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3 séries documentaires culinaires sur Netflix qui vont épicer votre culture G

Lorsqu’on pense aux documentaires culinaires on pense souvent à de jolis plats, et c’est tout. Mais, en plus de vous faire saliver, certains sont là pour vous faire réfléchir et élargir vos horizons. Plutôt pas mal, non ?

Saviez-vous que le peuple maya était très proche des abeilles ? Connaissez-vous le quotidien d’une nonne bouddhiste ? Savez-vous pourquoi est-ce que le Moyen-Orient s’appelle « Moyen-Orient » ? Et pourquoi c’est problématique ?

Là vous vous dîtes : « la vraie question, c’est pourquoi est-ce qu’on me balance ça dans un article sur des documentaires culinaires ? » Eh bien, on vous répond : parce que certains documentaires culinaires ne parlent pas que de cuisine. Loin de là.

Voilà donc une petite sélection subjective de documentaires culinaires à déguster sur Netflix.

Sel, gras, acide, chaleur pour la tradition

On commence doucement. Si vous avez juste envie d’apprendre des trucs, mais sans vous prendre la tête, Sel, gras, acide, chaleur de Samin Nosrat est fait pour vous.

C’est son propre livre de recettes qui a inspiré Samin Nosrat pour faire cette mini-série de quatre épisodes. C’est pour cette raison que l’ambition première de Sel, gras, acide est humble : il s’agit, au départ, de montrer aux spectateurs que la réussite d’une recette – n’importe laquelle – tient à son équilibre entre le sel, le gras, l’acide et la chaleur.

Mais ce synopsis cache bien du talent. Dans la forme déjà, on retient ce docu pour sa photographie magnifique qui, depuis 2018, nous donne envie de voyager en Italie, au Mexique ou encore au Japon.

La série tente de nous donner l’eau à la bouche en titillant tous nos sens : si vous la regardez (faites-le !) vous pourrez, par exemple, écouter le bruit des micro-organismes qui permettent la fermentation du moromi (mixture de soja en fermentation). 

Concernant le fond, la série est presque un guide touristique. En effet, chaque aliment y est décrit de manière exhaustive (fabrication, fabrication traditionnelle, consommation moderne…). Ce qui permet de connaître toutes les infos qui lui sont relatives. À tel point qu’on aurait presque envie de dire “raconté” plus que “décrit”.

D’où le fait qu’on y parle par exemple du lien privilégié entre le peuple maya et les abeilles. Pour la petite histoire, racontée dans l’épisode sur l’acidité, Samin Nosrat a rencontré une famille mexicaine qui produit du miel d’abeilles mélipones, une espèce indigène du Yucatan. Et il se trouve que cette famille produit le miel exactement comme ses ancêtres mayas le faisaient il y a des milliers d’années…

A l’époque, les abeilles fournissaient du miel aux habitants – pour qui ses propriétés médicinales étaient utiles – et en échange, ces derniers veillaient à leur bien-être. Aujourd’hui, c’est tout pareil.

Chef’s Table pour la philosophie

Si Sel, gras, acide, chaleur a un côté spontané et populaire (Samin Nosrat ne va jamais au restaurant, par exemple), Chef’s Table, lancé en 2015, propose quant à lui un programme plus chic

Dans la série documentaire, forte de six volumes, chaque épisode se focalise sur un chef célèbre. Il y raconte son évolution et son parcours. 

A priori, on pourrait s’attendre à une oeuvre super pompeuse qui ne nous apprend pas grand-chose. Mais, en vrai, beaucoup des chefs présentés reviennent de loin. Et ils se sont hissés au sommet en embarquant avec eux leurs convictions, valeurs, voire croyances parfois.

On peut par exemple mentionner Jeong Kwan. D’origine sud-coréenne, la nonne bouddhiste est connue pour son approche spirituelle de la gastronomie. A travers sa cuisine, elle cherche surtout la sérénité et le bien-être de toute sa communauté.

“Une nonne est la mère de tous” affirme-t-elle dans l’épisode qui lui est dédié.

