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Ecologie

En reportage avec les écolos qui ont investi le siège de BlackRock

10 fév 2020 45
Faustine est allée couvrir une action mystérieuse organisée par le mouvement écolo Youth for Climate. Direction… le siège d’une multinationale !

Certains prénoms* ont été modifiés

« On est plus chauds, plus chauds, plus chauds que le climat ! »

Nous sommes le 10 février 2020, il est bientôt 11h du matin, et c’est au son de ces chants écolo que je me retrouve enfermée dans le bâtiment du Centorial, dans le 2ème arrondissement de Paris.

Il ne s’agit pas d’un kidnapping : aujourd’hui, je couvre une action organisée par Youth For Climate, un mouvement mondial de jeunes qui se mobilisent face au réchauffement climatique.

Tu as peut-être entendu parler des grèves scolaires pour le climat que l’ONG organise les vendredis, popularisées par Greta Thunberg ? Bah ça en fait partie !

Youth for Climate bloque la multinationale BlackRock

Le but de l’action d’aujourd’hui ? Faire un blocus du siège de BlackRock, une entreprise multinationale accusée d’investir dans des sociétés extrêmement polluantes comme Vinci et Total.

Une petite centaine de participants et participantes sont sur place. Ils et elles étudient au lycée ou à l’université pour la plupart.

Les militants et militantes s’affairent pour bloquer toutes les entrées du building avec les meubles à leur disposition : tables, canapés, chaises… tout y passe !

Une excitation teintée de stress plane dans l’air. Les militantes et militants ne sont pas sûrs que leur opération choc va fonctionner.

Finalement, le bâtiment est bel et bien bloqué. Moi, je ne suis pas sûre de quand je pourrai ressortir !

Pourquoi Youth for Climate bloque le siège de BlackRock ?

J’interroge Julie, l’étudiante qui m’a accueillie pour couvrir l’événement, sur les objectifs du blocus :

« Ça fait un an qu’on a commencé les mobilisations avec les grèves du vendredi avec le mouvement Youth For Climate.

Aujourd’hui, on se rend compte que les grèves ne sont pas suffisantes, parce qu’on ne nous entend pas. C’est pour ça qu’on passe à de la désobéissance civile.

Pour montrer qu’on est en désaccord et que les multinationales très polluantes, dont BlackRock, nous tuent petit à petit. »

La désobéissance civile, c’est le refus d’obéir à un pouvoir jugé injuste, de façon pacifique et non violente.

Youth for Climate « redécore » le siège de BlackRock

Le groupe s’engouffre petit à petit dans le Centorial, un immense et magnifique hall qui m’impressionne un peu.

Le bâtiment, classé au patrimoine historique, est ouvert sur plusieurs étages, avec une grande verrière métallique faisant office de plafond.

Ici, on croise habituellement plus d’hommes et de femmes d’affaires que de lycéens et étudiantes écologistes !

À la main, ces derniers tiennent des parapluies, une référence au mouvement de contestation hongkongais contre le gouvernement chinois, selon Léo*.

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© Faustine M pour madmoiZelle

Cet étudiant m’explique également l’autre signification des parapluies :

« Le parapluie, c’est une façon de se masquer sans porter de masques, car porter un vrai masque est considéré comme un délit. »

L’action a une visée « redécorative », comme me l’explique Julie. Cela consiste à poser des banderoles et à écrire des slogans sur les murs :

 « Je veux vivre. »

« Notre planète, votre crime. »

Ou encore :

« Ça brûle de partout. »

En référence aux récents incendies qui ont enflammé l’Amazonie, la Californie et l’Australie.

Mais le slogan le plus puissant n’a pas besoin de mots. Certains militants et militantes recouvrent les murs avec leurs mains couvertes de peinture rouge.

Elles représentent le sang qu’ont les entreprises polluantes sur leurs mains.

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© Faustine M pour madmoiZelle

Pourquoi s’engager dans la désobéissance civile écolo ?

J’ai interrogé plusieurs lycéennes et étudiants sur leurs motivations à participer à une action de cette portée.

Certains et certaines sont très jeunes, comme Alice, 15 ans. Elle fait preuve d’une audace et d’une conviction saisissantes :

« Je pense que les États, dont le nôtre, ne prennent pas assez en compte les risques écologiques du capitalisme dans lequel on vit et qu’il faudrait en sortir.

À notre échelle, ce qu’on fait, ça permet de faire passer un message et c’est important. »

Ce qui a poussé Julie à agir, c’est le refus de laisser les responsables de la crise climatique décider pour elle, alors que c’est sa génération qui va en payer les conséquences :

 « On n’a pas envie de se laisser faire par des personnes qui décident pas de notre avenir. J’ai voulu agir pour pourvoir décider pour moi-même et avoir un avenir à peu près serein. »

À lire aussi : Ados écolos VS boomers, le choc des générations

Léo* est inquiet à cause du monde dans lequel il vit et c’est la raison pour laquelle il s’est engagé. Il sourit ironiquement quand je lui demande quels sont ses projets pour l’avenir :

« Est-ce qu’on a un avenir, déjà ? Je trouve que le climat dans lequel on vit, à cause de la crise climatique, est ultra-anxiogène. Mais c’est aussi ça qui me pousse à agir. »

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© Faustine M pour madmoiZelle

D’autres sont plus optimistes, comme Vipulan. Ce jeune lycéen de 16 ans avait participé au concours d’éloquence du Grand Oral sur France 2, où il avait affirmait son combat pour l’écologie.

Aujourd’hui, il milite pour Youth for Climate et ses plans ne s’arrêtent pas là :

« Est-ce que j’ai de l’espoir pour la suite ? Oui et non, parce qu’au vu des données scientifiques c’est vraiment alarmant, mais en même temps on se dit qu’on peut le faire.

Il y a des exemples dans le monde qui montrent qu’il y a encore de l’espoir. Il y a des forêts qui ont été régénérées au Costa Rica par exemple ! Et plus tard, je veux devenir climatologue. »

Cette action témoigne de l’engagement de ma génération envers le climat et redonne de l’espoir quant à l’avenir de la planète. En espérant que Youth for Climate continuera son combat et que Vipulan réalise son rêve de devenir climatologue !

À lire aussi : Je fais partie des 36 jeunes qui se rendent à la COP25… en voilier !

Les Commentaires
45

Avatar de Nastja
20 février 2020 à 20h56
Nastja
@Sugar&Sarcasm
Je n'ai pas étudié la chose je t'avoue mais il doit y avoir moyen de pénaliser les dirigeants sans toucher aux actifs des retraités (ou de qui que ce soit qui ait de l'argent chez eux).
Peut-être en bloquant l'investissement des actifs en bourse ou en bloquant les très gros comptes.
Ou simplement en attaquant leurs sites de manière récurrente et en communiquant dessus (articles de journal, mail d'alerte envoyés etc.) sur le fait qu'ils se font hacker. Peut-être que les gens retireront d'eux-même leur argent s'ils voient que Blackrock est régulièrement la cible d'attaques en ligne.
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