dire »

Cet argument est de loin le plus mystérieux. Quelles sont ces preuves accablantes dont seule les enquêteurs auraient la connaissance ? Quoi qu’il en soit, cette phrase va souvent de pair avec la volonté de « laisser faire la justice ». Peu étonnant, quand on sait que 86 % des plaintes pour violences sexuelles sont aujourd’hui classées sans suite.

« Je suis victime d’une cabale médiatique »

Cabale, procès, tribunal, lynchage, engrenage. Les synonymes sont multiples, le processus est le même : se placer en victime et attirer la pitié pour détourner l’intention des faits reprochés.

« Ma famille souffre de cet acharnement »

Cet argument vise aussi à susciter l’empathie, en se servant de ses proches comme bouclier face aux critiques.

« Celles qui m’accusent le font par soif de notoriété / appât du gain »

Voilà un mythe sexiste bien ancré que celui de la femme vénale, dont le seul objectif serait de se faire connaître et de s’enrichir. Un argument qui ne tient tout simplement pas puisque les procédures judiciaires sont, rappelons-le, extrêmement coûteuses psychologiquement et financièrement pour les victimes, et que celles-ci risquent bien souvent leur carrière quand elles osent prendre la parole.

« J’ai porté plainte en premier pour diffamation »

Comme si cela suffisait en elle-même à attester que la personne en face ment.

« Je n’allais pas bien car… »

Mon chat venait de mourir. Ma femme venait de me quitter. Ma mère a un cancer. Mon chien a mangé mes devoirs.

« C’est elle qui a voulu »

Celui-ci on le connaît bien. Au-delà d’affirmer que la victime était consentante, on insinue qu’elle était même à l’initiative de ce qui est reproché. Quitte à ajouter qu’on n’en voulait pas de base, et qu’on lui a fait une faveur. Un argument qui flirte avec le stéréotype sexiste de l’allumeuse, qui titille puis se ravise.

« Elle n’est même pas mon style »

Donald Trump l’a, par exemple, dit au sujet de E. Jean Carroll, journaliste qui l’accusait d’agression sexuelle. S’il a affirmé que cette dernière n’était pas son genre, il l’a ensuite confondu sur une photographie, pensant qu’il s’agissait de son ancienne épouse, Marla Maples.


Et si le film que vous alliez voir ce soir était une bouse ? Chaque semaine, Kalindi Ramphul vous offre son avis sur LE film à voir (ou pas) dans l’émission Le seul avis qui compte.

Les Commentaires

1
Avatar de Elfianni
2 mai 2024 à 23h05
Elfianni
"Je suis serein", celle-là aussi je la lis souvent.
0
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