Le bouddhisme tourne beaucoup autour de la conscience du moment présent, de l’attention qu’on y porte. Et lorsque Jeong Kwan cuisine, le moins qu’on puisse dire est qu’elle fait attention. Chaque ingrédient est pensé pour mener au bien-être celui qui le consomme.

La cuisine de Jeong Kwan sert sa spiritualité, et non l’inverse. D’où le fait qu’elle ne se considère pas cheffe, mais nonne.

Autre exemple : la cheffe thaïlandaise Bo Songvisava. En créant son restaurant durable, la cheffe n’avait qu’un seul but : remettre au goût du jour les traditions culinaires thaïlandaises.

Pour ce faire, elle collabore notamment avec des petits producteurs locaux de sucre de palme, denrée essentielle à la confection de la majorité des plats traditionnels thaïlandais.

Bien que le sucre blanc raffiné soit aujourd’hui bien plus utilisé, car industrialisé, la cheffe explique que choisir le sucre de palme est important car cela permet de soutenir les petits producteurs locaux – en plus d’honorer les traditions.

Par ailleurs, soucieuse du sort de l’environnement, elle se réjouit que ces petits producteurs n’utilisent aucun produit chimique.

Bien au-delà de la simple biographie, Chef’s Table propose donc une réflexion philosophique sur le fait de manger et de cuisiner, actes a priori anodins. Après quelques épisodes, vous vous surprendrez à vous demander “qu’est-ce que je mange concrètement ?”, “pourquoi je mange ça ?”, et autres “qu’est-ce que cette raclette représente pour moi ?”, vous verrez.

Ugly Delicious pour le militantisme

Ugly Delicious, c’est encore autre chose. C’est plus…vénère.

Présentée par David Chang, le chef à la tête du group Momofuku, la série documentaire a vu le jour en 2018.

Sa particularité, c’est qu’elle ne se concentre pas sur le beau, mais sur le bon. C’est-à-dire qu’elle ne se concentre pas sur la beauté des plats, comme c’est souvent le cas dans les documentaires culinaires, mais sur leur goût. Et surtout, sur ce que ce goût cache – ou dévoile. 

Concrètement, Ugly Delicious est politique, sans subtilité aucune. 

On vous explique : dans chaque épisode, David Chang réunit un ou des proches plus ou moins célèbres, ils s’asseyent quelque part – bien souvent dans un restaurant – ils mangent, et ils parlent de nourriture, mais surtout d’histoire. Oui, David Chang étudie l’histoire des États-Unis et de son brassage culturel à travers la bouffe. Sympa, non ?

Ainsi, le chef n’hésite pas à tenir des propos qui dérangent. Dans l’épisode consacré au poulet frit, il interpelle deux propriétaires blancs d’un restaurant spécialisé dans le poulet frit.

“Les gars, vous vendez quelque chose qui provient d’une culture qui n’est pas la vôtre.”

En effet, comme on le rappelle dans l’épisode, la friture du poulet telle qu’on la connaît remonte à l’esclavage. Elle fait donc partie intégrante de la culture afro-américaine.

Dans l’épisode sur la cuisine dite “moyen-orientale”, Chang évoque avec ses invités le problème que pose une telle appellation. En effet, le Moyen-Orient est nommé “moyen” à cause de sa distance géographique avec l’Occident.

Tout comme le “Proche-Orient”, qui en est donc plus proche et l’“Extrême-Orient”, qui en est plus éloigné. Mais pourquoi devrait-on nommer une région en fonction de sa distance avec l’Occident ?

Bon, ne vous attendez pas non plus à un documentaire véhément : toutes les conversations se déroulent dans le calme et la bienveillance. Mais dans un monde où aborder de tels sujets peut rapidement mener au conflit, c’est plutôt reposant.

Maintenant, vous savez que vous n’avez pas besoin de vous farcir des documentaires barbants ou des livres prétentieux pour ouvrir votre esprit. N’ayez plus honte d’être une foodie, regardez où ça nous a menée !

À lire aussi : « Chef’s Table », la série Netflix, s’intéresse à des chefs français !


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